Olivier Père

Dilili à Paris de Michel Ocelot

« Dilili est une petite métisse venue de Nouvelle-Calédonie, découvrant le Paris de la Belle Époque. Les Parisiens l’ont observée pendant des mois dans un village kanak reconstitué, elle décide d’observer à son tour les Parisiens… Il y a surtout un mystère à résoudre : l’enlèvement de petites filles… Un jeune livreur en triporteur, connaissant Paris comme sa poche, accompagne la jeune Dilili parmi des hommes et des femmes fascinants, qui donnent informations, indices et idées aux jeunes héros. Ceux-ci découvriront une secte ténébreuse, et lutteront pour une vie active dans la lumière et le vivre-ensemble… » (Michel Ocelot)

Chant d’amour à la beauté de la capitale et à ses artistes, Dilili à Paris est aussi un hymne à la féminité et au courage, dans la ville lumière menacée par la violence, l’obscurantisme et l’intolérance. Comme dans son précédent chef-d’œuvre humaniste, Azur et Asmar, Michel Ocelot ose aborder, au cœur d’un univers poétique et d’un conte destiné aux petits et aux grands, des thématiques graves qui trouvent un écho saisissant dans l’époque que nous traversons. Pour la première fois, Ocelot mêle à l’animation en 2D et 3D des prises de vues réelles : des photographies des rues et des monuments de Paris, où des intérieurs meublés de la Belle Époque dans lesquels évoluent et s’intègrent les personnages, célèbres ou anonymes du film. L’effet est particulièrement réussi et souligne la richesse architecturale de la ville, telle qu’elle existe encore, sans qu’il soit nécessaire de la modifier ou de la recréer par le dessin. Mais les véritables monuments qui peuplent le film, ce sont les génies artistiques, littéraires ou scientifiques que Dilili croise sur son chemin et son enquête pour retrouver les fillettes disparues. Ocelot évoque avec lyrisme ce fourmillement créatif, dont les principaux artisans étaient français mais aussi polonais, espagnols, japonais ou roumains, preuve de la formidable attraction que représentait la capitale française à l’aube du XXème siècle et sa capacité à accueillir ce melting pot culturel qui s’étend de Brancusi à Marie Curie, de Picasso au clown Chocolat. Quant aux femmes, dans ce cri d’alarme contre la maltraitance des filles, elles sont en 1900 aux avant-postes du combat pour l’égalité des sexes, en occupant pour la première fois le devant de la scène dans plusieurs disciplines artistiques ou scientifiques. La splendeur visuelle de Dilili à Paris ne nous fait pas oublier que les films de Michel Ocelot sont d’abord et surtout des plaisirs pour les oreilles. Le langage châtié de Dilili, et les subtiles variations et niveaux de langages parlés de ses interlocuteurs donnent à attendre une riche palette des couleurs du français. Ocelot pratique un art classique de l’élégance et de la clarté, où il est important de se faire comprendre, par les mots et les images. Message bien reçu en ce qui concerne Dilili à Paris, célébration de la féminité et de la civilisation occidentale.

Dilili à Paris de Michel Ocelot sort en salles mercredi 10 octobre, distribué par Mars Films.

Catégories : Actualités · Coproductions

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