Glossaire des séries TV

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A (Arc, Arche)

Arc / Arche narrative / Storyline / Intrigue

Lors de l’élaboration d’une série, les scénaristes élaborent pour les personnages des intrigues, appelées également storyline. Si ce terme représente généralement une petite histoire, elles peuvent être des composantes de ce que l’on appelle les arches narratives.

Ces arches narratives vont s’étaler sur plusieurs épisodes et décrivent par exemple l’évolution de la déprime de Don Draper au cours de la saison 3 de Mad Men. Ces arches (ou arc) sont définies par les scénaristes habituellement au début du processus créatif, avant même l’écriture de la première ligne de dialogue. Elles peuvent être modifiées dans leurs détails lors de l’élaboration de la série mais généralement moins souvent dans leur structure.

 

C (Cliffhanger)

Cliffhanger

Ce terme anglais, qui littéralement peut-être traduit par “personne suspendue à la falaise“, est une expression utilisée fréquemment dans l’univers des séries. Elle désigne généralement une révélation forte dans une intrigue ou bien la fin d’un épisode qui laisse le téléspectateur sans voix, attendant avec impatience de voir la suite pour savoir, par exemple, comment tel personnage va se tirer d’une situation incroyable.

 

E (Episode)

Episode

Un épisode est, au sein d’une série, un fragment temporel d’elle-même. Il doit donc disposer des attributs de la série, à commencer par ses personnages, mais aussi remplir son rôle narratif : avec un début, un milieu et une fin – ouverte ou non. Toutes les intrigues n’ont pas à être bouclées.

Là encore, la définition de l’épisode évolue. L’irruption des “mini-séries” a transformé ces règles. Ces dernières, qui durent de 2 à 6 épisodes (et dont le Royaume-Uni raffole), étalent leurs intrigues – et donc leurs structures – sur l’ensemble de ces épisodes. Un premier épisode peut être donc le début, un deuxième sera son milieu et un troisième la fin de l’histoire.

Mais ce n’est généralement pas aussi simple, pour des raisons d’ailleurs assez évidentes. Afin d’intéresser le nouveau public qui n’aura pas vu l’épisode précédent, les scénaristes utilisent fréquemment des petites intrigues servant de porte d’entrée au téléspectateur novice.

 

F (Fansubber)

Fansubber / Fansubbing

L’univers du Fansubbing désigne l’univers du sous-titrage amateur sur Internet. La plupart du temps, cette activité est illégale car elle enfreint les droits d’auteur.

Un Fansubber est une personne qui traduit et/ou synchronise les lignes de dialogues puis va les enregistrer la plupart du temps dans un fichier sous le format .srt. En toute logique, les sous-titres sont mis en lignes sur des sites spécialisés devenus des banques de sous-titres et classant les fichiers par séries et par épisodes.

Les Fansubbers s’organisent en équipe ou en “team” ; il existe des équipes couvrant plusieurs séries à la fois mais il en existe d’autres créées spécialement pour le sous-titrage d’une seule série.

A Lire : Interview d’une créatrice de sous-titre pour Dr. House.

 

N (Network)

Network / (chaîne) Premium / (chaîne) Câblée

Tous ces mots qualifient le type des chaînes de télévisions. Le “network” désigne par abus de langage une grosse chaîne. Parmi les “networks” américains principaux, on retrouve NBC (qui a donné naissance à Friends par exemple), Fox (concepteur de The X-Files) ou CBS (toute la série des Experts). A l’image de TF1, qui pourrait être considérée comme un “network” français, ces chaînes sont gratuites puisque leur modèle économique repose sur la diffusion de publicités.

C’est également le cas de certaines chaînes du câble américain. Le câble est la technologie choisie par les États-Unis après la seconde guerre mondiale pour développer à très vive allure le monde télévisuel – c’était également un bon moyen de couvrir un territoire si grand. De fait, des chaînes ont été diffusées uniquement sur le câble et certaines d’entre elles sont gratuites – elles composent ce qui s’appelle le “basic cable“. C’est par exemple le cas d’AMC, la chaîne derrière Mad Men et Breaking Bad.

En plus de ces deux types de chaînes s’ajoute un troisième groupe : les chaînes premium. Ce sont des chaînes payantes, comme l’est Canal + ou bien HBO (à qui l’on doit Les Soprano, Game of Thrones…) et Showtime (Dexter, Weeds…). Outre leur caractère payant, elles sont aussi appelées ainsi car elles véhiculent généralement une image plus élitiste, ou en tout cas commercialement moins populaire, de la télévision.

 

P (Pilote)

Pilote

Le pilote est le terme désignant le premier épisode d’une série. Ce premier épisode est produit dans un certain contexte : les upfronts (voir plus bas). Il doit se détacher du lot afin que la série dont il est l’ambassadeur soit commandée intégralement.

Les chaînes peuvent passer commande pour toute une saison (environ 24 épisodes de nos jours) mais plus généralement aujourd’hui, pour des raisons de risque, seulement 9 à 13 épisodes peuvent être commandés. Une commande intermédiaire, intervenant plus tard dans l’année, déterminera si la série obtiendra ses 24 épisodes ou non.

 

Préquelle / Séquelle

Une préquelle (ou bien un préquel, peu importe…) désigne une œuvre – dans notre cas, ce sera une série, une saison ou bien juste un épisode ! – qui développe une histoire en amont d’une autre. Ainsi, prochainement, la série Better Call Saul verra le jour ; les événements de son récit se dérouleront avant ceux de Breaking Bad dont elle partage l’univers.

Une séquelle, à contrario, développe une histoire en aval d’une autre. Joey proposait ainsi de se concentrer sur le personnage de Matt LeBlanc après la fin de Friends et de découvrir ce qu’il lui arrivait.

Aussi bien préquelle que séquelle sont en réalité des spin-off.

 

S (Série, Showrunner, Spin-Off, Spoiler)

Série

La série existe sous plusieurs formes mais répond à des critères imparables. Elle dispose d’abord de personnages récurrents, c’est-à-dire qui reviennent au fur et à mesure des épisodes. Sinon, il s’agit d’une anthologie, soit la somme d’histoires souvent liées par une thématique (La Quatrième Dimension, Les Contes de la Crypte…).

Si elle ne dispose que de personnages récurrents, ce n’est pas encore tout à fait une série. Elle doit également les mettre en scène au sein d’intrigues qui peuvent s’étaler au cours d’un ou plusieurs épisodes. L’intrigue est en elle-même définissable par une suite d’éléments qui constituent un début, un milieu et une fin à celle-ci : une suite de sketches n’est donc pas une série mais une suite d’épisodes courts racontant chacun une histoire en est une.

Reste pour autant que la définition évolue au fil des ans. Les Guignols de l’Info, par exemple, disposent de personnages récurrents et d’intrigues qui s’étalent sur plusieurs saisons. Est-ce une série ? On aurait dit non il y a plusieurs années mais l’explosion des programmes courts (Kaamelott, Un gars Une fille ou Bref) semblent peu à peu modifier cette perception.

 

Showrunner

Le terme showrunner désigne une sorte de super-scénariste. Il assure l’intégrité artistique de la série dont il a la responsabilité, de l’écriture au casting en passant par la mise en production jusqu’à la post-production.

Concrètement, ce statut n’existe a priori qu’aux Etats-Unis où il est encadré rigoureusement de manière contractuelle. Si ce système n’est pas forcément utilisé dans les autres pays qui ont fait leur preuve en matière de séries télés, s’en rapprocher témoigne souvent de son efficacité. Le Royaume-Uni ou le Danemark, qui ont mis le créateur-scénariste au centre de leur processus créatif, démontrent fréquemment son utilité.

En France, les choses évoluent lentement mais elles évoluent. Un accord contractuel entre producteurs et scénaristes a été signé fin janvier 2013. S’il ne propose pas de système de “showrunner” en lui-même, il permet en revanche de réduire la précarité de l’encadrement contractuel du métier de scénariste. Valoriser ce métier – ou plutôt réduire sa dévalorisation – ne peut qu’être bénéfique au système français actuel où le diffuseur a encore une marge de manœuvre bien plus grande que dans les pays qui ont une fiction rayonnante.

 

Spin-Off

Un spin-off est à la base un terme économique américain désignant une filiale d’une société. Ce terme, en entrant dans le langage courant, a été ré-utilisé pour divers secteurs dont celui de la télévision. Chez nous, le spin-off désigne une série fille dérivée d’une autre série.

Par exemple, NCIS est à la base une série dérivée de JAG – l’agent Gibbs et son équipe sont en effet d’abord apparus dans deux épisodes de cette dernière pendant la saison 8. A son tour, NCIS a enfanté une autre série, NCIS : Los Angeles dont les héros se sont d’abord fait connaître au cours de la saison 6 de NCIS.

 

Spoiler

Attention, spoiler“. Ce bout de phrase résonne dans la tête des sériephiles comme un avertissement. Que signifie-t-il ? Que quelques mots plus tard, celui qui a mis en garde les lecteurs s’apprête à révéler des éléments importants sur le contenu d’une ou des intrigues, ce qui peut en conséquence supprimer tout suspense mis en place lors d’un épisode. “Tel personnage meurt à la fin” est par exemple un spoiler qu’on se doit d’annoncer à l’avance pour ne pas frustrer les téléspectateurs qui ne sont pas arrivés à ce stade de la série.

 

U (Upfront)

Upfronts

Période charnière pour la télévision américaine, les upfronts ont lieu traditionnellement tous les ans au milieu du mois de mai. Durant cette période (qui commence même pour les petites chaînes plusieurs semaines avant), les gros networks américains annoncent leurs stratégie pour la saison prochaine : nouveaux programmes – se partageant entre séries et télé-réalités – et nouvelles grilles de diffusions sont les deux principaux leviers de cette stratégie.

Cette période représente la partie émergée d’une industrie qui se renouvelle tous les ans depuis des dizaines d’années. Si une quarantaine de nouvelles séries sont produites chaque années, ce sont des centaines de pilotes qui sont également créés en amont et des milliers de scénarios qui sont imaginés par leurs créateurs. Les upfronts est donc l’aboutissement de cette machinerie infernale qui explique, en partie, la créativité du continent américain.

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