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Ils créent une série nommée Cognacq-Jay

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C’est un projet qui est en développement depuis plus de deux ans. La première fois que j’en ai entendu parler, c’était dans le numéro hors-série d’Écran Total qui recense une grande partie des projets en cours d’écriture. C’était en décembre 2012. A l’époque, j’avais propulsé ce projet en tête des séries les plus prometteuses.

Son idée est merveilleusement simple : plonger le téléspectateur dans une époque où tout semblait possible, en particulier à la télévision. Nous sommes à la fin des années 50, période de grande espérance pour de nombreux français qui inventent, qui entreprennent, alors même que la République française est secouée par la guerre d’Algérie. Au milieu, la télévision est chahutée, propulsée par l’audace de ses pionniers qui doivent de plus en plus se frotter au contrôle du pouvoir politique.

Derrière cette série, trois auteurs qui, comme ils l’indiquent dans leur note d’intention, aimeraient bien « rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, des français entreprenaient, avaient foi en la vie et en eux-mêmes. » Un propos d’actualité, non ? Interview.

 

Dimension Séries : Qui êtes-vous et quel est votre parcours professionnel ?

Martin Sauvageot : Je me suis pas mal cherché. J’ai fait des études paramédicales, en me spécialisant dans l’art thérapie… avant de basculer dans le marché de l’art, le monde des galeries pendant 10 ans. Je faisais aussi pas mal de DJ dans les bars ou dans les fêtes privées. C’est sur le tard que j’ai découvert l’écriture de scénario. Alors j’ai plongé, grâce à Marco Rivard qui m’a mis le pied à l’étrier. Ensemble on a écrit pour Vénus et Apollon, Cœur Océan, Heidie… Avec une prédilection pour le travail en atelier, je suis toujours à la recherche de la série romanesque qui saura nous emporter loin tout en évoquant notre époque de grand chamboulement. Je viens de me lancer dans la réalisation avec Vous êtes Ici, une série de programmes courts co-écrite avec Olivier Charasson et Sophie Pincemaille, qui en sont aussi les protagonistes.

Sophie Pincemaille : J’ai d’abord un parcours de comédienne, je suis sortie du CNSAD (Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique) en 1996. Parallèlement j’ai aussi mis en scène et coécrit avec Michel Muller ses one-man show.  C’est avec Michel que j’ai commencé à écrire pour la télévision (Fallait pas l’inviter…). Puis j’ai rencontré Tania de Montaigne avec qui j’ai initié la série 3 Femmes Flics. J’ai ensuite travaillé sur plusieurs séries et unitaires tout en continuant mon activité de comédienne autant à la télévision qu’au théâtre. Je fais aussi de la mise en scène. J’ai monté deux monologues d’Eduardo Pavlovski, avec la complicité de Jean-Louis Trintignant, rencontré lors d’une lecture que nous avions faite ensemble à Gordes. Ma dernière création : Les Bonnes de Jean Genet qui se jouera à Paris en 2015.

Thibaut La Flaquière : Comme Martin, ma formation (Sciences Éco et Sciences Po) ne me destinait pas forcément à l’écriture de fictions. En revanche, j’ai toujours été fasciné par la télé. J’ai trouvé un premier job dans un grand groupe média où je travaillais sur des concepts d’émissions (magazines, jeux, divertissements). Juste après, j’ai eu la chance de participer à la création d’une société de production TV indépendante, French TV, au sein de laquelle j’ai vécu une période de mutations assez passionnante avec l’arrivée de l’interactivité, la naissance de la TNT ou l’émergence des « nouvelles écritures ». Ensuite, j’ai eu envie de m’essayer au scénario. Après quelques galops d’essai (des shortcoms, une tentative dans la science-fiction), Cognacq-Jay est ma première grande expérience d’écriture au long cours.

 

Bon, rentrons dans le sujet. Cognacq-Jay, ça parle de quoi ?

Martin Sauvageot : La télévision française a modestement débuté dans une ancienne pension de famille du VIIème arrondissement de Paris, rue Cognacq-Jay. Lorsqu’il n’y avait encore qu’une chaine unique, tenue par une petite équipe de passionnés. Pendant plusieurs décennies, les noms de Cognacq et Jay, qui sont en fait les créateurs de la Samaritaine, ont été rattachés à la télévision. Même après la création des studios des Buttes Chaumont dans les années 60, c’est à Cognacq-Jay que battait le cœur de la télé. Et c’est de ce cœur, de ces débuts aussi chaotiques qu’enthousiastes dont on a eu envie de parler.

Thibaut La Flaquière : Cognacq-Jay, c’est la matrice d’où est sortie la télé que nous connaissons aujourd’hui. Ce sont des hommes, de vrais pionniers, qui, partis de rien, ont créé un nouveau média avec l’intuition qu’il allait prendre une place considérable dans la vie de millions de personnes. Ils avaient conscience qu’ils étaient porteur d’une vraie mission : informer et cultiver tout en divertissant. La série parlera de ces « héros » un peu comme s’ils étaient des explorateurs en partance vers une « terra incognita ».

Sophie Pincemaille : Avec Cognacq-Jay, nous abordons aussi cette époque de grande mutation que furent le début des années 60. A cette époque, tout bouge ! C’est la fin de la 4è République et le pays, en désarroi, cherche un nouveau souffle. La guerre d’Algérie, que la censure s’obstinait encore à qualifier « d’évènements », bat son plein. Et puis le mœurs évoluent, et notamment la condition féminine, la notion de famille commence à progresser vers de nouveaux modèles. L’avancée technologique fulgurante contribue aussi à l’essor de ce média. Par plus d’un aspect, cette époque nous renvoie à la nôtre.

 

Qui est derrière cette idée de série ? Et, surtout, comment cette envie de parler de la télé à la télé française vous est venue en tête ?

Martin Sauvageot : Thibaut est venu vers nous avec l’idée d’une série qui retracerait les débuts de notre média chéri. Il est le plus geek d’entre nous, et y voyait un intéressant écho au développement d’Internet aujourd’hui. C’était aussi le moyen de parler d’une période aussi passionnante que méconnue de notre histoire : au lycée, c’est un peu là que les professeurs, débordés par leurs programmes, arrêtent leurs cours. Pourtant ces années ont été décisives pour notre époque contemporaine. Il nous paraît primordial d’interroger la façon dont la France s’est finalement séparée de l’Algérie, ce qui impacte encore notre relation aux nord-africains ou issus de.

Thibaut La Flaquière : Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai découvert la mémoire audiovisuelle des années 50 et 60 à travers des extraits d’émissions mythiques comme 5 Colonnes à Une ou La Caméra explore le temps. C’est une période très riche et très créative dont la télé et le web se nourrit en continu. J’ai eu envie d’en savoir plus sur ces programmes, de connaître le contexte dans lequel ils avaient été créés, de connaître les producteurs ou les réalisateurs qui étaient derrière. J’ai découvert des personnages incroyables. Par exemple, quelqu’un comme Jean d’Arcy, directeur des programmes dans les années 50. C’est lui qui a posé tous les jalons de la télévision d’aujourd’hui. Et en visionnaire extraordinaire, il avait même prédit l’avènement d’internet. La série est sans doute née de ma curiosité pour cet âge d’or.

Sophie Pincemaille : Aujourd’hui beaucoup se réfèrent aux modèles sociaux des années 50/60. Il me semble intéressant de les interroger sans complaisance. On oublie souvent qu’à cette époque, les gens étaient aussi porteurs d’une grande énergie, car désireux de se libérer d’un carcan oppressant. En écrivant cette série nous souhaitons retrouver cette énergie et ce goût de liberté.

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De gauche à droite, l’équipe de Cinq Colonnes à la Une en régie : Pierre Desgraupes, la scripte Monique Wendling et Igor Barrère. Derrière : Pierre Lazareff et Pierre Dumayet. Crédits : Georges Hernad / INA

Parler de la télévision à la télévision n’est pas une chose facile, en particulier en France où les enjeux économiques rencontrent souvent des intérêts politiques – et c’était d’autant plus vrai à l’époque. Est-ce un sujet qui sous-tend Cognacq-Jay ?

Martin Sauvageot : C’est vrai qu’il y a une sorte de tabou de parler de la télévision dans la fiction française. On nous oppose souvent que « ça n’intéresse pas le public« .

Sophie Pincemaille : En fiction, c’est « Touche pas à mon poste ! » en quelque sorte… alors que les émissions de télé ne cessent de parler des émissions de télé.

Martin Sauvageot : Pour contre balancer cet à priori étrange, on n’a pas d’autre choix que de rendre nos personnages et nos intrigues incontournables. Ce sont les débuts du media que nous évoquons. Comme ceux de la radio libre, Canal+ ou Internet, ils ont des vertus romanesques excitantes.

Thibaut La Flaquière : Nos personnages, du moins au début de la série, traversent un moment fondateur pendant lequel la télévision ne représente pas de réel enjeu économique. Ils travaillent avec les petits moyens octroyés par l’État qui leur laisse une paix royale … à la condition de ne pas faire trop de vagues. La montée en puissance de la télé avec l’explosion du nombre de postes vient changer la donne. Nos héros deviennent de plus en plus soumis à la pression des dirigeants politiques qui comprennent alors l’intérêt qu’il y a à contrôler ce nouveau média. Les enjeux économiques prennent de l’importance plus tard avec la concurrence induite par la seconde chaîne et avec l’introduction de la pub. Ce sujet sera au cœur, on l’espère, d’une saison 2.

 

Est-ce que votre projet ne serait trop ambitieux ?

Thibaut La Flaquière : En terme de narration, le projet peut sembler ambitieux : Cognacq-Jay raconte la genèse d’un média tout en brossant le portrait d’une société en plein changement. La présence de costumes et de décors fait également de notre série une production un peu à part. Mais comme nos personnages ont tous un air familier pour le téléspectateur, il sera très facile d’y entrer.

Martin Sauvageot : Peut-on être trop ambitieux ? En fait, c’est une question qu’on souhaite soulever dans notre projet. Les pionniers de la télévision ont forcément débordé d’ambition quand ils concevaient avec des moyens très réduits, cette « fenêtre sur le monde« , selon l’expression de Jean D’Arcy.

Sophie Pincemaille : C’est vrai que nous nous mettons la barre très haut. Nous voulons à la fois être romanesques, et justes historiquement. Pas forcément dans les faits, mais plus dans les mentalités. Entrainer le spectateur dans une autre façon de concevoir le monde. Et à travers les aventures de nos héros au milieu du siècle dernier, proposer un autre regard sur ce que nous vivons aujourd’hui.

 

Quand vous parlez de ce projet, quelles réactions obtenez-vous ? Ressentez-vous un blocage vis-à-vis des sujets abordés par Cognacq-Jay ?

Martin Sauvageot : Nous n’avons pas encore abordé les diffuseurs. C’est conscients des difficultés d’un tel projet que nous avons décidé ensemble d’affuter notre dossier avant de se frotter à eux. Mais tous les autres interlocuteurs se sont montrés enthousiastes à cette idée. Et Florence Laneurie de Mercredi Films en premier. Dès que nous lui avons pitché l’idée, elle a voulu nous soutenir. Puis Bruno Delport de Nova production.

Thibaut La Flaquière : Nous parlions de tabou à propos de la présence de la télévision dans la fiction française. Mais le propre de ce média, c’est justement de s’attaquer aux sujets tabous, donc on espère que les verrous – s’il y en a – vont tomber.

 

Quand on pense aux années 60 en séries, on n’échappe pas à Mad Men… mais aussi à une série anglaise de la BBC intitulée The Hour qui parlait également de la télévision sous l’angle journalistique. Cognacq-Jay inscrit-elle son récit dans ce sillon ? Et qu’est-ce qui la différencie ?

Martin Sauvageot : Bien entendu, nous avons vu – et aimé – ces deux séries de référence. La première distinction est sans doute culturelle. Où l’anglais s’appuie sur du mystère très british et l’américain crée avec talent sa propre légende, nous, nous proposons d’écrire une histoire à hauteur d’homme. Ce sont nos personnages qui nous mènent dans l’aventure. Ce sont des pionniers, pris dans un repli de l’histoire au moins aussi puissant que celui que nous vivons aujourd’hui, mais dans une époque où la France croit en l’avenir et au progrès.

Sophie Pincemaille : 10 ans après la seconde guerre mondiale, tout paraît possible. Surtout, nos héros ont encore les cicatrices des erreurs passées. Ils sont prêts à tout pour améliorer collectivement (une notion forte à l’époque) leur vie. On est loin de la dépression de Mad Men.

Thibaut La Flaquière : Mad Men, qui démarre de plain-pied dans les années 60, raconte la fin du rêve américain. Les débuts de Cognacq-Jay sont situés juste avant. L’invention de la société moderne est toujours en cours. La période est douloureuse, mais nos personnages la traversent avec optimisme et foi en l’avenir. La comparaison avec The Hour est intéressante. Mais dès le départ, nous avons décidé de ne pas nous limiter à un seul angle. Notre approche de la télévision est plus globale : le progrès technique, la censure ou la place des femmes à l’antenne constituent quelques axes autours desquels nous avons bâti notre narration. Ce qui nous permet également de jouer avec les différents types de programmes de l’époque comme les « dramatiques », les grandes émissions de variétés ou les programmes d’information.

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The Hour, diffusée sur BBC Two (et sur Arte en France). De gauche à droite, les acteurs Ben Whishaw et Peter Capaldi

Quel travail de préparation avez-vous accompli pour bien réussir à intégrer toutes les données pertinentes de l’époque pour l’élaboration d’une série ?

Martin Sauvageot : Beaucoup de lectures de livres et d’archives pour commencer. Puis des rencontres avec les témoins de l’époque, enrichies de l’avis de certains experts. La difficulté après tout ça est de ne pas se laisser noyer par la documentation, d’en extraire les axes narratifs pertinents et parlants. Le choix des personnages principaux a par exemple été assez douloureux. Il y a tant de profils diablement romanesques qu’on aimerait voir exister et qui ne seront finalement que des personnages secondaires.

Sophie Pincemaille : On a aussi eu une bonne étoile qui nous a permis des rencontres heureuses. La dernière : un collectionneur fana dont la maison est pleine de caméras anciennes parfaitement entretenues. Il nous a bien aidés à comprendre les bouleversements technologiques des années 60.

Thibaut La Flaquière : Il faut préciser que ce sont les réalisateurs qui ont été les plus diserts sur les débuts de la télé, la plupart ont raconté leurs mémoires d’une manière ou d’une autre. Ensuite, il a fallu aussi se documenter sur le contexte historique. Cette fin de la IVème république qui n’est pas forcément facile à comprendre avec les yeux de notre époque.

 

Lors de ces recherches, qu’avez-vous appris qui vous a frappé sur cette période ?

Martin Sauvageot : Le temps le plus fort, est sans doute le coup d’État de mai 58 qui se préparait pour renverser la IVème République. L’histoire a retenu ce qui s’est passé à Alger. Mais ce qui est moins connu, c’est que des parachutistes étaient prêts aussi à sauter sur Paris. On s’est dit que pour eux, s’emparer des moyens de communication était un enjeu stratégique de première importance. C’est comme ça que Cognacq-Jay démarre, comme une sorte d’uchronie.

Sophie Pincemaille : Et plus anecdotiquement, il y a le 6ème étage de la rue Cognacq-Jay. Le bâtiment occupé par la télévision était donc une ancienne pension de famille. C’est un témoin qui nous a rapporté l’existence d’un dernier étage non utilisé par la production et où se retrouvaient les équipes après la fin des programmes pour faire la fête. Pensez. Juste au-dessus des studios et bureaux, des chambres, des salles de bain avec le charme désuet d’avant-guerre. Imaginez l’ambiance !

Thibaut La Flaquière : Le jour, ces équipes faisaient un travail assez remarquable en repoussant à chaque fois les limites techniques. Tout le monde travaillait main dans la main, même si les clivages politiques étaient très marqués. C’était l’époque des premières fois : premier direct depuis des lieux insolites comme un porte-avion ou le fond d’une mine, première retransmission d’une opération à cœur ouvert, premier duplex entre Paris et Alger… Tout le monde se mobilisait, on trouvait des solutions dans la nuit, et le lendemain, on accomplissait l’impossible. Ce qui est frappant aussi, c’est que tous les genres télévisuels que l’on connait aujourd’hui étaient déjà présents : jeux, télé-crochets, fictions, documentaires et même, déjà, une forme de télé-réalité. Dans le domaine de l’information, les présentateurs des premiers JT avaient une liberté de ton incroyable, c’était presque Le Petit Journal avant l’heure.

 

Quand on adapte une période historique, la question du curseur de la fiction se pose. A quel endroit avez-vous décidé de le placer ?

Thibaut La Flaquière : Quand on s’attaque à une série historique, le plus important est d’être historiquement plausible. C’est le cas de toutes les intrigues que l’on a développées. Ensuite, on s’est attaché à restituer la vérité de l’époque, les valeurs de ces individus qui étaient en avance dans bien des domaines. Notre arrière-plan est historique. D’ailleurs, on a conçu la série de manière à pouvoir y intégrer le plus naturellement possible des images d’archives. Nos personnages sont fictifs, mais ils peuvent rappeler quelques grandes figures de l’époque.

Sophie Pincemaille : Cette question nous a beaucoup interrogés. Nous avons décidé de respecter la chronologie historique quant aux changements politiques et sociaux. Elle est passionnante, pleine de rebondissements et de surprises. Le retour du Général de Gaulle au pouvoir est un roman à lui tout seul.

Martin Sauvageot : Mais nos héros sont des personnages secondaires de cette Histoire majuscule. Ce sont pour nous des icônes qui cristallisent les spécificités et façons de l’époque. Eux sont le nœud qui nous lie à ces années-là.

 

France 2 a annoncé le développement d’une série nommée Speakerines, et qui se déroule à la même époque ou presque que Cognacq-Jay. Vous en pensez quoi ?

Martin Sauvageot : L’époque est riche et intéressante, donc c’est bien qu’il y ait plusieurs projets qui tournent autour. En plus c’est une bonne idée de se concentrer sur les femmes de la TV. Nous supposons que notre angle d’approche sera beaucoup plus politique.

 

Pour terminer cette interview, ce sont quoi vos séries et/ou films qui vous ont fasciné dernièrement ?

Thibaut La Flaquière : La première saison de True Detective repose sur une dynamique assez fascinante entre les deux personnages joués par Matthew McConaughey et Woody Harrelson. Avec Cognacq-Jay, on a essayé de mettre en place une mécanique un peu similaire. À propos de McConaughey, il est aussi un explorateur très convainquant dans Interstellar. Mais j’ai été surtout bluffé par la manière dont Christopher Nolan est arrivé à imaginer et à représenter l’impossible. Un autre coup de cœur, c’est Rectify, pour son rythme, pour ses acteurs, pour la charge émotionnelle qu’ils dégagent.

Martin Sauvageot : Benched m’a bien fait rire. Et vraiment je regrette qu’il n’y ait pas plus de 26 minutes en France. C’est un format plein de potentiel. Je n’ai malheureusement pas vu toute la saison 2 de Ainsi Soient-Ils mais les épisodes que j’ai vus m’ont impressionné par leur humanisme. J’ai mis les DVD sur ma liste de Noël.

Sophie Pincemaille : L’univers de Game of Thrones me fascine, qui mélange la politique et le merveilleux. Et plus récemment, je salue la mini-série de Bruno Dumont P’tit Quinquin et l’audace d’Arte. Enfin une série qui ne peut prétendre s’appuyer sur ce qu’un diffuseur penserait savoir des attentes d’un téléspectateur. Je ne pense pas que cette série n’ait été attendue de personne avant sa venue, elle était totalement innovante. Et le public était au rendez-vous.

 

Propos recueillis par mail par Manuel Raynaud.

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