{"id":3930,"date":"2011-12-03T08:00:12","date_gmt":"2011-12-03T07:00:12","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=3930"},"modified":"2024-01-02T03:28:28","modified_gmt":"2024-01-02T02:28:28","slug":"entretien-avec-antonio-margheriti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/12\/03\/entretien-avec-antonio-margheriti\/","title":{"rendered":"Entretien avec Antonio Margheriti"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Cet entretien fut r\u00e9alis\u00e9 le vendredi 12 juillet 2002 \u00e0 Rome, en compagnie de Christophe Leparc, \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;hommage \u00e0 Antonio Margheriti organis\u00e9 par la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise et le Festival du film m\u00e9diterran\u00e9en de Montpellier, en octobre 2002, o\u00f9 furent pr\u00e9sent\u00e9s sept films du r\u00e9alisateur, de <em>Danse macabre<\/em> aux <em>Aventuriers du cobra d&rsquo;or<\/em>.<br \/>\nQuant \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise, elle montra le 30 octobre <em>Les Diablesses<\/em> et <em>Danse macabre<\/em> lors d&rsquo;une soir\u00e9e sp\u00e9ciale salle Grands Boulevards.<br \/>\nGravement malade, Antonio Margheriti ne put faire le d\u00e9placement pour assister \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement. Il devait d\u00e9c\u00e9der quelques jours plus tard, au d\u00e9but du mois de novembre.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Vous \u00eates un sp\u00e9cialiste des effets sp\u00e9ciaux et d\u00e9butez votre carri\u00e8re de metteur en sc\u00e8ne avec des films de science-fiction.<\/strong><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_3944\" style=\"width: 206px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/12\/03\/entretien-avec-antonio-margheriti\/affiche-ame%cc%81ricaine-de-space-men\/\" rel=\"attachment wp-att-3944\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3944\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-3944\" title=\"Affiche ame\u0301ricaine de Space Men (1960)\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-amecc81ricaine-de-space-men.jpg?w=196\" alt=\"Affiche ame\u0301ricaine de Space Men (1960)\" width=\"196\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-amecc81ricaine-de-space-men.jpg 2077w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-amecc81ricaine-de-space-men-183x280.jpg 183w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-amecc81ricaine-de-space-men-502x768.jpg 502w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-amecc81ricaine-de-space-men-580x887.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 196px) 100vw, 196px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3944\" class=\"wp-caption-text\">Affiche am\u00e9ricaine de <em>Space Men<\/em> (1960)<\/p><\/div>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">J&rsquo;ai voulu commencer avec <em>Space Men<\/em>, en 1960. \u00c0 cette \u00e9poque, je peux vous dire qu&rsquo;il n&rsquo;existait ni les structures ni le financement pour faire un film de ce genre. J&rsquo;ai fabriqu\u00e9 moi-m\u00eame toutes sortes de maquettes et de mod\u00e8les r\u00e9duits, des choses tr\u00e8s modestes avec peu de moyens. Ce qui m&rsquo;int\u00e9ressait, c&rsquo;\u00e9tait la possibilit\u00e9 de faire un film qui offre une vision cr\u00e9dible d&rsquo;un univers futuriste. <em>Space Men<\/em> est \u00e0 mon avis un film plut\u00f4t s\u00e9rieux, m\u00eame si on y trouve un ton parfois ironique. J&rsquo;avais environ 48 millions de lires pour faire ce film, ce qui \u00e9tait insuffisant \u00e0 la construction de la moiti\u00e9 des d\u00e9cors. Mais nous y sommes quand m\u00eame arriv\u00e9s.<br \/>\n<strong>La science-fiction n&rsquo;\u00e9tait pas vraiment \u00e0 la mode en Italie, \u00e0 cette \u00e9poque.<\/strong><br \/>\nJe dois dire qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque la science-fiction n&rsquo;\u00e9tait \u00e0 la mode nulle part dans le monde. Il existait principalement un seul grand film de science-fiction en Am\u00e9rique, <em>Forbidden Planet<\/em> (<em>Plan\u00e8te interdite<\/em>, 1956) avec Walter Pidgeon. J&rsquo;aimais beaucoup ce film, qui b\u00e9n\u00e9ficiait d&rsquo;excellents effets sp\u00e9ciaux et d&rsquo;un budget cons\u00e9quent. Le budget de mon film devait correspondre \u00e0 celui du g\u00e9n\u00e9rique de <em>Forbidden Planet<\/em> !<br \/>\n<strong>Le cin\u00e9ma de genre italien a la r\u00e9putation de suivre les modes et de r\u00e9pondre \u00e0 la demande du public populaire. Avec vos premiers films, ce n&rsquo;\u00e9tait pas le cas !<\/strong><br \/>\nJe me suis toujours retrouv\u00e9 \u00e0 contre-courant des modes.<br \/>\nJ&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 des westerns lorsque plus personne n&rsquo;en faisait. Idem pour le p\u00e9plum. J&rsquo;ai toujours fait les choses \u00e0 contretemps. Cela ne m&rsquo;a jamais pr\u00e9occup\u00e9. L&rsquo;important pour moi \u00e9tait de tomber amoureux d&rsquo;une histoire. Ainsi, un an apr\u00e8s <em>Space Men<\/em>, j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 <em>Il pianeta degli uomini<\/em> <em>spenti<\/em> avec Claude Rains. Comment s&rsquo;appelle-t-il en France ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Il n&rsquo;est jamais sorti en France. <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">C&rsquo;est dommage. Il n&rsquo;\u00e9tait pas mauvais.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Aucun de vos films de science-fiction n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9 en France.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">C&rsquo;est \u00e9trange.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Comment avez-vous r\u00e9ussi \u00e0 convaincre un producteur \u00e0 financer un film de science-fiction ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">J&rsquo;ai convaincu un ami qui dirige aujourd&rsquo;hui la Laser Films et qui \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque travaillait avec moi \u00e0 la mise en sc\u00e8ne. J&rsquo;avais cette id\u00e9e de film. Puis j&rsquo;ai rencontr\u00e9 Goffredo Lombardo, le patron de la Titanus. J&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 film\u00e9 avec des trucages de ma fabrication une reconstitution du tremblement de terre de Messine, car j&rsquo;avais l&rsquo;intention de faire un film sur ce sujet, coproduit par la France. C&rsquo;\u00e9tait un simple essai technique. Avec cet ami, j&rsquo;avais \u00e9crit un beau projet et j&rsquo;ai donc film\u00e9 ce bout d&rsquo;essai de tremblement de terre. Tout le monde s&rsquo;imaginait que j&rsquo;allais me contenter de filmer une maison en train de s&rsquo;effondrer mais au contraire j&rsquo;ai film\u00e9 vingt minutes tr\u00e8s spectaculaires dans lesquelles tous mes amis acteurs \u00e9taient r\u00e9quisitionn\u00e9s, en utilisant les d\u00e9cors d&rsquo;un film de De Sica. Avec l&rsquo;aide de l&rsquo;un des responsables de la Titanus, nous avions obtenu l&rsquo;autorisation des Am\u00e9ricains d&#8217;emprunter une copie du film sur le tremblement de terre de San Francisco, dont nous avons repris la colonne sonore. Quand Lombardo a vu le r\u00e9sultat, il est rest\u00e9 bouch\u00e9 b\u00e9e. Il n&rsquo;arrivait pas \u00e0 croire que j&rsquo;avais r\u00e9ussi \u00e0 filmer \u00e7a tout seul, avec deux op\u00e9rateurs. \u00c0 partir de ce moment, j&rsquo;ai acquis une certaine notori\u00e9t\u00e9 en mati\u00e8re de trucages. Je me suis content\u00e9 de cr\u00e9er les trucages de mes propres films, \u00e0 deux exceptions pr\u00e8s : un film d&rsquo;Eduardo De Filippo avec Marcello Mastroianni et Raquel Welch : <em>Spara forte, pi\u00f9 forte\u2026 non capisco !<\/em> (1966) et <em>Gi\u00f9 la testa !<\/em> (<em>Il \u00e9tait une fois\u2026 la R\u00e9volution<\/em>, 1971) de Sergio Leone, pour lequel j&rsquo;ai con\u00e7u la maquette du train lors de la sc\u00e8ne finale du d\u00e9raillement et des explosions. Pour le film de De Filippo, je devais r\u00e9gler l&rsquo;explosion \u00e0 Naples d&rsquo;un fabricant de chaises, avec des chaises qui volent dans les airs et retombent sur toute la ville. C&rsquo;\u00e9tait une sc\u00e8ne tr\u00e8s compliqu\u00e9e \u00e0 filmer. De Filippo \u00e9tait \u00e0 la fois acteur et metteur en sc\u00e8ne. Quand il a vu le r\u00e9sultat, il m&rsquo;a demand\u00e9 de signer le film. J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s honor\u00e9, mais j&rsquo;ai d\u00e9couvert par la suite qu&rsquo;il souhaitait en fait que je termine le film pour lui laisser la possibilit\u00e9 d&rsquo;aller mettre en sc\u00e8ne un op\u00e9ra \u00e0 Rome\u00a0!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Toute votre carri\u00e8re, vous avez mis en sc\u00e8ne des films \u00e0 petit budget.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Apr\u00e8s mes premiers films de science-fiction, j&rsquo;ai continu\u00e9 \u00e0 travailler sur un mode similaire, qui s&rsquo;apparente \u00e0 du bricolage, avec des producteurs tr\u00e8s fauch\u00e9s. Mon film <em>La leggenda del rubino malese<\/em> (<em>Les Aventuriers de l&rsquo;enfer<\/em>, 1985) constitue un bon exemple : Gr\u00e2ce \u00e0 mes effets sp\u00e9ciaux et mes trucages, c&rsquo;est une production qui para\u00eet importante, alors que c&rsquo;\u00e9tait un film au budget incroyablement bas.<br \/>\nIl m&rsquo;est \u00e9galement arriv\u00e9 de travailler sur des films de plusieurs millions de dollars produits par les Am\u00e9ricains (en fait Margheriti dans les ann\u00e9es 70 a r\u00e9alis\u00e9 des films produits par Carlo Ponti et tourn\u00e9s aux Etats-Unis, ndr). Je dois confesser que je m&rsquo;amuse beaucoup plus \u00e0 tourner des films \u00e0 petits budgets.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Vous vous sentez plus libre ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Oui, je suis totalement libre. Je suis libre de transformer le sc\u00e9nario ou l&rsquo;histoire en fonction des d\u00e9cors naturels dans lesquels je tourne. On me demande souvent comment je fais pour trouver des lieux aussi incroyables. Je m&rsquo;adapte seulement aux endroits dans lesquels je tourne, et non l&rsquo;inverse.<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_3947\" style=\"width: 250px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/12\/03\/entretien-avec-antonio-margheriti\/affiche-italienne-des-aventuriers-du-cobra-dor\/\" rel=\"attachment wp-att-3947\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3947\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-3947\" title=\"Affiche italienne des Aventuriers du Cobra d'or (1982)\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-italienne-des-aventuriers-du-cobra-dor.jpg?w=240\" alt=\"Affiche italienne des Aventuriers du Cobra d'or (1982)\" width=\"240\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-italienne-des-aventuriers-du-cobra-dor.jpg 955w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-italienne-des-aventuriers-du-cobra-dor-224x280.jpg 224w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-italienne-des-aventuriers-du-cobra-dor-616x768.jpg 616w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/affiche-italienne-des-aventuriers-du-cobra-dor-580x722.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 240px) 100vw, 240px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3947\" class=\"wp-caption-text\">Affiche italienne des <em>Aventuriers du Cobra d&rsquo;or<\/em> (1982)<\/p><\/div>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Par exemple lors du tournage du film <em>I cacciatori del cobra d&rsquo;oro<\/em> (<em>Les Aventuriers du cobra d&rsquo;or<\/em>, 1982), il est arriv\u00e9 un moment o\u00f9 il n&rsquo;y avait plus d&rsquo;argent pour payer la pellicule. Et pourtant, le film comporte de nombreux effets sp\u00e9ciaux, des explosions, de la lave en fusion, des mod\u00e8les r\u00e9duits d&rsquo;avions\u2026 Tout fut invent\u00e9 au moment du tournage en fonction des locations et du mat\u00e9riel que nous trouvions chaque jour. Dans ces conditions, le sc\u00e9nario doit \u00eatre totalement mall\u00e9able. Je d\u00e9marre avec un embryon d&rsquo;histoire, et j&rsquo;avance. Je pr\u00e9f\u00e8re travailler ainsi plut\u00f4t que d&rsquo;\u00eatre assujetti \u00e0 un sc\u00e9nario parfait dont je ne pourrais pas changer une virgule, sans pouvoir utiliser certains d\u00e9cors magnifiques que je d\u00e9couvre sur place, ou des id\u00e9es de trucages. Quand je pr\u00e9pare un film, je fais d&rsquo;abord quelques rep\u00e9rages puis lors du tournage je m&rsquo;adapte en essayant d&rsquo;am\u00e9liorer les situations.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Pour travailler ainsi, il faut \u00eatre tr\u00e8s rapide, car vous disposez de peu de temps lors du tournage.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Bien s\u00fbr, les prises de vues durent rarement plus de deux semaines, avec une journ\u00e9e pour les trucages.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Vous devez trouver des solutions tr\u00e8s vite.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Oui, cela fait partie du m\u00e9tier.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Votre film le plus c\u00e9l\u00e8bre est <em>Danza macabra<\/em> (<em>Danse macabre<\/em>, 1963, photo en t\u00eate de texte), un des chefs-d&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;\u00e9pouvante gothique \u00e0 l&rsquo;italienne.<\/strong><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_3949\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/12\/03\/entretien-avec-antonio-margheriti\/danse-macabre2\/\" rel=\"attachment wp-att-3949\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3949\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-3949\" title=\"Danse macabre (1964)\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/danse-macabre2.jpg?w=300\" alt=\"Danse macabre (1964)\" width=\"300\" height=\"184\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/danse-macabre2.jpg 800w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/danse-macabre2-456x280.jpg 456w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/12\/danse-macabre2-580x355.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3949\" class=\"wp-caption-text\"><em>Danse macabre<\/em> (1964)<\/p><\/div>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Un chef-d&rsquo;\u0153uvre, je ne sais pas, mais un beau film assur\u00e9ment. La chose \u00e9trange est que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 mettre en sc\u00e8ne ce film en raison d&rsquo;engagements \u00e0 tenir avec les acteurs, car nous n&rsquo;avions que deux semaines de tournage, et un jour suppl\u00e9mentaire pour r\u00e9gler les trucages des cadavres qui respirent. Lorsque j&rsquo;ai mis en sc\u00e8ne un remake en couleurs de mon propre film <em>Danza macabra<\/em>, <em>Nella stretta morsa del ragno<\/em> (<em>Les fant\u00f4mes de Hurlevent<\/em>, 1970) avec Tony Franciosa, Mich\u00e8le Mercier et Klaus Kinski (un personnage extraordinaire), un incident technique est survenu lors du tirage des copies. Tous les trucages concernant les fant\u00f4mes ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s. C&rsquo;est pour cela que dans le film, les apparitions et disparitions des spectres sont aussi rudimentaires et saccad\u00e9es. Ils sont l\u00e0, et au photogramme suivant ils ne sont plus l\u00e0 ! C&rsquo;est dommage, car je b\u00e9n\u00e9ficiais pour cette seconde version des moyens financiers qui m&rsquo;avaient manqu\u00e9 pour la premi\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>L&rsquo;id\u00e9e de <em>Danza macabra<\/em> est de Sergio Corbucci ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Au d\u00e9part, Sergio Corbucci voulait faire le film. L&rsquo;id\u00e9e originale \u00e9tait de son fr\u00e8re Bruno, qui avait \u00e9crit l&rsquo;histoire avec la collaboration d&rsquo;un \u00e9crivain italien. Sergio n&rsquo;a finalement pas pu le mettre en sc\u00e8ne, \u00e0 cause du tournage d&rsquo;un autre film. Nous nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 rendu des services, en proc\u00e9dant \u00e0 des \u00e9changes : je tournais des sc\u00e8nes pour lui et inversement. C&rsquo;est le producteur du film Giovanni Adessi qui a demand\u00e9 \u00e0 Corbucci de me proposer de prendre le relais. Il m&rsquo;a envoy\u00e9 le script et m&rsquo;a demand\u00e9 de faire le film en deux semaines, trois semaines maximum, en fonction du contrat de Barbara Steele. En fin de compte, j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 le faire en deux semaines et un jour. Adessi avait peur d&rsquo;investir beaucoup d&rsquo;argent sur ce film, car c&rsquo;\u00e9tait une histoire courageuse, belle, divertissante mais risqu\u00e9e. La r\u00e9ussite commerciale d&rsquo;un tel projet s&rsquo;av\u00e9rait douteuse. Le film a bien march\u00e9, sans battre des records. Mais il poss\u00e8de aujourd&rsquo;hui de nombreux admirateurs.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Avez-vous eu des probl\u00e8mes avec la censure ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Non. J&rsquo;ai toujours eu de la chance avec la censure.<\/span><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"> Il y avait pourtant de nombreux passages d\u00e9licats. <em>La vergine di Norimberga<\/em> (<em>La Vierge de Nuremberg<\/em>, 1963) n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 censur\u00e9 en Italie, ni m\u00eame <em>Apocalisse domani<\/em> (<em>Pulsions cannibales<\/em>, 1980) que j&rsquo;ai tourn\u00e9 \u00e0 Atlanta.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Ruggero Deodato, futur r\u00e9alisateur de <em>Cannibal Holocaust <\/em>a longtemps \u00e9t\u00e9 votre assistant.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Oui, il a beaucoup travaill\u00e9 avec moi. Il a m\u00eame tourn\u00e9 une grande partie de <em>Ursus il terrore dei Kirgisi<\/em> (<em>La Terreur des Kirghiz<\/em>, 1963-1964). Je me suis content\u00e9 de terminer le film. C&rsquo;est un film que je trouve horrible : Un p\u00e9ch\u00e9 de jeunesse.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>On raconte que Bertrand Blier \u00e9tait un des assistants r\u00e9alisateurs de <em>La vergine di Norimberga<\/em>.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Je ne me souviens pas. C&rsquo;est possible. Le film n&rsquo;est pas bon. \u00ab\u00a0<em>La Vierge de Nuremberg<\/em> est un film tourn\u00e9 en grande vitesse\u00a0\u00bb (en fran\u00e7ais).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Dans <em>La morte negli occhi del gatto<\/em> (<em>Les Diablesses<\/em>, 1972), on a la surprise de trouver Jane Birkin dans le r\u00f4le f\u00e9minin principal. Que vient-elle faire l\u00e0 ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque elle n&rsquo;avait encore rien fait (faux. Jane Birkin d\u00e9bute au cin\u00e9ma dans <em>The Knack<\/em> de Richard Lester, 1965 &#8211; ndr). Elle chantait \u00ab\u00a0je t&rsquo;aime moi non plus\u00a0\u00bb avec Serge Gainsbourg. Nous cherchions un nom d&rsquo;actrice pour jouer dans le film et lorsque nous avons pens\u00e9 \u00e0 Jane Birkin, j&rsquo;ai trouv\u00e9 qu&rsquo;il serait amusant de prendre \u00e9galement Serge Gainsbourg. Ainsi, nous pouvions b\u00e9n\u00e9ficier du succ\u00e8s de la chanson en Italie, sans bien s\u00fbr mettre la chanson dans le film. Nous avons ainsi conclu avec les int\u00e9ress\u00e9s un accord qui me plaisait beaucoup. Jane Birkin et l&rsquo;interpr\u00e8te masculin, Hiram Keller, qui jouait dans <em>Satyricon<\/em> (<em>Fellini-Satyricon<\/em>, 1969) de Federico Fellini allaient bien ensemble. Quant au chat du film, c&rsquo;\u00e9tait le mien ! Il \u00e9tait fantastique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong><em>E Dio disse a Caino<\/em><\/strong><strong> (<em>Et le vent apporta la violence<\/em>, 1969) est un de vos meilleurs films. C&rsquo;est un western qui emprunte beaucoup au genre fantastique.<br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Oui. Je voulais faire un film gothique. Il en existe \u00e0 Londres une copie magnifique, en 70 mm son st\u00e9r\u00e9ophonique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Le film a des accents viscontiens. Vous aimez beaucoup Luchino Visconti ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Oui. Je ne lui arrive pas \u00e0 la cheville, je ne suis qu&rsquo;un petit-bourgeois.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>On a souvent dit que vous changiez de style \u00e0 chaque nouveau film, mais on constate toutefois dans votre mise en sc\u00e8ne une pr\u00e9dilection pour le baroque.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">J&rsquo;essaye de m&rsquo;adapter au film. Je ne pr\u00e9tends pas avoir un style personnel, mais j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;avoir toujours film\u00e9 comme on filme aujourd&rsquo;hui avec la steadycam, lorsque la steadycam n&rsquo;existait pas encore. J&rsquo;ai toujours construit ma mise en sc\u00e8ne et mon r\u00e9cit, sans rien laisser au hasard.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Vos films sont toujours au-dessus de la moyenne de la production commerciale. <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Disons tout simplement qu&rsquo;ils sont bien r\u00e9alis\u00e9s. Je ne pourrais pas travailler autrement. Il n&rsquo;y a rien d&rsquo;offensant \u00e0 \u00eatre un bon artisan. C&rsquo;est une chose importante.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Vous aimez d\u00e9crire des ambiances d&rsquo;enfermement et d&rsquo;autodestruction, comme dans un de vos films les plus personnels, <em>Contronatura<\/em> (1969).<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>Contronatura<\/em> est un film \u00e0 part dans ma carri\u00e8re, que j&rsquo;ai produit, \u00e9crit, invent\u00e9 moi-m\u00eame. C&rsquo;\u00e9tait une histoire \u00e9trange de spiritisme.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>On retrouve des \u00e9l\u00e9ments fantastiques classiques dans <em>Apocalisse domani<\/em>, qui est pourtant un film gore. Le personnage que joue John Saxon poss\u00e8de une dimension de monstre romantique\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Je n&rsquo;ai pas \u00e9crit ce film. C&rsquo;est le travail d&rsquo;un excellent sc\u00e9nariste, Dardano Sachetti, et cela m&rsquo;a beaucoup plu quand je l&rsquo;ai lu. Mais moins que <em>Danza macabra<\/em>. Je me souviens lorsque Sergio m&rsquo;a demand\u00e9 mon avis sur le sc\u00e9nario. C&rsquo;\u00e9tait la plus belle chose que j&rsquo;avais lue depuis des ann\u00e9es. <em>E dio disse a Caino <\/em>est \u00e9galement une \u00e9tape importante dans ma carri\u00e8re. <em>Contronatura<\/em> aussi, un film en forme de jeu de soci\u00e9t\u00e9 compliqu\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>M\u00eame lorsque vous n&rsquo;\u00e9crivez pas le sc\u00e9nario de vos films, vous leur apportez une touche personnelle \u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Je me suis beaucoup amus\u00e9 \u00e0 mettre des personnages \u00e9tranges et inqui\u00e9tants dans mes films.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>En 1982 vous tournez <em>Il mondo di Yor<\/em> (<em>Yor, le chasseur du futur<\/em>), une coproduction italo-turque avec Reb Brown. <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">C&rsquo;\u00e9tait un tout petit film qui a \u00e9t\u00e9 achet\u00e9 par la Columbia. Le film d\u00e9bute au temps de la Pr\u00e9histoire et se termine dans un univers de science-fiction. Ce m\u00e9lange bizarre me plaisait beaucoup. Selon moi, cela permettait de b\u00e9n\u00e9ficier des qualit\u00e9s des deux genres.<br \/>\nLe film a \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9 dans une combinaison de 1450 copies sur tous les \u00c9tats-Unis. Le premier week-end, il a fait 3 millions de dollars.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Ce film avec des effets sp\u00e9ciaux futuristes marquait pour vous un retour aux sources.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Oui, et j&rsquo;ai toujours aim\u00e9 les combinaisons \u00e9tranges.<br \/>\nComme la kung fu comedy \u00e0 l&rsquo;italienne (<em>Ming Ragazzi!\/Hercule contre karat\u00e9<\/em>, 1973), le western blaxploitation (<em>Take A Hard Ride\/La Chevauch\u00e9e terrible<\/em>, 1975) ou le western soja par exemple.<em><br \/>\nL\u00e0 dove non batte il sole<\/em> (<em>Le Bon, La Brute et le Karat\u00e9<\/em>, 1974) \u00e9tait une op\u00e9ration commerciale mont\u00e9e par Carlo Ponti avec la Shaw Brothers, au del\u00e0 de tout r\u00e9alisme. Lee Van Cleef a accept\u00e9 de participer au film car nous \u00e9tions li\u00e9s par une amiti\u00e9 et une estime r\u00e9ciproques. Quel visage magnifique!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Pouvez-vous nous parler de votre film d&rsquo;aventures <em>La leggenda del rubino malese <\/em>?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">On a tourn\u00e9 sans sc\u00e9nario. Dans ce film, tous les v\u00e9hicules sont des mod\u00e8les r\u00e9duits.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Comme dans la poursuite en voiture de <em>Con la rabbia agli occhi<\/em> (<em>L&rsquo;Ombre d&rsquo;un tueur<\/em>, 1976).<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Comme dans tous mes films. Parfois je n&rsquo;ai pas le choix. Quand je tournais un film en Turquie, toutes les voitures avaient disparu au troisi\u00e8me jour du tournage, il a donc fallu les remplacer par des maquettes.<br \/>\nJe vous avoue que je m&rsquo;amuse davantage avec des maquettes qu&rsquo;avec des cascadeurs. J&rsquo;ai tourn\u00e9 avec Remi Julienne <em>Car Crash<\/em> (<em>L&rsquo;Enfer en quatri\u00e8me vitesse<\/em>, 1980). Il s&rsquo;est occup\u00e9 des vraies cascades, mais j&rsquo;ai r\u00e9ussi avec mes mod\u00e8les r\u00e9duits des prouesses qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9 incapable de r\u00e9aliser pour de vrai.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong><em>I cacciatori del cobra d&rsquo;oro<\/em><\/strong><strong> est une imitation italienne des <em>Aventuriers de l&rsquo;Arche perdue<\/em> de Steven Spielberg.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">On me dit toujours que j&rsquo;ai copi\u00e9 Spielberg, mais j&rsquo;ai tourn\u00e9 mon film un an avant le sien. On y trouve la lave, les cavernes, bien avant <em>Indiana Jones et le temple maudit<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Je pr\u00e9f\u00e8re votre film \u00e0 celui de Spielberg.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Vous allez me faire pleurer. C&rsquo;est un film d&rsquo;une pauvret\u00e9 absolue. La lave en fusion est faite avec du plastique. J&rsquo;y ai m\u00e9lang\u00e9 du verre bris\u00e9 pour obtenir des reflets scintillants. L&rsquo;id\u00e9e m&rsquo;est venue gr\u00e2ce \u00e0 un accident de tournage.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong><em>L&rsquo;ultimo cacciatore<\/em><\/strong><strong> (<em>H\u00e9ros d&rsquo;apocalypse<\/em>, 1980) est le meilleur \u00ab\u00a0Vietnam movie\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;italienne.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">C&rsquo;\u00e9tait mon premier film tourn\u00e9 aux Philippines, avec David Warbeck. L&rsquo;histoire \u00e9tait tr\u00e8s belle.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Combien de films avez-vous r\u00e9alis\u00e9 ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Je ne me souviens plus (57 si on en croit le site Imdb, ndr).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Merci beaucoup pour cet entretien.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Merci \u00e0 vous, ce sera ma derni\u00e8re interview.<\/span><br \/>\n[slideshow]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet entretien fut r\u00e9alis\u00e9 le vendredi 12 juillet 2002 \u00e0 Rome, en compagnie de Christophe Leparc, \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;hommage\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":3918,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[7],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - 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