« Les données brutes sont à la disposition des experts » dit Anton!

Je viens de lire les commentaires postés sur mon Blog et ceux de « Anton » ne lassent pas de me surprendre tant ils révèlent – au choix! – sa méconnaissance des dossiers, sa naïveté ou sa volonté de désinformer.

Par exemple, le 30 mars, il écrit:

« Je parlais ici de l’évaluation toxicologique , je sais que MMR et le CRIIGEN raconte des mensonges (les données brutes sont à la disposition des experts) … »

« Les données brutes sont à la disposition des experts »!

Voilà qui est effectivement rassurant!

Le problème c’est que concernant un sujet aussi grave que la sécurité alimentaire et donc la santé des consommateurs, les données brutes des études toxicologiques devraient être accessibles à tous ceux qui en font la demande, et notamment aux scientifiques indépendants pour qu’elles puissent être examinées et soumises à une contre-expertise en toute transparence.

Or, pour les OGM c’est impossible!

Deux exemples que je raconte dans mon livre:

Lorsque le Pr. Ian Pryme de l’Université de Bergen, en Norvège, a voulu se procurer les données brutes de l’étude toxicologique de trois mois (!) réalisée par Stephen Padgette de Monsanto sur des rats adultes (!) nourris au soja Roundup ready, la firme a refusé de les communiquer en invoquant le secret commercial!

Voici ce que le Pr. Pryme m’a déclaré:

– Avez-vous essayé de vous procurer les données brutes de l’étude ? demandai-je.
– Oui, mais malheureusement, Monsanto a refusé de les communiquer au motif qu’elles étaient couvertes par le secret commercial…

C’est la première fois que j’entendais un tel argument concernant les données d’une recherche… Normalement, dès qu’une étude est publiée, n’importe quel chercheur peut demander à consulter les données brutes, pour répéter l’expérience et contribuer au progrès scientifique. Le refus de Monsanto donne immanquablement l’impression que la firme a quelque chose à cacher : soit que les résultats ne sont pas suffisamment convaincants, soit qu’ils sont mauvais, soit que la méthodologie et le protocole utilisés ne sont pas suffisants pour résister à une analyse scientifique rigoureuse. Pour faire notre étude, nous avons donc dû nous contenter du résumé fourni par la firme aux agences de réglementation… »

De même, concernant le maïs MON 863, il a fallu que le gouvernement allemand saisisse la justice pour que Monsanto soit contraint de communiquer les données brutes de son étude toxicologique!

Au même moment , le CRIIGEN de Corinne Lepage saisissait la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA) pour obtenir que la Commission du génie Biomoléculaire – les fameux « experts » – fournissent les données brutes, car les « experts » refusaient de les communiquer, en invoquant le « secret commercial » de Monsanto!!

En attendant, après la communication des données brutes, la Commission européenne a , comme par hasard, décidé de mettre le MON 863 sous le tapis!

Photo:

– Annonce de ma conférence, hier, à l’Université d’agronomie de Buenos Aires, où les agronomes présents ont découvert avec surprise le manque d’évaluation scientifique du soja Roundup ready qui recouvre, pourtant, près de 18 milliosn d’hectares en Argentine.

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