Olivier Père

Le Moulin des supplices de Giorgio Ferroni

Le Moulin des supplices

Le Moulin des supplices

En Hollande, un étudiant venu suivre l’enseignement d’un professeur de sculpture découvre que le vieux misanthrope habite dans un moulin réputé pour son carillon macabre composé de mannequins représentants des scènes de martyres. Le visiteur découvre l’existence secrète de sa fille, sorte de spectre nymphomane d’une stupéfiante beauté (Scilla Gabel, sœur en maléfice de Barbara Steele). Le Moulin des supplices (Il mulino delle donne di pietra, 1960) appartient au second âge d’or du cinéma fantastique, qui vit le jour entre la fin des années 50 et le début des années 60 en Europe, succédant à un premier âge d’or, celui de la production hollywoodienne des années 30. En Angleterre, Terence Fisher se livrait à de nouvelles versions en couleurs des grands mythes littéraires déjà adaptés par le studio Universal. Les cinéastes italiens, au contraire, préféraient commettre des variations érotiques et sadiques plus hétérogènes où se mêlaient démence, perversions et sorcellerie. Moins célèbre que Le Masque du démon de Mario Bava ou Les Vampires de Riccardo Freda, Le Moulin des supplicesn’en est pas moins une réussite essentielle du fantastique gothique transalpin. Giorgio Ferroni parvient à installer une atmosphère inquiétante grâce à une utilisation remarquable des décors et surtout une photographie magnifique qui exalte les tons mordorés et cramoisis. Le thème de la régénération sanguine, les incessants vas et viens entre la vie et la mort, le rêve et la réalité, la pâleur cadavérique et la flamme du désir charnel trouvent ici une illustration d’une vénéneuse splendeur plastique.

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