De la rue au pouvoir, le défi Podemos

Un webreportage de Marion Touboul & Joseph Gordillo

De la rue au pouvoir, le défi Podemos

Un webreportage de Marion Touboul & Joseph Gordillo

Le 20 décembre, les Espagnols se rendent aux urnes pour les élections générales. L’enjeu ? Désigner les membres du Congrès des députés, ceux du Sénat et donc de déterminer qui sera le prochain président du gouvernement espagnol. Quatre partis sont au coude à coude dans les sondages. Avec l’émergence de Podemos et plus récemment du parti de centre-droit Ciudadanos, la carte politique espagnole sera sans aucun doute inédite au lendemain du scrutin. 

Tout commence le 13 juin 2015, lorsque que la vague Podemos déferle sur l’Espagne. Le parti d’extrême gauche accède aux mairies de quatre grandes villes  du pays : Madrid, Barcelone, Valence et Saragosse. Etat des lieux à la veille des élections.

Chapitre 1 : Des quartiers bourgeois aux plus populaires, comment la capitale vit-elle sous la direction de Podemos et de ses alliés ?

Chapitre 2 : Ciudadanos, parti de centre droit a émergé encore plus récemment que Podemos. Les deux mouvements qui veulent incarner le renouveau de la politique espagnole se livrent à une guerre de l’image sans merci.

Chapitre 3 : Et si Podemos gagnait les élections? Petit florilège de réactions inquiètes, amusées ou pleines d’espoir.

Pablo Iglesias, leader de Podemos
Chapitre 1

Madrid, sous l’influence de Podemos

L’émergence de Podemos a rebattu les cartes de l’échiquier politique. Depuis 2014, une vague mauve, la couleur du parti, déferle des quartiers ouvriers jusqu’au centre de Madrid où, à la mairie, l’extrême gauche est aux commandes depuis le printemps. Le jeune parti anti-libéral est-il plébiscité pour les élections législatives du 20 décembre 2015 ? Quelles sont les attentes des Espagnols ? Sont-elles les mêmes dans l’immense quartier ouvrier de Vallecas, que dans celui, plus bourgeois, de Salamanca ? Etat des lieux dans six quartiers emblématiques de la capitale espagnole :

Cliquez sur les quartiers pour visionner les reportages :

Chapitre 2

Podemos vs Ciudadanos : la guerre de l’image

Dès sa création en 2014, Podemos est aussitôt surnommé par les Espagnols le « parti internet ». Ses membres utilisent les réseaux sociaux pour créer des centaines de groupes de citoyens qui se réunissent en assemblée à travers le pays pour organiser des actions directes : campagnes de relogement de familles expulsées, squats sociaux et culturels, banques alimentaires… Un travail de terrain tiré de de l’expérience du mouvement des Indignés, en 2011. A la manière des campagnes électorales d’Obama aux Etats-Unis, le parti soigne sa communication et cherche à construire une image « pop » : Manuela Carmena, la maire de Madrid, affiliée à Podemos, s’affiche pour les élections municipales sur des posters avec un graphisme à la Andy Warhol intitulée « Manuela Carmena… Yes, we can ».

A travers Internet, Podemos a l’ambition de créer une véritable « communauté » d’Espagnols désireux de « revitaliser » la démocratie. Sa campagne ne repose pas seulement sur un projet politique mais se centre sur la personnalité du candidat Pablo Iglesias, un professeur de sciences politiques de seulement 36 ans, issu de Vallecas, un quartier populaire de Madrid. Avec sa fine barbe, sa queue-de-cheval, le brillant orateur a fait ses armes dans l’émission de débats télévisés « La Tuerka » qu’il présente entre 2010 et 2013 depuis Vallecas.

En 2015, le succès de Podemos inspire alors un autre parti : Ciudadanos. Créé il y a dix ans en Catalogne, le parti des « citoyens » fait son entrée sur la scène politique nationale début 2015. Ce parti libéral qui se définit comme étant de « centre droit » se base lui aussi sur le rôle rassembleur des réseaux sociaux. C’est un succès : Les sondages donnent aujourd’hui Ciudadanos en troisième position des élections législatives du 20 décembre, juste derrière le Parti populaire (PP) et le Parti socialiste (PSOE). 

Podemos et Ciudadanos se livrent entre eux une redoutable bataille de l’image. A travers un choix original de couleurs et de jeunes candidats, ils brisent le monopole dont bénéficient le Parti socialiste et le Parti Populaire en Espagne depuis l’arrivée de la démocratie en Espagne. Leur bataille s’inscrit dans un enjeu plus vaste : la guerre du « numérique » contre le « print ». Ces deux nouveaux partis n’ont pas besoin de passer par l’imprimante pour faire connaître leurs idées. En deux clics, les Espagnols connaissent leur projet et le CV du candidat.

Les graphistes des deux jeunes partis nous livrent leurs secrets de fabrication :

Alejandro Cerezo est l’un des trois graphistes de Podemos. Ce trentenaire a rejoint le parti il y a un an.
Fernando de Páramo est le directeur de communication de Ciudadanos. A 28 ans, ce jeune avocat a eu l’idée de créer pour son parti des meetings politiques à la manière des conférences TED, lancées aux Etats-Unis.
Chapitre 3

Et si demain Podemos l’emportait ?

Et si demain Podemos arrivait en tête aux élections législatives du 20 décembre 2015 ? Pablo Iglesias en chef du gouvernement… L’idée fait frémir certains Espagnols et séduit d’autres. Petit jeu de politique-fiction dans les rues de Madrid :

Un webreportage de :

Veo Productions / ARTE Info

Réalisation : Marion Touboul et Joseph Gordillo avec l’aide de Sandrine Mercier, Jean Gordillo, Isabelle Pares et Iñigo Horcalejo.

Graphisme – Chapitre 1, Madrid sous l’influence de Podemos : Thierry Millotte.

© ARTE G.E.I.E 2018