{"id":7108,"date":"2012-08-23T10:54:03","date_gmt":"2012-08-23T08:54:03","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=7108"},"modified":"2020-03-28T13:38:30","modified_gmt":"2020-03-28T12:38:30","slug":"tony-scott-1944-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2012\/08\/23\/tony-scott-1944-2012\/","title":{"rendered":"Tony Scott (1944-2012)"},"content":{"rendered":"<p>La triste et choquante nouvelle est tomb\u00e9e lundi 20 ao\u00fbt au matin\u00a0: le suicide du cin\u00e9aste et producteur d\u2019origine anglaise Tony Scott (photo en t\u00eate de texte, sur le tournage de <em>D\u00e9j\u00e0 vu<\/em>), fr\u00e8re cadet de Ridley avec qui il \u00e9tait associ\u00e9) \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 68 ans. Il s\u2019est jet\u00e9 du haut d\u2019un pont en Californie, pour des raisons encore myst\u00e9rieuses.<\/p>\n<div id=\"attachment_7113\" style=\"width: 1210px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-7113\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-7113\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/les-prc3a9dateurs.jpg\" alt=\"Les Pr\u00e9dateurs\" width=\"1200\" height=\"777\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/les-prc3a9dateurs.jpg 1200w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/les-prc3a9dateurs-432x280.jpg 432w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/les-prc3a9dateurs-1024x663.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/les-prc3a9dateurs-580x375.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><p id=\"caption-attachment-7113\" class=\"wp-caption-text\">Les Pr\u00e9dateurs<\/p><\/div>\n<p>Longtemps m\u00e9pris\u00e9 pour r\u00e9aliser des \u00ab\u00a0pop corn movies\u00a0\u00bb et des blockbusters estivaux pour les producteurs les plus clinquants d\u2019Hollywood (essentiellement le duo Simpson\/Bruckheimer, puis Jerry Bruckheimer seul apr\u00e8s la mort par overdose de Don Simpson en\u00a01996 et Joel Silver), Tony Scott avait finalement gagn\u00e9 la r\u00e9putation m\u00e9rit\u00e9e de styliste, inventeur de formes surprenantes et novatrices dans le domaine du cin\u00e9ma d\u2019action et de divertissement. Venu de la publicit\u00e9 britannique comme son fr\u00e8re, Tony Scott a longtemps p\u00e2ti de cette g\u00e9n\u00e9alogie encombrante, celle d\u2019un faiseur d\u2019images \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique l\u00e9ch\u00e9e mais sans substance, au diapason de v\u00e9hicules de consommation courante pour les stars du moment, vite vus vite oubli\u00e9s, \u00e9quivalents cin\u00e9matographiques de la \u00ab\u00a0junk food\u00a0\u00bb. La carri\u00e8re triomphale de Tony Scott d\u00e9marra \u00e0 Hollywood avec <em>Top Gun<\/em> en 1986, qui propulse Tom Cruise au rang de superstar et p\u00e9rennise la mode des \u00ab\u00a0high concept movies\u00a0\u00bb invent\u00e9s par Don Simpson\u00a0: des films \u00e0 l\u2019histoire facile \u00e0 comprendre, excitants pour le grand public et capables d\u2019engranger un maximum d\u2019argent en un minimum de temps. Le \u00ab\u00a0high concept\u00a0\u00bb en question ouvrait en fait l\u2019\u00e8re du simplisme et de l\u2019optimisme par opposition \u00e0 la complexit\u00e9 critique et \u00e0 la noirceur du cin\u00e9ma am\u00e9ricain des ann\u00e9es 70. <em>Flashdance<\/em>, <em>Officier et Gentleman<\/em>, <em>Le Filc de Beverly Hills<\/em> (dont Tony Scott r\u00e9alisera la m\u00e9diocre suite en 1987) et <em>Top Gun<\/em> sont les titres \u00e9talons du cin\u00e9ma commercial des ann\u00e9es 80 et du reaganisme. Tony Scott fait alors figure de mercenaire \u00e0 la solde des producteurs et des stars du moment. Il est vrai que <em>Top Gun<\/em> est un vrai film de propagande (compl\u00e8tement idiote) \u00e0 la gloire de l\u2019aviation navale am\u00e9ricaine et <em>Le Flic de Beverly Hills<\/em> un contresens d\u00e9bile \u00e0 l\u2019humour d\u00e9capant d\u2019Eddie Murphy noy\u00e9 dans des effets de contre-jour dignes d\u2019un pub pour parfum. Lors de la promotion en 1990 de <em>Jours de Tonnerre<\/em> (sorte de remake de <em>Top Gun<\/em> avec des voitures de course et un sc\u00e9nario de Robert Towne bricol\u00e9 pour Tom Cruise) Tony Scott n\u2019a pas peur de d\u00e9clarer \u00e0 la presse que si son fr\u00e8re Ridley r\u00e9alise des \u0153uvres d\u2019art destin\u00e9es \u00e0 entrer dans l\u2019histoire du cin\u00e9ma, lui est un simple faiseur dont l\u2019unique ambition est de cartonner au box office.<\/p>\n<p>Par un \u00e9trange retournement de situation, c\u2019est au moment o\u00f9 la carri\u00e8re soit disant prestigieuse de Ridley Scott conna\u00eet un grave creux avec des flops qui n\u2019ont rien d\u2019artistique (de <em>Christophe Colomb<\/em> \u00e0 <em>G.I. Jane<\/em>, avant la renaissance <em>Gladiator<\/em>) que l\u2019on commence \u00e0 prendre Tony au s\u00e9rieux. D\u00e9j\u00e0 <em>Revenge<\/em> (1990) avait les atouts pour devenir un grand film (adaptation d\u2019un roman tr\u00e8s noir de Jim Harrison) mais les choses se passent mal avec l\u2019acteur producteur Kevin Costner qui impose un montage diff\u00e9rent de celui voulu par Scott. Dommage car l\u2019histoire de ce premier polar \u00ab\u00a0hard boiled\u00a0\u00bb de Scott, genre dans lequel il excellera plus tard est belle et cruelle et fait oublier des aff\u00e9teries de style une nouvelle fois hors de propos.<\/p>\n<div id=\"attachment_7111\" style=\"width: 1210px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-7111\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-7111\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/le-dernier-samaritain.jpg\" alt=\"Le Dernier Samaritain\" width=\"1200\" height=\"812\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/le-dernier-samaritain.jpg 1200w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/le-dernier-samaritain-413x280.jpg 413w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/le-dernier-samaritain-1024x692.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/le-dernier-samaritain-580x392.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><p id=\"caption-attachment-7111\" class=\"wp-caption-text\">Le Dernier Samaritain<\/p><\/div>\n<p><em>Le Dernier Samaritain<\/em> (<em>The Last Boy Scout<\/em>, 1991) est une excellente surprise, n\u00e9o polar speed\u00e9 violent et dr\u00f4le pas assez salu\u00e9 comme l\u2019arch\u00e9type du cin\u00e9ma d\u2019action am\u00e9ricain des ann\u00e9es 90. Le film sera une d\u00e9ception commerciale, donc un \u00e9chec aux yeux de ses concepteurs. Pourtant Tony Scott s\u2019associe pour le meilleur avec les trois h\u00e9ros du genre\u00a0: le producteur Joel Silver, le sc\u00e9nariste Shane Black et la star Bruce Willis, au sommet de leur forme et qui surfent sur les succ\u00e8s de <em>Predator<\/em>, <em>L\u2019Arme fatale<\/em> et <em>Pi\u00e8ge de cristal<\/em>.<\/p>\n<p>La violence devient super cool, les fusillades, meurtres et passages \u00e0 tabac sont accompagn\u00e9s de r\u00e9pliques \u00e0 l\u2019humour cynique et de vannes qui tuent. M\u00e9lange de \u00ab\u00a0buddy movie\u00a0\u00bb interracial hyper contemporain et de film noir \u00e0 l\u2019ancienne, parfaitement repr\u00e9sentatif du Los Angeles de l\u2019\u00e9poque, <em>Le Dernier Samaritain<\/em> peut se voir comme un pr\u00e9curseur plausible de <em>Pulp Fiction<\/em>, avec lequel il partage les m\u00eames qualit\u00e9s et la m\u00eame modernit\u00e9. Dans les deux films il s\u2019agit de proposer une version quotidienne et triviale des poncifs du cin\u00e9ma criminel. Rien d\u2019\u00e9tonnant si l\u2019on sait que Quentin Tarantino et Roger Avary ont Tony Scott dans le collimateur depuis ses d\u00e9buts hollywoodiens et lui vouent un culte, encore assez solitaire. Il n\u2019y a que Tarantino \u00e0 l\u2019\u00e9poque pour \u00e9voquer <em>Ligne rouge 7000<\/em> de Hawks \u00e0 propos de <em>Jours de tonnerre<\/em> et comparer Tony Scott \u00e0 Douglas Sirk.<\/p>\n<div id=\"attachment_7120\" style=\"width: 1210px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-7120\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-7120\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/true-romance.jpg\" alt=\"True Romance\" width=\"1200\" height=\"782\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/true-romance.jpg 1200w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/true-romance-429x280.jpg 429w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/true-romance-1024x667.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/true-romance-580x377.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><p id=\"caption-attachment-7120\" class=\"wp-caption-text\">True Romance<\/p><\/div>\n<p>Avary revendique l\u2019\u00e9criture de l\u2019expos\u00e9 de Tarantino acteur dans un petit film ind\u00e9pendant o\u00f9 il explique le sous texte (assez \u00e9vident il faut bien l\u2019admettre) homosexuel de <em>Top Gun<\/em>. Apr\u00e8s avoir pens\u00e9 \u00e0 William Lustig pour mettre en sc\u00e8ne son premier sc\u00e9nario <em>True Romance<\/em>, c\u2019est finalement \u00e0 Tony Scott que Tarantino confie cette histoire de cavale amoureuse ultraviolente, qui m\u00eale romantisme adolescent et culture de vid\u00e9oclub. Scott abandonne le temps du film le syst\u00e8me des majors pour cette production ind\u00e9pendante (<em>True Romance<\/em> est produit par le fran\u00e7ais Samuel Hadida, avec les fr\u00e8res Weinstein) qui se r\u00e9v\u00e8le une excellente affaire commerciale et ach\u00e8ve de propulser Quentin Tarantino, juste apr\u00e8s <em>Reservoir Dogs<\/em> et juste avant <em>Pulp Fiction<\/em> au rang de nouveau prodige du cin\u00e9ma am\u00e9ricain. Tarantino participe sans \u00eatre cr\u00e9dit\u00e9 au g\u00e9n\u00e9rique \u00e0 certains dialogues du film suivant de Scott, <em>USS Alabama<\/em> (<em>Crimson Tide<\/em>, 1995) une production Simpson\/Bruckheimer sur une situation de crise \u00e0 bord d\u2019un sous-marin atomique qui inaugure la fructueuse collaboration entre le cin\u00e9aste et Denzel Washington (cinq films ensemble). <em>Le Fan<\/em> (<em>The Fan<\/em>, 1996) est un autre film sous-estim\u00e9 de Scott, thriller sur un footballeur sur la touche (Wesley Snipes) harcel\u00e9 par un admirateur fou, VRP psychopathe interpr\u00e9t\u00e9 par Robert De Niro, qui donne ainsi un post scriptum \u00e0 ses r\u00f4les de fan cingl\u00e9 de <em>Taxi Driver<\/em> et <em>La Valse des pantins<\/em>. Le style \u00ab\u00a0over the top\u00a0\u00bb de Scott continue d\u2019agacer avec ses fumig\u00e8nes, ralentis et choix musicaux aberrants, mais les films commencent \u00e0 gagner en profondeur ce qu\u2019ils perdent en efficacit\u00e9 imm\u00e9diate, y compris au box office. Scott encha\u00eene avec deux films d\u2019espionnage qui comptent sans doute parmi les plus consistants de sa carri\u00e8re\u00a0: <em>Ennemi d\u2019\u00e9tat<\/em> (<em>Ennemy<\/em> <em>of the State<\/em>, 1998) et <em>Spy Game \u2013 jeu d\u2019espions<\/em> (<em>Spy Game<\/em>, 2001). Celui qu\u2019on croyait abonn\u00e9 aux films machistes, bruyants et d\u00e9c\u00e9r\u00e9br\u00e9s, pr\u00e9curseurs des boursouflures audiovisuelles de Michael Bay se r\u00e9v\u00e8le un \u00e9l\u00e9gant formaliste au service de sc\u00e9narios intelligents, qui jouent beaucoup sur la m\u00e9moire et un savoir pr\u00e9existant des spectateurs cin\u00e9philes.<\/p>\n<div id=\"attachment_7110\" style=\"width: 1210px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-7110\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-7110\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/ennemi-dc3a9tat.jpg\" alt=\"Ennemi d'\u00e9tat\" width=\"1200\" height=\"815\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/ennemi-dc3a9tat.jpg 1200w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/ennemi-dc3a9tat-412x280.jpg 412w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/ennemi-dc3a9tat-1024x695.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/ennemi-dc3a9tat-580x393.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><p id=\"caption-attachment-7110\" class=\"wp-caption-text\">Ennemi d&rsquo;\u00e9tat<\/p><\/div>\n<p><em>Ennemi d\u2019\u00e9tat<\/em> est un prolongement des thrillers parano\u00efaques des ann\u00e9es 70 sign\u00e9s Pakula et Coppola, mais les nouvelles technologies de surveillance et les gadgets High Tech rendent la traque du h\u00e9ros malgr\u00e9 lui (Will Smith) encore plus fr\u00e9n\u00e9tique et spectaculaire. Le film a l\u2019astuce de r\u00e9employer plus de vingt ans apr\u00e8s le m\u00eame acteur, Gene Hackman, dans le r\u00f4le d\u2019une \u00ab\u00a0taupe\u00a0\u00bb sp\u00e9cialiste des \u00e9coutes comme dans <em>Conversation secr\u00e8te<\/em>. Le personnage d\u2019Hackman semble b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019exp\u00e9rience acquise dans le chef-d\u2019\u0153uvre de Coppola, lorsqu\u2019il parvient en quelques secondes \u00e0 d\u00e9barrasser Will Smith de tous les micros qu\u2019on avait mis sur lui \u00e0 son insu, alors que dans le film de 1974 on le quittait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de n\u2019avoir pu trouver les suppos\u00e9s micros cach\u00e9s dans son appartement d\u00e9vast\u00e9. Ce culte de l\u2019efficacit\u00e9 et de la vitesse, alli\u00e9 \u00e0 une fascination pour les machines et les technologies de pointe (avions, voitures, sous-marin, train, armes, satellites, cam\u00e9ras, ordinateurs\u2026) et les images dans les images (les \u00e9crans pullulent et coexistent dans le m\u00eame plan avec toutes les combinaisons possibles de juxtapositions ou superpositions d\u2019images, et leurs multiples potentiels sc\u00e9naristiques) caract\u00e9risent le cin\u00e9ma de Tony Scott, qui valorise aussi les personnages individualistes et but\u00e9s, en lutte contre le syst\u00e8me et les institutions, dans une tradition am\u00e9ricaine qui pourrait remonter \u00e0 Raoul Walsh. Nous n\u2019avons pas revu <em>Spy Game<\/em> depuis sa sortie mais le film n\u2019a cess\u00e9 de grandir dans l\u2019estime des cin\u00e9philes, qui le consid\u00e8rent comme un mod\u00e8le du cin\u00e9ma d\u2019espionnage moderne, comportementaliste et antipsychologique, avec l\u00e0 aussi la bonne id\u00e9e de confronter deux g\u00e9n\u00e9rations d\u2019acteurs li\u00e9s \u00e0 deux \u00e9poques du cin\u00e9ma am\u00e9ricain, Robert Redford rescap\u00e9 des <em>Trois Jours du Condor<\/em> de Sydney Pollack et Brad Pitt (qui faisait d\u00e9j\u00e0 une apparition m\u00e9morable dans <em>True Romance<\/em>.)<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le relativement classique <em>Spy Game<\/em>, le cin\u00e9ma de Tony Scott prend un tournure quasi exp\u00e9rimentale avec un trituration impressionnante des images, des sons et du montage, jusqu\u2019au risque de l\u2019illisibilit\u00e9 et de l\u2019autodestruction. Le cin\u00e9aste semble pris d\u2019une fr\u00e9n\u00e9sie cr\u00e9atrice qui le pousse \u00e0 abimer ses plans, \u00e0 pratiquer toutes sortes d\u2019exp\u00e9riences qui d\u00e9passent ses pr\u00e9c\u00e9dentes illustrations du style MTV, vid\u00e9oclip et pub des d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes. Scott inaugure cette p\u00e9riode hyst\u00e9rique \u2013 d\u2019autres diront ultra speed\u00e9 et coca\u00efn\u00e9 \u2013 qui de <em>Man on Fire<\/em> \u00e0 <em>Unstoppable <\/em>va apporter une contribution in\u00e9dite au cin\u00e9ma d\u2019action hollywoodien, inventant au passage le blockbuster avant-gardiste, \u00e0 la fois sensoriel et r\u00e9flexif tel qu\u2019auraient pu le r\u00eaver Oliver Stone \u00e0 l\u2019\u00e9poque de <em>Tueurs-n\u00e9s<\/em> ou Brian De Palma. <em>Man on Fire<\/em> est l\u2019un des meilleurs films de Tony Scott, m\u00e9lange de violence paroxystique \u00e0 la Sam Peckinpah (un garde du corps emploie la mani\u00e8re forte pour retrouver co\u00fbte que co\u00fbte la fille d\u2019un milliardaire kidnapp\u00e9e au Mexique) et de m\u00e9lodrame (l\u2019homme et l\u2019enfant, tous deux solitaires, se lient d\u2019une amiti\u00e9 inattendue avant que survienne l\u2019enl\u00e8vement). Scott trouve l\u2019\u00e9quilibre juste entre un histoire \u00e9motionnelle (il s\u2019agit du remake d\u2019un \u2013 mauvais \u2013 film d\u2019Elie Chouraqui de 1987 \u00e0 l\u2019initiative du m\u00eame producteur, Arnon Milchan, avec un sc\u00e9nario de Brian Helgeland) et un mani\u00e9risme exalt\u00e9 qui colle parfaitement avec l\u2019ambition de ce thriller \u00e0 haute teneur en testost\u00e9rone. La mayonnaise prend beaucoup moins avec <em>Domino<\/em> (le film le plus dingue de Scott, qui a donc ses admirateurs, mais selon nous rat\u00e9), v\u00e9ritable maelstr\u00f6m d\u2019images et de sons pass\u00e9s au shaker et dont la forme \u00e9pileptique, gu\u00e8re aid\u00e9e par un sc\u00e9nario inabouti de Richard Kelly provoque un mal de cr\u00e2ne indescriptible.<\/p>\n<div id=\"attachment_7109\" style=\"width: 3082px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-7109\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-7109\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/dc3a9jc3a0-vu.jpg\" alt=\"D\u00e9j\u00e0 vu\" width=\"3072\" height=\"2048\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/dc3a9jc3a0-vu.jpg 3072w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/dc3a9jc3a0-vu-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/dc3a9jc3a0-vu-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/dc3a9jc3a0-vu-580x386.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 3072px) 100vw, 3072px\" \/><p id=\"caption-attachment-7109\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9j\u00e0 vu<\/p><\/div>\n<p>En revanche, Tony Scott r\u00e9ussit avec <em>D\u00e9j\u00e0 vu<\/em> (2006) un extraordinaire thriller de science-fiction qui est une fascinante variation autour de <em>Vertigo<\/em>\u00a0: m\u00eame Brian De Palma n\u2019aurait pas os\u00e9. Un policier utilise une machine exp\u00e9rimentale permettant d\u2019ouvrir une fen\u00eatre le temps pour arr\u00eater un dangereux terroriste qui vient de commettre un attentat meurtrier. Il peut aussi sauver la vie des centaines d\u2019innocents et en particulier celle d\u2019une jeune femme dont il va tomber amoureux au cours de l\u2019enqu\u00eate. Sur ce postulat d\u00e9lirant, m\u00ealant romantisme morbide et splendides id\u00e9es cin\u00e9matographiques (une course poursuite en voitures qui se d\u00e9roule dans deux espaces temps diff\u00e9rents) Tony Scott parvient enfin \u00e0 concilier ses exp\u00e9rimentations formelles, techniques et narratives (nappes d\u2019images et de temps), un grand film concept et une histoire d\u2019amour \u00e0 l\u2019envers qui prend le chef-d\u2019\u0153uvre d\u2019Hitchcock comme r\u00e9f\u00e9rence matricielle. On peut \u00eatre impressionn\u00e9 par le chemin parcouru entre <em>Top Gun<\/em> et <em>D\u00e9j\u00e0 vu<\/em>. Apr\u00e8s ce beau film, sans doute le plus ambitieux de sa carri\u00e8re, Tony Scott signera deux titres mineurs qui ne feront que confirmer son go\u00fbt pour la vitesse et les machines\u00a0: <em>L\u2019Attaque du m\u00e9tro 123<\/em> et <em>Unstoppable<\/em>, film catastrophe purement cin\u00e9tique qui a aussi la particularit\u00e9 de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 des h\u00e9ros prol\u00e9taires dans une Am\u00e9rique rurale touch\u00e9e par la crise.<\/p>\n<p>Une communaut\u00e9 internationale de cin\u00e9philes avait \u00e9lu Tony Scott, \u00e0 l\u2019encontre de la pens\u00e9e critique ou journalistique dominante comme un excellent cin\u00e9aste formaliste sup\u00e9rieur \u00e0 son fr\u00e8re Ridley, auteur de films remarquables, d\u2019<em>Alien<\/em> \u00e0 <em>Prometheus<\/em>, mais aussi de navets pr\u00e9tentieux et ennuyeux ou de ratages complets dans des domaines totalement \u00e9trangers \u00e0 ses comp\u00e9tences comme la com\u00e9die ou la romance, \u00e9cueils que Tony Scott eut l\u2019intelligence d\u2019\u00e9viter tout au long de sa carri\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais concluons cet \u00e9loge par le premier long m\u00e9trage de Tony Scott, <em>Les Pr\u00e9dateurs<\/em> (<em>The Hunger<\/em>, 1983). D\u00e9test\u00e9 par la critique et bide commercial malgr\u00e9 une s\u00e9lection officielle au Festival de Cannes (hors comp\u00e9tition) le film gagna rapidement un statut de \u00ab\u00a0film culte\u00a0\u00bb bien m\u00e9rit\u00e9 d\u2019abord aupr\u00e8s des amateurs de rock, puis d\u2019une certaine frange de la cin\u00e9philie (dont nous faisons partie). Ce film fantastique ultra esth\u00e9tisant, \u00e9ni\u00e8me variation autour du mythe de la comtesse Bathory, \u00e9voque l\u2019univers \u00e9th\u00e9r\u00e9 de vampires intemporels, r\u00e9fractaires \u00e0 la laideur du monde moderne. Sa s\u00e9quence g\u00e9n\u00e9rique se d\u00e9roule dans une bo\u00eete de nuit au son de \u00ab\u00a0Bela Lugosi\u2019s Dead\u00a0\u00bb du groupe new wave Bauhaus, ce qui en fit une r\u00e9f\u00e9rence pour les branch\u00e9s de l\u2019\u00e9poque et un film embl\u00e9matique pour le mouvement \u00ab\u00a0goth\u00a0\u00bb (vampirisme + rock + histoire d\u2019amour \u00e9ternelle). Erotisme chic de papier glac\u00e9, imagerie publicitaire, <em>Les Pr\u00e9dateurs<\/em> offrait le flanc pour se faire battre, mais il transcende \u00e0 la revoyure tous ses effets visuels tapageurs gr\u00e2ce au pouvoir de fascination de ses interpr\u00e8tes (Catherine Deneuve, David Bowie, Susan Sarandon) et de son romantisme dark, pour qui aime les femmes vampires bisexuelles calfeutr\u00e9es dans des luxueux immeubles new yorkais. Nous sommes finalement plus proches de Nicolas Roeg que d\u2019Alan Parker, et l\u2019on peut imaginer que Tony Scott n\u2019aurait jamais accept\u00e9 de tourner <em>Top Gun<\/em> trois ans apr\u00e8s <em>Les Pr\u00e9dateurs<\/em> si son premier film avait \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_7116\" style=\"width: 1210px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-7116\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-7116\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/man-on-fire.jpg\" alt=\"Man on Fire\" width=\"1200\" height=\"824\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/man-on-fire.jpg 1200w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/man-on-fire-407x280.jpg 407w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/man-on-fire-1024x703.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2012\/08\/man-on-fire-580x398.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><p id=\"caption-attachment-7116\" class=\"wp-caption-text\">Man on Fire<\/p><\/div>\n<p>N\u2019oublions pas que Tony Scott, virtuose de la mise en sc\u00e8ne pure, \u00e9tait aussi un excellent directeur d\u2019acteurs et de stars. Des cabots et des bons com\u00e9diens comme Bruce Willis, Will Smith, Gene Hackman, Denzel Washington ou Dakota Fanning (rare actrice avec Patricia Arquette \u00e0 exister vraiment dans un film de ce cin\u00e9aste viril, si l\u2019on excepte <em>Les Pr\u00e9dateurs<\/em>, \u0153uvre f\u00e9minine et tr\u00e8s \u00e0 part dans sa carri\u00e8re) lui doivent parmi leurs meilleures performances. Quant \u00e0 Gary Oldman, Dennis Hopper, Mickey Rourke ou Christopher Walken (un habitu\u00e9 des films de Tony Scott) ils ont d\u00e9livr\u00e9 dans <em>True Romance<\/em> ou <em>Man on Fire<\/em> des num\u00e9ros d\u2019acteurs d\u2019une rare extravagance, \u00e0 l\u2019image du style excessif et \u00ab\u00a0biger than life\u00a0\u00bb des films de Scott.<\/p>\n<p>On lira avec int\u00e9r\u00eat les n\u00e9crologies justes et inform\u00e9es consacr\u00e9es au cin\u00e9aste anglais par Jean-Fran\u00e7ois Rauger dans \u00ab\u00a0Le Monde\u00a0\u00bb et Jacky Goldberg dans \u00ab\u00a0Les Inrockuptibles.\u00a0\u00bb Et surtout le texte de r\u00e9f\u00e9rence sur Tony Scott en g\u00e9n\u00e9ral et <em>D\u00e9j\u00e0 vu<\/em> en particulier, publi\u00e9 par Mark Peranson et Christoph Huber dans la revue canadienne \u00ab\u00a0Cinema scope.\u00a0\u00bb http:\/\/cinema-scope.com\/cinema-scope-online\/world-out-of-order-tony-scotts-vertigo\/<\/p>\n<p>Etude symptomatique d\u2019une certaine frange de la cin\u00e9philie qui prit tr\u00e8s vite au s\u00e9rieux la d\u00e9marche formelle de Tony Scott au sein du cin\u00e9ma commercial contemporain. Cette estime \u00e9tait partag\u00e9e par des cin\u00e9astes jug\u00e9s radicaux mais qui se sentaient n\u00e9anmoins proches du travail de Scott, comme Shinji Aoyama.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La triste et choquante nouvelle est tomb\u00e9e lundi 20 ao\u00fbt au matin\u00a0: le suicide du cin\u00e9aste et producteur d\u2019origine anglaise\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Tony Scott (1944-2012) - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2012\/08\/23\/tony-scott-1944-2012\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Tony Scott (1944-2012) - 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