1989, Tchécoslovaquie. Alors qu'on annonce la chute du mur de Berlin, une femme âgée, Gerta, se remet d'un accident cérébral qui a failli lui coûter la vie. Elle se souvient de son passé : sa jeunesse à Brno, au sein d'une famille tchéco-allemande ; le conflit avec son père lors de l'invasion du pays par les nazis en 1938 ; son petit ami Karel, avec lequel elle s'est engagée dans la résistance étudiante ; son frère, Friedrich, engagé dans la Wehrmacht ; la mort de sa mère… Progressivement, la guerre lui a enlevé tout ce qui lui était cher et causé un secret inavouable qui a marqué la suite de son existence.
Mémoire douloureuse
Adapté d'un roman paru en 2024, Les exilées de Moravie (éd. Charleston), et tourné par le réalisateur tchèque Tomas Masin, ce téléfilm en deux parties parcourt une page d'histoire méconnue : la destinée de la population mixte germano-tchèque qui vivait en Tchécoslovaquie avant la Seconde Guerre mondiale, prise dans l'étau d'événements contradictoires, de l'occupation allemande à la défaite, après laquelle elle a été expurgée par les Tchèques. Les thèmes de l'identité et de la culpabilité nourrissent cette fresque centrée sur le beau personnage de Gerta, qui lutte pour faire face aux malheurs qui l'accablent, tout en incarnant la mémoire douloureuse d'un pays. Construite sur des allers et retours entre le passé de l'héroïne et la fin de sa vie, marquée par une relation lourde de non-dits avec sa fille et sa petite-fille, il s'agit aussi d'une fable sur la transmission entre les générations, qui raconte le difficile chemin vers le pardon.