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Les leçons de l’étude de Séralini et le succès des Moissons du futur

La polémique autour de l’étude Gilles Eric-Séralini continue de faire rage. Mais à lire les rapports publiés par l’Autorité européenne de la sécurité des aliments (EFSA),  l’ANSES (l’agence française) ou le Haut conseil pour les biotechnologies (HCB), force est de reconnaître que les arguments avancés pour invalider les résultats obtenus par le chercheur de Caen sont peu convaincants…

Le HCB, par exemple, ne met pas en doute que les rattes exposées à des OGM et/ou du roundup aient développé plus de tumeurs que celles du groupe contrôle, mais l’explication avancée c’est que « le groupe de contrôle montre une santé étonnante, supérieure à 95% des rattes de cette souche de laboratoire, selon le fournisseur » !!(Libération du 23 octobre)

Pas de chance pour Séralini, qui a justement mis dans le groupe contrôle des rattes exceptionnelles (à savoir qui n’ont pas la propension à développer les tumeurs comme leurs congénères), mais en revanche, (pauvre de lui !) il a mis dans le groupe expérimental des rattes particulièrement sensibles aux tumeurs !!

Soyons sérieux, et revenons aux fondamentaux : les rats Sprague Dawley représentent l’espèce de rats systématiquement utilisée dans les (courtes) études toxicologiques (maximum 90 jours) menés par les industriels pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché des OGM. Ils ont effectivement une plus grande propension à développer des tumeurs, en fin de vie ( c’est-à-dire après 90 jours…), mais où est le problème ? Ce qui compte c’est de savoir si le groupe expérimental compte PLUS de tumeurs que le groupe témoin. Ce qui est manifestement le cas dans l’étude de Séralini et que personne ne conteste… Mais, c’est là qu’intervient le deuxième « argument », visant à annuler les observations réalisées par l’équipe de Caen : il y a certes plus de tumeurs, mais ce n’est pas statistiquement significatif, car il n’y a avait que dix rats par groupe…

Quelle mauvaise foi ! La grande majorité des études toxicologiques conduites par les industriels  sur les OGM comptent, – au mieux ! -, dix rats par groupe, et parfois beaucoup moins ! Toutes concluent que les OGM ne sont pas dangereux pour la santé, mais aucune agence (l’EFSA, l’ANSES ou le HCB) n’a dit : « vos conclusions ne sont pas valides, car la puissance statistique de vos études (dix malheureux rats par groupe) est faible, il faut donc revoir votre copie, car nous n’avons pas la preuve que les OGM ne sont pas toxiques »!

Il y a donc deux poids et deux mesures, comme on dit.

On aurait aimé que l’EFSA ou l’ANSES soient aussi sourcilleuse, concernant l’étude toxicologique fournie par Rochelle Tyl (payée par l’industrie) concernant le Bisphenol A, cette hormone de synthèse utilisée dans les récipients en plastique dur (comme les biberons) dont j’ai largement parlé dans mon film et livre Notre poison quotidien.

J’invite les internautes à lire cet extrait de mon livre qui montre comment les agences de réglementation, chargées de la protection de notre santé, sont beaucoup  moinsregardantes quand il s’agit de maintenir sur le marché un produit, dont des centaines d’études (indépendantes) ont prouvé la toxicité. Les lecteurs découvriront que les fameux rats Sprague Dawley n’ont pas que la caractéristique d’être plus sensibles aux tumeurs, mais aussi d’être totalement insensibles à l’œstrogène… Cet extrait repose sur les travaux de Frederick vom Saal, biologiste à l’université Columbia (Missouri), qui, avec plusieurs collègues,  a alerté les agences de réglementation des dysfonctionnements notoires de l’étude de Rochelle Tyl, qui fonde la Dose journalière admissible du Bisphénol A, mais en vain…

« Des techniques et savoirs qui datent du xvie siècle

(…)

Frederick vom Saal et Claude Hugues, un endocrinologue,  ont publié une  métanalyse dans laquelle ils examinèrent cent quinze études qui avaient fait l’objet d’une publication sur les effets à faibles doses du bisphénol A à la fin de 2004[i]. « Les résultats furent proprement renversants, m’a expliqué Fred vom Saal lors de notre entretien à la Nouvelle-Orléans. Nous avons en effet constaté que plus de 90 % des études financées par des fonds publics montraient des effets significatifs du BPA à de faibles doses – soit quatre-vingt-quatorze études sur cent quinze –, mais pas une de celles sponsorisées par l’industrie !

– C’est ce qu’on appelle le funding effect

– Oui… De plus, trente et une études conduites sur des animaux vertébrés ou invertébrés avaient trouvé des effets significatifs à une dose inférieure à la DJA du bisphénol A.

– Comment expliquez-vous les résultats négatifs obtenus par les scientifiques travaillant pour l’industrie ? Est-ce qu’ils ont triché ?

– La triche est difficile à prouver, m’a répondu prudemment Fred vom Saal, mais en revanche, il y a plusieurs “astuces” qui permettent de masquer les effets potentiels. D’abord, ainsi que nous l’avons écrit avec Claude Hugues dans notre article, la plupart des laboratoires payés par l’industrie ont utilisé une lignée de rats qui est connue pour être totalement insensible aux effets des molécules œstrogéniques.

– Il y a des rats qui présentent cette caractéristique ?, ai-je demandé, tant cette information me paraissait invraisemblable.

– Oui ! Cette lignée, appelée Sprague-Dawley ou CD-SD, a été inventée, si on peut dire, par l’entreprise Charles River qui l’a sélectionnée, il y a une cinquantaine d’années, en raison de sa haute fertilité et de la croissance postnatale rapide des souriceaux qu’elle engendre. Cela donne des rates obèses, capables de produire d’énormes quantités de bébés, mais qui du coup sont insensibles à l’œstrogène, comme par exemple à l’éthinylestradiol, un œstrogène puissant que l’on trouve dans les pilules anticontraceptives : elles ne réagissent qu’à une dose cent fois supérieure à la quantité prise quotidiennement par les femmes qui utilisent un anticontraceptif oral ! Cette lignée est donc tout à fait inappropriée pour étudier les effets des faibles doses d’œstrogènes de synthèse !

– Et cette caractéristique des rats Sprague-Dawley n’était pas connue des laboratoires travaillant pour l’industrie ?

– Apparemment non ! Mais curieusement, tous les laboratoires publics étaient au courant, m’a répondu Fred vom Saal avec un sourire entendu. L’autre problème que nous avons rencontré avec les études privées, c’est qu’elles utilisent une technologie qui date d’au moins cinquante ans ! Elles sont incapables de détecter des doses infimes de BPA, tout simplement parce que les laboratoires n’ont pas les équipements qui le permettent ou parce que le guide des “bonnes pratiques de laboratoire”, les fameuses GLP [voir supra, chapitre 12], ne l’exige pas, ce qui est bien pratique ! C’est un peu comme un astrologue qui voudrait examiner la lune avec des jumelles, alors qu’il existe des télescopes comme Hubble ! Dans mon laboratoire, nous pouvons détecter des résidus de bisphénol A libre, c’est-à-dire non métabolisé, à un niveau de 0,2 partie par milliard, mais dans la plupart des études de l’industrie que nous avons examinées, le niveau de détection était de cinquante à cent fois supérieur ! Il est alors facile de conclure que “l’exposition au bisphénol A ne pose pas de danger pour la santé, parce qu’il est complètement éliminé”… Enfin, le dernier problème que nous avons constaté est que les scientifiques des laboratoires privés, mais aussi la plupart des experts des agences de réglementation, ne comprennent rien en général à l’endocrinologie. Ils ont tous été formés à la vieille école de la toxicologie qui veut que “la dose fait le poison”. Or, ce principe, qui constitue le fondement de la dose journalière acceptable, est basé sur des hypothèses erronées qui datent du xvie siècle : à l’époque de Paracelse, on ne savait pas que les produits chimiques peuvent agir comme des hormones et que les hormones ne suivent pas les règles de la toxicologie[ii].

– Est-ce que cela signifie que le principe de la relation “dose-effet”, qui est le corollaire de la DJA, est aussi erroné ?

– Tout à fait, pour les perturbateurs endocriniens, il ne sert à rien ! Il peut marcher pour certains produits toxiques traditionnels, mais pas pour les hormones, pour aucune hormone ! Pour certains produits chimiques et pour les hormones naturelles, nous savons que les doses faibles peuvent stimuler les effets, alors que les fortes doses les inhibent. Pour les hormones, la dose ne fait jamais le poison, les effets n’empirent pas systématiquement, car en endocrinologie les courbes linéaires dose/effet n’existent pas. Je vais vous donner un exemple concret : quand une femme a un cancer du sein, on lui prescrit un médicament qui est le Tamoxifen. Au début du traitement, les effets sont très désagréables, car la molécule commence par stimuler la progression de la tumeur, puis quand elle atteint une certaine dose, elle bloque la prolifération des cellules cancéreuses. On observe le même phénomène avec le Lupron, un médicament prescrit aux hommes qui souffrent d’un cancer de la prostate. Dans les deux cas, l’action de la substance n’est pas proportionnelle à la dose et ne suit pas une courbe linéaire, mais une courbe en forme de U inversé. En endocrinologie, on parle d’un effet biphasique : d’abord, une phase ascensionnelle, puis descendante.

– Mais les agences de réglementation ne connaissent-elles pas ces caractéristiques ?

– Je pense sincèrement que leurs experts devraient retourner sur les bancs de l’université de médecine pour suivre un cours d’initiation à l’endocrinologie ! Plus sérieusement, je vous invite à consulter la déclaration de consensus qu’a publié récemment la Société américaine d’endocrinologie, qui compte plus de mille professionnels. Elle demande officiellement au gouvernement de prendre des mesures pour que soit revue de fond en comble la manière dont sont réglementés les produits chimiques qui ont une activité hormonale – on estime qu’il y en a plusieurs centaines. Et les auteurs de cette déclaration ne sont pas des activistes radicaux qui manifestent avec des pancartes ! Ce sont des endocrinologues professionnels, qui disent clairement que tant que leur spécialité ne sera pas admise au sein des agences de réglementation, les consommateurs et le public ne seront pas protégés, car le système ne peut être qu’inefficace. »

De fait, j’ai lu le texte publié par la Société d’endocrinologie en juin 2009 (et dont Ana Soto était l’un des auteurs)[iii]. En près de cinquante pages, celui-ci tire très clairement la sonnette d’alarme : « Nous apportons la preuve que les perturbateurs endocriniens ont des effets sur le système de reproduction masculin et féminin, écrivent ses auteurs, mais aussi sur le développement du cancer du sein et de la prostate, la neuroendocrinologie, la thyroïde, l’obésité et l’endocrinologie cardiovasculaire. Les résultats obtenus à partir de modèles animaux, d’observations cliniques humaines et d’études épidémiologiques convergent pour impliquer les perturbateurs endocriniens comme un problème majeur de santé publique. » Après avoir rappelé que « les perturbateurs endocriniens représentent une classe étendue de molécules comprenant des pesticides, des plastiques et plastifiants, des combustibles et de nombreux autres produits chimiques présents dans l’environnement et très largement utilisés », ils précisent qu’un « niveau infinitésimal d’exposition, le plus petit soit-il, peut causer des anomalies endocriniennes et reproductives, particulièrement si l’exposition a lieu pendant une fenêtre critique du développement. Aussi surprenant que cela puisse paraître, des doses faibles peuvent même avoir un effet plus puissant que des doses plus élevées. Deuxièmement, les perturbateurs endocriniens peuvent exercer leur action en suivant une courbe dose-effet qui n’est pas traditionnelle, telle qu’une courbe en forme de U inversé ». En conclusion, ils appellent « les décideurs scientifiques et individuels à promouvoir la prise de conscience et le principe de précaution, et à mettre en place un changement dans la politique publique ».

« L’étude qui a fondé la DJA du BPA est ridicule »

« Savez-vous sur quelle étude l’EFSA et la FDA se sont fondées pour fixer la DJA du bisphénol A à 50 μg par kilo de poids corporel ? » ai-je demandé à Frederick vom Saal, sans savoir que je touchais là à l’un des points les plus incroyables de cette (lamentable) affaire. « Les agences se sont fondées sur une étude dont je n’hésite pas à dire qu’elle est ridicule et qu’elle devrait immédiatement rejoindre les poubelles de l’histoire scientifique, m’a-t-il répondu, avec une fermeté dont la gravité tranchait avec le ton enjoué du début de notre entretien. Cette étude a été dirigée par Rochelle Tyl et financée par la Société de l’industrie des plastiques, Dow Chemical, Bayer, Aristech, Chemical Corp et GE Plastic, qui sont les principaux fabricants de bisphénol A. Elle a été publiée en 2002 et comme son titre l’indique, elle a utilisé des rats Sprague-Dawley : autant dire qu’elle est parfaitement inutile, mais c’est pourtant cette étude que l’EFSA et la FDA ont choisie, parmi des centaines, pour fixer la DJA ! »

De fait, quand on consulte l’avis de l’EFSA publié en 2006[iv], on peut lire à la page 32 que l’étude qui a servi à déterminer la NOAEL pour la toxicité reproductive est une « vaste étude sur trois générations » de Rochelle Tyl conduite sur des rats Sprague-Dawley[v]. « Quand, en 2005, j’ai révélé que les rats Sprague-Dawley étaient insensibles aux molécules œstrogéniques, l’équipe de Tyl s’est empressée de conduire une seconde étude avec des souris que l’on appelle “suisses” ou “CD-1”, m’a raconté Frederick vom Saal, les mêmes que j’utilise dans mon laboratoire, mais là aussi il y a de gros problèmes… » Effectivement, d’une manière pour le moins elliptique, pour ne pas dire énigmatique, l’avis de l’EFSA de 2006 évoque la « controverse sur les effets possibles des faibles doses de BPA sur des lignées de rongeurs sensibles », avant de préciser qu’une « étude récente de toxicologie reproductive sur deux générations, conduite sur des souris selon les bonnes pratiques de laboratoire, n’a pas confirmé l’existence d’effets à faible dose[vi] ». On en conclut, même si ce n’est pas clairement dit, que la DJA de 50 μg, fixée lors de l’examen de l’« étude ridicule » de 2002 a été maintenue.

« Et quels sont les problèmes de cette seconde étude ?, ai-je demandé à Fred vom Saal.

– Ils sont multiples !, s’est-il exclamé. L’affaire est tellement grave, car l’enjeu c’est la DJA du BPA, que trente scientifiques américains, dont je fais partie, ont publié en 2009 un long article dans le journal Environmental Health Perspectives[vii] pour dénoncer les incroyables déficiences de cette étude, qui devrait, comme la première, finir à la poubelle ! Alors qu’elle est considérée par l’EFSA et la FDA comme le must des bonnes pratiques de laboratoire ! »

Pour bien comprendre la suite de ce récit, proprement sidérant, il faut savoir que l’équipe de Rochelle Tyl a utilisé deux cent quatre-vingts souris mâles et deux cent quatre-vingts femelles, qui furent réparties en trois groupes : un « groupe contrôle » (qui ne fut exposé à aucune substance), un « groupe contrôle positif » (qui fut exposé à de l’œstradiol, car les effets de cette hormone sont parfaitement connus) et un « groupe expérimental » (exposé à du bisphénol A, avec six niveaux de dose). Une attention particulière fut portée aux femelles exposées pendant la gestation et à leurs descendants mâles et femelles, car le but de l’étude était principalement de mesurer les effets transgénérationnels de faibles doses de bisphénol A sur le système reproductif. « La première chose que nous avons rapportée dans notre article, m’a expliqué Frederick vom Saal, c’est que les souris du groupe contrôle positif étaient extraordinairement insensibles à l’œstradiol. Les premiers effets ne sont apparus qu’à une dose 50 000 fois supérieure à celle constatée dans de nombreux laboratoires, dont le mien. Tout indique que les installations de Rochelle Tyl étaient contaminées par de l’œstrogène. L’une des explications possibles pourrait être un incendie qui a ravagé le laboratoire en août 2001, au cours duquel une vingtaine de cages en polycarbonate ont brûlé en libérant du bisphénol A. Cette hypothèse a été abordée récemment lors d’un colloque en Allemagne auquel participaient Rochelle Tyl et un représentant de la FDA et où les aberrations de l’étude furent largement évoquées[viii]. Ce qui est incroyable, c’est que l’EFSA et la FDA n’aient pas remarqué les anomalies caractérisant le groupe contrôle positif, alors qu’elles devraient purement et simplement invalider tous les résultats de l’étude, car cette contamination à l’œstrogène rend impossible la mesure d’effets à faibles doses du BPA. Le second problème, c’est le poids absolument anormal de la prostate des mâles du groupe contrôle, qui est 75 % supérieur à celui constaté dans toutes les études similaires. »

En effet, dans le tableau 3 de son étude, Rochelle Tyl note que le poids moyen de la prostate des souris du groupe contrôle était supérieur à 70 mg, à l’âge de trois mois et demi. Or, soulignent les trente scientifiques de l’article cosigné par Frederick vom Saal, « ce poids moyen dans le groupe contrôle contraste radicalement avec celui rapporté par d’autres laboratoires. En général, le poids de la prostate chez des souris CD-1 de deux à trois mois est de 40 mg. Plusieurs études ont rapporté que l’exposition prénatale à de faibles doses de BPA ou à de l’œstrogène causait une augmentation du poids de la prostate, […] mais la prostate hypertrophiée des animaux exposés au BPA dans ces laboratoires pesait moins que celle des souris du groupe contrôle de Tyl[ix] ». « Ce poids exceptionnel de la prostate ne peut s’expliquer que de deux manières, m’a expliqué Frederick vom Saal. Soit les techniques de dissection étaient inappropriées, soit les animaux souffraient d’une infection de la prostate. Et je dois dire que les multiples versions données par Rochelle Tyl pour justifier cette taille incongrue ne font que confirmer que cette étude n’a aucune valeur. »

De fait, il faut bien admettre que la scientifique de l’industrie s’est pris plusieurs fois les pieds dans le tapis. Lors d’une audition organisée par la FDA, le 16 septembre 2008, elle a livré une première version, lorsque Frederick vom Saal l’interrogea publiquement sur cette anomalie manifeste. « Les souris n’avaient pas trois mois, mais six, a-t-elle affirmé, c’est pourquoi leur prostate était plus grande. » Imperturbable, le chercheur de l’université Columbia a alors exhibé la fameuse étude, en s’étonnant qu’« elle contienne deux fois la même faute d’impression[x] »… Interrogée de nouveau sur les fichues prostates lors du colloque sur le BPA qui s’est tenu en Allemagne en avril 2009, Rochelle Tyl a fourni une troisième version : « Les souris avaient cinq mois », a-t-elle déclaré, tandis que certains des cinquante-huit scientifiques présents se demandaient ouvertement comment une telle étude avait pu être choisie comme référence par les agences de réglementation[xi].

FIN DE L’EXTRAIT

Les leçons qu »on peut tirer de cette polémique autour de l’étude de Séralini, c’est que les agences de réglementation ont été in fine contraintes de reconnaître que leurs procédures d’évaluation des OGM ou de tout autre produit potentiellement toxique sont pour le moins approximatives et arbitraires… D’ailleurs, dans un bel ensemble, après avoir tiré à boulets rouges sur les travaux de Gille-Eric Séralini, elles reconnaissent toutes qu’il faudrait conduire une nouvelle étude toxicologique indépendante, de deux ans, pour trancher définitivement!

Par delà la polémique, c’est bien là le grand mérite du pavé dans la mare lancé par l’équipe de Caen: avoir provoqué cet aveu des agences de réglementation, obligées d’admettre que les autorisations de mise sur le marché et les avis qu’elles ont émis reposent sur des données hautement contestables, car scientifiquement très fragiles…

Du côté des bonnes nouvelles, il y a le succès énorme que rencontre mon film Les moissons du futur, qui remplit les salles:

450 personnes à Forcalquier (plusieurs centaines refusées), où j’ai répondu aux nombreuses questions du public, avec Pierre Rhabi.

(Photos : Lionel Goumy)

Merci à Philippe Courbon qui a magnifiquement réussi les « rencontres de l’alimentation bio » , auxquelles ont participé Gilles-Eric Séralini, Claude et Lydia Bourguignon, Claude Aubert, Jean-Pierre Berlan, François Veillerette, André Cicollela, Corinne Lepage, etc.

Sur la dernière image, on voit Manfred Wenz, l’un des pionniers de l’agriculture biologique en Allemagne. Je viens d’apprendre qu’après ma visite dans le lycée agricole du Luxembourg, tous les élèves et futur agriculteurs allaient effectuer une visite dans la ferme des Wenz!

– Près de 150 personnes à Draguignan, où la soirée s’est terminée tard, par un slam improvisé par Dany:


– je pars dans deux heures à Genève, où le film sera présenté dans une salle de 500 personnes:

http://kokopelli-suisse.com/wordpress/

http://www.escapada.ch/Les-moissons-du-futur-de-Marie-Monique-Robin_a160.html

Vendredi, à 19 heures, je participerai à une projection à Paris, dans le 2ème arrondissement:

http://www.festival-alimenterre.org/agenda/lagroecologie-peut-elle-nourrir-monde-projection-debat-et-repas-partage

– Et samedi, à 14 heures, dans le 10ème arrondissement:

http://www.festival-alimenterre.org/agenda/moissons-futur-espace-jemmapes-paris-10eme

Enfin, je vous invite à écouter l’émission de Valérie Barbe sur France Bleue:

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?nr=1538196c5904bf7fda008ba58556d613&140001659d572b3357c7936a7a61517d_container_mode=item&140001659d572b3357c7936a7a61517d_container_id=40218&140001659d572b3357c7936a7a61517d_container_tid=54325


[i] Frederick vom Saal et Claude Hughes, « An extensive new literature concerning low-dose effects of bisphenol A shows the need for a new risk assessment », Environmental Health Perspectives, vol. 113, août 2005, p. 926-933.

[ii] Voir John Peterson Myers et Frederick vom Saal, « Should public health standards for endocrine-disrupting compounds be based upon 16th century dogma or modern endocrinology ? », San Francisco Medicine, vol. 81, n° 1, 2008, p. 30-31.

[iii] Evanthia Diamanti-Kandarakis et alii, « Endocrine-disrupting chemicals : an Endocrine Society scientific statement », Endocrine Reviews, vol. 30, n° 4, juin 2009, p. 293-342.

[iv] « Opinion of the scientific panel on food additives, flavourings, processing aids and materials in contact with food on a request from the Commission related to 2,2-bis (4-hydroxyphenyl) propane (bisphenol A) », Question n° EFSA-Q-2005-100, 29 novembre 2006.

[v] Rochelle Tyl et alii, « Three-generation reproductive toxicity study of dietary bisphenol A in CD Sprague-Dawley rats », Toxicological Sciences, vol. 68, 2002, p. 121-146.

[vi] Au moment de son évaluation, l’EFSA ne disposait que d’un rapport préliminaire de l’étude de Rochelle Tyl (« Draft final report ») qui a été publiée en 2008 : Rochelle Tyl et alii, « Two-generation reproductive toxicity evaluation of bisphenol A in CD-1 (Swiss mice) », Toxicological Sciences, vol. 104, n° 2, 2008, p. 362-384.

[vii] John Peterson Myers et alii, « Why public health agencies cannot depend on good laboratory practices as a criterion for selecting data : the case of bisphenol A », Environmental Health Perspectives, vol. 117, n° 3, mars 2009, p. 309-315. Parmi les auteurs, figurent Ana Soto, Carlos Sonnenschein, Louis Guillette, Theo Colborn et John McLachlan.

[viii] Meg Missinger et Susanne Rust, « Consortium rejects FDA claim of BPA’s safety. Scientists say 2 studies used by U.S. agency overlooked dangers », Journal Sentinel, 11 avril 2009.

[ix] John Peterson Myers et alii, « Why public health agencies cannot depend on good laboratory practices… », loc. cit.

[x] L’anecdote a été rapportée par John Peterson Myers, coauteur de Our Stolen Future, qui participait à l’audition (John Peterson Myers, « The missed electric moment », Environmental Health News, 18 septembre 2008).

[xi] Meg Missinger et Susanne Rust, « Consortium rejects FDA claim of BPA’s safety… », loc. cit.

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