{"id":8795,"date":"2013-02-28T07:00:02","date_gmt":"2013-02-28T06:00:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=8795"},"modified":"2022-10-10T12:46:41","modified_gmt":"2022-10-10T11:46:41","slug":"pialat-peintre-et-cineaste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2013\/02\/28\/pialat-peintre-et-cineaste\/","title":{"rendered":"Maurice Pialat, peintre et cin\u00e9aste"},"content":{"rendered":"<p>Depuis le 20 f\u00e9vrier et jusqu\u2019au 4 mars la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise montre tous les films de Maurice Pialat. Cette r\u00e9trospective est accompagn\u00e9e d\u2019une exposition qui permet de d\u00e9couvrir les toiles et dessins de Pialat, qui fut peintre avant d\u2019\u00eatre cin\u00e9aste durant la premi\u00e8re p\u00e9riode artistique de sa vie (de 1942 \u00e0 1946.) Un beau livre, <em>Maurice Pialat peintre et cin\u00e9aste<\/em> (\u00e9ditions Somogy \/ Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise), \u00e9crit par Serge Toubiana, porte un regard juste et \u00e9clairant sur l\u2019\u0153uvre et la carri\u00e8re de l\u2019un des plus importants cin\u00e9astes fran\u00e7ais. Tout Pialat c\u2019est immense et pas assez en m\u00eame temps. On le sait Pialat a sign\u00e9 son premier long m\u00e9trage tard, \u00e0 plus de quarante ans, apr\u00e8s avoir voulu \u00eatre peintre et sign\u00e9 des courts m\u00e9trages pour le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision. <em>L\u2019Enfance nue <\/em>(1968) est un film magnifique, l\u2019un des plus justes et le plus d\u00e9chirant consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019enfance, cet \u00e2ge o\u00f9 na\u00eet l\u2019appr\u00e9hension au monde et le rapport aux autres, rapport qui sera toujours aussi douloureux et intense dans la vie et l\u2019\u0153uvre de Pialat. <em>L\u2019Enfance nue<\/em> n\u2019est pas \u00e0 proprement parler un film autobiographique, mais c\u2019est un incipit qui \u00e9claire tout le travail de Pialat, jusqu\u2019\u00e0 trouver sa conclusion logique avec son ultime long m\u00e9trage <em>Le Gar\u00e7u<\/em>.<\/p>\n<p>Ainsi la vie du cin\u00e9aste nourrira sa filmographie d\u2019une mani\u00e8re douloureuse et presque masochiste\u00a0: description d\u2019une relation et d\u2019une rupture (<em>Nous ne vieillirons pas ensemble<\/em>, 1972), mort de la m\u00e8re (<em>La Gueule ouverte<\/em>, 1974), histoire de d\u00e9sir et d\u2019adult\u00e8re (<em>Loulou<\/em>, 1980), souvenirs d\u2019adolescence d\u2019Arlette Langmann, sc\u00e9nariste et ancienne compagne de Pialat (<em>A nos amours<\/em>, 1983). <em>Passe ton bac d\u2019abord<\/em> (1978) chronique d\u00e9senchant\u00e9e de la vie de jeunes des milieux populaires dans le Nord de la France, peut para\u00eetre moins personnel, moins n\u00e9cessaire malgr\u00e9 sa r\u00e9ussite. Il est en g\u00e9n\u00e9ral moins comment\u00e9 et cit\u00e9 que les autres films du cin\u00e9aste.<\/p>\n<p>L&rsquo;approche sans concessions du cin\u00e9ma n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 Pialat de c\u00f4toyer le star system fran\u00e7ais d\u00e8s son deuxi\u00e8me film,<em> Nous ne vieillirons pas ensemble<\/em>. Jean Yanne (choisi pour sa ressemblance physique avec le cin\u00e9aste) et Marl\u00e8ne Jobert acceptent tant bien que mal de travailler dans des conditions beaucoup moins confortables que les productions commerciales dans lesquelles ils ont l&rsquo;habitude d&rsquo;appara\u00eetre. Huit ans plus tard, Pialat r\u00e9unit deux jeunes vedettes qui sont aussi et sans conteste les acteurs les plus talentueux de leur g\u00e9n\u00e9ration : Isabelle Huppert et G\u00e9rard Depardieu.<\/p>\n<p>Depardieu et Pialat travaillent pour la premi\u00e8re fois ensemble en 1980 avec <em>Loulou<\/em>, r\u00e9cit autobiographique dans lequel le cin\u00e9aste met en sc\u00e8ne un \u00e9pisode douloureux de sa vie. Un homme, Andr\u00e9, est tromp\u00e9 par sa compagne, Nelly, qui part vivre avec un petit voyou sympathique, Loulou. Nelly tombera enceinte, se fera avorter et finira par quitter Loulou pour retrouver Andr\u00e9. Une histoire simple, dans la lign\u00e9e de <em>Nous ne vieillirons pas ensemble<\/em>, qui place une fois de plus la lutte des classes sur le terrain amoureux. Andr\u00e9 et Nelly appartiennent \u00e0 un milieu ais\u00e9 et intellectuel, tandis que Loulou est un ch\u00f4meur vivant de larcins, un loubard des faubourgs. L\u2019attirance entre Nelly et Loulou est purement sexuelle, elle ne m\u00e8nera nulle part et se conclura par un \u00e9chec. Pialat choisit Guy Marchand pour jouer Andr\u00e9 (transposition du cin\u00e9aste \u00e0 l\u2019\u00e9cran), Isabelle Huppert et G\u00e9rard Depardieu, stars montantes du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, seront Nelly et Loulou. Sur le tournage, ce ne sera pas l\u2019entente cordiale entre Pialat et Depardieu. Le cin\u00e9aste malm\u00e8ne l\u2019acteur, lui reproche d\u2019\u00eatre paresseux, pas assez professionnel. Depardieu donne l\u2019impression de ne pas jouer, d\u2019\u00eatre vraiment Loulou, avec un naturel qui l\u2019on retrouve chez les com\u00e9diens amateurs que Pialat aime fr\u00e9quemment employer. Heureusement, Depardieu saura pardonner l\u2019agressivit\u00e9 de Pialat (qui ne s\u2019\u00e9pargne rien en consacrant un film \u00e0 l\u2019amant de la femme qu\u2019il a aim\u00e9). Ils se retrouveront pour <em>Police<\/em>, cinq ans plus tard, et l\u2019admiration entre les deux hommes est d\u00e9sormais totale.<\/p>\n<p>Port\u00e9 par une distribution de vedettes (qui sont aussi des champions du box office fran\u00e7ais : Depardieu, Sophie Marceau, Richard Anconina), <em>Police<\/em> est un film qui d\u00e9sire \u00e9largir le public de Maurice Pialat, et qui y parviendra. Ce sera le plus grand succ\u00e8s commercial du cin\u00e9aste. Le genre policier est en effet une valeur s\u00fbre, r\u00e9guli\u00e8rement fr\u00e9quent\u00e9 par la plupart des meilleurs auteurs fran\u00e7ais (de Renoir \u00e0 Melville en passant par les cin\u00e9astes de la Nouvelle Vague). Pourtant, on s\u2019en doute, <em>Police<\/em> de Maurice Pialat n\u2019est pas un polar comme les autres, m\u00eame s\u2019il en respecte certaines conventions. La premi\u00e8re partie est centr\u00e9e autour de sc\u00e8nes d\u2019interrogatoires, qui montrent la routine, la violence banale du m\u00e9tier de flic et des rapports de force entre suspects et policiers, faits de brutalit\u00e9s et de mensonges. Dans le r\u00f4le de Mangin, Depardieu est magnifique. C\u2019est l\u2019une de ses interpr\u00e9tations les plus subtiles. D\u2019abord grossier, s\u00fbr de lui, il laisse peu \u00e0 peu appara\u00eetre une complexit\u00e9 insoup\u00e7onnable, quand le film s\u2019int\u00e9resse \u00e0 sa vie en dehors du commissariat, et d\u00e9voile une fragilit\u00e9 et une solitude bouleversantes (son regard dans le dernier plan du film, lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 trahi par Noria, la jeune femme qu\u2019il a eu la faiblesse d\u2019aimer.)<\/p>\n<p><em>Sous le soleil de Satan<\/em> (1987) est le premier film \u00e0 costumes (si l\u2019on excepte le magnifique feuilleton pour la t\u00e9l\u00e9vision<em> La Maison des bois<\/em> en 1971, qui est peut-\u00eatre le meilleur Pialat parce que c\u2019est le plus long) et la premi\u00e8re adaptation litt\u00e9raire dans l\u2019\u0153uvre de Maurice Pialat. En d\u00e9cidant de porter \u00e0 l\u2019\u00e9cran le roman de Georges Bernanos, Pialat esp\u00e8re peut-\u00eatre, apr\u00e8s les succ\u00e8s publics et critiques de <em>\u00c0 nos amours<\/em> et <em>Police<\/em> acc\u00e9der \u00e0 une forme de reconnaissance professionnelle d\u00e9finitive. Au-del\u00e0 de l\u2019orgueil de l\u2019artiste \u00e0 d\u00e9passer la routine de ses sources d\u2019inspiration (l\u2019autobiographie, le r\u00e9alisme quotidien, le couple), et \u00e0 se confronter pour la premi\u00e8re fois \u00e0 des domaines \u00e9trangers et \u00e0 hauts risques (la reconstitution historique, le sujet religieux, Bernanos), Pialat ne d\u00e9vie pas de sa qu\u00eate de la v\u00e9rit\u00e9 et cherche quelque chose de plus profond que le d\u00e9paysement ou l\u2019anoblissement. Ne s\u2019agit-il pas, pour un cin\u00e9aste qui a souvent film\u00e9 la destruction, la catastrophe et le malheur, sous un angle trivial, de parvenir gr\u00e2ce \u00e0 une \u0153uvre litt\u00e9raire majeure \u00e0 l\u2019origine de ses pr\u00e9occupations ? Malgr\u00e9 son ath\u00e9isme, Pialat rejoint Bernanos dans sa vision tr\u00e8s noire d\u2019une humanit\u00e9 rong\u00e9e par la faute et le Mal. Il a d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9, dans Police, l\u2019histoire d\u2019une chute et un cheminement vers la Gr\u00e2ce. Cin\u00e9aste du r\u00e9el, Pialat prend ici le risque de se mesurer \u00e0 la transcendance, au sacr\u00e9, au fantastique, mais aussi \u00e0 deux cin\u00e9astes admir\u00e9s (ils ne sont pas l\u00e9gion) : Dreyer et Bresson. <em>Sous le soleil de Satan<\/em> n\u2019emprunte pourtant pas le chemin \u00e9troit trac\u00e9 par Bresson. Pialat \u00e9lague \u00e9norm\u00e9ment au montage, songe \u00e0 ne pas inclure la rencontre de Donissan avec le Diable. Elle est finalement dans le film, sublime, dissonante. Tent\u00e9 par l\u2019\u00e9pure, Pialat ne renonce pas pour autant \u00e0 son com\u00e9dien d\u2019\u00e9lection G\u00e9rard Depardieu, qui parvient \u00e0 \u00eatre cr\u00e9dible, malgr\u00e9 sa personnalit\u00e9 envahissante et ses kilos en trop, en cur\u00e9 de campagne maladif. Comme \u00e0 son habitude, il filme une star et une actrice de son invention, l\u2019incandescente Sandrine Bonnaire, entour\u00e9es de com\u00e9diens non professionnels ou occasionnels (le monteur Yann Dedet), avec des r\u00e9sultats admirables. Il n\u2019y a pas dans <em>Sous le soleil de Satan<\/em> les petits faits vrais, les paroles vaches ou les digressions narratives qui plaisent tant aux amateurs de naturalisme cin\u00e9matographique. Le film est constitu\u00e9 de blocs denses, les dialogues comptent parmi les plus beaux \u2013 et litt\u00e9raires \u2013 du cin\u00e9ma fran\u00e7ais contemporain. Pialat \u00e9vacue l\u2019anecdotique et cis\u00e8le un soleil noir dont le pessimisme radical \u2013 celui de Bernanos, le sien \u2013 \u00e9claire et \u00e9crase les films pr\u00e9c\u00e9dents. Le cin\u00e9aste, dans le r\u00f4le de Menou-Segret, mentor de Donissan, exprime au travers de son personnage des sentiments intimes, sur la peur de la vieillesse, la m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de la sagesse (\u00ab\u00a0un vice de vieillard\u00a0\u00bb), l\u2019attente terrible de la mort enfin. <em>Sous le soleil de Satan<\/em> obtient la Palme d\u2019or au Festival de Cannes en 1987.<\/p>\n<p>Neuvi\u00e8me et avant-dernier long m\u00e9trage de Maurice Pialat, <em>Van Gogh<\/em> (1991) ressemble au film d\u2019une vie. Le cin\u00e9aste de <em>L\u2019Enfance nue<\/em> r\u00e9ussit avec ce portrait du peintre \u00e0 ressusciter un monde \u00e9teint. Ce film \u00e0 costume \u00e9chappe totalement \u00e0 l\u2019impression de reconstitution ou d\u2019acad\u00e9misme. <em>Van Gogh<\/em> parle des relations entre les hommes et les femmes, de la famille, de l\u2019art et de la France, de l\u2019app\u00e9tit sexuel. Autant de sillons que Pialat, peintre devenu cin\u00e9aste, artiste incommode du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, a implacablement creus\u00e9s de film en film. Rejoignant Ford (<em>Le Massacre de Fort Apache<\/em> cit\u00e9 dans la sc\u00e8ne de bal) et Renoir dans son souci du vrai et son lyrisme discret, Pialat ne nous a jamais paru aussi pr\u00e9sent et intime que dans cette biographie film\u00e9e qui fait oublier toutes les autres. <em>Van Gogh<\/em> s\u2019attache \u00e0 montrer les derniers jours d\u2019un artiste c\u00e9l\u00e8bre, mais c\u2019est tout autant le portrait d\u2019un homme en fin de parcours et une radioscopie de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise et de ses classes, du souvenir encore douloureux des tueries de la Commune, \u00e9voqu\u00e9es avec beaucoup d\u2019\u00e9motion \u00e0 deux reprises dans le film. Comme il lui est reproch\u00e9 dans le film, Van Gogh n\u2019est pas \u00ab\u00a0sympathique\u00a0\u00bb. Il vit une relation ombrageuse avec son fr\u00e8re Th\u00e9o, sans doute jaloux de son g\u00e9nie, \u00e0 qui il reproche de laisser dormir ses toiles. Il fustige la critique, les commer\u00e7ants d\u2019art et ses contemporains. En revanche, il appr\u00e9cie la compagnie des paysans et des petites gens, mais aussi des filles de joie dans les bordels, \u00e0 la ville ou la campagne. Marguerite Gachet, la fille de son m\u00e9c\u00e8ne le docteur Gachet, amoureuse de Van Gogh, dira au d\u00e9but du film qu\u2019il est difficile de faire simple. On est tent\u00e9 d\u2019appliquer cette maxime au cin\u00e9ma de Pialat. Con\u00e7u dans la souffrance et la col\u00e8re, fruit d\u2019un tournage \u00e9maill\u00e9 de nombreux incidents et conflits, <em>Van Gogh<\/em> est un chef-d\u2019\u0153uvre o\u00f9 se succ\u00e8dent les moments de d\u00e9sespoir et de douceur, les plages de bonheur (le d\u00e9jeuner dominical chez les Gachet), de sensualit\u00e9 et d\u2019abandon (la nuit au bordel) avec les moments de doute et de violence. Pialat atteint au pictural sans jamais sombrer dans le pittoresque, au naturel en \u00e9vitant les \u00e9cueils du naturalisme. Jacques Dutronc est tr\u00e8s bon mais on ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 tout ce qu\u2019aurait pu faire et donner G\u00e9rard Depardieu, l\u2019acteur f\u00e9tiche de Pialat, dans le r\u00f4le de Van Gogh. La beaut\u00e9 de la photographie et du cadre, l\u2019inventivit\u00e9 du montage qui donne au film un rythme profond\u00e9ment inhabituel, l\u2019attention de Pialat \u00e0 l\u2019existence du moindre figurant, sans parler de l\u2019interpr\u00e9tation magnifique des acteurs et actrices principaux, font de <em>Van Gogh<\/em> un des titres majeurs du cin\u00e9ma contemporain, une \u0153uvre qui se sent un peu seule, h\u00e9las, dans notre \u00e9poque. Comme Pialat.<\/p>\n<p>En 1995, Pialat retrouve Depardieu pour la quatri\u00e8me et derni\u00e8re fois, pour <em>Le Gar\u00e7u<\/em>. Il lui demande d\u2019\u00eatre son double cin\u00e9matographique, ce qui est nouveau dans leur relation.<br \/>\nUn homme infid\u00e8le quitte sa jeune femme, mais ne parvient pas \u00e0 se d\u00e9tacher d\u2019elle, car il aime passionn\u00e9ment son fils de cinq ans et cherche \u00e0 le revoir par tous les moyens. <em>Le Gar\u00e7u<\/em> marque le retour de Pialat \u00e0 la veine la plus autobiographique de son \u0153uvre, dans la lign\u00e9e de <em>Nous ne vieillirons pas ensemble<\/em>. Les personnages de Pialat vivent d\u00e9sormais dans l\u2019aisance, l\u2019argent est d\u00e9pens\u00e9 avec ostentation, mais les relations humaines sont toujours aussi conflictuelles et douloureuses. \u00c0 la qu\u00eate du plaisir, \u00e0 la difficult\u00e9 de vivre ensemble s\u2019ajoute l\u2019hyst\u00e9rie paternelle. Le film se cl\u00f4t sur la mort du \u00ab\u00a0gar\u00e7u\u00a0\u00bb, le p\u00e8re du personnage interpr\u00e9t\u00e9 par G\u00e9rard Depardieu, qui fait \u00e9cho \u00e0 l\u2019agonie de la m\u00e8re dans <em>La Gueule ouverte<\/em>. Le film, presque d\u00e9pourvu de progression dramatique, est constitu\u00e9 d\u2019une succession de morceaux de vie capt\u00e9s avec beaucoup de sensibilit\u00e9. Ce film grave et juste, aux accents d\u00e9chirants, fut mal accueilli \u00e0 sa sortie par le public, qui se jugea sans doute de trop devant ces moments intimes. Quelle erreur. Pialat ne cherche pas l\u2019impudeur, mais il atteint \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 des \u00eatres et des choses. En filmant son propre fils Antoine, sentant peut-\u00eatre la fin venir (ce sera son dernier film, il meurt le 11 janvier 2003), Pialat se rapproche des origines du cin\u00e9ma, des fr\u00e8res Lumi\u00e8re, tout simplement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 20 f\u00e9vrier et jusqu\u2019au 4 mars la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise montre tous les films de Maurice Pialat. 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