Shane, pompiste de 19 ans, s'ennuie à mourir dans son quotidien sans histoire, à Jersey City. De l'autre côté de la rivière Hudson, à cinq kilomètres à peine, New York et la fièvre de ses nuits l'attirent irrémédiablement. Repéré pour sa gueule d'ange à l'entrée du Studio 54, le club disco le plus en vue du moment, il y devient barman et se rapproche de Greg et Anita, respectivement serveur et préposée au vestiaire. Derrière les portes du Studio 54, chaque nuit, c'est l'opulence, le fantasme, la liberté… et la débauche. Dix ans durant, de 1970 à 1980, Shane évolue dans ce monde interlope et en devient l'une des figures-phares, avec son lot de privilèges comme de désillusions.
"The show must go on"
Marquée par certains clichés des films américains des années 1990, dont une invisibilisation queer typique de l'industrie hollywoodienne, l’œuvre de Mark Christopher vaut pourtant le détour pour son impressionnante reconstitution du club mythique de l'ère disco, ainsi que pour son gros plan sur les travailleurs de la nuit, exploités au service d'une classe supérieure accro au divertissement, mais solidaires dans leur précarité. Ce regard lucide sur les faux enchantements de ce paradis de la fête bascule dans le tragique lors d'une scène marquante, qui voit Disco Dottie, une octogénaire devenue la mascotte de la boîte, succomber à une overdose au beau milieu de la piste de danse. Lorsque les lumières se rallument, les oiseaux de nuit qui l’entourent et la portaient aux nues se révèlent sous un jour cruel... The show must go on, mais à quel prix ?