Olivier Père

Not in Tel Aviv de Nony Geffen

Not in Tel Aviv

Not in Tel Aviv

Il y a des films frères et amis. Buffalo ’66 de Vincent Gallo, The Color Wheel d’Alex Ross Perry et aujourd’hui Not in Tel Aviv (Lo be-Tel Aviv) de Nony Geffen appartiennent à cette fratrie de films frondeurs, insolents de liberté, d’anticonformisme et de talent, avec devant et derrière la caméra un auteur complet, qui habite intellectuellement et physiquement son film. Ce n’est pas non plus un hasard si ces trois films sont des voyages en voiture, à deux ou à trois, des histoires de kidnappings et de cohabitation forcée, de guerre des sexes et de névrose masculine. C’est l’héritage postmoderne d’un cinéma de la fuite en avant de la révolte nihiliste, d’un individualisme forcené qui allie beauté du geste, amour du désastre, énergie du désespoir et dandysme punk.

Acteur de formation, Nony Geffen interprète le rôle principal de son premier film, un professeur en crise qui après avoir perdu son poste kidnappe une jeune étudiante et l’embarque avec lui dans un périple délirant où il tue sa mère et renoue avec son amour d’adolescence, parmi d’autres épisodes névrotiques et rocambolesques. Comédie noire et ultra contemporaine, Not in Tel Aviv séduit et surprend du début à la fin.

On a le plaisir d’y retrouver, en belle captive vite consentante, l’actrice Yaara Pelzig, déjà remarquée en terroriste idéaliste dans Le Policier de Nadav Lapid, Prix du Jury à Locarno en 2011 (Not in Tel Aviv lui aussi fut découvert et primé au Festival del film Locarno l’année suivante, dans la section « cinéastes du présent »). Les deux films ont le même producteur, Itai Tamir. Un vent de jeunesse et de subversion souffle sur le cinéma israélien. On pourra le constater encore avec la sortie de Youth de Tom Shoval, et les films à venir de Nadav Lapid et Asaf Korman. Not in Tel Aviv sort aujourd’hui dans les salles françaises, distribué par Arizona. A ne pas rater.

Catégories : Non classé

Un commentaire

  1. chamall dit :

    Un peu déçu, ça parait toujours sur le point d’être bien …. sans jamais l’être. En tout cas, il y a une frontière floue entre nihilisme punk et adolescence attardée. Pas du tout aimé l’usage très vignette TV de la musique. Heureusement les acteurs sont formidables.

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