{"id":7295,"date":"2012-09-10T09:15:40","date_gmt":"2012-09-10T07:15:40","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=7295"},"modified":"2015-02-20T13:57:02","modified_gmt":"2015-02-20T12:57:02","slug":"femme-fatale-contre-passion-de-brian-de-palma","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2012\/09\/10\/femme-fatale-contre-passion-de-brian-de-palma\/","title":{"rendered":"Femme fatale contre Passion de Brian De Palma"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_7296\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/femmefatale9.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-7296\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-7296\" title=\"Femme fatale\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/femmefatale9.jpg\" alt=\"Femme fatale\" width=\"640\" height=\"441\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/femmefatale9.jpg 1259w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/femmefatale9-405x280.jpg 405w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/femmefatale9-1024x706.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/femmefatale9-580x400.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-7296\" class=\"wp-caption-text\">Femme fatale<\/p><\/div>\n<p>Nous avons enfin vu <em>Passion <\/em>(photo en t\u00eate de texte) de Brian De Palma et nous ne savons pas si notre cin\u00e9aste pourra se relever d\u2019un tel d\u00e9sastre. Sans conteste son plus mauvais film mais aussi le premier de sa carri\u00e8re o\u00f9 l\u2019on sent que De Palma, fatigu\u00e9 et d\u00e9sillusionn\u00e9, n\u2019y croit plus. <em>Le Bucher des vanit\u00e9s<\/em> (<em>The Bonfire of the Vanities<\/em>, 1990) \u00e0 ce jour le plus gros ratage de De Palma \u00e9tait un projet extr\u00eamement personnel et ambitieux o\u00f9 le cin\u00e9aste voulait mettre sa virtuosit\u00e9 au service de ses convictions politiques. Ici il reprend avec beaucoup de paresse la trame d\u2019un d\u00e9j\u00e0 m\u00e9diocre film d\u2019Alain Corneau avec comme seul pr\u00e9texte l\u2019opportunit\u00e9 de signer un thriller \u00e9rotique dans la lign\u00e9e de <em>Pulsions <\/em>et redorer son blason au box office international apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec commercial de <em>Redacted<\/em>. H\u00e9las <em>Passion<\/em> est d\u2019une platitude visuelle inhabituelle et m\u00eame in\u00e9dite chez le cin\u00e9aste, d\u2019une facture presque t\u00e9l\u00e9visuelle, bavard, peu excitant. L\u2019unique d\u00e9tail qui retient l\u2019attention est le catalogue du voyeurisme contemporain que De Palma, sp\u00e9cialiste de la question, introduit dans son film\u00a0: Sex tapes, vid\u00e9o de surveillance, publicit\u00e9 avec cam\u00e9ra cach\u00e9e, espionnage avec ipad. De Palma\u00a0montre ainsi que son obsession de tout voir et de tout filmer est entr\u00e9e dans nos vies quotidiennes, \u00e0 travers internet et les autres outils de communication modernes qui sont avant tout des outils de surveillance, vulgaires et pervers. Mais c\u2019est tout. De Palma a souvent flirt\u00e9 avec le ridicule (comme beaucoup de grands cin\u00e9astes) mais il n\u2019avait jamais manqu\u00e9 d\u2019id\u00e9es de mise en sc\u00e8ne. Ici sans doute faute de moyens mais surtout d\u2019int\u00e9r\u00eat tout suinte l\u2019ennui et le manque d\u2019inspiration, de la direction artistique \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation et la musique, avec un Pino Donaggio lui aussi en pilotage automatique. Le film suit avec fid\u00e9lit\u00e9 le sc\u00e9nario original de Corneau <em>Crime d&rsquo;amour<\/em> quand soudain, dix minutes avant la fin, De Palma se souvient qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9alisateur de <em>L\u2019Esprit de Ca\u00efn<\/em> et ajoute un \u00e9pilogue qui accumule les autocitations sur un mode parodique et franchement embarrassant. Tristesse. Pour imaginer ce que <em>Passion <\/em>aurait pu \u00eatre et constater ce qu\u2019il n\u2019est pas, il n\u2019est pas interdit de penser \u00e0 <em>Femme fatale<\/em> (2010), un film d\u00e9cri\u00e9, certes imparfait et mineur dans la carri\u00e8re de De Palma, mais qui avait l\u2019avantage d\u2019aller jusqu\u2019au bout de son \u00e9rotomanie et de sa passion des images, en profitant de son s\u00e9jour europ\u00e9en loin du diktat des studios hollywoodiens. Ce qu\u2019il n\u2019a pas fait avec <em>Passion<\/em>, pourtant enti\u00e8rement tourn\u00e9 \u00e0 Berlin avec des capitaux fran\u00e7ais et allemands. De Palma vs. De Palma.<\/p>\n<p>Sur le papier <em>Femme fatale<\/em> \u00e9tait un thriller dans la plus pure tradition invent\u00e9e par Brian de Palma : une femme double et manipulatrice, un voyeur professionnel bern\u00e9 par ce qu&rsquo;il voit, des dispositifs virtuoses, des morts violentes chor\u00e9graphi\u00e9es comme des ballets en apesanteur, des coups de th\u00e9\u00e2tre insens\u00e9s. Sur l&rsquo;\u00e9cran, c&rsquo;est aussi cela mais \u00e9galement tout autre chose. Car De Palma aime alterner dans sa filmographie les films de commande auxquels il n&rsquo;a aucun mal \u00e0 insuffler son style personnel et ceux o\u00f9 il n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 se lancer dans l&rsquo;exp\u00e9rimentation formelle et se risquer \u00e0 des num\u00e9ros de haute voltige susceptibles de d\u00e9concerter les amateurs de films de genre qui l&rsquo;ont port\u00e9 au pinacle gr\u00e2ce \u00e0 ses hommages hitchcockiens des ann\u00e9es 70. G\u00e9n\u00e9ralement les films de la premi\u00e8re cat\u00e9gorie sont \u00e9crits par des sc\u00e9naristes de m\u00e9tier : Oliver Stone pour <em>Scarface<\/em>, David Mamet pour <em>Les Incorruptibles<\/em>, David Koepp pour<em> L&rsquo;Impasse<\/em> et <em>Mission : impossible<\/em>. Ceux de la seconde, par De Palma lui-m\u00eame : <em>Pulsions, Blow Out, Body Double, L&rsquo;Esprit de Ca\u00efn<\/em>, et <em>Femme fatale<\/em>. \u00c0 chaque nouveau titre de cette s\u00e9rie, De Palma prend davantage de libert\u00e9 avec le sc\u00e9nario traditionnel, m\u00e9prise la lin\u00e9arit\u00e9 et la logique rationnelle pour ne plus se pr\u00e9occuper que d&rsquo;une seule logique, imparable : celle de son cin\u00e9ma. <em>Femme fatale<\/em> encore plus que l&rsquo;avant-gardiste <em>Esprit de Ca\u00efn<\/em> raconte une histoire qui ne semble exister que pour l\u00e9gitimer les arabesques virtuoses de la mise en sc\u00e8ne. La croyance du spectateur devant ce qu&rsquo;il voit est soumise \u00e0 rude \u00e9preuve d\u00e8s la premi\u00e8re s\u00e9quence du film, qui montre la pr\u00e9paration compliqu\u00e9e et l&rsquo;ex\u00e9cution du vol d&rsquo;un bijou pendant une projection officielle au festival de Cannes. La fonction de cette longue exposition est double : d\u00e9clencher les innombrables rebondissements feuilletonesques du r\u00e9cit mais aussi installer les diff\u00e9rents motifs visuels qui vont ensuite structurer la forme de Femme fatale : le d\u00e9doublement, la spirale, la chute, la boucle, d\u00e9clin\u00e9s avec une invention folle et une absence de retenue surprenante m\u00eame de la part du plus baroques des cin\u00e9astes am\u00e9ricains. La fragilit\u00e9 probl\u00e9matique &#8211; et passionnante &#8211; du film est ainsi exhib\u00e9e imm\u00e9diatement et sans la moindre prudence. La d\u00e9sinvolture avec laquelle De Palma \u00e9vacue les contingences les plus \u00e9videntes du r\u00e9el (nul besoin d&rsquo;\u00eatre un habitu\u00e9 du Palais du festival pour se rendre compte que ce hold-up est absolument rocambolesque) n&rsquo;a d&rsquo;\u00e9gal que son perfectionnisme dans la mise en place des \u00e9l\u00e9ments visuels de la s\u00e9quence. Le spectateur comprend tout de suite qu&rsquo;il a affaire non pas \u00e0 un habile divertissement policier mais \u00e0 un pur objet th\u00e9orique qui prend un malin plaisir \u00e0 s&rsquo;auto analyser au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;il se d\u00e9roule sous nos yeux. De Palma, petit chimiste des images (on le sait depuis ses premiers films underground) s&rsquo;octroie d&rsquo;office le r\u00f4le du cr\u00e9ateur et du critique, de l&rsquo;artiste et du commentateur, et d\u00e9cortique avec science son propre travail. Le cin\u00e9aste joue un jeu dangereux, mais il en a l&rsquo;habitude, et ses admirateurs aussi. Les le\u00e7ons de mises en sc\u00e8ne ne donnent pas forc\u00e9ment naissance \u00e0 des films exemplaires et l&rsquo;obsession de la ma\u00eetrise \u00e0 des \u0153uvres magistrales. <em>Femme fatale<\/em> ne pr\u00e9tend pas non plus au statut de \u00ab\u00a0grand film malade\u00a0\u00bb car il y manque la dimension morbide et n\u00e9vrotique qui permettait \u00e0 <em>Blow Out<\/em> ou <em>Body Double<\/em> d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 ce titre. <em>Femme fatale<\/em> s&rsquo;apparente \u00e0 un essai cin\u00e9matographique tr\u00e8s ambitieux d\u00e9guis\u00e9 en polar racoleur. C&rsquo;est l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;un homme libre qui se venge de la censure, des brimades et des pressions mal v\u00e9cues tout au long de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 Hollywood en r\u00e9alisant peut-\u00eatre pas le film de ses r\u00eaves, mais le film de ses d\u00e9sirs.<\/p>\n<p>\u00c9chaud\u00e9 par l&rsquo;\u00e9chec de <em>Mission to Mars<\/em>, De Palma avait transform\u00e9 la promotion du film en France et sa s\u00e9lection au Festival de Cannes en vacances prolong\u00e9es, puis en p\u00e9riode de r\u00e9flexion et d&rsquo;\u00e9criture. Le cin\u00e9aste avait pu enfin monter un projet personnel et ludique, loin des compromissions (impossibles) de ses pr\u00e9c\u00e9dents films am\u00e9ricains. On sait qu&rsquo;il atterrit sur <em>Mission to Mars<\/em> bien apr\u00e8s les premi\u00e8res prises de vue, en remplacement du r\u00e9alisateur initial Gore Verbinski, et endossa seul l\u2019\u00e9chec\u00a0 &#8211; relatif &#8211; du film. Car \u00e0 la revoyure, <em>Mission to Mars<\/em> est magnifique.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/10\/04\/mission-to-mars-de-brian-de-palma\/\">http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/10\/04\/mission-to-mars-de-brian-de-palma\/<\/a><\/p>\n<p>Apr\u00e8s une telle humiliation on comprend que De Palma ait eu envie de travailler en France, pays o\u00f9 il conna\u00eet depuis le d\u00e9but de sa carri\u00e8re la reconnaissance du grand public, l&rsquo;admiration sans borne de nombreux fans mais aussi un remarquable cr\u00e9dit aupr\u00e8s de la critique (Les Cahiers du cin\u00e9ma en t\u00eate). De Palma n&rsquo;a eu aucun mal \u00e0 convaincre le producteur franco-tunisien Tarak Ben Ammar (<em>Pirates <\/em>de Polanski) de financer <em>Femme fatale<\/em>, qui fut \u00e9crit et r\u00e9alis\u00e9 dans des d\u00e9lais tr\u00e8s rapides et des conditions de totale libert\u00e9 inimaginables \u00e0 Hollywood. Cette exp\u00e9rience fran\u00e7aise ne resta pas une incartade sans lendemain dans la filmographie du cin\u00e9aste (voir <em>Passion<\/em> douze ans plus tard) sans devenir le d\u00e9but d&rsquo;un exil europ\u00e9en forc\u00e9, \u00e0 la mani\u00e8re des grands r\u00e9alisateurs des ann\u00e9es 50, discr\u00e9dit\u00e9s aupr\u00e8s des studios hollywoodiens et contraints \u00e0 travailler en Europe, comme Nicholas Ray, Orson Welles ou Samuel Fuller.<\/p>\n<p><em>Femme fatale<\/em> avait enregistr\u00e9 au box-office fran\u00e7ais des r\u00e9sultats honorables, mais avait surtout d\u00e9rout\u00e9 bon nombre de spectateurs, qui s&rsquo;attendaient \u00e0 un hommage au film noir et ont d\u00e9couvert un objet \u00e9trange et impur, proche de l&rsquo;auto sabordage au m\u00eame titre que <em>L&rsquo;Esprit de Ca\u00efn<\/em> dix ans auparavant.<\/p>\n<p>De Palma faisait des folies avec sa cam\u00e9ra, mais il se l\u00e2chait aussi un grand coup dans le registre du burlesque, du sexe, bref son p\u00e9ch\u00e9 mignon : le mauvais go\u00fbt assum\u00e9. Banderas joue \u00e0 la grande folle\u00a0; un truand sort de prison v\u00eatu de la chemise tach\u00e9e de sang qu&rsquo;il portait lors de son arrestation sept ans auparavant\u00a0; deux mannequins baisent dans les toilettes pour dames ; Rebecca Romijn-Stamos, tr\u00e8s pute, ex\u00e9cute une danse \u00e9rotique dans le sous-sol d&rsquo;un bar louche avant de se faire sauter sur le billard\u2026 Le film rec\u00e8le plusieurs scories assez sid\u00e9rantes comme la photographie de Thierry Arbogast, la musique au kilom\u00e8tre de Ryuichi Sakamoto (un p\u00e9nible remix du bol\u00e9ro de Ravel), des seconds r\u00f4les fran\u00e7ais apocalyptiques et des trouvailles lourdement r\u00e9p\u00e9t\u00e9es (l&rsquo;affiche \u00ab\u00a0d\u00e9j\u00e0 vue\u00a0\u00bb). Il est parfois difficile de discerner dans <em>Femme fatale<\/em> la part d&rsquo;humour, les choix esth\u00e9tiques raisonn\u00e9s et le grotesque involontaire. De l\u00e0 \u00e0 n&rsquo;aimer le film que pour des mauvaises raisons, c&rsquo;est-\u00e0-dire son \u00e9tourdissante vulgarit\u00e9, il y a un seuil qu&rsquo;on ne franchira pas. La trivialit\u00e9 a toujours \u00e9t\u00e9 primordiale dans le cin\u00e9ma de De Palma, ne serait-ce que dans son usage pr\u00e9coce et immod\u00e9r\u00e9 de l&rsquo;h\u00e9moglobine, un fluide qui symbolisait \u00e0 lui seul toutes les s\u00e9cr\u00e9tions physiques. Si <em>Femme fatale<\/em> est son film le plus th\u00e9orique, c&rsquo;est aussi le plus trivial. Le premier plan, magnifique, montre le reflet de son h\u00e9ro\u00efne sur un \u00e9cran de t\u00e9l\u00e9vision qui diffuse <em>Assurance sur la mort<\/em> de Billy Wilder avec Barbara Stanwick, arch\u00e9type de la garce du film noir. Cela suffit \u00e0 indiquer que cette \u00ab\u00a0femme fatale\u00a0\u00bb n&rsquo;est qu&rsquo;un artefact, un p\u00e2le reflet de l&rsquo;original, voire une grossi\u00e8re caricature. <em>Femme fatale<\/em> fait donc d&#8217;embl\u00e9e son deuil d&rsquo;Hollywood et d&rsquo;une certaine id\u00e9e de l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance. Mais le cin\u00e9ma de Hitchcock, lui, vit encore : en DVD, au mus\u00e9e\u2026 et dans les films de De Palma. Le cin\u00e9aste \u00e9vite les citations trop \u00e9videntes de <em>La Main au collet<\/em>, une histoire de voleurs sur une C\u00f4te d&rsquo;Azur de carte postale, avec le c\u00f4t\u00e9 kitsch inh\u00e9rent aux productions am\u00e9ricaines tourn\u00e9es en France. C&rsquo;est au contraire aux derniers titres de Hitchcock, les plus ingrats et les moins aim\u00e9s, que De Palma fait r\u00e9f\u00e9rence : <em>L&rsquo;\u00c9tau<\/em> et la surprenante b\u00eatise de son sc\u00e9nario, <em>Complot de famille<\/em> et sa terrible laideur t\u00e9l\u00e9visuelle, qui finissait par contaminer le physique des acteurs, cabots de seconde zone. De Palma a donc le culot de s&rsquo;approprier, apr\u00e8s avoir explor\u00e9 de long en large sa sublime p\u00e9riode dor\u00e9e, la path\u00e9tique fin de carri\u00e8re du Ma\u00eetre. Il ose, \u00e0 son tour, confronter la sophistication de son cin\u00e9ma \u00e0 la hideur de ce qu&rsquo;il filme (rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un miroir d\u00e9formant de notre \u00e9poque), renoncer aux stars hollywoodiennes pour se contenter d&rsquo;un top model, belle plante mais actrice de substitution. Et si la soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il d\u00e9crit rel\u00e8ve souvent de la convention et du fantasme (et pour cause !), il faut f\u00e9liciter De Palma pour les choix souvent admirables des ambiances et des ext\u00e9rieurs parisiens, qui \u00e9chappent aux clich\u00e9s touristiques. Il n&rsquo;y a d\u00e9cid\u00e9ment que lui pour filmer un h\u00f4tel d&rsquo;a\u00e9roport comme un asile psychiatrique et trouver au c\u0153ur de Belleville l&rsquo;\u00e9glise jumelle de San Mignato al Monte (remember Florence et <em>Obsession<\/em>). On pourrait aussi vous raconter en d\u00e9tail certaines sc\u00e8nes, gloser sur la derni\u00e8re partie, ou \u00e9voquer l&rsquo;\u00e9motion qui surgit \u00e0 l&rsquo;improviste dans un plan. Car un film de De Palma, m\u00eame le plus c\u00e9r\u00e9bral et le plus tordu, restait avant tout un objet de jouissance pour le spectateur\u2026 ou du moins le cin\u00e9phile.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019absence de jouissance qui frappe le plus dans <em>Passion\u00a0<\/em>: celle de De Palma en face de son mat\u00e9riau et celle du spectateur devant le r\u00e9sultat, certes plus rassurant pour le grand public que <em>Femme fatale<\/em> car plus rationnel, compr\u00e9hensible, moins fou, mais aussi plus ennuyeux. Nous esp\u00e9rons que Brian De Palma n\u2019a pas rejoint avec ce film indigne de lui la liste de nos cin\u00e9astes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s dont il faut aujourd\u2019hui parler au pass\u00e9, Dario Argento ou John Carpenter\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_7297\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/passion.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-7297\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-7297\" title=\"Passion\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/passion.jpg\" alt=\"Passion\" width=\"640\" height=\"426\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/passion.jpg 1500w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/passion-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/passion-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/09\/passion-580x386.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-7297\" class=\"wp-caption-text\">Passion<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous avons enfin vu Passion (photo en t\u00eate de texte) de Brian De Palma et nous ne savons pas si\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":14829,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - 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