La guerre des boutons n'aura pas lieu

lundi 29 août à 22h25 (77 min)

Landresse est le petit village franc-comtois qui inspira à Louis Pergaud son célèbre roman, "La guerre des boutons". En filmant la vie des gamins du village d'aujourd'hui, Frédéric Compain jette un pont entre passé et présent, réalité et roman, et détricote en douceur les idées reçues sur le monde rural et la Communale du siècle passé, si souvent idéalisés.

Landresse, 231 habitants recensés en 2012, dans le Doubs. C'est ce village paisible que Louis Pergaud, qui y fut instituteur durant deux ans, a immortalisé sous le nom de Longeverne dans son premier et plus célèbre roman, La guerre des boutons, devenu après sa mort un véritable mythe national (le collège, la place de la mairie et le lycée de Besançon s'appellent tous Louis-Pergaud !). Qui sont les Lebrac, Tigibus, La Crique ou Camus d'aujourd'hui ? Pour le savoir, Frédéric Compain (Émirats, les mirages de la puissance) a tenu sur deux années la chronique de Landresse dans les pas de gamins du village âgés, comme les héros du livre, de 7 à 14 ans : de parties de pêche en repas de famille, de fêtes villageoises en journées d'école, Guillaume, Tom, Hortense, Léo, Jolan et leurs copains ouvrent les portes d'un petit monde dans lequel ils semblent heureux. Jetant un pont entre passé et présent, réalité et roman, ces instantanés d'enfance défont aussi en douceur quelques idées reçues sur le monde rural et la Communale du siècle passé, si souvent idéalisés aujourd'hui.

Le retour de Pergaud

Par la magie de la voix off, le fantôme de Louis Pergaud revient dans le village qu'il horrifiait jadis par son hostilité à l'Église - le maire avait rapidement réclamé, et obtenu, sa mutation -, nous guidant de saison en saison, entre réminiscences et commentaires. Comme ceux du livre, les jeunes héros de ce film savent saigner un lapin ou occire une grenouille,  traire les vaches et fendre les bûches. Mais contrairement aux petits paysans d'hier, ces jeunes qui entrent pour certains en apprentissage vivent une enfance libre et choyée, unis à leurs parents par une complicité confiante. Beaucoup rêvent d'ailleurs de perpétuer le modèle familial à Landresse en s'installant, qui comme agriculteur, qui comme boucher, dans ce terroir où ont vécu leurs ancêtres. Des voix et des visages rares à la télévision, auxquels Frédéric Compain, avec le renfort de La guerre des boutons, rend un hommage truculent et tendre.

Réalisation:  Frédéric Compain