Olivier Père

Opération Jupons de Blake Edwards

ARTE diffuse Opération Jupons (Operation Petticoat, 1959) lundi 27 avril à 20h55. Le film sera suivi d’un documentaire, Tony Curtis, l’enfant du Bronx, sur l’acteur américain qui partage le haut de l’affiche de ce divertissement enlevé avec Cary Grant. C’est Blake Edwards (quatre films ensemble) qui a révélé la fibre comique de Tony Curtis au début de sa carrière. En officier gigolo et magouilleur, le très sexy Curtis joue à la perfection de son charme canaille et ambigu. Opération Jupons est l’un des premiers succès personnels de Blake Edwards, juste avant la décennie miraculeuse des années 60 où le cinéaste va signer quelques-uns de ses meilleurs films, et imposer son regard à la fois trivial et sophistiqué, parodique et sentimental, sur la comédie hollywoodienne. Héritier de Hawks et de Wilder, Blake Edwards emprunte au premier son acteur de prédilection, et s’empare d’un argument bourré d’allusions sexuelles que n’aurait pas renié le second. Le film détourne les récits militaires situés pendant la Seconde Guerre mondiale. L’odyssée d’un sous-marin endommagé par une attaque aérienne dans le Pacifique aurait pu donner lieu à la glorification de l’héroïsme de la marine américaine. Blake Edwards transforme cette aventure en hymne à la débrouillardise, à la transgression du règlement et à l’indiscipline. Cary Grant, élégance folle dans toutes les situations, est complètement dépassé par les initiatives malhonnêtes de son second (Tony Curtis) et doit affronter l’intrusion de cinq officiers-infirmières en détresse à bord de son vaisseau. La cohabitation entre un équipage viril émoustillé ou hostile et les jeunes femmes va entraîner une succession de gags burlesques très bon enfant – l’infirmière maladroite qui provoque une série de catastrophes – même si souvent à la limite de la misogynie. La construction en flash-back – des années plus tard, Cary Grant relit son journal de bord se souvient de la dernière mission farfelue de son sous-marin chéri avant que ce dernier parte à la casse – introduit une touche de mélancolie qu’on retrouvera régulièrement dans l’œuvre de Blake Edwards.

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