Olivier Père

Rio Grande de John Ford

Sidonis édite en combo DVD/Blu-ray accompagné d’un livret, dans sa collection « westerns de légende », Rio Grande (1950) de John Ford.

Rio Grande est le dernier volet de la trilogie que John Ford consacra à la cavalerie américaine, après Le Massacre de Fort Apache et La Charge héroïque. Si le premier film était l’un des plus graves du cinéaste, et le second teinté d’une mélancolie élégiaque, ce troisième titre illustre le goût de Ford pour les récits nonchalants. Les trois films sont interprétés par John Wayne. L’acteur reprend le rôle de Kirby York qu’il incarnait déjà dans Le Massacre de Fort Apache. L’officier se trouve à présent devant deux problèmes délicats à résoudre : un conflit avec la tribu des Navajo à la frontière mexicaine (le Rio Grande est la rivière qui sépare les États-Unis et le Mexique), et l’arrivée au fort de son fils comme simple soldat, bientôt rejoint par sa mère (Maureen O’Hara), bien déterminée à l’arracher de force à l’armée. Ce dilemme trouvera à la fin du film une conclusion généreuse et optimiste. Le scénario où se rejoignent la question du commandement et la sphère privée permet à Ford d’alterner les scènes d’action et des moments de comédie et de marivaudage. Le cinéaste mêle à la perfection les différents registres, passant de l’humour picaresque au drame, sans oublier des annotations satiriques. Comme à son habitude, Ford décrit avec tendresse une communauté humaine haute en couleur et réunie par des valeurs, des coutumes et des rituels. La cavalerie devient la métaphore de l’Amérique. Si Ford aime l’armée, il déteste la guerre. Il déteste aussi la violence et préfère toujours filmer la fatigue et la tristesse des soldats blessés de retour du front plutôt que les combats eux-mêmes, auxquels le cinéaste semble se désintéresser. Le traitement du thème indien fait de Rio Grande un western profondément antiraciste.

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2 commentaires

  1. MB dit :

    Olivier, ce n’est pas le même York celui-ci s’épèle Yorke avec un « e », et surtout ce n’est pas le même personnage, aucun signe ne l’indique, mais surtout je ne suis pas d’accord avec « profondément antiraciste », au minimum ce scénario bâclé traite les Apaches de façon superficielle, rien à voir avec ceux de YELLOW RIBBON et FORT APACHE, qui ont leur fierté, ceux de RIO GRANDE sont des silhouettes, alors sinon « antiraciste » je dirais indifférent quant à leur condition.
    Je ne sais pas pourquoi Sidonis accorde autant de moyens à cette édition comme pour un grand film, le fait que Bertrand Tavernier ne participe pas aux bonus semble indiquer qu’il n’aime pas trop ce film très moyen dont le seul mérite est de nous donner à voir Claude Jarman Jr (qui se bagarre avec Fred Kennedy, le cascadeur qui se tuera sur le tournage des CAVALIERS), et la course de chevaux avec Ben Johnson et Harry Carey Jr! Ah on peut sauver le retour de la troupe fourbue au camp aussi.

  2. MB dit :

    « ce n’est pas le même York celui-ci s’épèle Yorke avec un « e » » ce serait une erreur de frappe au scénario (McBride), mais « rien n’indique que ce serait un autre personnage » (McBride) mais je dirais que rien n’indique que c’est le même, et au contraire (il aurait connu O’hara, aurait eu une propriété dans le sud, aurait eu un fils vingt ans plus tôt) tout celà après la fin de FORT APACHE, à mon avis c’est plus une indifférence plutôt nonchalante de la part de Ford, ce qui ne joue pas sur la qualité (moyenne) du film, bref!

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