A suivre…

« La série, c’est l’art de l’accompagnement. » La formule est de Benoit Lagane, journaliste à Radio France qui, lors d’une émission de radio, saisissait en si peu de mots l’essence de ce que cette forme artistique représente pour moi. Je suis à ce titre très heureux et honoré d’avoir pu accompagner certains de vos visionnages ou de vos réflexions, et d’avoir partagé avec vous cette envie éditoriale qui m’est devenue de plus en plus personnelle : renouveler les frontières de ma curiosité télévisuelle. Grand merci à Arte de m’avoir ainsi fait confiance en m’offrant une liberté inespérée.

Ce billet sera le dernier de ce blog mais j’espère avoir semé en vous quelque chose de moins matériel. Une passion qui, avec des hauts et des bas, avait pour ambition de nourrir l’idée d’une télévision davantage ouverte au monde, à la création et à son indispensable diversité.

Cet intérêt pour la série existait déjà en moi avant Dimension Séries mais il était moins précis, plus naïf, sûrement beaucoup trop nord-américain aussi et peut-être même moins policier ! Surtout, Dimension Séries a suscité quelque chose que je n’avais pas anticipé : l’envie de comprendre pourquoi la télévision française avait à ce point loupé le train de la création audiovisuelle quand toutes les autres nations cherchaient à embarquer à son bord.

Les raisons semblent difficiles à appréhender. Elles sont aussi bien culturelles que politiques ou économiques. A tous les étages, ceux qui ont été en capacité de décider ont fait des choix qui, dans leur globalité, se sont avérés inefficaces pour ne pas dire idiots. Hiérarchisation systématique des expressions artistiques (jeune et culture, « concilier l’inconciliable« , CSA) ; aliénation de la télévision à sa mission d’information (bientôt LCI et une chaîne d’info publique…) et au financement du cinéma (il n’existe pas de quotas directement associés à la fiction TV par exemple) ; uniformisation de la grille de lecture des chaînes privées à tous les diffuseurs (avec la complicité de France Télévisions qui a mimé pendant des années ses concurrentes) et répliquée par la plupart des journalistes médias un peu perdus quand il s’agit de comprendre ce qu’est la BBC.

Nous nous sommes mis hors-jeu, seuls, comme de sacrés nigauds.

Depuis quelques mois, on sent pourtant comme un frémissement en télévision. Les séries françaises remontent dans le classement des meilleures audiences après presque 10 ans d’absence. Un sursaut appréciable mais le déclic ne vient pas de nous. Il vient des anglais. La diffusion de Broadchurch, portée par les Jeux Olympiques de Sotchi, a été un choc, positif, pour tout le monde. Pour les diffuseurs mais aussi pour le public. TF1 et France 2, les principaux diffuseurs de la fiction française, sont en train d’infléchir leur politique fiction comme on ne l’a pas vu depuis peut-être 20 ans, acceptant des projets qu’ils auraient mis à la poubelle il y a quelques années. Et le public, sur lequel on a tant chié avec un cynisme répugnant, montre qu’il est loin d’être con, à condition de lui proposer des choses davantage audacieuses…

Du coup, on fait quoi ? Il faut militer pour que ce sursaut se transforme en une prise de conscience, et que son diagnostic s’applique enfin à tous les étages décisionnaires. Continuons d’être chiants et exigeants, le public d’abord, les créateurs bien sûr, les critiques évidemment, parce que nous sommes encore loin du compte. Loin de ce qu’ont accompli en quelques années des pays minuscules faiblement peuplés comme le Danemark, la Suède ou Israël par exemple, et très loin de ce qu’accomplissent chaque jour l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Canada, les États-Unis, la Corée du Sud… et la liste continue. Tous ces pays se sont forgés une identité télévisuelle. A notre tour. Mais accepterons-nous enfin de prendre la main ?

Manuel Raynaud

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Séries Françaises. Les 10 projets qui promettent (2016)

SeriesFR2016

Tous les ans, à l’aide du hors-série Production qu’Ecran Total met au monde, je réalise une sélection totalement subjective des projets de séries françaises qui me donnent l’eau à la bouche. Voici mon top 10… et quelques autres. La moisson pour les années à venir s’annonce franchement enthousiasmante.

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Quelques idées de cadeaux pour sériephiles

Noel

C’est bientôt Noël. Et qu’est-ce qu’on offre à un sériephile pour l’occasion ? Le Mépris, de Jean-Luc Godard bien sûr ! Euh, ah oui, non, pardon, ne partez pas, restez, j’ai des choses cool à vous faire découvrir. Des DVD mais aussi des ouvrages ou, pour faire encore plus chic, des objets de collection. Alors, on met quoi sous notre sapin cette année ?

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Arte Creative mise sur la pop culture

ArteCreative

Depuis la rentrée, Arte a renouvelé l’ambition de sa plateforme dédiée à la création web, Arte Creative. Autour de plusieurs thématiques, « Pop« , « Art« , « Geek » et « Humour« , elle espère faire jouer sa différence. Au programme, entre les jeux et les pastilles du quotidien, on y trouve notamment des webséries et des programmes courts. Focus.

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Occupied, l’anticipation écologique

Occupied

Occupied est une série imaginée par Jo Nesbø et co-produite entre la télévision norvégienne TV2 et ARTE. Autant écolo et politique qu’eurocritique, elle fait figure d’ovni dans le paysage des séries télé européennes et nous plonge dans un monde pas si éloigné chronologiquement du nôtre. Elle est diffusée sur ARTE les jeudis du 19 novembre au 17 décembre à 20h55.

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11 septembre, aaron sorkin, charlie hebdo, the west wing

Isaac et Ismaël

IsaacIsmael

Post initialement publié au lendemain des attentats de janvier.

Un mois après les attentats du 11 septembre 2001, le monde restait en état de choc. Aux États-Unis, la série The West Wing (A La Maison Blanche), qui ne traitait pas de politique sous la forme des manigances mais celle des idées, a pris acte de ce terrible événement. Le 3 octobre 2001, NBC a diffusé un épisode spécial de la série, écrit, réalisé et tourné en moins de trois semaines.

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Replay : The Grinder, Cuffs…

ReplayGrinder

Cette semaine, on se plonge dans plusieurs nouveautés dont certaines ont déjà quelques semaines d’existence. Il y a la très méta The Grinder, la girly Supergirl, la menottée Cuffs et la politique Show Me A Hero. Sans compter le retour aux affaires de The Affair

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Plus Belle La Vie, l’arbre qui cache l’audiovisuel français

PlusBelleLaVie

Séisme dans l’audiovisuel français. Le groupe TF1 veut mettre la main au porte-feuille pour s’offrir Newen, un géant. C’est à l’une de ses filiales, Telfrance, que l’on doit Plus Belle La Vie. Mais si, ne vous cachez pas les yeux. Vous savez. C’est ce contrat qui vaut chaque année à France Télévisions – et donc votre argent – de débourser entre 30 et 35 millions d’euros. Un contrat majeur. Sûrement le plus gros investissement du groupe public, et de loin, dans la création.

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Life Is Strange, les incroyables pouvoirs de Max

LifeIsStrange

Et si l’une des séries les plus marquantes du moment était… interactive ? Life is Strange est un jeu vidéo épisodique s’inscrivant dans cette nouvelle tendance des créations vidéoludiques dites « narratives ». Son cinquième et dernier chapitre, sorti le 20 octobre dernier, a mis un point final à l’aventure fantastique, poétique et déchirante de Maxine Caulfield, une jeune étudiante de 18 ans.

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dix pour cent, dominique besnehard, fanny herrero, france 2

Dix pour cent, la télé fait son cinéma

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France 2 lance ce soir en grande pompe une nouvelle série intitulée Dix pour cent. Elle nous promet du parler du monde merveilleux du cinéma français à travers les yeux d’agents de comédiens. Et pour ce faire, elle y a invité plusieurs noms connus, de Cécile de France en passant par François Berléand ou Audrey Fleurot, pour jouer leur propre vrai-faux rôle. Mais attention aux apparences…

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