Olivier Père

Jack and Diane de Bradley Rust Gray

Ce film indépendant new yorkais a été une catastrophe commerciale et critique et n’a pas été vu par grand monde, à l’exception des spectateurs des quelques festivals où il fut présenté en 2012 (il était dans la compétition internationale du Festival del film Locarno cette année-là.) C’est pourtant une vraie curiosité que pourront bientôt rattraper les amateurs de films bizarres puisqu’il sera disponible en DVD à la vente grâce à Optimale, éditeur spécialisé dans le cinéma gay et lesbien, à partir du 16 octobre.

Le cinéma fantastique a souvent été un bel écrin pour accompagner les tempêtes physiques et psychologiques déclenchées par un coup de foudre ou les premiers émois sexuels. On se souvient bien sûr de La Féline (versions Jacques Tourneur et Paul Schrader) où la frayeur féminine de la perte de la virginité était associée à la malédiction de se transformer en panthère.

Ici c’est la découverte du grand amour et surtout la révélation d’une possible homosexualité qui plongent la new yorkaise Diane (géniale Juno Temple) dans un tel chaos sentimental que son corps subit des transformations qui s’apparentent fort à la lycanthropie. L’objet du désir et du trouble de Diane est la belle Jack (Riley Keough, une révélation – et la petite-fille d’Elvis Presley !), une jeune fille androgyne comme son prénom l’indique.

Juno Temple et Riley Keough

Juno Temple et Riley Keough

Le nouveau film de Bradley Rust Gray (The Exploding Girl, 2009), belle romance urbaine, goûte aux plaisirs de l’hybridation et de la métamorphose, au sens propre et au sens figuré. Cette comédie romantique transgenre navigue entre réalisme et onirisme (les inquiétante séquences d’animation avec « la louve garou » confiées aux frères Quay), érotisme et imagerie fleur bleue au rythme du hit de 1983 du groupe vocal anglais Flying Pickets, « Only You ». Certes nous sommes loin, à tous points de vue, de La Vie d’Adèle – chapitres 1 et 2, mais le charme des deux jeunes interprètes parvient à faire oublier la confusion et les faiblesses du film.

Après son apparition mémorable dans Holy Motors on retrouve Kylie Minogue dans Jack and Diane en lesbienne tatouée, loin de son image glamour et sophistiquée de star de la pop.

 

 

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