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Le festival international du documentaire écologique de Bourges

J’ai donc participé aux entretiens de Bourges, dans le cadre du festival international du film écologique, qui s’est tenu le week-end dernier. 6OO personnes ont assisté à la projection de mon film, puis ce fut la ruée dans la salle de conférence qui ne comptait que … 2OO places.
Le débat, auquel avait été invité Christian Vélot,enseignant-chercheur en génétique et microbiologie, était animé par Nicolas Chateauneuf, journaliste scientifique à France 2, et s’est déroulé en présence de Serge Lepeltier, maire de Bourges et ancien ministre de l’environnement d’Alain Juppé.
C’est lui qui m’avait remis, l’an dernier, l’Arbre d’or, le prix du meilleur documentaire et le prix Ushuaïa Télé pour mon film « Les pirates du vivant » que je vais bientôt mettre en ligne par tranches de dix minutes, ainsi que mes films « Blé: chronique d’une mort annoncée? » et « Argentine: le soja de la faim ».
Ce sont ces trois documentaires , diffusés sur ARTE, qui m’ont conduite à enquêter sur Monsanto, après avoir fait le tour du monde.

Pendant le débat, Serge Lepeltier a expliqué que « Le monde selon Monsanto » lui avait permis de comprendre le véritable enjeu des OGM: à savoir les brevets, qui verrouillent la production agricole et la recherche, et permettent à Monsanto de s’emparer des semences, et donc de la chaîne alimentaire.

Quand on sait que les plantes transgéniques, à l’instar des variétés dites à « haut rendement » de la « première révolution verte » s’accompagneront immanquablement d ‘une réduction draconienne de la biodiversité (je rappelle qu’au Canada le colza roundup ready a fait disparaître par contamination le colza biologique et est en passe de faire disparaître le colza conventionnel), on comprend mieux pourquoi Monsanto et Syngenta se sont empressés de sponsoriser la banque de semences de Spitzberg en Norvège (voir mes commentaires précédents).
Une fois que leurs OGM auront anéanti la biodiversité des plantes nourricières, seule garante de la sécurité alimentaire du monde, les champions des biotechnologies seront les mieux placés pour nous refourguer les semences conservées dans le grand froid nordique, avec en prime, un brevet, qui transformera les paysans en des « serfs » , pour reprendre l’expression de Dan Glickman, l’ancien ministre de l’agriculture de Clinton (cf: mon livre).

Je reviendrai sur la question des brevets très prochainement, pour terminer l’éclairage promis sur les dessous de la banque de Spitzberg…

Photos:
– Serge Lepeltier (à droite) pendant le débat
– Nicolas Chateauneuf (au centre) et Christian Vélot
– le débat a duré deux heures

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