Olivier Père

Hatari! de Howard Hawks

ARTE diffuse Hatari! (1963) de Howard Hawks dimanche 9 avril à 20h50, en version restaurée. Ce titre tardif de Hawks – son dernier grand succès, réalisé juste après Rio Bravo – a bien plus à proposer qu’une simple comédie sur les aventures africaines d’un groupe d’amis qui capture des animaux sauvages dans la savane pour les vendre à des zoos. Sous son apparente désinvolture, Hatari! est un film récapitulatif de la philosophie du cinéaste, pour lequel action et morale furent toujours indissociables. Le héros hawksien se définit par ses actes. Nous sommes au-delà de l’éloge du professionnalisme si souvent évoqué au sujet de Hawks. L’action détermine un rapport à la vie et aux autres. Dès la séquence pré générique, Hawks montre des hommes au travail, rodés à une hiérarchie des tâches, unis face au danger. Le cinéaste fera alterner tout au long du film de séquences silencieuses et mouvementées consacrées à la capture des animaux, et des scènes intimistes où la complicité et les rivalités s’expriment au sein du groupe dans de longues conversations. Hatari! met en scène un personnage féminin typique du cinéma de Hawks, femme aussi séduisante qu’indépendante, et dont le caractère bien trempé lui permet de tenir tête à John Wayne, macho au cœur tendre. La photographe italienne « Dallas » est interprétée par la jeune actrice Elsa Martinelli, belle Toscane qui possédait toutes les qualités requises pour plaire à Hawks et s’intégrer dans son cinéma. Ce qui distingue aussi Hatari! des autres films d’aventures exotiques hollywoodiens, c’est son souci de l’authenticité. Ce souci s’exprime jusqu’au choix de la musique, commandée à Henri Mancini avec l’ordre de respecter des sonorités africaines. Hawks a tourné son film sur les lieux mêmes de l’action, transportant toute son équipe au Tanganyika, soit la partie continentale de l’actuelle Tanzanie. Pas ou très peu de transparences filmées en studio. Hawks confronte ses acteurs à la réalité de la scène, évite au maximum les artifices pour atteindre à une forme de vérité : celle de l’action. Hawks a refusé d’avoir recours à des doublures ou des cascadeurs. Ce sont les acteurs eux-mêmes, suffisamment entraînés, qui conduisent les véhicules et capturent tous les animaux du film. Le résultat est résolument moderne, dénué du moindre romantisme. Hawks filme la beauté de l’Afrique avec évidence, humour et détachement.

Elsa Martinelli © Paramount Pictures/All rights reserved Foto: ARTE France Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung "Bild: Sendeanstalt/Copyright". Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke Wölk Tel.: +33 3 881 422 25, E-Mail: bildredaktion@arte.tv

Elsa Martinelli dans Hatari! de Howard Hawks
© Paramount Pictures/All rights reserved

 

 

 

 

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Un commentaire

  1. MB dit :

    A revoir le film, j’ai été consterné par la mièvrerie de certaines scènes, les pleurs de Dallas à la fin du film sont un peu trop insistants pour être supportables, c’est l’écho de ceux de Dickinson dans RIO BRAVO qui eux, paraissent dans la note, fasciné par la classe de Michèle Girardon, que Hawks a un peu abandonné dans la direction d’acteurs (selon McBride parce qu’elle lui avait refusé ses faveurs!), comme abandonné Blain (même source: parce qu’il harcelait Wayne sur le plan politique) comme punition: moins de plans pour vous! Ceci dit le début dans le calme avec la machine qui se met en route en douceur, jusqu’à l’hôpital, sont très convaincants et plus tard à la fin la séquence de la capture du rhinocéros est stupéfiante de maîtrise et d’intelligence de découpage et de cadre, de montage, et en effet Wayne au moins (j’ai pas bien vu pour les autres) n’est pas doublé!

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