{"id":3987,"date":"2011-12-04T08:00:39","date_gmt":"2011-12-04T07:00:39","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=3987"},"modified":"2020-03-27T13:30:50","modified_gmt":"2020-03-27T12:30:50","slug":"jerzy-skolimowski","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/12\/04\/jerzy-skolimowski\/","title":{"rendered":"Jerzy Skolimowski"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Le g\u00e9nial<em> Deep End<\/em> sort ces jours-ci dans une superbe \u00e9dition Blu-ray (chez Carlotta). Idem pour <em>Essential<\/em> <em>Killing <\/em>(parmi les dix meilleurs films de l\u2019ann\u00e9e 2011), chez Studiocanal. C\u2019est occasion de se pencher \u00e0 nouveau sur l\u2019\u0153uvre de Jerzy Skolimowski (photo en t\u00eate de texte), une des plus belles du cin\u00e9ma moderne.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Jerzy Skolimowski, n\u00e9 en 1938, fut une figure marquante du nouveau cin\u00e9ma polonais des ann\u00e9es 60 aux c\u00f4t\u00e9s de Roman Polanski avant de devenir un cin\u00e9aste insaisissable, \u00e0 la carri\u00e8re d\u00e9routante. Signes particuliers de Skolimowski : \u00e0 la fois po\u00e8te et boxeur, acteur et r\u00e9alisateur, franc-tireur et farouchement individualiste, comme en t\u00e9moignent ses premiers films et ceux qui suivront, tourn\u00e9s un peu partout dans le monde. <em>Walkover <\/em>est le deuxi\u00e8me long m\u00e9trage de Skolimowski, apr\u00e8s <em>Signe particulier : n\u00e9ant<\/em> (1964). Il y interpr\u00e8te le r\u00f4le principal, celui d&rsquo;un \u00e9tudiant d\u00e9s\u0153uvr\u00e9 qui a rat\u00e9 son dipl\u00f4me d&rsquo;ing\u00e9nieur et qui erre dans des paysages industriels incertains, jamais \u00e0 sa place dans une Pologne en voie de modernisation. Rencontres pittoresques, humour grin\u00e7ant, jeunes femmes aga\u00e7antes, mais surtout inventivit\u00e9 permanente de la mise en sc\u00e8ne. Skolimowski, sans doute sous influence godardienne, comme beaucoup d&rsquo;autres \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, bouscule la syntaxe cin\u00e9matographique, les bonnes mani\u00e8res et les habitudes. Le film d\u00e9bute par une image gel\u00e9e, puis le regard cam\u00e9ra d&rsquo;une jeune femme en gros plan, quelques secondes avant qu&rsquo;elle ne se jette sous un train arrivant en gare. C&rsquo;est de ce m\u00eame train que va descendre le \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb de <em>Walkover<\/em>, trentenaire qui va accepter par d\u00e9pit de participer \u00e0 un tournoi de boxe amateur. Lui aussi regardera r\u00e9guli\u00e8rement la cam\u00e9ra dans des plans fixes o\u00f9 il semble jauger le spectateur, lui imposer des plans miroirs o\u00f9 se refl\u00e8te une image inconfortable de la condition d&rsquo;homme, entre r\u00e9bellion et d\u00e9sillusion, parfaitement intemporelle malgr\u00e9 l&rsquo;ancrage historique du film dans la post Nouvelle Vague europ\u00e9enne.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"> Skolimowski est un cin\u00e9aste de l&rsquo;\u00e9nergie, mais d&rsquo;une \u00e9nergie vaine. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t de d\u00e9pense. Son personnage est sans cesse en mouvement, mais il fait du sur place, marche \u00e0 reculons ou reviens en arri\u00e8re (le plan, a la fois all\u00e9gorique et d&rsquo;une impressionnante vigueur physique, o\u00f9 le cin\u00e9aste saute d&rsquo;un train en marche pour rejoindre le lieu qu&rsquo;il venait de quitter), prisonnier de la soci\u00e9t\u00e9, incapable d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 un pr\u00e9sent st\u00e9rile et \u00e0 un futur gu\u00e8re excitant. Athl\u00e9tique, il doit sa victoire sur le ring non pas \u00e0 sa force mais \u00e0 un gag humiliant qui donne sa signification au film : le \u00ab\u00a0walkover\u00a0\u00bb du titre, qui d\u00e9signe dans le vocabulaire de la boxe une victoire par abandon.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Skolimowski, comme son coll\u00e8gue Polanski, ne va pas supporter longtemps la censure politique de la Pologne communiste. Apr\u00e8s La Barri\u00e8re (1966), <em>Haut les mains<\/em> est interdit l\u2019ann\u00e9e suivante par la censure (il faudra attendre 1981 pour qu\u2019il soit projet\u00e9 sur un \u00e9cran.) Skolimowski quitte son pays et commence une carri\u00e8re erratique d\u2019exil\u00e9 perp\u00e9tuel, filmant d\u2019abord en Belgique le magnifique <em>D\u00e9part<\/em>, tr\u00e8s proche des films de Godard (il lui emprunte Jean-Pierre L\u00e9aud, g\u00e9nial en gar\u00e7on coiffeur r\u00eavant de devenir champion de course automobile), en Italie <em>Les Aventures du brigadier G\u00e9rard<\/em> (que Skolimowski consid\u00e8re comme son pire film). Heureusement son installation en Grande-Bretagne lui sera plus profitable.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>Deep End<\/em> (1970), gr\u00e2ce \u00e0 la ressortie providentielle du film en salles cette ann\u00e9e, puis en DVD et Blu-ray, dans une magnifique copie restaur\u00e9e (merci Bavaria et Carlotta) a permis de revoir ce film culte, sans doute le plus beau de Skolimowski et l\u2019un des meilleurs des nouveaux cin\u00e9mas europ\u00e9ens des ann\u00e9es 60-70.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">On a pu dire que les meilleurs films anglais modernes avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s par des \u00e9trangers : <em>Blow Up<\/em> d\u2019Antonioni, <em>R\u00e9pulsion<\/em> de Polanski et surtout <em>Deep End<\/em> de Jerzy Skolimowski. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les films des grands cin\u00e9astes en exil poss\u00e8dent une qualit\u00e9 d\u2019\u00e9tranget\u00e9 et d\u2019observation qui les rend fascinants. Skolimowski dans <em>Deep End<\/em> ne quitte presque jamais les locaux d\u2019une piscine (film\u00e9s \u00e0 Munich, coproduction oblige !), mais un coin de rue, une entr\u00e9e de bo\u00eete de nuit et un bout de campagne enneig\u00e9e suffisent \u00e0 restituer le Londres de l\u2019\u00e9poque, beaucoup moins glamour que celui d\u2019Antonioni mais absolument authentique, avec ce m\u00e9lange de mauvais go\u00fbt, d\u2019ambiances glauques et de candeur \u00e9rotique.<br \/>\nConsid\u00e9r\u00e9 \u00e0 juste titre comme un des meilleurs films jamais r\u00e9alis\u00e9s sur l\u2019\u00e9tat d\u2019adolescence (th\u00e8me d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9 dans les premiers films de Skolimowski et son premier long m\u00e9trage hors de Pologne <em>Le D\u00e9part<\/em> tourn\u00e9 en Belgique avec Jean-Pierre L\u00e9aud), <em>Deep End<\/em> fut longtemps confin\u00e9 \u00e0 un culte confidentiel en raison de sa raret\u00e9, seulement visible dans de pauvres copies 16mm ou 35mm en mauvais \u00e9tat qui avaient surv\u00e9cu aux outrages du temps depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 70, p\u00e9riode sinistr\u00e9e des nouveaux cin\u00e9mas du monde entier dont la red\u00e9couverte est toujours autant d\u2019actualit\u00e9. Ceux qui avaient eu la chance de le d\u00e9couvrir par hasard en gardaient un souvenir \u00e9bloui. Ils n\u2019avaient pas r\u00eav\u00e9. La ressortie providentielle de <em>Deep End<\/em> en apporte la preuve \u00e9clatante. Le film enfin restaur\u00e9 avec ses rutilantes couleurs pop venant balafrer la grisaille londonienne est chef-d\u2019\u0153uvre de m\u00e9lancolie et de cruaut\u00e9, anc\u00eatre pas si lointain des \u00ab teen movies \u00bb sensibles sign\u00e9s Gus Van Sant dans son exploration pleine d&#8217;empathie des \u00e9mois d\u00e9finitifs de l\u2019adolescence.<br \/>\nC\u2019est un film de peintre (ce que le r\u00e9alisateur deviendra lorsqu\u2019il cessera de mettre en sc\u00e8ne pendant dix-sept ans), de po\u00e8te (ce qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 avant de faire des films) mais aussi de boxeur (autre activit\u00e9 du cin\u00e9aste dans sa jeunesse, qui a maintenu dans tous ses films une violence incisive, une pr\u00e9cision du geste et une \u00e9nergie virile qui n\u2019appartiennent qu\u2019\u00e0 lui.)<br \/>\nUn jeune gar\u00e7on timide devient employ\u00e9 dans des bains publics de l\u2019East End londonien. Charg\u00e9 d\u2019assister les client(e)s, il d\u00e9couvre un univers clos o\u00f9 la promiscuit\u00e9 et la nudit\u00e9 humides des corps sont propices \u00e0 divers \u00e9changes et trafics pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s de la prostitution. Il s\u2019amourache surtout de sa coll\u00e8gue, une belle fille \u00e0 la r\u00e9putation facile qu\u2019il \u00e9pie et tente maladroitement de s\u00e9duire. <em>Deep End<\/em> a l\u2019id\u00e9e g\u00e9niale d\u2019inverser les r\u00f4les : au gar\u00e7on de jouer les pucelles effarouch\u00e9es devant les avances sexuelles des rombi\u00e8res m\u00e9nopaus\u00e9es, tandis que la fille (Jane Asher, fianc\u00e9e de Paul McCartney au moment du tournage), cynique et lib\u00e9r\u00e9e, s\u2019amuse avec les hommes et les envoie balader \u00e0 la premi\u00e8re occasion.<br \/>\nLa beaut\u00e9 de porcelaine de John Moulder Brown, petit prince prolo et h\u00e9ros rimbaldien de ce roman d\u2019apprentissage d\u00e9sastreux en vase clos ajoute au charme fou d\u2019un film tour \u00e0 tour dr\u00f4le et tragique, o\u00f9 explose l\u2019art de Skolimowski\u00a0: ce m\u00e9lange de po\u00e9sie et de trivialit\u00e9, d\u2019\u00e9nergie et de morbidit\u00e9 que l\u2019on a retrouv\u00e9 intact dans ses derniers opus, le superbe <em>Quatre Nuits avec Anna<\/em> (film du grand retour au cin\u00e9ma apr\u00e8s dix-sept ans d\u2019absence consacr\u00e9e \u00e0 la peinture, dans une retraite improbable \u00e0 Malibu, et aussi retour \u00e0 la terre natale polonaise, que j\u2019avais montr\u00e9 en ouverture de la Quinzaine des R\u00e9alisateurs \u00e0 Cannes en 2009) et le non moins g\u00e9nial <em>Essential Killing<\/em> en 2011 (encore une histoire de d\u00e9sir vital et de voyage vers la mort).<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">J\u2019avoue n\u2019avoir jamais vu <em>Roi, dame, valet<\/em> (d\u2019apr\u00e8s Nabokov, dont l\u2019\u00e9chec laissera Skolimowski six ans sans tourner) et<em> Le Cri du sorcier <\/em>film sur la folie avec Alan Bates, Susannah York et John Hurt.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Douze ans apr\u00e8s <em>Deep End<\/em>, Skolimowski r\u00e9alise un deuxi\u00e8me chef-d\u2019\u0153uvre \u00e0 Londres, <em>Travail au noir<\/em>. Un film ouvertement politique, mais avant tout une aventure humaine absurde et obsessionnelle, comme toujours chez le cin\u00e9aste. D\u00e9cid\u00e9 et film\u00e9 dans l\u2019urgence, <em>Travail au noir<\/em> r\u00e9pond au traumatisme du coup d\u2019\u00e9tat polonais de d\u00e9cembre 1981, v\u00e9cu de loin par l\u2019exil\u00e9 perp\u00e9tuel Skolimowski.\u00a0Le contrema\u00eetre Novak et trois ma\u00e7ons polonais viennent travailler au noir \u00e0 Londres pour effectuer des travaux dans la maison d\u2019un riche compatriote. Lorsque Novak, le seul \u00e0 parler anglais, apprend la nouvelle du coup d\u2019\u00e9tat militaire, il d\u00e9cide de ne pas en informer les ouvriers, de les maintenir dans un \u00e9tat d\u2019ignorance et de retarder le plus possible l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de leur retour impossible au pays. Encore un film de claustration, <em>Travail au noir <\/em>est l\u2019histoire d\u2019un projet insens\u00e9 vou\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chec et la m\u00e9taphore astucieuse de la douleur d\u2019un pays et de ses exil\u00e9s. Jeremy Irons, plus que cr\u00e9dible en travailleur polonais, y livre une performance extraordinaire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Apr\u00e8s ce chef-d\u2019\u0153uvre, la carri\u00e8re de Skolimowski va continuer d\u2019avancer en zigzags, avec un film bizarre sur a cr\u00e9ation et l\u2019exil (Le Succ\u00e8s \u00e0 tout prix, tourn\u00e9 entre Paris et Londres) et deux adaptations litt\u00e9raires \u00e0 moiti\u00e9 acad\u00e9miques et plut\u00f4t rat\u00e9es (<em>Les<\/em> Eaux <em>printani\u00e8res<\/em> et <em>Ferdydurke<\/em>). Mais avant ces films d\u00e9cevants, Skolimowski r\u00e9alise en 1986 l\u2019excellent <em>Bateau-phare<\/em>, qui prolonge la th\u00e9matique de la difficile relation p\u00e8re fils d\u00e9j\u00e0 au c\u0153ur du <em>Succ\u00e8s \u00e0 tout prix<\/em> (dans les deux films l\u2019adolescent est interpr\u00e9t\u00e9 par le propre fils de SKolimowski, Michael Lyndon.)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Unique film v\u00e9ritablement am\u00e9ricain de Skolimowski, cin\u00e9aste habitu\u00e9 aux productions apatrides, <em>Le Bateau-phare<\/em> entretient pourtant une relation ambig\u00fce avec sa terre d\u2019accueil. C\u2019est un film qui reste au large du cin\u00e9ma am\u00e9ricain comme de son territoire, puisque l\u2019essentiel de l\u2019action se d\u00e9roule en mer, sur un bateau-phare charg\u00e9 de surveiller les c\u00f4tes. Pourtant, Skolimowski s\u2019acquitte de sa commande (un film noir hustonien, quasi remake de <em>Key Largo<\/em>) tout en signant un film tr\u00e8s personnel (l\u2019un des premiers sc\u00e9narios de Skolimowski, <em>Le Couteau dans l\u2019eau<\/em> de Roman Polanski, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un huis clos maritime.) <em>Le Bateau-phare<\/em> s\u2019organise autour de deux duels psychologiques, l\u2019un entre un p\u00e8re et son fils, l\u2019autre entre le p\u00e8re, capitaine d\u2019un bateau-phare, et un gangster en cavale. Selon la r\u00e8gle des tournages confin\u00e9s, l\u2019histoire du film a contamin\u00e9 son tournage, avec des affrontements d\u2019ego entre Klaus Maria Brandauer (dont la ressemblance physique avec Skolimowski n\u2019est pas fortuite, puisqu\u2019il joue le p\u00e8re de Michael Lyndon, son fils) et le cin\u00e9aste, ainsi que des rivalit\u00e9s professionnelles entre Brandauer et son ennemi \u00e0 l\u2019\u00e9cran, Robert Duvall. En adoptant un classicisme de fa\u00e7ade et sans trop se soucier des conventions du genre, Skolimowski est parvenu \u00e0 conserver la tension et l\u2019\u00e9nergie de ses plus grandes r\u00e9ussites : les contingences de la r\u00e9alit\u00e9 ont toujours nourri son art.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Ce go\u00fbt du mouvement \u2013 parfois immobile &#8211; et de l&rsquo;absurde, de la fuite et de l&rsquo;\u00e9puisement se retrouve d\u00e9multipli\u00e9 dans le dernier film en date de Jerzy Skolimowski, chasse \u00e0 l&rsquo;homme qui offre \u00e0 Vincent Gallo l&rsquo;occasion d&rsquo;une impressionnante performance masochiste, le g\u00e9nial <em>Essential Killing <\/em>(2011), un des chefs-d\u2019\u0153uvre sortis cette ann\u00e9e dans les salles fran\u00e7aises et qui lui aussi est d\u00e9sormais disponible en DVD et Blu-ray, \u00e9dit\u00e9 par Studiocanal. Indispensable, cela va sans dire.<\/span><\/p>\n<p><a title=\"http:\/\/www.carlottavod.com\/film-615-deep-end.html\" href=\"http:\/\/www.carlottavod.com\/film-615-deep-end.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.carlottavod.com\/film-615-deep-end.html<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le g\u00e9nial Deep End sort ces jours-ci dans une superbe \u00e9dition Blu-ray (chez Carlotta). 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