{"id":796,"date":"2011-05-15T10:00:19","date_gmt":"2011-05-15T09:00:19","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=796"},"modified":"2020-03-27T13:33:34","modified_gmt":"2020-03-27T12:33:34","slug":"leopard-dhonneur-swisscom-a-abel-ferrara-au-64eme-festival-del-film-locarno","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/05\/15\/leopard-dhonneur-swisscom-a-abel-ferrara-au-64eme-festival-del-film-locarno\/","title":{"rendered":"Pardo d&rsquo;onore Swisscom \u00e0 Abel Ferrara au 64i\u00e8me Festival del film Locarno"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Apr\u00e8s (dans le d\u00e9sordre) Jean-Luc Godard, Samuel Fuller, Aleksandr Sokurov, Paul Verhoeven, Hou Hsiao-hsien, Manoel de Oliveira, Bernardo Bertolucci, William Friedkin, Ermanno Olmi, Alain Tanner et Jia Zhang-ke l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, c&rsquo;est le r\u00e9alisateur am\u00e9ricain Abel Ferrara qui recevra le Pardo d&rsquo;onore Swisscom, la plus haute distinction d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 un cin\u00e9aste pour l&rsquo;ensemble de son \u0153uvre et sa contribution exceptionnelle \u00e0 l&rsquo;art cin\u00e9matographique lors du prochain Festival del film Locarno qui se d\u00e9roulera du 3 au 13 ao\u00fbt 2011.<br \/>\nAbel Ferrara est n\u00e9 le 19 juillet 1951 dans le Bronx. Sa vie est sa carri\u00e8re sont indissociables de New York, ville qu&rsquo;il a d\u00e9laiss\u00e9e pour quelques films mais qui demeure le centre n\u00e9vralgique de sa cr\u00e9ativit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;instar de Woody Allen, John Cassavetes et Martin Scorsese, trois cin\u00e9astes admir\u00e9s par Ferrara et auxquels il a souvent \u00e9t\u00e9 compar\u00e9.<br \/>\nIn\u00e9dit en France, le premier long m\u00e9trage officiel d\u2019Abel Ferrara (apr\u00e8s des films super 8 r\u00e9alis\u00e9s d\u00e8s l&rsquo;adolescence), <em>Driller Killer<\/em> (1979) est un brouillon encore informe de son \u0153uvre \u00e0 venir, qui avait cependant r\u00e9ussi \u00e0 faire parler de lui gr\u00e2ce \u00e0 des sc\u00e8nes horrifiques et une ambiance poisseuse. Un peintre new yorkais, maudit et catholique (Ferrara, bien s\u00fbr) sombre dans la d\u00e9mence et hante les nuits de Manhattan arm\u00e9 d\u2019une perceuse \u00e9lectrique avec laquelle il massacre des clochards endormis. L\u2019argument est mince, et le film ne respecte aucune loi dramatique, proche en cela des documents underground de Paul Morrissey et c\u00b0. Malgr\u00e9 ses scories techniques (le r\u00e9sultat trahit des conditions de tournage semi-professionnelles et un budget d\u00e9risoire), <em>Driller Killer<\/em> est souvent impressionnant, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation hallucin\u00e9e de Ferrara et une fa\u00e7on d\u00e9j\u00e0 inspir\u00e9e de filmer les rues new yorkaises et l\u2019enfer de la nuit.<br \/>\nEn 1981, <em>L\u2019Ange de la vengeance<\/em> r\u00e9v\u00e9la \u00e0 ceux qui surent le voir un grand cin\u00e9aste de la violence mais aussi de l&rsquo;amour. Victime de deux agressions sexuelles dans la m\u00eame soir\u00e9e, une jeune fille muette devient folle et se transforme en ange exterminateur qui tue sans sommation violeurs, voyous et dragueurs crois\u00e9s sur son chemin. Le cin\u00e9aste part d\u2019un mat\u00e9riau particuli\u00e8rement trivial (le film d\u2019autod\u00e9fense et le \u00ab\u00a0Rape and Revenge\u00a0\u00bb, sous-genres \u00e0 la mode \u00e0 l\u2019\u00e9poque depuis le succ\u00e8s d\u2019<em>Un justicier dans la ville <\/em>avec Charles Bronson) pour accoucher d\u2019un po\u00e8me urbain baroque, entre hyperr\u00e9alisme sordide et cauchemar fantastique. Certes, <em>L\u2019Ange de la vengeance<\/em> ne fut pas le premier film \u00e0 inverser les r\u00f4les et les sexes du traditionnel film de vengeance en transformant la proie en pr\u00e9datrice, la fr\u00eale victime en justici\u00e8re. Mais le discours agressif, la forme radicale et le ton d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 en firent un manifeste ultime, un signe de ralliement en forme de mot de passe (<em>Ms. 45<\/em>, titre original) moins pour les f\u00e9ministes que pour les cin\u00e9philes. Deuxi\u00e8me film \u00ab\u00a0officiel\u00a0\u00bb de Ferrara apr\u00e8s le d\u00e9jant\u00e9 <em>Driller Killer<\/em>, <em>L\u2019Ange de la vengeance<\/em> est comme le pr\u00e9c\u00e9dent brouillon du cin\u00e9aste un condens\u00e9 pr\u00e9coce de toutes les qualit\u00e9s et obsessions du futur auteur de <em>The King of New York<\/em> et <em>Bad Lieutenant<\/em>. Il suffit de comparer <em>L\u2019Ange de la vengeance<\/em> avec les autres films de genre new yorkais du d\u00e9but des ann\u00e9es 80 pour v\u00e9rifier la singularit\u00e9 du jeune Ferrara, d\u00e9j\u00e0 identifiable en rebelle rock et mystique.\u00a0 <em>L\u2019Ange de la vengeance<\/em> poss\u00e8de la nervosit\u00e9 et la s\u00e9cheresse des meilleures s\u00e9ries B am\u00e9ricaines de Samuel Fuller. Il s\u2019inscrit \u00e9galement dans la tendance des films d\u2019exploitation gore de la 42\u00e8me rue, baignant dans une atmosph\u00e8re sordide comme <em>Maniac <\/em>de William Lustig. De mani\u00e8re plus excentrique, le film est \u00e9galement une adaptation du cin\u00e9ma de po\u00e9sie pr\u00f4n\u00e9 par Pasolini dans l\u2019espace du film d\u2019horreur am\u00e9ricain. Il y a dans le film des geysers de sang et des corps supplici\u00e9s, mais il y a surtout des torrents d\u2019amour et de compassion. Ferrara filme la violence, mais s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la souffrance. Jamais l\u2019empathie de Ferrara pour son personnage principal n\u2019a \u00e9t\u00e9 aussi tangible. Le cin\u00e9aste n\u2019abandonne jamais son h\u00e9ro\u00efne (mythique Zoe Tamerlis, plus tard sc\u00e9nariste de <em>Bad Lieutenant<\/em> sous son vrai nom Zoe Lund), la magnifie jusqu\u2019\u00e0 son martyre final, lors d\u2019un bal masqu\u00e9 apocalyptique o\u00f9, d\u00e9guis\u00e9 en religieuse, elle se livre \u00e0 un sublime carnage au ralenti digne de ses mod\u00e8les, les fusillades sanglantes de <em>Taxi Driver <\/em>et <em>La Horde sauvage<\/em>. Certaines sc\u00e8nes \u00e9voquent d\u00e9j\u00e0 Pasolini et Bu\u00f1uel, et ce film pass\u00e9 relativement inaper\u00e7u au moment de sa sortie (du moins aupr\u00e8s de la critique) aurait suffi \u00e0 inscrire Ferrara au rang des plus passionnants auteurs du cin\u00e9ma am\u00e9ricain.<em><br \/>\nNew York, 2 heures du matin<\/em> (<em>Fear City<\/em>) r\u00e9alis\u00e9 en 1984 est un film de genre plus classique, qui adapte les st\u00e9r\u00e9otypes du film noir hollywoodien \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la 42\u00e8me rue, faisant se croiser dans une narration nerveuse et stylis\u00e9e qui \u00e9vacue tout folklore un tueur psychopathe, des strip-teaseuses, des patrons de cabaret, un ancien boxeur d\u00e9chu, des flics et des parrains de la mafia.<em><br \/>\nChina Girl <\/em>(1987) transpose l&rsquo;histoire de Rom\u00e9o et Juliette dans le milieu des gangs de Little Italy et Chinatown. L&rsquo;amour de deux adolescents est obstru\u00e9 par le racisme entre les Italo-am\u00e9ricains de Little Italy et les Chinois de Chinatown. Le cin\u00e9aste \u00e9vacue les clich\u00e9s hollywoodiens et filme son sujet dans un double souci de v\u00e9risme et de stylisation, tournant en d\u00e9cors naturels mais choisissant une mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s sophistiqu\u00e9e et un travail symbolique sur la couleur. Avant de s&rsquo;engager dans des voies plus fun\u00e8bres et introspectives, le cin\u00e9ma de Ferrara est un cin\u00e9ma \u00e9lectrique, survolt\u00e9 et nerveux, et les sc\u00e8nes de danse des deux jeunes amants renvoient aux nombreuses bagarres de rues, chor\u00e9graphies comme des ballets. Ferrara le romantique oppose l&rsquo;\u00e9nergie vitale des jeunes amoureux aux r\u00e8gles rigides \u00e9tablies par les soci\u00e9t\u00e9s criminelles qui r\u00e9gissent les deux communaut\u00e9s. Ferrara, bien avant <em>Nos Fun\u00e9railles<\/em>, d\u00e9nonce les organisations familiales qui sacrifient leurs enfants \u00e0 l&rsquo;autel du crime et de l&rsquo;argent.<br \/>\n\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque de <em>China Girl<\/em>, Abel Ferrara est consid\u00e9r\u00e9 comme un cin\u00e9aste de genre, adepte de la violence urbaine et des r\u00e9cits mafieux. La suite de sa carri\u00e8re permettra de v\u00e9rifier que Ferrara, proche de l&rsquo;underground, est avant tout un scrutateur de l&rsquo;\u00e2me humaine, obs\u00e9d\u00e9 par le Mal et la culpabilit\u00e9.<em><br \/>\nCat Chaser<\/em> (1989) reste un ratage complet, seul faux-pas d&rsquo;une filmographie passionnante et en perp\u00e9tuelle mutation, allant du cin\u00e9ma d&rsquo;exploitation \u00e0 l&rsquo;avant-garde sans jamais perdre sa coh\u00e9rence ni sa sinc\u00e9rit\u00e9. <em>Cat Chaser <\/em>est une adaptation d&rsquo;un roman d\u2019Elmore Leonard, dans laquelle un ancien soldat am\u00e9ricain est m\u00eal\u00e9 \u00e0 un complot dans l&rsquo;\u00eele de Saint-Domingue. Loin de New York, Ferrara aurait pu trouver dans cette critique de l&rsquo;interventionnisme am\u00e9ricain l&rsquo;inspiration d&rsquo;une \u0153uvre personnelle. Sa virulence politique et son anarchisme nourrissent en effet plusieurs de ses films. Mais il se d\u00e9sint\u00e9ressa vite de ce polar de s\u00e9rie, attir\u00e9 &#8211; on le comprend &#8211; par le projet de <em>The King of New York<\/em>. Les producteurs se charg\u00e8rent du montage et ajout\u00e8rent une musique et une voix-off non d\u00e9sir\u00e9es par Ferrara. Le r\u00e9sultat ne d\u00e9passe pas le niveau d&rsquo;un m\u00e9diocre t\u00e9l\u00e9film, bavard et plat, et les modifications apport\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ensemble ach\u00e8vent de rendre <em>Cat Chaser<\/em> indigne du talent de Ferrara.<em><br \/>\nThe King of New York<\/em> (1990, photo en t\u00eate de texte), son film le plus fullerien marque l&rsquo;apog\u00e9e de la premi\u00e8re partie de la carri\u00e8re d&rsquo;Abel Ferrara, consacr\u00e9e au cin\u00e9ma de genre et ses m\u00e9tamorphoses.<em><br \/>\nThe King of New York<\/em> offre une vision fantasmatique et moderniste, mais aussi politique, de la mythologie du film noir. Christopher Walken, dans le r\u00f4le de sa vie, interpr\u00e8te en \u00e9tat de gr\u00e2ce Frank White, gangster en sursis, v\u00e9ritable cr\u00e9ature de la nuit, qui se nourrit des effluves d\u2019argent et de sang de la ville, proche du vampire. <em>The King of New York<\/em> est un des titres majeurs du cin\u00e9ma am\u00e9ricain contemporain.<em><br \/>\nBad Lieutenant<\/em> (1992) est un titre important dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Abel Ferrara, v\u00e9ritable pivot entre les polars urbains de ses d\u00e9buts et le basculement m\u00e9taphysique et religieux qui suivra. C&rsquo;est aussi le d\u00e9but d&rsquo;une reconnaissance critique tardive, et sa premi\u00e8re s\u00e9lection \u00e0 Cannes, dans la section Un certain regard (il deviendra ensuite un habitu\u00e9 du festival.) <em>Bad Lieutenant<\/em> r\u00e9sume l\u2019art d\u2019Abel Ferrara\u00a0: un cin\u00e9ma physique et hant\u00e9, all\u00e9gorique et concret, en totale empathie avec ses personnages plus grands (jusque dans la bassesse) que nature. Le mauvais lieutenant, flic pourri qui charrie toutes les tares de la ville pour finalement trouver la r\u00e9demption, demeure la cr\u00e9ation la plus originale de Ferrara et de son interpr\u00e8te, un Harvey Keitel magnifique, qui trouve gr\u00e2ce au cin\u00e9aste, lui aussi, le r\u00f4le de sa vie.<br \/>\nImm\u00e9diatement apr\u00e8s <em>Bad Lieutenan<\/em>t, on est d\u2019abord \u00e9tonn\u00e9 de retrouver Abel Ferrara aux commandes d\u2019un film de studio. <em>Body Snatchers <\/em>(1993) est le nouveau remake d\u2019un classique de la science-fiction am\u00e9ricaine. Le r\u00e9sultat est un sommet de s\u00e9rie B postmoderne, d\u2019une stylisation extr\u00eame (entre Carpenter et Antonioni) et un grand film parano\u00efaque et proph\u00e9tique. La hantise de la reproduction et la disparition de l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 pr\u00e9sentes dans <em>L&rsquo;Invasion des profanateurs de s\u00e9pultures <\/em>de Don Siegel finissent par devenir, apr\u00e8s plusieurs nouvelles versions d&rsquo;une histoire matricielle d\u2019invasion extra-terrestre, le sujet m\u00eame du film de Ferrara, o\u00f9 le monde se transforme en immense terrain militaire.<em><br \/>\nSnake Eyes<\/em> (1993) confirme l&rsquo;orientation de Ferrara vers un cin\u00e9ma plus introspectif et autobiographique. Film doloriste sur les coulisses d&rsquo;un tournage o\u00f9 se confond la fiction et la r\u00e9alit\u00e9, <em>Snake Eyes<\/em> s&rsquo;inscrit dans une tradition moderne et plut\u00f4t europ\u00e9enne du cin\u00e9ma filmant le cin\u00e9ma, dans la lign\u00e9e de <em>Prenez garde \u00e0 la sainte putain<\/em> de Rainer Werner Fassbinder ou <em>L&rsquo;Etat des choses<\/em> de Wim Wenders. Harvey Keitel y interpr\u00e8te un cin\u00e9aste tourment\u00e9 (alter ego d&rsquo;Abel Ferrara), tandis que Madonna, dans le r\u00f4le de son actrice et ma\u00eetresse, livre une performance remarquable et sans lendemain.<br \/>\nDans <em>The Addiction<\/em> (1995), Abel Ferrara brise les conventions qui lient le vampirisme au cin\u00e9ma fantastique. Il associe, comme d&rsquo;autres avant lui, les effets de la morsure d&rsquo;un vampire \u00e0 la d\u00e9pendance \u00e0 la drogue. Loin de tout folklore sensationnaliste, Ferrara transforme cette histoire d&rsquo;\u00e9tudiante vampire et junkie en douloureuse r\u00e9flexion philosophique sur le Mal. C\u2019est un film risqu\u00e9, dans lequel Ferrara d\u00e9laisse les signes de reconnaissance et les codes du cin\u00e9ma de genre, pour s\u2019engager sur la voie de l\u2019essai cin\u00e9matographique et toucher les racines de ses obsessions et de ses th\u00e8mes de pr\u00e9dilection.<br \/>\nVeill\u00e9e fun\u00e8bre, \u0153uvre au noir, th\u00e9\u00e2tre de chambres, <em>Nos fun\u00e9railles<\/em> (1996) t\u00e9moigne de l&rsquo;incroyable inspiration et de la fr\u00e9n\u00e9sie cr\u00e9atrice d&rsquo;Abel Ferrara au milieu des ann\u00e9es 90, capable d&rsquo;encha\u00eener des \u0153uvres aussi diff\u00e9rentes, g\u00e9niales et aux ambitions diverses que <em>Body Snatchers<\/em>, <em>The Addiction<\/em>, <em>The Blackout<\/em>. Ce film noir aux accents de trag\u00e9die familiale, o\u00f9 le bruit et la fureur c\u00e8dent la place aux sanglots, \u00e0 la r\u00e9tention et aux brusques \u00e9clats de d\u00e9mence, pourrait sembler plus classique que les pr\u00e9c\u00e9dentes exp\u00e9rimentations formelles du cin\u00e9aste. On assiste pourtant \u00e0 un travail tr\u00e8s audacieux sur le temps et la narration, o\u00f9 la dramaturgie et la caract\u00e9risation de personnages s&rsquo;affranchissent totalement des conventions du film de gangster. Tous les acteurs sont magnifiques, avec une mention particuli\u00e8re pour Chris Penn et Vincent Gallo, \u00e9tonnant en mafioso communiste, cin\u00e9phile et d\u00e9bauch\u00e9. C&rsquo;est \u00e9galement la derni\u00e8re collaboration de Ferrara avec son sc\u00e9nariste Nicholas St. John, qui \u00e9crivit tous ses premiers films.<br \/>\nDans <em>The Blackout <\/em>(1997), nouveau film sur le cin\u00e9ma et le couple, le cin\u00e9aste se livre \u00e0 une magnifique relecture crois\u00e9e du <em>M\u00e9pris<\/em> de Jean-Luc Godard et de <em>Sueurs froides <\/em>d&rsquo;Alfred Hitchcock, pr\u00e9texte \u00e0 de saisissantes trouvailles de mise en sc\u00e8ne. <em>New Rose Hotel <\/em>(1998) est le film maudit d&rsquo;Abel Ferrara, d\u2019apr\u00e8s une nouvelle de William Gibson, le pape du Cyberpunk.\u00a0 Mais Ferrara se moque de la science-fiction et des effets sp\u00e9ciaux pour se concentrer sur un vaste trafic interlope de sentiments amoureux, entre prostitution et manipulation, dans un monde glac\u00e9 et factice mu par un d\u00e9sir d\u00e9vorant de contr\u00f4le, d&rsquo;argent et de pouvoir. Digne du <em>Diabolique docteur Mabuse<\/em> de Fritz Lang, de <em>Mr. Arkadin<\/em> d&rsquo;Orson Welles ou <em>d&rsquo;Alphaville<\/em> de Jean-Luc Godard, malgr\u00e9 un tournage erratique, ce film \u00e0 la structure audacieuse en forme de boucle d\u00e9route jusqu&rsquo;aux admirateurs de Ferrara, et son \u00e9chec critique et commercial porte un coup grave \u00e0 la carri\u00e8re du cin\u00e9aste, qui aura par la suite du mal \u00e0 produire ses films aux Etats-Unis et trouvera en Europe des financiers plus compr\u00e9hensifs et accueillants.<br \/>\nIl est une nouvelle fois question de trafic dans <em>Christmas <\/em>(<em>&lsquo;R Xmas<\/em>, 2001), celui auquel se livre un couple d&rsquo;immigr\u00e9s qui ont fait fortune \u00e0 New York gr\u00e2ce au commerce de la drogue. Film sur la circulation des marchandises, des corps et des sentiments, <em>Christmas<\/em> enregistre un \u00e9l\u00e9gant ballet urbain, jouant avec les surimpressions d&rsquo;images, d\u00e9crivant une nouvelle fois les liens ambigus qui unissent dans l&rsquo;\u0153uvre de Ferrara valeurs familiales, catholicisme et activit\u00e9s hors-la-loi.<br \/>\nDe <em>L\u2019Ange de la vengeance <\/em>\u00e0 <em>Bad Lieutenant <\/em>en passant par <em>Christmas<\/em> ou <em>The King of New York<\/em>, la plupart des grands films d\u2019Abel Ferrara traitent de violence et d\u2019amour, de p\u00e9ch\u00e9 et de r\u00e9demption, du conflit entre la foi et les actes des hommes. Avant <em>Mary<\/em> (2005), jamais Ferrara n\u2019avait abord\u00e9 le th\u00e8me de la religion de mani\u00e8re aussi frontale, mis \u00e0 part dans <em>Bad Lieutenant<\/em> qui \u00e9tait l\u2019histoire d\u2019un terrifiant chemin de croix. Mais Ferrara a depuis longtemps d\u00e9laiss\u00e9 les r\u00e9cits policiers et s\u2019est \u00e9loign\u00e9 des ambiances urbaines poisseuses de ses premiers films pour se consacrer \u00e0 un cin\u00e9ma plus introspectif, \u00e0 la fois profond\u00e9ment humain mais aussi th\u00e9orique. <em>Mary<\/em> est sans doute l\u2019aboutissement de ce cin\u00e9ma de recherche, et prend souvent la forme d\u2019un essai cin\u00e9matographique m\u00ealant fiction, reconstitution, d\u00e9bat, journal film\u00e9, vid\u00e9o et 35mm\u00a0\u2026 Une vaste et complexe mosa\u00efque d\u2019images, un r\u00e9seau de signes, d\u2019id\u00e9es et de sensations conduit le spectateur au c\u0153ur du trouble qui traverse les trois personnages principaux du film, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re \u00e0 la recherche de Dieu\u00a0: une actrice qui traverse une crise mystique, un r\u00e9alisateur m\u00e9galomane s\u2019identifiant au Christ, un journaliste dont le scepticisme est mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de son travail et de sa vie priv\u00e9. Nul doute que Ferrara signe l\u00e0 son \u0153uvre la plus intime, et l\u2019empathie qu\u2019il a toujours \u00e9prouv\u00e9e pour ses h\u00e9ros et antih\u00e9ros, atteint ici son paroxysme. Comme on pouvait s\u2019y attendre, <em>Mary<\/em> se tient aux antipodes des relents de religiosit\u00e9 ou de bondieuserie qui frappent de nombreux films hollywoodiens contemporains. C\u2019est un film en \u00e9tat de gr\u00e2ce, mais aussi un film de crise, dans lequel Ferrara ose mettre en sc\u00e8ne ses doutes et ses propres d\u00e9chirements. Devant la difficult\u00e9 croissante de trouver des sources de financement pour ses films aux Etats-Unis, Abel Ferrara s\u2019est install\u00e9 \u00e0 Rome pour rencontrer un producteur capable de mener \u00e0 bien l\u2019ambitieux projet de<em> Mary. <\/em>Le film sera pr\u00e9sent\u00e9 en s\u00e9lection officielle au Festival de Venise en 2005 o\u00f9 il obtiendra le Lion d\u2019Argent de la mise en sc\u00e8ne. De nombreuses actrices furent pressenties pour jouer Marie-Madeleine, parmi lesquelles Sarah Polley, et c\u2019est finalement Juliette Binoche qui interpr\u00e8te le r\u00f4le de l\u2019actrice touch\u00e9e par la gr\u00e2ce apr\u00e8s avoir jou\u00e9 Marie-Madeleine dans un film sur la vie du Christ. Dans les deux r\u00f4les masculins principaux, on retrouve des acteurs qui avaient d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 avec Abel Ferrara\u00a0: Forest Whitaker, qui apparaissait bri\u00e8vement dans <em>Body Snatchers<\/em>, et Matthew Modine, qui interpr\u00e9tait l\u2019acteur \u00e0 la d\u00e9rive de <em>The Blackout<\/em>. Abel Ferrara a beaucoup aim\u00e9 travailler dans la p\u00e9ninsule, avec des techniciens locaux. Apr\u00e8s <em>Mary<\/em>, il est rest\u00e9 en Italie, a mis en sc\u00e8ne une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Naples et tourn\u00e9 un film enti\u00e8rement \u00e0 Cinecitt\u00e0, le magnifique <em>Go Go Tales<\/em> (2007), un film beaucoup moins sombre et tourment\u00e9 que <em>Mary<\/em>, \u00e9vocation \u00e9mouvante du monde du spectacle et des cabarets, o\u00f9 il a r\u00e9uni sa troupe de fid\u00e8les acteurs et collaborateurs am\u00e9ricains et europ\u00e9ens, parmi lesquels Willem Dafoe, Asia Argento, Stefania Rocca et sa nouvelle muse et compagne, la com\u00e9dienne am\u00e9ricaine Shanyn Leigh. Pr\u00e9sent\u00e9 hors comp\u00e9tition au Festival de Cannes, Le film est demeur\u00e9 h\u00e9las in\u00e9dit en salles et en DVD, \u00e0 cause d&rsquo;obscurs probl\u00e8mes de droits et de conflits avec la production.<br \/>\nDans les ann\u00e9es 80, Ferrara a \u00e9galement travaill\u00e9 pour la t\u00e9l\u00e9vision, r\u00e9alisant entre autres plusieurs \u00e9pisodes des s\u00e9ries <em>Miami Vice<\/em> et <em>Crime Story<\/em> produites par Michael Mann.<br \/>\nA la fin des ann\u00e9es 2000, apr\u00e8s <em>Go Go Tales<\/em>, Ferrara a sign\u00e9 trois essais documentaires, <em>Chelsea on the Rocks<\/em>, <em>Mulberry St.<\/em> et <em>Napoli, Napoli, Napoli.<\/em><br \/>\nLe Pardo d&rsquo;onore Swisscom \u00e0 Abel Ferrara dans le cadre du prochain Festival del film Locarno sera l&rsquo;occasion d&rsquo;une mini r\u00e9trospective o\u00f9 seront projet\u00e9s quatre chefs-d&rsquo;\u0153uvre du cin\u00e9aste, <em>L&rsquo;Ange de la vengeance, The King of New York, Bad lieutenant<\/em> et <em>Mary<\/em>, et aussi d&rsquo;une discussion avec le public du festival. Lors de la c\u00e9r\u00e9monie de remise du L\u00e9opard d&rsquo;honneur Swisscom sur la Piazza Grande, le vendredi 5 ao\u00fbt, Abel Ferrara offrira en exclusivit\u00e9 aux spectateurs de Locarno les premi\u00e8res images de son nouveau long m\u00e9trage tourn\u00e9 \u00e0 New York, avec son acteur f\u00e9tiche Willem Dafoe et Shanyn Leigh\u00a0: un film apocalyptique sur le couple en forme de confession, intitul\u00e9 <em>4:44 Last Day on Earth<\/em> coproduit par Wild Bunch, Funny Balloons et Fabula.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s (dans le d\u00e9sordre) Jean-Luc Godard, Samuel Fuller, Aleksandr Sokurov, Paul Verhoeven, Hou Hsiao-hsien, Manoel de Oliveira, Bernardo Bertolucci, William\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - 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