Apocalypse Now Redux de Francis Ford Coppola

ARTE diffuse dimanche 17 septembre à 20h50 la version Redux de 2001 de Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. Le film sera immédiatement suivi par l’extraordinaire documentaire Au cœur des ténèbres (Hearts of Darkness : A Filmmaker’s Apocalypse) réalisé par Eleanor Coppola (la femme du cinéaste), Fax Bahr et George Hickenlooper et sorti en 1991, qui retrace la genèse et l’élaboration démentielles de ce film hors-norme, grâce au journal filmé tenu par Eleanor tout au long de l’interminable tournage aux Philippines.

Cette programmation spéciale en l’honneur de Francis Ford Coppola se poursuivra le lundi 25 septembre avec la diffusion de L’Homme sans âge (Youth Without Youth, 2006) à 22h30.

Au sommet de la gloire, Francis Ford Coppola se lance dans l’aventure d’un film gigantesque sur la guerre du Vietnam, inspiré par Au cœur des Ténèbres de Joseph Conrad. Le chaos du Vietnam est appréhendé comme une hallucination psychédélique, un spectacle obscène. La folie de la guerre se confond avec celle du tournage, interminable et émaillé de nombreux incidents : un typhon, la crise cardiaque de Martin Sheen, les caprices de Marlon Brando débarquant aux Philippines obèse et sans avoir préparé son rôle, Coppola tournant des kilomètres de pellicule sans trouver la fin du scénario. Comme tous les films de Coppola, Apocalypse Now est un voyage dans le temps, un retour aux origines. Le capitaine Willard remonte le fleuve à la recherche du colonel Kurtz, accusé d’avoir sombré dans la barbarie. Cette odyssée dans la jungle le conduit vers un état primitif de l’humanité, et sa propre destinée. Le film aurait pu devenir l’apocalypse de Coppola. Il marquera son apothéose, et entrera dans la légende.

 

Dennis Hopper et Martin Sheen dans Apocalypse Now Redux (2001)

Dennis Hopper et Martin Sheen dans Apocalypse Now Redux (2001)

Une nouvelle vision d’Apocalypse Now Redux permet de revenir sur cette version définitive (soit environ 195 minutes au lieu des 146 minutes initiales) du chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola. Montré dans une copie de travail au Festival de Cannes en 1979, le film, fruit d’un an de tournage éprouvant et de deux ans de montage, obtient la Palme d’Or, et un gros succès mondial qui permit de faire oublier les dépassements de budget. Vingt-deux ans plus tard, Coppola a décidé de réintégrer le métrage qu’il avait du supprimer de la version initiale, afin de livrer un film d’une longueur plus acceptable pour le public. Car l’échec financier d’Apocalypse Now, dans lequel il avait investi sa fortune personnelle, eût été pour lui un désastre. Parmi les scènes coupées, la plus mythique concerne évidemment l’arrivée de Martin Sheen et de ses hommes dans une plantation française, vestige oublié de la colonie indochinoise, dans laquelle un patriarche, entouré de sa famille et de quelques soldats, refuse de quitter son domaine et « son » pays. Cet épisode « européen » aux accents viscontiens rompt délibérément avec l’ensemble du film (plutôt wellesien), par les thèmes abordés (la comparaison des deux conflits vietnamiens) et l’apparition d’une jeune femme interprétée par Aurore Clément, avec laquelle Willard fumera de l’opium. L’esthétique de la séquence lui confère une dimension presque surnaturelle, puisque les colons français y sont clairement présentés comme des fantômes ou des morts en sursis oubliés par le temps et l’histoire, bloqués dans les années 50.

Apocalypse Now Redux

Apocalypse Now Redux de Francis Ford Coppola

Apocalypse Now Redux

Apocalypse Now Redux de Francis Ford Coppola

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