Au tournant des années 2000, on voit surgir sur le marché des antiquités des milliers de fragments de parchemins porteurs de textes bibliques en hébreu, en grec et en araméen. Ils sont supposés appartenir au célèbre corpus des manuscrits dits de la mer Morte, ou de Qumran, l’une des plus extraordinaires découvertes archéologiques du XXe siècle. Exhumés dans le désert de Judée entre 1947 – date officielle, qui pourrait être antérieure de quelques années – et 1956, ces fragments de textes bibliques constituent les plus anciennes versions de l’Ancien Testament connues à ce jour. Aussi, l'apparition soudaine de nouveaux exemplaires, après une interruption de plusieurs décennies, déchaîne-t-elle les passions, et les collectionneurs se lancent dans la surenchère. Martin Schoyen, un Norvégien féru de manuscrits anciens, découvre cependant, après avoir sollicité des experts scientifiques, que la moitié de ses acquisitions sont des faux habiles. Le marché ne s'en porte pas plus mal, surtout quand un milliardaire évangélique américain, Steve Green, se met en quête de pièces de choix pour le musée de la Bible qu'il projette d'ouvrir à Washington, à deux pas du Capitole…
Saga à suspense
Au-delà de leur intérêt historique et religieux, les manuscrits, vrais et faux, constituent depuis leur découverte un enjeu majeur dans le conflit israélo-palestinien. À la croisée de l'histoire religieuse, de l'archéologie et de la géopolitique, Rémi Lainé et Fanny Belvisi, laquelle a mené l'enquête sur plusieurs années, retracent dans une saga haute en couleur l'histoire des parchemins d'hier et d'aujourd'hui pour démêler le vrai du faux. D'Israël aux États-Unis en passant par l'Europe, leur documentaire monté comme un thriller, où se croisent collectionneurs, négociants, milliardaires, religieux, politiques et chercheurs internationaux, écrit un nouveau pan, plus profane que sacré, de l’histoire de la Bible.