À suivre :
MaretMartin Eden
117 min
Disponible à partir du 04/05/2026
À la télévision le jeudi 7 mai à 01:55
Épris d’une fille de bonne famille, un jeune ouvrier rêve d’une bourgeoisie où il peine à trouver sa place... Adaptant le chef-d’œuvre de Jack London, Pietro Marcello livre dans ce film épuré une histoire d’ascension sociale marquée par le poids du déterminisme.
Naples, quelque part au début du XXe siècle. Invité à un dîner par une famille de la haute bourgeoisie dont il vient de défendre le fils lors d’une rixe, Martin Eden, un ouvrier marin gauche et un peu fruste, s’éprend de la cadette, Elena Orsini. Il réalise pourtant, à la suite d’une discussion sur Baudelaire, le gouffre culturel qui les sépare. Prêt à tout pour la conquérir, il décide de s’instruire en autodidacte : très vite, il se passionne pour la littérature et projette de devenir écrivain. Mais les revues littéraires boudent ses premiers textes tandis qu’Elena, à qui il est désormais fiancé, le prie d’accepter un poste d’avocat dans le cabinet de son père. Trop individualiste et subversif pour le conformisme de la bourgeoisie, Martin peine à s’y faire une place.
Fascination et perdition
En adaptant le roman de Jack London, qu’il transpose de San Francisco à Naples, Pietro Marcello s’attache à démontrer le poids inaltérable des déterminations sociales. L’écrivain américain, membre du Parti socialiste travailliste d’Oakland, souhaitait dénoncer le darwinisme social popularisé par le sociologue Herbert Spencer, à travers un personnage dont l’individualisme radical le piège dans une impasse existentielle : en renvoyant dos à dos libéralisme et socialisme, Martin Eden fait preuve d’une indépendance d’esprit qui finira par causer sa perte. Fasciné par une bourgeoisie qui ne le voit que comme une bête de foire, il est en même temps révulsé par la bêtise de cette classe, et demeure hanté d’avoir trahi ses origines prolétaires. Tandis que son obstination pour l’écriture lui apporte un succès tardif dont il ne retient que dégoût et désolation, sa quête d’amour sombre à cause de différences sociales irréductibles. Tourné en 16 mm, un grand film au récit sensuel et épuré, où Pietro Marcello laisse à ses comédiens une grande liberté de jeu, avec une mention pour Luca Marinelli (meilleur acteur à la Mostra), dont le personnage voit ses sentiments illustrés par un étonnant dispositif d’archives.
Avec
Luca Marinelli (Martin Eden)
Carlo Cecchi (Russ Brissenden)
Jessica Cressy (Elena Orsini)
Vincenzo Nemolato (Nino)
Marco Leonardi (Bernardo Fiore)
Denise Sardisco (Margherita)
Carmen Pommella (Maria)
Autilia Ranieri (Giulia Eden)
Giustiniano Alpi (Arturo Orsini)
Réalisation
Pietro Marcello
Scénario
Maurizio Braucci
Pietro Marcello
Auteur.e
Jack London
Production
IBC Movie
Shellac
Rai Cinema
Avventurosa
Match Factory Productions
BR
ARTE
Producteur/-trice
Viola Fügen
Pietro Marcello
Thomas Ordonneau
Beppe Caschetto
Michael Weber
Image
Francesco Di Giacomo
Alessandro Abate
Montage
Aline Hervé
Fabrizio Federico
Musique
Marco Messina
Sacha Ricci
Paolo Marzocchi
Pays
Allemagne
Année
2019
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