L’omelette, les oeufs et Albert Londres

Il est intéressant de noter la fureur que déclenche mon post sur la « tarte aux cerises industrielle » ! J’ai obtenu ainsi la vérification que je cherchais : quelle que soit la teneur de ce que j’écris, mes détracteurs personnels (quel honneur !) comme « La coupe est pleine », qui manifestement complète ses revenus de céréalier par une activité de lobbyste au moins à mi temps (il intervient sur ce Blog à n’importe quelle heure du jour et de la nuit depuis sa ferme du sud-ouest !) et autres « Anton » et « Aatea » se ruent sur mes textes, pour les détourner, ridiculiser, en ressassant toujours les mêmes arguments.

Les internautes ne s’y sont pas trompés qui m’ont adressé de nombreux messages de soutien, écoeurés par les propos injurieux systématiques de ces pollueurs de Blog qui se cachent derrière un bien confortable pseudo.Cela donne une bien mauvaise image de ceux qui prétendent précisément redorer le blason de l’industrie chimique, preuve s’il en était besoin qu’ils se bien mal équipés, dès qu’il s’agit de participer à un débat sérieux et serein.

En attendant, alors que je suis concentrée sur l’écriture de mon prochain livre, je prends quelque plaisir à les voir se démener sur l’origine de la recette de la tarte à la cerise ( !) , en brandissant tour à tour, des arguments chocs, du genre :

– vous ne savez même pas ce que sont les composés chimiques dont vous parlez, car vous n’avez même pas de bac scientifique. Na ! On se croirait sur une cour de récréation ! Et pas de chance : j’ai obtenu un Bac C, à dix-sept ans, et avec mention de surcroît ! Quelle mention ? Allez-y cherchez !

– vous utilisez le « recours forcé à l’émotion ». Mieux, face aux tirades sèches et déshumanisées des donneurs de leçon patentés, qui ne voient le monde qu’à travers l’ écran de leur ordinateur et les documents fournis par leurs commanditaires, je revendique l’émotion face à l’injustice et la misère qui déchire le monde que j’ai le privilège d’avoir parcouru du nord au sud.

Lorsque Albert Londres dénonçait les conditions de vie infrahumaines dans le bagne de Cayenne, il alpaguait les députés au Palais Bourbon, avec sa tête et son cœur. Si la « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (suivez mon regard), le journalisme sans cœur s’appelle de la communication ou de la propagande (suivez encore mon regard).

– vous bidonnez et mentez, comme dans « Voleurs d’organes ». C’est l’argument qu’a essayé de vendre à la planète l’agence américaine, United States Information Agency (USIA), comme je l’ai expliqué dans mon livre « Voleurs d’organes. Enquête sur un trafic » et sur le Blog de « Le monde selon Monsanto » (rubrique « réponse à la désinformation »).

Tous ceux qui ont proféré ce mensonge publiquement, comme Me Pernet, l’avocat de l’ambassade de Colombie, ou Eduardo Mackenzie, journaliste colombien, ont été condamnés pour diffamation, la justice m’ayant par trois fois donné raison.  Feu le Professeur Barraquer, qui m’avait poursuivie pour « préjudice commercial » – reconnaissant ainsi qu’il vivait largement des nombreuses greffes de cornées pratiquées sur des patients étrangers – est allé jusqu’en cour de cassation, où il a été débouté.

Voilà pourquoi je suis très heureuse que « Voleurs d’yeux », la version raccourcie de « Voleurs d’organes » ( la partie sur le vol de reins au Mexique a été coupée pour que le film puisse passer sur Zone interdite) soit enfin visible sur un DVD.

Cela fera aussi plaisir à Eric Sottas, président de l’Organisation mondiale contre la torture, (qui dispose d’un statut consultatif permanent à l’ONU), lequel a écrit à propos de Voleurs d’organes :

« Le film de Marie-Monique Robin qui a été présenté dans l’enceinte des Nations Unies (…) a permis aux délégués souhaitant se faire une opinion équilibrée de la question, de disposer d’informations solides démontrant que les inquiétudes des rapporteurs prennent leurs sources dans une série d’événements identifiables et non pas de simples rumeurs, et que les enquêtes et mécanismes de contrôle, qui permettent d’exclure tout trafic en ce domaine, sont des plus fragiles, et sont controversés par des témoignages vérifiables. (…) En conclusion, le film doit être considéré comme un élément important dans la recherche de la vérité et sa diffusion, non seulement comme opportune, mais nécessaire pour éviter que ne soit classé un dossier difficile et très grave, d’une importance fondamentale dans le domaine de la défense des droits de l’homme.»

Voilà ! Je retourne à mes (chères écritures) et dorénavant j’ignorerai les idées fixes de ces non moins chers détracteurs professionnels, car à dire vrai, j’ai mieux à faire !

Fidèle à Albert Londres, qui voulait « mettre la plume dans la plaie« , je sais aussi que quand il est pratiqué comme il devrait l’être, le beau métier de journaliste dérange et provoque quelques fortes inimitiés… Normal: on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs!

Catégories : Hommage à Albert Londres