Mines du Québec, le futur est déjà là

Un reportage de Claire Delattre, Clémence de Blasi et Claire Bargelès

Mines du Québec, le futur est déjà là

Un reportage de Claire Delattre, Clémence de Blasi et Claire Bargelès

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Abitibi-Témiscamingue. Une région sauvage du Québec, à 600 kilomètres au nord-ouest de Montréal. Une large route permet d’accéder aux villes de Rouyn-Noranda et Val d’Or. Si droite qu’elle paraît tracée à la règle, elle s’enfonce à travers une épaisse forêt de conifères. On aperçoit de grands lacs et de petites bourgades. Ça et là, de drôles de structures de fer s’élèvent vers le ciel, à demi camouflées par les arbres : des mines d’or, qui jalonnent le parcours à la manière de bornes kilométriques.

C’est ici que s’étend la faille de Cadillac, une zone géologique qui regorge du précieux métal. Exploitée depuis le début du siècle, elle n’a pourtant pas encore livré tout son or.

Aujourd’hui, l’image du mineur à la pioche appartient au passé. Qu’ils s’activent sous terre ou à ciel ouvert, les quelque quatre mille travailleurs des mines de la région ont désormais entre leurs mains des outils technologiques qui ont radicalement transformé leur métier…

Chapitre 1

Trois kilomètres sous terre

« Avec la mécanisation des mines, on se croirait dans un jeu vidéo ! », plaisante Robert Marcoux, un ancien mineur de Val d’Or. Avec ses mains, il mime les joysticks qu’il utilisait il y a encore peu de temps pour guider ses foreuses. « Le mineur d’aujourd’hui, il creuse la roche avec une petite manette, à distance, dans sa cabine. Oubliez l’image du mineur à la pioche. »

Au Québec, ces nouveaux outils ont changé le rapport de l’homme à la mine. Désormais, plutôt que des physiques solides et des carrures imposantes, ce sont des qualités techniques qui sont recherchées lors du recrutement des mineurs. Il faut savoir faire corps avec les machines, pour les guider dans leur ballet incessant.

« Le mineur d’aujourd’hui, il creuse la roche avec sa petite manette, à distance. »

Robert Marcoux, ancien mineur

Pilotage automatique

Les étapes du minage n’ont pas changé. Mais depuis la mécanisation, elles demandent beaucoup moins de temps et d’énergie. C’est aussi un peu plus de confort pour les travailleurs, et une meilleure rentabilité : on extrait de la terre des quantités d’or de plus en plus importantes.

Mieux, on peut se permettre d’exploiter des gisements où le métal est présent en quantités infimes. « Sans mécanisation, ça coûterait trop cher à exploiter car on ne ferait pas assez de tonnage », confirme Robert Marcoux.

La question de la main d’œuvre

Si la technologie rend les mines plus rentables, elle rend aussi les mineurs moins essentiels. « C’est sûr que la mécanisation réduit aussi la main d’œuvre », estime André Racicot, travailleur des mines et syndicaliste. « Une des mines de la région a par exemple mis en place un ‘rail convoyeur’, une technologie importée d’Afrique du Sud. Cet appareil pour transporter le minerai est télé-opéré par une seule personne : cela revient à supprimer le job de vingt travailleurs. »

Mais même si les souterrains ont été progressivement envahis par des machines, plusieurs techniques anciennes subsistent. Avant d’emprunter la cage pour descendre sous terre, chaque employé de la mine doit placer sur un tableau blanc l’aimant qui porte son nom. En remontant à la surface, les mineurs repassent devant le tableau et ôtent leur nom.

« Ça permet de savoir où on en est : tant que tous les noms n’ont pas été retirés du tableau, on ne dynamite pas », explique Jacky, mineur et formateur à La Ronde. Si l’un des mineurs oublie d’enlever son aimant quand il remonte, il immobilise toutes les opérations et voit ses collègues se lancer à sa recherche. Une technique artisanale, un peu étonnante à l’heure de l’informatique !

En remontant à la surface, les mineurs retirent leurs noms du tableau de présence.

Chapitre 2

Des machines et des hommes

Le monde minier change, mais les entreprises ne peuvent pas encore se passer d’hommes sous terre. Le pourront-elles seulement un jour ? Quand ils évoquent leurs conditions de travail, les mineurs d’Abitibi se plaignent rarement. Au fond de la mine, ils ont pris l’habitude de ne pas s’épancher, de serrer les dents. Les récits des anciens sur la dureté du métier avant la mécanisation poussent les travailleurs à se considérer aujourd’hui comme bien lotis.

Mineur reste pourtant un métier risqué. Sous terre comme à la surface, le corps des hommes est quotidiennement malmené. Mais les salaires, incroyablement élevés, exigent des travailleurs qu’ils dépassent leurs douleurs…

Les mines ne peuvent pas encore se passer d’hommes sous terre.

Luc, Daniel, Patrick, Régent et Julie travaillent sous la surface de la terre. Un monde secret et mystérieux aux yeux des non-initiés. Leur profession, ils ont appris à l’apprivoiser : il a fallu s’adapter à cette vie souterraine, à la fois éprouvante et attirante.

Un corps mis à rude épreuve

Chaleur, humidité, poussière, bruit : même si la technologie facilite un peu leurs conditions de travail, le corps des mineurs reste très marqué par leur activité. Passez votre souris sur l’image ci-dessous pour en savoir plus.

« Avec la mécanisation, c’est sûr que c’est moins dur de travailler, physiquement, dans une mine. » André Racicot est salarié dans la mine de Westwood depuis trente-cinq ans. Responsable régional du syndicat des métallos, il a vu le métier évoluer rapidement. Très critique sur les conditions de travail sous et sur terre, il admet néanmoins que les progrès techniques sont souvent un bien pour la santé des travailleurs.

Malgré tout, le métier de mineur est encore pénible : « Les conditions restent très dures et la mécanisation n’a pas que du bon : il y a davantage de machines diesel, ce qui pollue et attaque les poumons, dans un environnement très confiné. »

“Dans les mines, les conditions restent très dures”, soutient André Racicot
La ventilation, "le principal défi"

Les mines tentent d’améliorer leur système de ventilation, pour réduire la température sous terre et évacuer les poussières. « C’est le défi principal des mines, aujourd’hui », assure sans hésiter Christian Quirion, de la mine La Ronde.

« Sans ventilation il ferait 30 à 35°C en permanence. Avec la ventilation, on est autour de 20°C à certains postes de travail. » En aparté, dans d’autres mines, certains racontent pourtant les évanouissements dus à la chaleur, et la déshydratation qui guette. Aller de plus en plus profond sous la terre : c’est le vœu des compagnies minières. Possible grâce aux avancées des machines, mais à quel prix pour les hommes ?

Rémunérés à hauteur des risques

Mineur : un métier à risque, mais très prisé de la population d’Abitibi-Témiscamingue. Qu’est-ce qui fait creuser les travailleurs souterrains ? « L’argent », répondent-ils en chœur. Après quelques années d’expérience, un mineur de fond empoche un salaire mensuel compris entre 7000 et 8000 dollars canadiens, soit près de 5000 euros. Une rémunération impressionnante, due aux primes de rendement.

 

"Des horaires mis en place pour que la mine ne s’arrête jamais"

Pour permettre un rendement optimal, les mines d’Abitibi fonctionnent en continu. Les mineurs alternent donc travail de jour et travail de nuit une semaine sur deux, à raison de dix heures de travail par jour. Mais comme leur travail est physique, les mines ont mis en place un système d’embauche par rotation. Le plus courant est le « 5-4-4-5 » : après avoir travaillé cinq jours consécutifs, les mineurs ont quatre jours de repos ; puis ils travaillent un cycle de quatre jours et font une pause de cinq jours. Un système qui plait à beaucoup de mineurs, qui profitent ainsi de longues plages de repos.

La syndicalisation : un tabou dans les mines québécoises

La solidarité a longtemps été de mise entre les travailleurs des mines, soumis à des conditions extrêmes. Pourtant, malgré les nombreux risques inhérents à la profession, peu de mines sont encore syndicalisées. Un constat qui agace André Racicot, du syndicat des Métallos : « Aujourd’hui, je pense que les mineurs sont plus individualistes. Ils ne comprennent pas que la solidarité entre mineurs a une grande importance », regrette-t-il.

Selon lui, certaines compagnies refusent toute syndicalisation : « Il y a une sélection à l’entrée des mines non syndiquées, ils regardent le caractère des mineurs, s’ils sont réfractaires, s’ils se revendiquent, etc. Si l’employé est docile, ils l’engagent. » Et il va même plus loin, rejoignant sur ce point d’autres syndicalistes des mines de la région : « Il y a des mines qui payent un peu plus leurs employés pour qu’en contrepartie, ils renoncent à se syndiquer. »

Des pratiques que récusent en bloc les responsables des mines non syndiquées, justifiant l’absence de syndicat… par le seul désintérêt de leurs travailleurs !

« Il y a des mines qui payent un peu plus leurs employés pour qu’ils renoncent à se syndiquer. »

André Racicot, du syndicat des Métallos

Chapitre 3

A l’école des mineurs

Apprendre sur le tas, en regardant faire les anciens de la mine. Sa seule bonne volonté en guise de diplôme, mimer les gestes, glaner les conseils… Un savoir qui se transmet d’homme à homme, sur plusieurs générations de mineurs : au Québec, c’était encore la norme il y a quelques années. Désormais, les postulants aux métiers de la mine le savent bien : s’ils veulent être embauchés sous terre, il leur faut pouvoir justifier d’une formation en extraction de minerai.

Retourner en classe, c’est le choix qu’ont fait Reavan, Michaël et Nicolas, en s’inscrivant au centre de formation professionnelle de Val d’Or. Dans les couloirs, on croise aussi de jeunes enfants : des portes ouvertes sont régulièrement organisées pour les écoles, afin de découvrir les métiers de la mine.

Une formation incontournable

Des maths, mais aussi des cours de gestion du stress et des travaux pratiques : l’enseignement minier s’est adapté aux exigences nouvelles des compagnies. Elles attendent désormais des mineurs prêts à l’emploi.

« Une demande de l’industrie, de plus en plus pressante depuis les années 1990 », résume Christiane Rivest, conseillère pédagogique au centre de formation de Val d’Or. Le mantra de la formation : santé et sécurité avant tout. Il faut prévenir les accidents, quitte à faire du matraquage. « Chacun est responsable de ce qui peut lui arriver sur le terrain » : le message est appris par cœur par les nouveaux mineurs.

Sélectionnés sur dossier, trois cents d’entre eux sont formés chaque année au centre de formation professionnelle de Val d’Or. La plupart seront embauchés avant la fin de leur apprentissage. « Les mines de la région ont un grand besoin de main-d’œuvre », explique Christiane Rivest.

C’est en classe, mais aussi sur le terrain, que les apprentis mineurs vont apprendre le métier.

En conditions réelles

En plus de la théorie, de nombreuses simulations habituent les étudiants à leur futur milieu de travail. « Et avec les mêmes horaires que les mines ! », précise la conseillère pédagogique.

C’est à la Cité de l’Or, dans une ancienne mine, visitée en été par les touristes, que de nombreux novices font leurs premiers pas sous terre. Pour valider leurs modules, les élèves doivent localiser les failles dans la roche et en déduire les risques d’effondrement, sous l’œil attentif d’anciens mineurs devenus formateurs. A la surface, pour ceux qui choisissent la filière de transformation du minerai, c’est dans une mini-usine de traitement que les étudiants s’entraînent à manier les machines et les produits chimiques.

Mais rien n’est encore acquis. Christiane Rivest prévient ses élèves : « Après la formation, la nouvelle génération a les bases pour évoluer dans les mines en sécurité. Mais c’est seulement par la suite, dans l’entreprise, qu’ils pourront se perfectionner. »

C’est lors d’un exercice pratique, sous terre, que les futurs mineurs valident leur formation.
Conflit de générations ?

Cette nouvelle formation, passage désormais obligé pour les postulants, a changé les rapports entre les travailleurs des mines. Selon André Racicot, président du syndicat de la mine Westwood, « il y a eu comme un choc culturel. En arrivant, les plus jeunes disent qu’ils savent, qu’ils ont appris à l’école. Les anciens, que ce qui est appris à l’école ne ressemble pas à la réalité. Le transfert des connaissances des plus anciens aux plus jeunes devient plus difficile. La première fois qu’ils mettent un pied dans la mine, les jeunes se sentent capables. Nous, les vieux, on leur dit d’y aller mollo, de ne pas travailler trop vite. Aller vite, c’est surtout augmenter ses chances de se blesser ! »

Chapitre 4

La loi de la mine

Quel est l’impact des mines sur la nature ? Pendant des décennies, la question ne s’est tout bonnement pas posée. Jusqu’à ce que certains effets collatéraux commencent à se faire sentir : lacs pollués, appauvrissement des sols, disparition de certaines espèces…

Les compagnies minières jurent avoir pris conscience de l’importance de sauvegarder l’environnement dont elles tirent leurs richesses. D’après elles, l’évolution technologique des mines permettrait de limiter les dégâts. Dans le même temps, des quantités de plus en plus impressionnantes de minerai sont extraites du sol. Au risque de mettre à sac les ressources naturelles de la région, d’après les associations écologistes.

Une mine au cœur de la ville

Les 3300 habitants de la ville de Malartic connaissent bien le problème. La ville héberge l’une des plus grandes mines à ciel ouvert du Canada, située… en plein centre-ville ! Autrefois souterraine, la mine a pu se développer à l’air libre grâce au développement des technologies et des infrastructures. Pour s’implanter, elle n’a pas hésité à déplacer une partie de la ville. Les maisons qui la gênaient ont été déménagées dans d’autres quartiers, et celles qui se trouvent encore à proximité endurent poussière, vibrations et explosions quotidiennes. Les habitants regrettent le développement de cette industrie, qui est néanmoins une source d’emploi importante pour la région.

Grâce à la mécanisation, les compagnies minières peuvent désormais exploiter des gisements où la concentration d’or est infime, en creusant toujours plus profond. Pour que ces exploitations soient rentables, il faut une productivité très importante et donc un rythme de traitement intense, qui n’est pas sans conséquences.

« On a évidemment un impact sur l’environnement, en tant qu’industrie lourde, mais nous tentons de tout faire pour la minimiser. Les mines deviennent de plus en plus vertes avec les nouvelles technologies », affirme-t-on chez Agnico Eagle, l’une des principales compagnies minières de la région. Mais même si les mines utilisent les progrès techniques pour limiter leur impact écologique, par exemple en filtrant davantage les eaux utilisées pour le traitement du minerai, les normes québécoises ne sont pas trop regardantes sur les taux de produits et de nitrates rejetés dans la nature.

Les compagnies minières prônent le dialogue et la transparence sur leurs activités, pour conserver des « rapports de bon voisinage » avec les habitants d’Abitibi-Témiscamingue. Elles organisent parfois des consultations, pour rencontrer les citoyens. Mais là aussi, la loi québécoise leur est favorable, et incite même au free mining (minage avec moins de contrôles), facilitant les expropriations sur les parcelles sous lesquelles se trouve le précieux métal.

« Le secteur minier a contribué à bâtir l’identité québécoise, il doit continuer d’être source de fierté. »

Loi sur les mines québécoise

La loi sur les mines

La loi sur les mines québécoise date de 1880, et établit le principe de distinction entre droit de mine et droit de surface : ce n’est pas parce qu’un individu est propriétaire d’une parcelle qu’il est propriétaire des ressources minières au sol, qui peuvent être acquises par des compagnies.

Bien que la loi ait subi de nombreuses réformes, elle favorise encore beaucoup le free mining et la productivité minière au détriment des droits des citoyens habitant à proximité, comme le souligne la coalition « Pour que le Québec ait meilleur mine » dans un rapport de 2009.

Une réforme, en 2013, a légèrement freiné le principe de free mining, mais ces avancées restent légères, la loi étant le fruit d’un douloureux compromis.

La vie après la mine

L’exploitation minière laisse des traces irrémédiables, visibles à l’œil nu. L’exploitation des mines ne dure qu’un temps : une fois tout l’or extrait, le site est abandonné. Avec la mécanisation, la durée de vie des mines est de plus en plus courte, et les sites se multiplient le long de la faille de Cadillac. Il arrive qu’une compagnie minière fasse faillite, et laisse un trou béant dans le paysage, comme c’est le cas aux abords de Val d’Or.

Auparavant, l’Etat québécois lui-même jouait les sauveurs de paysage et masquait les balafres. Depuis 2013, la loi oblige les compagnies minières à proposer un plan de restauration du site avant que l’Etat ne lui concède l’exploitation. La compagnie doit verser une garantie financière dès les premières années d’exploitation, pour garantir une vie au territoire après son passage.

Pourtant, à Val d’Or, la fosse est toujours là. « Ils nous avaient promis un lac avec des plages, et avaient même projeté une simulation avec des voiliers lors de leur présentation. Mais la mine a fermé il y a quelques années. Et depuis, on attend toujours », soupire un habitant, en contemplant un gigantesque amoncellement de pierres qui ne semble pas prêt de bouger.

« Sans cesse le progrès, roue au double engrenage, fait marcher quelque chose en écrasant quelqu’un. » Victor Hugo ne s’y trompait pas : les nouvelles technologies, si elles rendent les mines plus sûres et attirent toujours les jeunes travailleurs, ne sont pas exemptes de tout défaut, loin de là… Au Québec, fini les mines à faible rendement et les travailleurs munis de pioches. Place aux joysticks, aux études de productivité, et à des mines toujours plus profondes, plus grandes et compétitives. Avec les avantages et les risques que cela comporte…

« Ils nous avaient promis un lac avec des plages, et des voiliers. »

Un habitant de Val d’Or contemplant la fosse minière inactive depuis plusieurs années.

« Sans cesse le progrès, roue au double engrenage, fait marcher quelque chose en écrasant quelqu’un. »

Victor Hugo dans Les Contemplations (1856)

Dessins et animations

Victor Delattre

A propos de Mineurs du monde

Le programme Mineurs du Monde a été initié par la Région Nord-Pas de Calais en 2010 pour valoriser l’Histoire de son bassin minier et la mémoire de ses gueules noires, en résonance avec le temps présent des bassins miniers de France, d’Europe et du monde.

Mineurs du Monde, en partenariat avec l’École Supérieure de Journalisme de Lille et Sciences Po Lille, a lancé le dispositif « Bourses Reporters » qui propose chaque année aux étudiants du supérieur des bourses afin de réaliser un reportage multimédia sur un bassin minier du monde. Associé au projet, ARTE Reportage diffuse les travaux de trois groupes d’étudiants réalisés en 2015 : « Ijen, du soufre au selfie », « Pologne : le pays du charbon enterre ses mineurs » et « Mines du Québec, le futur est déjà là ».

© ARTE G.E.I.E 2018