Si Cathy voulait cacher qu’elle fêtait aujourd’hui ses 60 printemps, c’est raté. Kelly et Jason ont littéralement placardé sa petite maison de briques de bannières proclamant la nouvelle. Pour célébrer l’événement, toute la famille s’apprête à aller déjeuner dans un restaurant qui n’a pas l’heur de plaire à Pauline. Le coffre de Michael déborde de cadeaux…
Passions et tracas quotidiens
Un grand benêt de fils et sa petite amie gaffeuse, aussi coupés des réalités que les beaux-parents, qui, eux, ont officiellement perdu la tête, un frère affectueux mais un peu balourd, une belle-sœur imbuvable : pour affronter le deuil dans son hospitalier pavillon de banlieue, la douce Cathy (délicieuse Lesley Manville, vue dans River sur ARTE), incarnation du tact anglais, n’est pas parfaitement entourée. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de l’ami Michael, dont elle est bien la seule à ignorer qu’il est éperdument amoureux d’elle. Dans cette sitcom douce-amère où l’on rit souvent jaune, chaque épisode correspond à un mois de l’année, à l’exception d’une dernière ligne droite explosive concentrée sur une semaine. Mum se délecte de l’inconfort mais aussi de la tendresse des relations familiales. Par petites touches, l’intrigue suit la trajectoire d’une femme senior, qui apprivoise sa nouvelle vie, montrant à ses proches qu’à 60 ans celle-ci n’est pas finie. Ancrée dans un quotidien des plus prosaïques, Mum sait néanmoins faire jaillir de cette banalité passion, cruauté et romantisme. À cet égard, Peter Mullan (Top of the Lake) compose un irrésistible Michael à la fougue contenue. Dorothy Atkinson (Pauline), en peste snobinarde mal dans sa peau s’ingéniant à tourmenter son compagnon, n’est pas mal non plus.