Il tarde à Hallam et Agnes Holland de prendre possession de la luxueuse maison dont ils viennent d'hériter, située au 165 Eaton Place. Mais une fois que sir Hallam en franchit le seuil, tenant son épouse dans ses bras dans un élan romantique, le couple est forcé d'en constater le délabrement général. Déterminée à jouer les parfaites maîtresses de maison, lady Agnes jure de lui redonner son lustre d'antan, malgré son enquiquinante belle-mère, Maud, qui a brusquement décidé de s'installer chez eux et de lui compliquer la vie. Tout en surveillant les travaux, la jeune femme lance une vaste opération de recrutement de domestiques, en faisant appel au savoir-faire de Rose Buck, qui, par le passé, a travaillé à cette même adresse. Cette dernière s'ingénie à satisfaire lady Agnes, dont les exigences sont inversement proportionnelles aux gages proposés. Rose finit par réunir une équipe de choc, comptant majordome, chauffeur, cuisinière, valet et servante, lady Agnes s'estimant assez aguerrie pour se passer de gouvernante.
Péril en la demeure
Après le succès retentissant de la série Maîtres et valets dans les années 1970, la BBC décide en 2010 de donner une suite à la saga culte, réveillant les boiseries du 165 Eaton Place pour deux pimpantes saisons, situées dans l'entre-deux-guerres. Dans la veine de Downton Abbey, cette série réactive le canevas éprouvé de La règle du jeu, mélangeant les destinées, les valeurs communes et les intérêts forcément divergents des domestiques et de leurs maîtres, chaque classe occupant une part égale dans le récit. Sur un arrière-plan sombre – inégalités de naissance, montée du nazisme et pusillanimité de l'Angleterre face à Hitler –, les péripéties s'enchaînent sur un rythme alerte, grippant avec un malin plaisir les rouages bien huilés de la demeure et contrariant les us et coutumes des domestiques comme de leurs maîtres. Une série qui garde la fraîcheur acidulée d'un bonbon anglais, grâce à ses personnages tragi-comiques, de la belle-mère empoisonnante au chic oriental à la cuisinière acerbe en passant par la jeune aristocrate évaporée.