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De la nécessité de mener des études épidémiologiques

L’un de mes détracteurs anonymes préférés, a écrit un commentaire désarmant de naïveté : »
 » le RoundUp est utilisé depuis 40 ans sans aucun problème apparent… »

Soit dit en passant le roundup a élé lancé sur le marché américain au milieu des années 1970, c’est-à-dire il y a trente ans…

Comme chacun sait, les effets d’un produit cancérigène, comme le tabac ou l’amiante, ne sont pas immédiats!

Les études menées sur la cancérogenèse montrent , au contraire, que les cancers provoqués par la toxicité d’une substance à laquelle une personne a été exposée se manifestent en moyenne une trentaine d’années après l’exposition, au terme d’un processus qui se déroule en plusieurs étapes.

Et c’est précisément cela la chance des fabricants de produits cancérigènes dont l’impunité est assurée par le processus même de la cancérogenèse.

Comment savoir, en effet, quel produit toxique a déclenché, trente ans plus tôt, le mécanisme qui « conduit aux premières étapes du cancer », comme le dit très justement le Professeur Bellé?

C’est d’autant plus difficile que notre environnement quotidien est envahi par des molécules cancérigènes (ce qui sera le thème de mon prochain film pour ARTE) et que le seul moyen d’établir un lien entre un cancer et un produit toxique suspect c’est de conduire des études épidémiologiques sur des populations connues pour utiliser fréquemment ledit produit (comme les agriculteurs qui utilisent du roundup depuis trente ans).
Or, il n’y a pas de crédits pour cela!

Le meilleur exemple pour illustrer cela c’est l’agent orange, dont on a nié les effets cancérigènes pendant trente ans, à cause d’une étude épidémiologique manipulée par Monsanto…
Je rappellle que l’agent orange, utilisé par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam, était constitué de deux herbicides, aujourd’hui interdits, le 2,4,5-T et le 2,4-D, qui ont fait la fortune de Monsanto pendant plus de trente ans…

Avant de revenir sur cette (lamentable) affaire malheureusement exemplaire, je voudrais mettre en ligne l’interview que j’ai réalisée du Dr. Nguyen Thi Ngoc Phuong , obstétricienne de renommée internationale à l’hôpital Tû DÛ, à Hô-Chi-Minh-Ville (ex Saïgon), qui a connu l’époque où on niait l’existence d’un lien entre l’exposition à la dioxine et certaines formes de cancer (notamment de la moelle épinière, mais aussi des poumons, du foie, etc). Aujourd’hui, elle se bat pour que l’on reconnaisse les effets tératogènes (capables de provoquer des malformations génétiques) et mutagènes (capables de modifier de manière permanente et transmissible l’ADN des sujets exposés) de la dioxine.

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