{"id":593,"date":"2011-03-23T10:30:45","date_gmt":"2011-03-23T09:30:45","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=593"},"modified":"2020-04-17T08:21:12","modified_gmt":"2020-04-17T07:21:12","slug":"stanley-kubrick-2-jupiter-et-au-dela-de-linfini","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/03\/23\/stanley-kubrick-2-jupiter-et-au-dela-de-linfini\/","title":{"rendered":"Stanley Kubrick 2 \u2013 Jupiter et au-del\u00e0 de l&rsquo;infini"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Il existe indubitablement dans la carri\u00e8re de Stanley Kubrick un avant et un apr\u00e8s <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em> (photo en t\u00eate de texte.) On pourrait affirmer sans exag\u00e9ration qu&rsquo;il existe aussi un avant et un apr\u00e8s <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em> dans l&rsquo;histoire du cin\u00e9ma, et surtout un avant et un apr\u00e8s <em>2001\u00a0: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em> dans la vie de chaque spectateur, tant l&rsquo;exp\u00e9rience, fascinante ou irritante, n&rsquo;a laiss\u00e9 et ne laissera jamais personne indiff\u00e9rent. Jacques Demy et Andrei Tarkovski ne cach\u00e8rent pas leur m\u00e9pris et leur \u00e9nervement devant le film de Kubrick (<em>Solaris<\/em> n&rsquo;est-il pas une r\u00e9ponse russe \u00e0 2<em>001\u00a0: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em> ?), tandis que d&rsquo;autres cin\u00e9astes et critiques (la liste est trop longue) ne se remirent jamais de la vision du film, et avec eux un public immense, cin\u00e9phile ou non. C&rsquo;est aussi \u00e0 partir de <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em> que Kubrick va r\u00e9ellement r\u00e9v\u00e9ler la d\u00e9mesure de son g\u00e9nie et signer, \u00e0 notre avis, ses films les plus m\u00e9morables.<br \/>\nEn 1964, Stanley Kubrick surprend son entourage lorsqu\u2019il pr\u00e9tend pr\u00e9parer une production sur les extraterrestres. Fort du succ\u00e8s de <em>Docteur Folamour<\/em>, il parvient \u00e0 convaincre la MGM de lui donner carte blanche pour produire, \u00e9crire et r\u00e9aliser en toute libert\u00e9 le film de science-fiction le plus cher et le plus ambitieux jamais r\u00e9alis\u00e9. Apr\u00e8s avoir vu tous les films de science-fiction d\u00e9j\u00e0 film\u00e9s, qui ne lui plaisent gu\u00e8re, et choisi l\u2019\u00e9crivain Arthur C. Clarke comme collaborateur, Kubrick se lance dans le tournage du premier \u00ab space opera adulte \u00bb, et de son film le plus risqu\u00e9. Kubrick s\u2019entoure des meilleurs techniciens des effets sp\u00e9ciaux et invente avec eux des trucages sid\u00e9rants de r\u00e9alisme, en suivant de tr\u00e8s pr\u00e8s les progr\u00e8s de la Nasa en mati\u00e8re de conqu\u00eate spatiale. Le budget enfle jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9passer la barre des 10 millions de dollars, une somme astronomique pour l\u2019\u00e9poque. Le tournage et le montage s&rsquo;\u00e9ternisent (pr\u00e8s de trois ans au final) et la MGM se d\u00e9sesp\u00e8re de voir le film termin\u00e9 un jour. Mais Kubrick surmonte tous les obstacles \u00e0 la fabrication d\u2019un objet cin\u00e9matographique in\u00e9dit. Il demeure concentr\u00e9 sur sa vision g\u00e9niale d\u2019un monde futuriste qui est avant tout pr\u00e9texte \u00e0 une r\u00e9flexion angoiss\u00e9e sur l\u2019humanit\u00e9, de ses origines (le fabuleux prologue avec les hommes singes) \u00e0 son avenir incertain, en proie \u00e0 la violence, la peur de l\u2019inconnu et le d\u00e9r\u00e8glement de ses propres cr\u00e9ations.\u00a0 Le r\u00e9sultat final, sorti en 1968, est une date (technologique et artistique) dans l\u2019histoire du cin\u00e9ma. C\u2019est sans doute la seule superproduction hollywoodienne qui soit aussi un essai philosophique et un film exp\u00e9rimental. La critique est totalement d\u00e9rout\u00e9e par le message \u00e9nigmatique d\u00e9livr\u00e9 par cette exp\u00e9rience visuelle et sonore presque d\u00e9nu\u00e9e de dialogues, mais le public jeune r\u00e9serve au film un triomphe inattendu et <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em> ne tarde pas \u00e0 int\u00e9resser les amateurs de substances illicites, qui vont voir le film plusieurs fois \u00e0 cause de la s\u00e9quence de la \u201cporte des \u00e9toiles\u201d. Kubrick, qui n\u2019a jamais pris de drogue, vient d\u2019inventer \u201cle trip ultime\u201d, et d\u2019entrer dans la l\u00e9gende.<br \/>\nDe peur de s\u2019enfermer dans les projets gigantesques (son serpent de mer napol\u00e9onien), Kubrick pr\u00e9f\u00e8re encha\u00eener avec un \u201cpetit film\u201d en partie improvis\u00e9 dont le retentissement sera pourtant \u00e9norme en raison de son sujet : l\u2019ultra-violence. En 1971 <em>Orange m\u00e9canique<\/em>, d\u2019apr\u00e8s un roman d\u2019Anthony Burgess, participe \u00e0 l\u2019intrusion du sexe et de la violence, longtemps confin\u00e9s dans le ghetto du cin\u00e9ma d\u2019exploitation, dans les films des grands studios. Pour la premi\u00e8re fois, le cin\u00e9aste s\u2019est trouv\u00e9 en phase avec son \u00e9poque. Sa fable sur la violence est peut-\u00eatre trop d\u00e9monstrative. On y retrouve cependant le go\u00fbt de la satire pouss\u00e9 \u00e0 son paroxysme, le grimace en exacerbant de mani\u00e8re grotesque la propension des com\u00e9diens anglais au cabotinage le plus outrancier. Le film est l\u2019objet de longues pol\u00e9miques en Grande-Bretagne, accus\u00e9, comme plus tard <em>Tueurs-n\u00e9s<\/em> d&rsquo;Oliver Stone d&rsquo;avoir inspir\u00e9 \u00e0 des jeunes voyous influen\u00e7ables des actes de violence. C\u2019est \u00e9galement lors de la sortie d\u2019<em>Orange m\u00e9canique<\/em> que Kubrick pousse le perfectionnisme jusqu\u2019\u00e0 contr\u00f4ler la qualit\u00e9 des copies et \u00e0 v\u00e9rifier leurs conditions de projections. L\u2019anecdote selon laquelle Kubrick fit repeindre une salle de New York car un mur blanc se refl\u00e9tait sur l\u2019\u00e9cran est rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre. Exc\u00e9d\u00e9 par la maniaquerie et les ordres contradictoires de Kubrick lors de la sortie fran\u00e7aise d\u2019<em>Orange m\u00e9canique<\/em>, Bertrand Tavernier, alors attach\u00e9 de presse, envoya au ma\u00eetre le t\u00e9l\u00e9gramme suivant : \u201cI resign stop as a filmmaker you are a genius but as an employer you are an imbecile\u201d. L\u2019\u00e9cart entre chaque nouveau film de Kubrick commence \u00e0 se creuser. Quatre ans apr\u00e8s la sortie <em>d\u2019Orange m\u00e9canique<\/em>, et faute de pouvoir monter son <em>Napol\u00e9on<\/em>, Kubrick d\u00e9cide d\u2019adapter un roman m\u00e9connu de Thakernay, <em>The Memoirs of Barry Lyndon<\/em>. Kubrick ambitionne de r\u00e9aliser le <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em> du film en costumes, et veut pousser le plus loin possible le r\u00e9alisme en \u00e9clairant les sc\u00e8nes d\u2019int\u00e9rieur \u00e0 la bougie. Avec son g\u00e9nial chef-op\u00e9rateur John Alcott (qui travaille avec lui depuis <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em>), il emploie un objectif 0,7 F Zeiss, habituellement utilis\u00e9 par la Nasa pour filmer sur la Lune. Kubrick choisit Ryan O\u2019Neal \u00e0 la place de Robert Redford dans le r\u00f4le-titre, assurant \u00e0 la vedette de <em>Love Story<\/em> une gloire \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Casanier, Kubrick pr\u00e9tend filmer tout le film dans les environs de sa r\u00e9sidence, mais cela se r\u00e9v\u00e8le impossible. Le tournage se d\u00e9roule finalement en Irlande dans une ambiance morose et Kubrick acc\u00e9l\u00e8re son d\u00e9part du pays, paniqu\u00e9 par l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019attentats de l\u2019IRA. Trop long et trop lent, le film ne marche pas aux \u00c9tats-Unis mais est tr\u00e8s bien accueilli en Europe.\u00a0 Visuellement somptueux, <em>Barry Lyndon<\/em> offre, par son mode de narration et sa mise en sc\u00e8ne, l&rsquo;antith\u00e8se du cin\u00e9ma acad\u00e9mique. Kubrick radicalise dans <em>Barry Lyndon<\/em> l\u2019utilisation de la voix-off, qui annonce \u00e0 plusieurs reprises les sc\u00e8nes importantes du film avant qu&rsquo;elles n&rsquo;aient lieu, supprimant ainsi toute tentation \u00e9motionnelle. La m\u00e9ticulosit\u00e9 picturale du film contamine le jeu des acteurs, fig\u00e9s dans des masques grima\u00e7ants ou une inexpressivit\u00e9 poudr\u00e9e. Ryan O\u2019Neal, acteur tr\u00e8s limit\u00e9, poss\u00e8de la fadeur n\u00e9cessaire au r\u00f4le. Kubrick malm\u00e8ne les conventions du r\u00e9cit picaresque : son anti-h\u00e9ros cynique et arriviste ne gagne la sympathie du spectateur que vers la fin du film, gr\u00e2ce \u00e0 ses sentiments paternels sinc\u00e8res, cruellement r\u00e9compens\u00e9s par la mort accidentelle de son fils. <em>Barry Lyndon<\/em> est un faux film d\u00e9coratif, tout aussi d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 sur la condition humaine et les servitudes sociales qu&rsquo;<em>Orange m\u00e9canique <\/em>ou <em>Shining<\/em>.<br \/>\nLa dur\u00e9e entre l\u2019annonce d\u2019un nouveau projet du cin\u00e9aste et sa sortie devient de plus en plus longue, en raison de l\u2019\u00e9tirement des d\u00e9lais de tournage et de montage entra\u00een\u00e9 par ses m\u00e9thodes de travail. Ainsi <em>Shining<\/em>, annonc\u00e9 en 1977, se sortira qu\u2019en 1980. Ayant \u00e9mis d\u00e8s les ann\u00e9es 60 le v\u0153u de r\u00e9aliser \u201cle film le plus effrayant de tous les temps\u201d, et puisqu\u2019il a refus\u00e9 de tourner <em>L\u2019Exorciste<\/em> et sa suite, Kubrick d\u00e9cide de filmer le roman d\u2019un jeune \u00e9crivain fantastique, Stephen King, sans inviter ce dernier \u00e0 travailler avec lui. King ne cessera de d\u00e9nigrer le film, de loin le meilleur adapt\u00e9 d\u2019un de ses livres. Le tournage est extr\u00eamement tendu, et Kubrick \u00e9puise ses com\u00e9diens en exigeant sans raison apparente que certaines sc\u00e8nes soient jou\u00e9es plus de 80 fois. Pendant le tournage, une des filles de Kubrick, Vivian, r\u00e9alise en 16 mm <em>Making The Shining<\/em>, un document sans concession et tr\u00e8s rarement projet\u00e9 (d\u00e9sormais disponible sur le DVD du film) montrant son p\u00e8re au travail, particuli\u00e8rement irascible et bougon. Vivian est cependant contrainte d\u2019expurger son essai de certains passages, o\u00f9 l\u2019on voit des membres de l\u2019\u00e9quipe abuser de coca\u00efne et Kubrick devenir agressif avec Shelley Duvall. Le film obtient un gros succ\u00e8s commercial. Il s&rsquo;agit, \u00e0 l&rsquo;instar de <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em>, d&rsquo;un film exp\u00e9rimental d\u00e9guis\u00e9 en film de genre, ou l&rsquo;inverse. Le point de d\u00e9part est celui d&rsquo;une banale histoire de maison hant\u00e9e. Jack Torrance, un \u00e9crivain en mal d&rsquo;inspiration, sa femme et son fils s&rsquo;installent pour l&rsquo;hiver dans un immense h\u00f4tel perdu dans les montages. Le jeune gar\u00e7on, dou\u00e9 de pouvoirs m\u00e9diumniques, d\u00e9tecte la pr\u00e9sence de fant\u00f4mes dans la r\u00e9sidence, construite sur un cimeti\u00e8re indien, et th\u00e9\u00e2tre par le pass\u00e9 d\u2019un horrible drame. Les spectres ne tardent pas \u00e0 entrer en contact avec Jack, qui va sombrer dans la d\u00e9mence meurtri\u00e8re. Kubrick s&#8217;empare du roman de Stephen King pour diss\u00e9quer en vase clos le couple, la folie et l\u2019impuissance cr\u00e9atrice. En perp\u00e9tuelle recherche d\u2019exp\u00e9rimentations techniques, Kubrick d\u00e9cide, apr\u00e8s les \u00e9clairages \u00e0 la bougie de <em>Barry Lyndon<\/em>, d\u2019utiliser la steadycam, une cam\u00e9ra fix\u00e9e sur harnais qui permet des mouvements d\u2019une fluidit\u00e9 in\u00e9dite, notamment lors de la poursuite finale dans le labyrinthe enneig\u00e9. La steadycam sera ensuite employ\u00e9e \u00e0 tort ou \u00e0 raison dans de nombreux autres films, mais jamais de fa\u00e7on aussi impressionnante que dans <em>Shining<\/em>. En exigeant de Jack Nicholson et Shelley Duvall un jeu outr\u00e9 et grima\u00e7ant, Kubrick syst\u00e9matise son travail sur le visage humain transform\u00e9 en masque, et explore les m\u00e9canismes de la peur et de la violence. Attendu comme le film d\u2019horreur d\u00e9finitif, <em>Shining<\/em> fut mal compris par la critique au moment de sa sortie. Malgr\u00e9 les visions cauchemardesques qui pars\u00e8ment le r\u00e9cit, et la convocation de diff\u00e9rents folklores ancestraux et modernes du fantastique, Kubrick transcende une nouvelle fois les fronti\u00e8res du cin\u00e9ma de genre et signe une \u0153uvre c\u00e9r\u00e9brale, effroyablement pessimiste.<br \/>\nApr\u00e8s plusieurs projets avort\u00e9s (parmi lesquels un long m\u00e9trage sur les camps de concentration), Warner annonce en 1984 le prochain film de Kubrick, <em>Full Metal Jacket<\/em>, un r\u00e9cit sur le conflit vietnamien qui permet au cin\u00e9aste de renouer avec son sujet de pr\u00e9dilection, la barbarie guerri\u00e8re. <em>Full Metal Jacket<\/em> est l&rsquo;adaptation d&rsquo;un bref roman autobiographique de Gustav Haford, Le Merdier. En 1958, Les Sentiers de la gloire \u00e9tait encore empreint d&rsquo;une philosophie humaniste au nom de laquelle le cin\u00e9aste d\u00e9non\u00e7ait les absurdit\u00e9s de la guerre et le cynisme des g\u00e9n\u00e9raux. <em>Full Metal Jacket<\/em>, dans le prolongement de <em>Shining<\/em>, est une \u0153uvre beaucoup plus abstraite et mentale. Le film d\u00e9crit l&rsquo;entra\u00eenement de jeunes recrues du corps des marines, puis leur exp\u00e9rience sur le terrain. La longue premi\u00e8re partie, situ\u00e9e dans une base militaire aux \u00c9tats-Unis, nous fait assister \u00e0 la transformation de jeunes gar\u00e7ons en machines \u00e0 tuer, avec une pr\u00e9cision clinique proprement terrifiante. Le d\u00e9cor renvoie aux structures d&rsquo;enfermement de <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em> et <em>Shining<\/em>, propices aux dysfonctionnements destructeurs et pathologiques. Le dernier tiers du film propose une reconstitution tr\u00e8s stylis\u00e9e d&rsquo;un \u00e9pisode du conflit vietnamien qui d\u00e9bouche sur une vision cauchemardesque de la m\u00e9canique guerri\u00e8re. Sa phobie des voyages encourage Kubrick \u00e0 reconstituer l\u2019offensive du Hu\u00e9, th\u00e9\u00e2tre de la moiti\u00e9 du film, dans la banlieue londonienne. Le film est d\u2019une violence gla\u00e7ante, et Kubrick doit s\u2019autocensurer : Il modifie au montage la fin du film, qui devait montrer les Marines jouant au ballon avec la t\u00eate coup\u00e9e de la jeune vietnamienne qui les avait pris pour cible. Vivian Kubrick, sous le pseudonyme de Abigail Mead, signe l\u2019oppressante musique \u00e9lectronique de <em>Full Metal Jacket<\/em>. Victime \u00e0 sa sortie de la comparaison avec <em>Platoon <\/em>d&rsquo;Oliver Stone, triomphateur des oscars en 1987, <em>Full Metal Jacket<\/em> devra attendre quelques ann\u00e9es, comme presque tous les films de Kubrick, pour acc\u00e9der au rang de chef-d&rsquo;\u0153uvre. Mais le film demeure inf\u00e9rieur aux deux films qui l\u2019encadrent, <em>Shining <\/em>et <em>Eyes Wide Shut<\/em>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center\">\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">La disparition pr\u00e9matur\u00e9e de Kubrick, le 7 mars 1999, a brutalement interrompu le feuilleton d\u00e9lirant de la gen\u00e8se de son film posthume, <em>Eyes Wide Shut<\/em> qui sortira aux Etats-Unis quatre mois apr\u00e8s la mort du cin\u00e9aste. Adapt\u00e9 d&rsquo;une nouvelle de Schnitzler, le film d\u00e9crit les turpitudes d\u2019un couple de bourgeois new yorkais confront\u00e9 aux doutes de la jalousie et de l\u2019infid\u00e9lit\u00e9 et surtout l\u2019odyss\u00e9e nocturne du mari, un m\u00e9decin entra\u00een\u00e9 dans une s\u00e9rie de rencontres, de tentations et de m\u00e9saventures sexuelles qui tournent au cauchemar.<br \/>\nDeux ans de pr\u00e9paration et de tournage ultra secrets, le choix du couple vedette form\u00e9 par Tom Cruise et Nicole Kidman dans les r\u00f4les principaux et le contenu sexuel du film avaient aliment\u00e9 les rumeurs les plus folles. Le r\u00e9sultat sera \u00e9videmment g\u00e9nial et d\u00e9ceptif, puisque le film attendu comme un festival de d\u00e9bordements orgiaques et pornographiques ne parle que de frustration et de peur. Comme la jungle et les ruines de <em>Full Metal Jacket<\/em>, des rues enti\u00e8res de Manhattan furent reconstitu\u00e9es dans la banlieue londonienne, exacerbant la dimension onirique du film, par certains aspects totalement irr\u00e9aliste et d\u00e9concertant. Kubrick consid\u00e9rait <em>Eyes Wide Shut<\/em> comme son meilleur film et il avait peut-\u00eatre raison. C\u2019est un film r\u00e9capitulatif, parsem\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences et de clins d\u2019\u0153il aux \u0153uvres pr\u00e9c\u00e9dentes du cin\u00e9aste, mais aussi un retour aux sources (Schnitzler, \u00e9crivain viennois adapt\u00e9 au cin\u00e9ma par Ophuls) et une cr\u00e9ation cin\u00e9matographique profond\u00e9ment originale, surprenante et fascinante, toujours sur le fil du rasoir, qui d\u00e9montre une ultime fois la sup\u00e9riorit\u00e9 magistrale de Kubrick en mati\u00e8re de mise en sc\u00e8ne et de r\u00e9cit cin\u00e9matographique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Kubrick avait pr\u00e9par\u00e9 avant sa mort ce qui devait \u00eatre son film suivant, <em>A. I<\/em>. <em>intelligence artificielle<\/em> un ambitieux film de science-fiction dans la lign\u00e9e de <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em>, et c\u2019est finalement son ami et admirateur Steven Spielberg qui le r\u00e9alisera en \u2026 2001. Cette histoire d&rsquo;enfant-robot, inspir\u00e9e d&rsquo;une nouvelle de Brian Aldiss, avait plu \u00e0 Kubrick qui travaillait longtemps sur un film de science-fiction capable de rivaliser avec <em>2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace<\/em> et attendait le perfectionnement des effets sp\u00e9ciaux pour mener son projet \u00e0 terme. A l&rsquo;instar des films de Kubrick, ce tr\u00e8s beau film fut incompris \u00e0 sa sortie et compte parmi les rares \u00e9checs commerciaux et critiques de la carri\u00e8re de Spielberg, mais il a \u00e9t\u00e9 depuis \u00e9t\u00e9 r\u00e9habilit\u00e9 et s&rsquo;est impos\u00e9 comme un des films les plus originaux, profonds et intelligents de la science-fiction contemporaine, fable tr\u00e8s noire sur le futur, la robotique mais aussi la famille et la peur de l&rsquo;abandon (le film est une variation autour du th\u00e8me de Pinocchio.) J\u2019avais \u00e9crit un article tr\u00e8s n\u00e9gatif sur le film au moment de sa sortie dans \u00ab\u00a0Les Inrockuptibles\u00a0\u00bb, aveugl\u00e9 par ma m\u00e9fiance envers Spielberg, son sentimentalisme et son mauvais gout. J\u2019ai pu constater en revoyant <em>A.I. intelligence artificielle <\/em>que j\u2019avais compl\u00e8tement tort, le film \u00e9tant \u00e0 la fois tr\u00e8s proche de l\u2019art de Kubrick tout en permettant \u00e0 Spielberg d\u2019approfondir les th\u00e8mes de ses films pr\u00e9c\u00e9dents. <em>A.I. intelligence artificielle <\/em>allait inaugurer une p\u00e9riode tr\u00e8s faste sur le plan artistique pour Spielberg, apr\u00e8s un passage \u00e0 vide dans les ann\u00e9es 90, et ouvrir une belle trilogie futuriste compl\u00e9t\u00e9e par <em>Minority Report<\/em> et <em>La Guerre des mondes<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">1. Les indications biographiques sont extraites des deux ouvrages principaux sur la vie de Stanley Kubrick, sign\u00e9s John Baxter et Vincent LoBrutto.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il existe indubitablement dans la carri\u00e8re de Stanley Kubrick un avant et un apr\u00e8s 2001: l&rsquo;odyss\u00e9e de l&rsquo;espace (photo en\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Stanley Kubrick 2 \u2013 Jupiter et au-del\u00e0 de l&#039;infini - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/03\/23\/stanley-kubrick-2-jupiter-et-au-dela-de-linfini\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Stanley Kubrick 2 \u2013 Jupiter et au-del\u00e0 de l&#039;infini - 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