Olivier Père

Locarno 2011 Day 11 : La Dentellière de Claude Goretta

La Cinémathèque suisse a entrepris la restauration numérique de tous les films de Claude Goretta. Elle lui consacrera une rétrospective complète à la rentrée. Belle initiative qui permettra de revisiter bientôt l’œuvre d’un des plus grands cinéastes suisses. Cette redécouverte débute à Locarno avec la projection de trois de ses meilleurs films (La Dentellière, L’Invitation, La Provinciale), la présentation en première mondiale du documentaire drôle et émouvant de Lionel Baier (Bon vent Claude Goretta) et la remise d’un Pardo alla carriera au réalisateur lors de la soirée de clôture du festival. Adapté d’un roman de Pascal Lainé, La Dentellière révéla Isabelle Huppert – elle aussi célébrée cette année à Locarno – grâce à son interprétation géniale, et possède toutes les qualités du cinéma de Goretta : précision de la mise en scène, sensualité, conscience politique. La timide Pomme s’éveille aux plaisirs de sens grâce à un premier amour, François, rencontré au bord de la mer. Le couple décide de vivre ensemble. Mais Pomme est une petite shampooineuse sans éducation, tandis que François est un étudiant issu de la bourgeoisie intellectuelle. Il la laisse tomber lâchement. Elle accepte passivement la rupture mais ne s’en remettra pas. Sous sa douceur apparente, La Dentellière est une œuvre violente qui  transpose la lutte des classes sur le terrain des sentiments amoureux et démontre ici comme ailleurs leur caractère irréconciliable. Le constat n’est en que plus cruel.

Isabelle Huppert dans La dentellière de Claude Goretta (1977)

Isabelle Huppert dans La dentellière (1977)


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