{"id":7587,"date":"2012-10-05T08:12:49","date_gmt":"2012-10-05T06:12:49","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=7587"},"modified":"2020-04-03T18:02:33","modified_gmt":"2020-04-03T17:02:33","slug":"cinema-et-vampires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2012\/10\/05\/cinema-et-vampires\/","title":{"rendered":"Cin\u00e9ma et vampires"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;histoire du cin\u00e9matographe et celle du vampirisme sont indissociables, au point de se confondre, le mythe contaminant le m\u00e9dium (\u00e0 moins que ce ne soit l\u2019inverse)\u00a0: chaque fois, \u00e0 la mani\u00e8re de sa cr\u00e9ature, le genre meurt et rena\u00eet, sans doute vou\u00e9 \u00e0 une vie \u00e9ternelle&#8230; Le vampire, de ses racines mythologiques \u00e0 son envol romantique \u00e0 partir de la publication du roman de Bram Stoker \u00ab\u00a0Dracula\u00a0\u00bb est sans doute le personnage qui a le plus inspir\u00e9 le cin\u00e9ma. On comptabilise plusieurs milliers d&rsquo;occurrences dans la production cin\u00e9matographique mondiale. Cet int\u00e9r\u00eat ph\u00e9nom\u00e9nal poss\u00e8de la particularit\u00e9 de n&rsquo;avoir jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9menti, sans la moindre interruption des origines du cin\u00e9matographe \u00e0 la production contemporaine, si bien que l&rsquo;on pourrait imaginer une histoire chronologique, g\u00e9ographique et esth\u00e9tique du cin\u00e9ma \u00e0 l&rsquo;aune des films de vampires. En effet tout le cin\u00e9ma s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 au vampirisme\u00a0: la production dominante comme celle marginale, exotique et inattendue ; tous les genres, du documentaire au film d&rsquo;animation ; de nombreux exemples de s\u00e9ries B ou de superproductions mais aussi les plus grands g\u00e9nies du cin\u00e9ma (Murnau et Dreyer en t\u00eate) et des entreprises modernistes, exp\u00e9rimentales et m\u00e9connues ; les chefs-d\u2019\u0153uvre du cin\u00e9ma aussi bien que des digressions particuli\u00e8rement incongrues ou extravagantes. En ce domaine, les titres parlent d&rsquo;eux-m\u00eames : <em>Zoltan, le chien sanglant de Dracula<\/em> de Charles Band (1977), <em>Les Charlots contre Dracula <\/em>de Jean-Pierre Desagnat (1980) et des centaines d\u2019autres nanars et moult avatars plus ou moins d\u00e9biles.<\/p>\n<p>Le mythe du vampire a les crocs suffisamment durs pour survivre aux nombreuses d\u00e9gradations (parodiques, pornographiques) subies dans la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle mais aussi pour tol\u00e9rer le regard sarcastique de quelques cin\u00e9astes iconoclastes (Roman Polanski et <em>Le Bal des vampires<\/em>, Paul Morrissey et <em>Du sang pour Dracula<\/em>, dans lequel Polanski tient d\u2019ailleurs un petit r\u00f4le) ou certains d\u00e9tournements s\u00e9mantiques inflig\u00e9s suivant les modes ou les id\u00e9ologies (la satire sociale, l&rsquo;all\u00e9gorie politique, &#8230;)<\/p>\n<p>Deux chefs-d&rsquo;\u0153uvre inaugurent les noces de sang du vampirisme et du cin\u00e9ma. <em>Nosferatu le vampire<\/em> de Friedrich W. Murnau (1921) est un classique essentiel et titre matriciel qui va influencer plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de cin\u00e9astes importants et de nombreux courants de la production europ\u00e9enne ou hollywoodienne, rassembl\u00e9s autour de la lutte de l&rsquo;ombre contre la lumi\u00e8re, la fascination de la nuit et de la mort. <em>Vampyr, l\u2019\u00e9trange aventure de David Gray <\/em>de Carl Th. Dreyer (1932) va lui aussi inspirer, sans doute plus secr\u00e8tement, plusieurs grands films pour qui le vampirisme implique une r\u00e9flexion sur l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;incarnation au cin\u00e9ma, un questionnement sur l&rsquo;\u00e9manation physique des corps soumis \u00e0 l&rsquo;enregistrement cin\u00e9matographique.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re presque illicite, pour des raisons de droits, <em>Nosferatu<\/em> s&rsquo;inspire du \u00ab\u00a0Dracula\u00a0\u00bb de Bram Stoker (1897) et <em>Vampyr <\/em>de \u00ab\u00a0Carmilla\u00a0\u00bb de Sheridan Le Fanu \u00e9crit quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t. Ces deux romans seront les principales sources litt\u00e9raires des films de vampires, et le second, parfois associ\u00e9 aux sinistres m\u00e9faits de la comtesse Bathory port\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran avec un souci de v\u00e9racit\u00e9 historique pour le moins al\u00e9atoire, engendrera une sous-cat\u00e9gorie fertile de films de vampires \u00e0 connotations saphiques. On y trouve <em>Et mourir de plaisir <\/em>de Roger Vadim (1960), <em>La Crypte du vampire <\/em>de Camillo Mastrocinque (1964), <em>Comtesse Dracula<\/em> de Peter Sasdy (1971), <em>Les L\u00e8vres rouges<\/em> de Harry K\u00fcmel (1971), <em>La Mari\u00e9e sanglante<\/em> de Vicente Aranda (1972), <em>Contes immoraux<\/em> de Valerian Borowczyk (1974), <em>Vampyres <\/em>de Jos\u00e9 Larraz (1975), <em>Les Pr\u00e9dateurs <\/em>de Tony Scott (1983)\u2026<\/p>\n<p>Les films fantastiques n&rsquo;ont souvent retenu du mythe du vampire qu&rsquo;un certain folklore emprunt\u00e9 aux l\u00e9gendes d&rsquo;Europe Centrale, ou alors ont ent\u00e9rin\u00e9 \u00e0 la suite de la litt\u00e9rature et du th\u00e9\u00e2tre la modernisation d&rsquo;un personnage habitu\u00e9 \u00e0 se transformer au fil des si\u00e8cles. Le vampire fut le monstre d\u00e9moniaque assoiff\u00e9 de sang du Moyen-Age, la cr\u00e9ature s\u00e9duisante et m\u00e9lancolique du Romantisme, le symbole enfin d&rsquo;une caste f\u00e9odale qui r\u00e9prouve l&rsquo;industrialisation et la d\u00e9mocratisation des soci\u00e9t\u00e9s nouvelles. On se situe, pour le pire et le meilleur, dans un cin\u00e9ma d&rsquo;illustration. Il est alors possible d&rsquo;estimer par l\u2019interm\u00e9diaire du prisme vampire l&rsquo;\u00e9volution des proc\u00e9d\u00e9s et des enjeux filmiques, du th\u00e9\u00e2tre film\u00e9 de l&rsquo;adaptation de <em>Dracula <\/em>par Tod Browning (1931) au <em>Cauchemar de Dracula <\/em>de Terence Fisher (1958), premier \u00ab\u00a0Dracula\u00a0\u00bb en couleur, d\u00e9tail non n\u00e9gligeable dans un r\u00e9cit o\u00f9 le sang occupe une place primordiale.<\/p>\n<p>Cette production britannique r\u00e9adapte Stoker et insiste sur la violence \u00e9rotique et la bestialit\u00e9 du vampire, qui trouve en Christopher Lee son second interpr\u00e8te notable apr\u00e8s Bela Lugosi. La firme britannique Hammer, succ\u00e9dant \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or du fantastique am\u00e9ricain et ses s\u00e9quelles d\u00e9j\u00e0 parodiques &#8211; <em>La Maison de Dracula<\/em> de Erle C. Kenton (1945), <em>Deux Nigauds contre Frankenstein <\/em>de Charles Barton (1948) &#8211; va apporter un sang neuf aux vampires de cin\u00e9ma, une seconde naissance pour un personnage captif d\u2019un cycle \u00e9ternel de mort et de r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>Dans <em>Le Cauchemar de Dracula<\/em> le caract\u00e8re un peu guind\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne contraste avec des sc\u00e8nes de violence et une franchise inhabituelles dans la pr\u00e9sentation de d\u00e9tails macabres et sanglants, rendus encore plus choquants par l&rsquo;utilisation expressive de la couleur. <em>Le Sang du vampire <\/em>de Henry Cass (1958), se distingue des productions Hammer par son go\u00fbt encore plus prononc\u00e9 du trivial et de la cruaut\u00e9. D\u00e8s la fin des ann\u00e9es 60 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 70, le classicisme aust\u00e8re des premiers Fisher laissera la place au sein de la m\u00eame maison de production \u00e0 un baroquisme outrancier et une escalade d\u00e9lirante dans la trivialit\u00e9 et le mauvais go\u00fbt.<\/p>\n<p><em>Les Cicatrices de Dracula<\/em> de Roy Ward Baker (1970) appartient \u00e0 la derni\u00e8re p\u00e9riode de la Hammer et confirme une d\u00e9gradation esth\u00e9tique et s\u00e9mantique du mythe en multipliant les \u00e9pisodes sanglants et grivois dans un climat malsain caract\u00e9ris\u00e9 ici par des tendances homosexuelles plut\u00f4t h\u00e9t\u00e9rodoxes. Cette inclination se poursuivra au sein de la firme sp\u00e9cialis\u00e9e dans le fantastique, qui transformera Dracula en client de bo\u00eete de nuit\u00a0 &#8211; <em>Dracula 73<\/em> d\u2019Alan Gibson (1972) \u2013 et en conspirateur \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une multinationale &#8211; <em>Dracula vit toujours \u00e0 Londres<\/em> toujours d\u2019Alan Gibson (1973) &#8211; ou le propulsera \u00e0 Hong Kong au b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;une hasardeuse coproduction avec les studios Shaw Brothers m\u00ealant vampirisme et arts martiaux, <em>Les Sept Vampires d&rsquo;or<\/em> de Roy Ward Baker (1974). En Italie, un ph\u00e9nom\u00e8ne comparable se produit, intimement li\u00e9 au processus d&rsquo;appauvrissement des cin\u00e9matographies populaires nationales qui semblent s&#8217;emparer d&rsquo;un genre &#8211; en l&rsquo;occurrence le film de vampire &#8211; pour l&rsquo;abandonner une fois vid\u00e9 de sa s\u00e8ve et de son sens. Apr\u00e8s les brillantes entreprises de r\u00e9novation des mythes fantastiques dans le cin\u00e9ma italien que sont <em>Les Vampires<\/em> de Riccardo Freda (1957) et <em>Le Masque du d\u00e9mon <\/em>de Mario Bava (1960) suivies d&rsquo;\u00e9pigones estimables, le cin\u00e9ma fantastique italien va g\u00e9n\u00e9ralement maltraiter le mythe du vampire dans une flop\u00e9e de s\u00e9ries Z comme <em>Des filles pour le vampire<\/em> de Piero Regnoli (1961) ou <em>Le Massacre des vampires<\/em> de Roberto Mauri (1962). La principale qualit\u00e9 de ces productions b\u00e2cl\u00e9es r\u00e9side dans leur gestion inn\u00e9e du grotesque, et leur \u00e9tisie artistique confine parfois \u00e0 une forme de distanciation. C\u2019est Dario Argento lui-m\u00eame qui a sign\u00e9 de mani\u00e8re inattendue un tardif et ultime (du moins esp\u00e9rons-le) chapitre \u00e0 cette ribambelle de nanars avec un <em>Dracula 3D<\/em> anachronique en l\u2019an de gr\u00e2ce 2012. L&rsquo;Espagne embo\u00eete le pas de l\u2019Italie et m\u00eame de la RFA (<em>Le Vampire et le sang des vierges<\/em> d\u2019Harald Reinl en 1967) avec une pl\u00e9thore de films na\u00effs et color\u00e9s souvent interpr\u00e9t\u00e9s par Paul Naschy comme <em>La Furie des vampires<\/em> de Leon Klimovsky (1970), d&rsquo;o\u00f9 \u00e9merge sur le plan artistique l&rsquo;incursion provocatrice et anarchisante de Vicente Aranda <em>La Mari\u00e9e sanglante<\/em> et aussi <em>C\u00e9r\u00e9monie sanglante <\/em>de Jorge Grau (1973).<\/p>\n<p>Alors qu\u2019on le croyait an\u00e9anti sous les assauts r\u00e9p\u00e9t\u00e9s de la parodie ou de la gaudriole &#8211; il faut voir la com\u00e9die bavaroise <em>Lady Dracula<\/em> de Franz J. Gottlieb (1974) &#8211; le vampire rena\u00eet de ses cendres \u00e0 intervalles r\u00e9guliers \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un sursaut d&rsquo;ambition ou d&rsquo;une lecture originale. Le remake en 1978 par Werner Herzog du classique de Murnau, <em>Nosferatu fant\u00f4me de la nuit <\/em>est une tentative audacieuse de retour aux sources du romantisme allemand dans laquelle Klaus Kinski compose un Nosferatu inoubliable.<\/p>\n<p>En 1971 Harry K\u00fcmel transpose avec <em>Les L\u00e8vres rouges<\/em> la l\u00e9gende de la comtesse Bathory dans la Flandre contemporaine et signe une \u0153uvre d&rsquo;une beaut\u00e9 envo\u00fbtante dont l&rsquo;esth\u00e9tisme glac\u00e9 emprunte \u00e0 la peinture symboliste belge et permet \u00e0 Delphine Seyrig d&rsquo;interpr\u00e9ter avec beaucoup d&rsquo;humour et d&rsquo;\u00e9l\u00e9gance une extraordinaire femme vampire. Avec un bonheur esth\u00e9tique moindre ou \u00e9gal d\u2019autres films jouent la carte du raffinement pour \u00e9voquer les univers \u00e9th\u00e9r\u00e9s des vampires intemporels r\u00e9fractaires \u00e0 la laideur du monde moderne. C\u2019est le cas des <em>Pr\u00e9dateurs<\/em> (1983) de Tony Scott dans lequel Catherine Deneuve succ\u00e8de \u00e0 Delphine Seyrig (sa marraine dans <em>Peau d\u2019\u00e2ne<\/em>) dans le r\u00f4le d\u2019une femme vampire et se r\u00e9v\u00e8le elle aussi absolument fascinante. Dans le registre de l&rsquo;\u00e9rotisme chic <em>Spermula <\/em>de Charles Matton (1976) esp\u00e8re transcender les limites du porno soft par un surcro\u00eet de luxe et d\u2019ambition, aid\u00e9 par un vague argument fantastique et m\u00eame science-fictionnel. C&rsquo;est bien s\u00fbr impossible mais le film poss\u00e8de l\u2019avantage de ne pas \u00eatre avare en jeunes beaut\u00e9s d\u00e9v\u00eatues. J\u2019avoue que pendant une br\u00e8ve p\u00e9riode j\u2019avais punais\u00e9 sur un mur de ma chambre l\u2019affiche g\u00e9ante de ce film sympathiquement nul sur laquelle \u00e9tait \u00e9crit \u00ab\u00a0certaines femmes vampires ne se nourrissent pas que de sang\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9 de cette surcharge d\u00e9corative \u00e0 laquelle le vampirisme invite encore certains filmeurs antiquaires (<em>Contes immoraux<\/em> de Valerian Borowczyk), les nouveaux cin\u00e9astes apparus dans le cin\u00e9ma fantastique des ann\u00e9es 70 d\u00e9barrassent le th\u00e8me de ses oripeaux folkloriques pour en d\u00e9gager de nouvelles significations ou pour en moderniser les enjeux. Dans <em>Frissons<\/em> (1974) et <em>Rage <\/em>(1976), ses premiers films d&rsquo;horreur, David Cronenberg refuse la panoplie du buveur de sang mais s\u2019int\u00e9resse \u00e0 cette forme moderne de vampirisme qu&rsquo;est la contamination virale. Horreur radicale et politique visc\u00e9rale, et vice-versa. George A. Romero, quant \u00e0 lui, signe avec <em>Martin <\/em>(1976) un film d&rsquo;horreur social. Les reliquats tenaces des superstitions religieuses devant certains comportements d\u00e9viants rencontrent l&rsquo;antipsychiatrie et la sociologie dans la grisaille des banlieues am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>Dans <em>The Addiction<\/em> (1995) Abel Ferrara brise les conventions qui lient le vampirisme au cin\u00e9ma fantastique. Il associe, comme d&rsquo;autres avant lui, les effets de la morsure d&rsquo;un vampire \u00e0 la d\u00e9pendance \u00e0 la drogue pour d\u00e9livrer une r\u00e9flexion philosophique sur le Mal. Francis Ford Coppola, de son c\u00f4t\u00e9, tente une adaptation d\u00e9finitive de Bram Stoker et voit le vampire en m\u00e9dium. Son <em>Dracula<\/em> (1992) assimile dans un \u00e9lan syncr\u00e9tique vampirisme et cin\u00e9ma en \u00e9tablissant un parall\u00e9lisme entre les m\u00e9tamorphoses successives du vampire et l&rsquo;\u00e9volution des techniques de projection, du th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;ombres chinoises aux effets sp\u00e9ciaux num\u00e9riques. On retrouve cette volont\u00e9 d\u2019appr\u00e9hension globale de toutes les formes de cin\u00e9ma dans <em>Dracula, pages tir\u00e9es du journal d\u2019une vierge<\/em> (2002), entreprise postmoderne du Canadien Guy Maddin qui renoue avec le cin\u00e9ma muet et propose en un peu plus d&rsquo;une heure une lecture de Dracula sous forme de ballet, dans laquelle les \u00e9volutions harmonieuses des danseurs viennent se m\u00ealer au flux du sang et \u00e0 celui des images cin\u00e9matographiques. Deux ans apr\u00e8s le film de Coppola <em>Entretien avec un vampire<\/em> de Neil Jordan (1994) rencontre lui aussi un grand succ\u00e8s commercial car il est adapt\u00e9 d\u2019un best seller et interpr\u00e9t\u00e9 par une ribambelle de jeunes vedettes (Tom Cruise teint en blond). M\u00eame en \u00e9tant un amoureux du genre c\u2019est l\u2019un des rares films de vampire que je n\u2019ai jamais eu envie de voir tant il me donnait l\u2019impression d\u2019\u00eatre ridicule, ennuyeux et pr\u00e9tentieux.<\/p>\n<p>Difficile de parler de vampires au cin\u00e9ma sans saluer Jean Rollin, v\u00e9ritable franc-tireur non seulement du cin\u00e9ma fran\u00e7ais mais de la production fantastique internationale, \u00e9crivain et cin\u00e9aste qui n&rsquo;a cess\u00e9 avec une belle obstination depuis son premier film <em>Le Viol du vampire <\/em>(1967) et jusqu\u2019\u00e0 son dernier soupir en 2010 de visiter les contr\u00e9es du r\u00eave et de l&rsquo;\u00e9rotisme en compagnie de ses fameuses femmes vampires. Proche des cadavres exquis des surr\u00e9alistes et de l&rsquo;\u00e9criture automatique, d&rsquo;une na\u00efvet\u00e9 revendiqu\u00e9e qui se souvient des serials muets et des toiles de Clovis Trouille, le cin\u00e9ma de Jean Rollin a exist\u00e9 contre vents et mar\u00e9es et a su conqu\u00e9rir malgr\u00e9 la pauvret\u00e9 de sa facture et de son inspiration un public sensible au charme surann\u00e9 de ces d\u00e9ambulations po\u00e9tico vampiriques.<\/p>\n<p>Comme Jean Rollin mais dans un style tr\u00e8s diff\u00e9rent le cin\u00e9aste Jess Franco occupe dans le monde parall\u00e8le du cin\u00e9ma bis une place consid\u00e9rable. Malgr\u00e9 une fr\u00e9n\u00e9sie filmique qui pourrait passer pour de la d\u00e9sinvolture ou de la d\u00e9mence Jess Franco est l&rsquo;anti t\u00e2cheron par excellence m\u00eame s&rsquo;il a \u0153uvr\u00e9 dans les bas-fonds de la s\u00e9rie Z. C&rsquo;est un cin\u00e9aste monde, un illusionniste baroque qui bricole des films miroirs souvent dans les pires conditions. Son \u0153uvre est finalement plus proche de l&rsquo;exp\u00e9rimentation que du cin\u00e9ma de genre, puisque sa filmographie, apr\u00e8s les petites s\u00e9ries B flamboyantes de ses d\u00e9buts, prend un tour \u00e9sot\u00e9rique sous la forme de films \u00e9rotico fantastiques de plus en plus hypnotiques. Parmi la poign\u00e9e de mythes et d&rsquo;histoires sans cesse ressass\u00e9es, le \u00ab\u00a0Dracula\u00a0\u00bb de Bram Stoker est une des sources majeures d&rsquo;inspiration du cin\u00e9aste.<\/p>\n<p>S&rsquo;il a sign\u00e9 une adaptation tr\u00e8s fid\u00e8le du roman avec <em>Les Nuits de Dracula<\/em> (1970) il s&rsquo;est surtout livr\u00e9 \u00e0 une longue s\u00e9rie de variations autour des personnages et \u00e9pisodes invent\u00e9s par Stoker. Ainsi Renfield, Seward et Jonathan Harker font-ils leur r\u00e9apparition dans <em>Vampyros Lesbos<\/em> (1970, photo en t\u00eate de texte), changent de sexe ou de biographie au gr\u00e9 de l&rsquo;imagination foisonnante du cin\u00e9aste espagnol qui orchestra la rencontre de Dracula et de Frankenstein (trois d\u00e9cennies apr\u00e8s Erle C. Kenton) et donna \u00e0 son tour une fille au comte vampire en 1972 dans un film sans comparaison avec celui de Lambert Hillyer.<\/p>\n<p>Les derniers v\u00e9ritables amoureux du cin\u00e9ma fantastique respectent Guillermo Del Toro pour son habile et n\u00e9anmoins personnel recyclage des grands mythes du genre. R\u00e9v\u00e9l\u00e9 en 1992 par <em>Cronos<\/em> ce r\u00e9alisateur mexicain n\u00e9 en 1964 a confirm\u00e9 quelques films plus tard qu\u2019il \u00e9tait un des meilleurs artisans d\u2019un nouveau cin\u00e9ma fantastique en m\u00e9tamorphose permanente. <em>Cronos<\/em>, histoire de vampires et d\u2019alchimistes en qu\u00eate d\u2019immortalit\u00e9, accommodait des th\u00e8mes fondateurs de la litt\u00e9rature fantastique \u00e0 une esth\u00e9tique en provenance de la contre-culture (bande dessin\u00e9e, films de s\u00e9rie B) et un sens du baroque typiquement mexicain, h\u00e9ritier en cela d&rsquo;une tradition du cin\u00e9ma populaire d&rsquo;Am\u00e9rique du Sud.<\/p>\n<p>Production hollywoodienne<em> Blade 2 <\/em>(2002) reprend \u00e0 son compte l\u2019amusante proposition de m\u00e9tissage esth\u00e9tique contenue d\u00e9j\u00e0 dans le premier \u00e9pisode (influence asiatique pour les combats, clubbing techno pour l&rsquo;ambiance visuelle, effets sp\u00e9ciaux num\u00e9riques, \u00e9rotisation du h\u00e9ros, r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la blaxploitation et aux comics). Mille-feuilles visuel, le film se pla\u00eet \u00e9galement \u00e0 explorer les diff\u00e9rentes strates d&rsquo;humanit\u00e9 et d&rsquo;inhumanit\u00e9 de ses personnages ambivalents.<\/p>\n<p>Depuis ce film sorti il y a dix ans le vampirisme au cin\u00e9ma n\u2019a pas connu grand-chose de nouveau \u00e0 part le raz-de-mar\u00e9e \u00ab\u00a0Twilight\u00a0\u00bb, s\u00e9rie de films pour adolescents adapt\u00e9s d\u2019une collection de bouquins \u00e0 succ\u00e8s. Le vampirisme sert ici de prisme pour aborder une histoire d\u2019amour tr\u00e8s chaste entre deux jeunes gens, une fille romantique et un beau t\u00e9n\u00e9breux vampire. Le danger que repr\u00e9sente son fianc\u00e9 renvoie \u00e0 la peur du premier rapport sexuel chez une femme et le difficile passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. Le premier \u00e9pisode de la s\u00e9rie joue adroitement sur le conflit entre r\u00e9tention et attraction et ne manque pas d\u2019intriguer en d\u00e9clinant la sublimation sexuelle \u00e0 toutes les sauces mais cette saga an\u00e9mique s\u2019enlise dans les films suivants. C\u2019est du vampirisme lyophilis\u00e9 qui aurait vraiment besoin d\u2019une transfusion. Dans les ann\u00e9es 90 et 2000, c\u2019est souvent dans les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es am\u00e9ricaines que les genres trouveront un second souffle et le vampirisme n\u2019\u00e9chappera pas \u00e0 la r\u00e8gle. Cr\u00e9\u00e9e par Joss Whedon \u00ab\u00a0Buffy contre les vampires\u00a0\u00bb (1997-2003) rencontre un immense succ\u00e8s chez les adolescents du monde entier et devient un ph\u00e9nom\u00e8ne de la culture \u00ab\u00a0geek\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0True Blood\u00a0\u00bb cr\u00e9\u00e9e par Alan Ball en 2008 est aussi appr\u00e9ci\u00e9e des amateurs. On n\u2019a jamais vu un seul \u00e9pisode de ces s\u00e9ries (ni des autres d\u2019ailleurs \u00e0 part les deux ou trois premiers \u00e9pisodes de \u00ab\u00a0The Walking Dead\u00a0\u00bb) donc impossible de juger. Par mansu\u00e9tude nous ne ferons aucun commentaire sur <em>Dark Shadows <\/em>de Tim Burton (2011).<\/p>\n<p>Le dernier grand film s\u2019approchant du th\u00e8me est \u00e0 notre connaissance <em>Morse <\/em>(<em>L\u00e5t den r\u00e4tte komma in<\/em>, 2008) du su\u00e9dois Tomas Alfredson. Il est ais\u00e9 de faire le rapprochement avec <em>Twilight<\/em>, m\u00eame si \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e tout oppose les deux films. <em>Morse<\/em> raconte une histoire d\u2019amiti\u00e9, d\u2019amour et de complicit\u00e9 secr\u00e8te entre un gar\u00e7on et une fille. Le spectateur et le jeune adolescent d\u00e9couvrent que la fille est en fait un monstre qui a besoin de sang humain pour vivre \u00e9ternellement, sang qu\u2019un adulte esclave lui procure r\u00e9guli\u00e8rement, ou qu\u2019elle va chercher elle-m\u00eame en tuant ses proies avec une violence et une force surhumaines. <em>Morse <\/em>est un film d\u2019une grande noirceur et d\u2019une profonde tristesse, se d\u00e9roulant dans un d\u00e9cor urbain banal, ennuyeux et sinistre. <em>Morse <\/em>d\u00e9peint la rencontre de deux solitudes et de deux malheurs\u00a0: celle d\u2019un gar\u00e7on timide et fragile victime de harc\u00e8lement \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et d\u2019une cr\u00e9ature victime d\u2019une damnation \u00e9ternelle. Le m\u00e9lange du fantastique et du r\u00e9alisme avec un regard sur la cruaut\u00e9 de l\u2019enfance est parfaitement r\u00e9ussi et la mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s impressionnante, avec des grands moments de cin\u00e9ma comme la s\u00e9quence de la piscine. <em>Morse<\/em> s\u2019est vite impos\u00e9 comme un classique instantan\u00e9 du fantastique moderne, \u00e9mouvant et sombre, tr\u00e8s loin devant les autres films r\u00e9cents \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s (<em>The Host<\/em>, <em>The Mist<\/em>, <em>Cloverfield<\/em>\u2026)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;histoire du cin\u00e9matographe et celle du vampirisme sont indissociables, au point de se confondre, le mythe contaminant le m\u00e9dium (\u00e0\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - 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