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Monsanto encore et toujours!

J’invite les internautes à lire l’article mis en ligne par Aurélie Champagne sur le site de Rue 89 , intitulé « Quand la diplomatie américaine était au service de Monsanto » :

http://www.rue89.com/2011/08/27/quand-la-diplomatie-americaine-etait-au-service-de-monsanto-219541

La veille de la publication de cet article, j’avais été informée par un ami britannique des câbles de la diplomatie américaine, mis au jour par Wiki Leaks, qui montraient que celle-ci avait décidé de voler au secours de la firme de Saint Louis, en organisant des contre-feux pour parer les révélations accablantes de mon film et livre Le monde selon Monsanto.

Comme je l’ai expliqué à Aurélie Champagne, cela ne m’a pas surprise mais a tout simplement confirmé le « système » de collusion bien rôdé que j’ai longuement décrit entre le géant des OGM et l’administration américaine.

Il est dommage que l’on ne sache pas en détails comment la diplomatie américaine a organisé la riposte, notamment en France, où manifestement son action a été très poussée. Je sais seulement que les résultats ont été particulièrement efficaces en Espagne, et surtout en Catalogne : TV3, la chaîne publique catalane, qui avait pré-acheté mon documentaire et à ce titre figure dans le générique de fin, a bloqué la diffusion du film pendant deux ans ! On a même vu des choses incroyables : TV3, qui avait mis le film dans un tiroir, n’a jamais répondu aux sollicitations de Peninsula, mon éditeur espagnol, qui voulait organiser un lancement commun du film et  du livre à Barcelone ! Le journal La Vanguardia, qui avait consacré une page entière à mon livre, a vainement tenté d’avoir une explication des dirigeants de la chaîne, qui , sous la pression de nombreuses associations a fini par diffuser mon encombrant documentaire. Il faut savoir que la Catalogne est , avec l’Aragon, la région d’Espagne qui cultive le plus d’OGM (du maïs BT)…

Par ailleurs, l’actualité récente vient également de confirmer que Monsanto n’en a pas fini avec les pratiques douteuses et délictueuses : dans son édition du 18 août, Le Monde a révélé que les autorités indiennes allaient attaquer la multinationale pour « biopiraterie ». L’agence,en charge de la biodiversité lui reproche  d’avoir mis au point une aubergine génétiquement modifiée à partir de variétés locales sans en avoir demandé l’autorisation. Cela n’aurait pas empêché la firme de réclamer ensuite des royalties sur une aubergine, qui pousse en Inde depuis la nuit des temps, au motif fallacieux qu’elle y avait introduit un nouveau gène ! Alors que l’aubergine, très présente dans l’alimentation du sous-continent,  compte des dizaines de milliers de gènes patiemment entretenus par les paysans indiens ! L’affaire pourrait bien porter un coup fatal à l’aubergine BT, dont la commercialisation a été suspendue à la suite d’un moratoire décrété par le ministre de l’environnement en février 2010. Ce moratoire faisait suite à un rapport circonstancier du professeur Gilles-Eric Séralini soulignant le «  risque grave pour la santé des humains et des animaux » que comportait l’aubergine insecticide :

http://www.criigen.org/SiteFr/index.php?option=com_content&task=view&id=238&Itemid=113

Catégories : Le monde selon Monsanto