Quelques années ont passé. Une certaine fébrilité s'empare du 165 Eaton Place car l'efficace Rose Buck est hospitalisée et lady Agnes s'apprête à réintégrer les lieux avec son nouveau-né et deuxième enfant. À son arrivée, elle est chaleureusement accueillie par la tante de sir Hallam, le docteur Blanche Mottershead, qui prend énergiquement les choses en main. La nouvelle bonne, Beryl, peine à s'adapter à son travail. Pendant ce temps, lady Agnès s'inquiète pour sa progéniture et sa soeur Persie qui vit désormais à Berlin. L'expansionnisme du régime hitlérien préoccupe sir Hallam, qui espérait plus de fermeté de la part du premier ministre Chamberlain, un point de vue qui le conduit en eaux troubles.
Péril en la demeure
Après le succès retentissant de la série Maîtres et valets dans les années 1970, la BBC décide en 2010 de donner une suite à la saga culte, réveillant les boiseries du 165 Eaton Place pour deux pimpantes saisons, situées dans l'entre-deux-guerres. Dans la veine de Downton Abbey, cette série réactive le canevas éprouvé de La règle du jeu, mélangeant les destinées, les valeurs communes et les intérêts forcément divergents des domestiques et de leurs maîtres, chaque classe occupant une part égale dans le récit. Sur un arrière-plan sombre - inégalités de naissance, montée du nazisme et pusillanimité de l'Angleterre face à Hitler -, les péripéties s'enchaînent sur un rythme alerte, grippant avec un malin plaisir les rouages bien huilés de la demeure et contrariant les us et coutumes des domestiques comme de leurs maîtres. Une série qui garde la fraîcheur acidulée d'un bonbon anglais, grâce à ses personnages tragi-comiques, de la belle-mère empoisonnante au chic oriental à la cuisinière acerbe en passant par la jeune aristocrate évaporée.