{"id":3043,"date":"2011-11-10T09:55:21","date_gmt":"2011-11-10T08:55:21","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=3043"},"modified":"2020-03-27T13:32:01","modified_gmt":"2020-03-27T12:32:01","slug":"alain-resnais-et-le-nouveau-roman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/11\/10\/alain-resnais-et-le-nouveau-roman\/","title":{"rendered":"Alain Resnais et le Nouveau Roman"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Dans la belle exposition consacr\u00e9e au c\u00e9l\u00e8bre photographe italien, \u00ab\u00a0Mario Dondero et le Nouveau Roman \u2013 Une saison \u00e0 Paris\u00a0\u00bb, nulle photographie d\u2019Alain Resnais. Pourtant Dondero l\u2019a photographi\u00e9, m\u00eame si les documents demeurent introuvables dans les archives. Cet incident anecdotique correspond parfaitement \u00e0 la personnalit\u00e9 de Resnais, r\u00e9serv\u00e9, discret voire timide, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019effacement ou la disparition. On se met \u00e0 r\u00eaver \u00e0 la comparaison avec son ami Chris Marker (avec qui Resnais a cosign\u00e9 <em>Les statues meurent aussi<\/em>, documentaire anticolonialiste produit par Pr\u00e9sence Africaine), qui pousse la coquetterie et le go\u00fbt du secret jusqu\u2019\u00e0 refuser de se faire photographier, sur le mod\u00e8le d\u2019un Maurice Blanchot du cin\u00e9ma.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Parmi les auteurs \u2013 Resnais pr\u00e9f\u00e8rerait le mot \u00ab\u00a0artisan\u00a0\u00bb &#8211; du cin\u00e9ma moderne, Resnais est celui qui a entretenu les liens les plus \u00e9troits avec la litt\u00e9rature de son \u00e9poque. Sous la double influence du surr\u00e9alisme et de la litt\u00e9rature feuilletonesque \u2013 oublions la fausse piste proustienne, \u00e9crivain peu fr\u00e9quent\u00e9 par Resnais, le cin\u00e9aste s\u2019est appliqu\u00e9 \u00e0 demander \u00e0 ses \u00e9crivains des id\u00e9es de films, refusant longtemps \u00e0 adapter des textes pr\u00e9existants pour motiver un travail f\u00e9cond et in\u00e9dit avec quelques auteurs fran\u00e7ais \u2013 ou de langue fran\u00e7aise &#8211; du XX\u00e8me si\u00e8cle\u00a0: R\u00e9mo Forlani (<em>Toute la m\u00e9moire du monde<\/em>), Raymond Queneau (<em>Le Chant du styr\u00e8ne<\/em>), Jean Cayrol (<em>Nuit et Brouillard<\/em>, <em>Muriel ou le temps d\u2019un retour<\/em>), Marguerite Duras (<em>Hiroshima mon amour<\/em>), Alain Robbe-Grillet (<em>L\u2019Ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad<\/em>),<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Jorge Semprun (<em>La guerre est finie<\/em>, <em>Stavisky<\/em>\u2026), Jacques Sternberg (<em>Je t\u2019aime je t\u2019aime<\/em>) forment une constellation litt\u00e9raire autour du cin\u00e9aste, pour explorer les th\u00e8mes de l\u2019imaginaire, de la conscience et de l\u2019inconscient, du temps et du hasard, mais aussi de l\u2019histoire du XX\u00e8me si\u00e8cle et de ses d\u00e9sastres humains et moraux (camps de concentration, bombe atomique, guerres coloniales, guerre d\u2019Espagne, torture\u2026) Pour Resnais, il s\u2019agit \u00e0 chaque nouveau film d\u2019inventer une forme cin\u00e9matographique in\u00e9dite qui corresponde \u00e0 un projet original, dont on puisse attribuer la paternit\u00e9 aussi bien \u00e0 l\u2019auteur sc\u00e9nariste (Resnais n\u2019\u00e9crit jamais rien) qu\u2019au cin\u00e9aste, r\u00e9put\u00e9 pour son art du montage et de la mise en sc\u00e8ne. Cette curiosit\u00e9 formelle et cette ouverture d\u2019esprit ont conduit Resnais \u00e0 fr\u00e9quenter les avant-gardes culturelles de son temps et inviter des \u00e9crivains \u2013 mais aussi des musiciens, des dramaturges, des auteurs de bandes dessin\u00e9es \u00e0 nourrir son d\u00e9sir d\u2019exploration et d\u2019exp\u00e9rimentation.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Alain Resnais na\u00eet en 1922 \u00e0 Vannes, dans le Morbihan. Il entre \u00e0 l&rsquo;IDHEC \u00e0 21 ans dans la section montage. Il r\u00e9alise des documentaires pendant une dizaine d\u2019ann\u00e9es, et en 1956 il obtient le prix Jean-Vigo pour <em>Nuit et Brouillard<\/em>. En 1959, son premier long m\u00e9trage de fiction, \u00e9crit par Marguerite Duras, <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>Hiroshima mon amour<\/em>, conna\u00eet un immense retentissement critique et public. On reproche \u00e0 son film suivant, <em>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad<\/em> (photo en t\u00eate de texte) \u00e9crit par Alain Robbe-Grillet, d\u2019\u00eatre trop abstrait et apolitique, dans une p\u00e9riode \u2013 le d\u00e9but des ann\u00e9es 60 &#8211; qui l\u2019est moins. Cela ne l\u2019emp\u00eache pas de rencontrer un grand succ\u00e8s de mode, \u00e0 l\u2019instar d\u2019<em>A bout de souffle <\/em>de Godard ou <em>L\u2019avventura <\/em>d\u2019Antonioni. A la fois voyage mental et jeu intellectuel, le film met en pratique \u00e0 l\u2019\u00e9cran les th\u00e9ories du Nouveau Roman dont Robbe-Grillet est l\u2019un des chefs de file. Resnais va frayer avec plusieurs romanciers de ce courant litt\u00e9raire, publi\u00e9s aux Editions de Minuit\u00a0: Robbe-Grillet, Jean Cayrol, mais aussi Marguerite Duras (plus satellitaire, elle publiera surtout chez Gallimard), Jacques Sternberg (auteur de science-fiction dont le premier roman, appr\u00e9ci\u00e9 par Resnais et Marker, \u00ab\u00a0L\u2019Emploi du temps\u00a0\u00bb, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 chez Minuit). Il est int\u00e9ressant de noter qu\u2019au contact de Resnais, bon nombre d\u2019\u00e9crivains deviendront cin\u00e9astes\u00a0: Duras, Robbe-Grillet, Cayrol, Semprun.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Le formalisme de Resnais s\u2019accompagne de convictions politiques, m\u00eame si Resnais r\u00e9pugne \u00e0 se d\u00e9finir comme un cin\u00e9aste engag\u00e9. Avec <em>Muriel ou le temps d\u2019un retour <\/em>(1963) qui traite de la Guerre d\u2019Alg\u00e9rie, <em>La guerre est finie <\/em>(1966) de l&rsquo;histoire d&rsquo;un militant gauchiste et <em>Stavistky\u2026 <\/em>(1974) du scandale financier de la III<sup>e\u00a0 <\/sup>R\u00e9publique, Resnais engage plus nettement que d\u2019habitude ses fictions dans l\u2019Histoire et la politique. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Avec <em>Stavisky\u2026<\/em>, somptueuse reconstitution d&rsquo;\u00e9poque retra\u00e7ant la carri\u00e8re du c\u00e9l\u00e8bre escroc, le cin\u00e9aste poursuit sous le vernis d\u2019un cin\u00e9ma plus commercial (le film est produit et interpr\u00e9t\u00e9 par la vedette Jean-Paul Belmondo) son exploration onirique de la m\u00e9moire et de l&rsquo;Histoire contemporaine. Pour la derni\u00e8re fois.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Pour de nombreux cin\u00e9philes, Resnais est l\u2019un des piliers du cin\u00e9ma moderne europ\u00e9en, celui qui fit entrer l\u2019art du XX\u00e8me si\u00e8cle dans l\u2019\u00e8re du soup\u00e7on et du d\u00e9sastre, aux c\u00f4t\u00e9s de Rossellini et de Bergman, en osant se confronter aux camps et \u00e0 Hiroshima. Son importance historique, son caract\u00e8re s\u00e9rieux et intellectuel ne doivent pourtant pas faire oublier la dimension ludique de l\u2019\u0153uvre de Resnais, dont chaque nouveau titre est un jeu avec le r\u00e9cit, la temporalit\u00e9 et les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments sonores et visuels qui composent un film.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Dans les ann\u00e9es 70, les films de Resnais poursuivent un chemin unique et inattendu, loin du cin\u00e9ma d\u2019auteur de l\u2019\u00e9poque, restant fid\u00e8les aux racines culturelles et aux passions du cin\u00e9aste\u00a0: le surr\u00e9alisme, la bande dessin\u00e9e, la litt\u00e9rature populaire, le fantastique anglo-saxon, le cin\u00e9ma fran\u00e7ais des ann\u00e9es 20 et 30, le th\u00e9\u00e2tre de boulevard (Resnais v\u00e9n\u00e8re Guitry et adaptera Bernstein au milieu des ann\u00e9es 80).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">C\u2019est ainsi que <em>Providence<\/em>, \u0153uvre anglophone \u00e9crit par le romancier et sc\u00e9nariste britannique David Mercer, garde en m\u00e9moire des projets inaboutis de Resnais d\u2019adaptations des aventures d\u2019Harry Dickson de Jean Ray et des nouvelles de Lovecraft. Le sc\u00e9nario d\u00e9structur\u00e9, onirique et al\u00e9atoire de <em>Providence<\/em>, la mise en abyme du r\u00e9cit qui met en sc\u00e8ne un \u00e9crivain vieillissant imaginant un dernier roman, revisitant son existence et manipulant ses fils comme des marionnettes n\u2019est pas sans connivence avec les exp\u00e9rimentations narratives des auteurs du Nouveau Roman et de films pr\u00e9c\u00e9dents de Resnais comme <em>L\u2019Ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad<\/em> et <em>Je t\u2019aime je t\u2019aime<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>Mon oncle d\u2019Am\u00e9rique<\/em>, premi\u00e8re des trois collaborations avec le sc\u00e9nariste de la Nouvelle Vague Jean Gruault est l\u2019une des plus grandes r\u00e9ussites du cin\u00e9ma d\u2019Alain Resnais, qui d\u00e9laisse la compagnie des \u00e9crivains pour puiser son inspiration dans l\u2019imaginaire des savants.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Le film suit les itin\u00e9raires professionnels et amoureux de trois personnages, un ambitieux intellectuel, une actrice et un directeur technique, tous n\u00e9s en Bretagne (comme Resnais) mais de milieux diff\u00e9rents, confront\u00e9s aux th\u00e9ories du professeur Henri Laborit sur le comportement des rats.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Le film est n\u00e9 de la rencontre entre Resnais et les th\u00e9ories du professeur Henri Laborit sur le cerveau et le comportement humains, et aussi la m\u00e9moire, sujets de recherches qui ne pouvaient qu&rsquo;int\u00e9resser le cin\u00e9aste de Hiroshima mon amour. Au-del\u00e0 des sp\u00e9culations scientifiques que le film illustre, <em>Mon oncle d\u2019Am\u00e9rique<\/em> est une radioscopie de la France, une analyse des sympt\u00f4mes du \u00ab\u00a0mal-\u00eatre\u00a0\u00bb et de l&rsquo;angoisse sociale, des troubles psychosomatiques qui frappent ses personnages \u00e0 la poursuite de leurs r\u00eaves (ils s\u2019identifient depuis l\u2019enfance \u00e0 des vedettes du cin\u00e9ma fran\u00e7ais populaire : Darrieux, Gabin ou Jean Marais) et qui se cognent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Comme toujours chez Resnais, le film est un curieux m\u00e9lange d\u2019avant-garde et de th\u00e9\u00e2tre vieillot, de romanesque et d\u2019exp\u00e9rimentation. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;appliquer sur le sc\u00e9nario une \u00ab\u00a0grille\u00a0\u00bb scientifique, mais de m\u00ealer dans un film de fiction deux diff\u00e9rents types de r\u00e9cit, le romanesque constitu\u00e9 par les destins crois\u00e9s de deux hommes et une femme et le scientifique sous la forme d&rsquo;expos\u00e9s de Laborit. Resnais se soucie \u00e0 la fois de didactisme et de formalisme. Il est important que son film apporte des r\u00e9ponses sur la vie en g\u00e9n\u00e9ral, mais ces investigations sociologiques et psychologiques s&rsquo;accompagnent d&rsquo;un travail complexe sur la construction narrative, qui passe essentiellement par le montage. Il s&rsquo;\u00e9tablit alors dans ce v\u00e9ritable \u00ab\u00a0film laboratoire\u00a0\u00bb un jeu de correspondances musicales entre l&rsquo;histoire invent\u00e9e par Resnais et son sc\u00e9nariste Jean Gruault, volontairement proches du th\u00e9\u00e2tre de boulevard, et les id\u00e9es contest\u00e9es de Laborit. Le savant transform\u00e9 en conteur accepta la r\u00e8gle du jeu de Resnais en ignorant tout de l&rsquo;histoire de <em>Mon Oncle d&rsquo;Am\u00e9rique<\/em> au moment du tournage.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Apr\u00e8s <em>Mon oncle d\u2019Am\u00e9rique<\/em>, \u00ab\u00a0une sorte de documentaire plaqu\u00e9 sur la fiction (et vice versa)\u00a0\u00bb selon la formule de Resnais, le d\u00e9calage d\u2019accentue entre la perception moderniste qu\u2019ont le public et la critique du cin\u00e9aste, et ses d\u00e9sirs qui le portent \u00e0 filmer des utopies de la Belle Epoque (<em>La vie est un roman<\/em>), un conte m\u00e9taphysique (<em>L\u2019Amour \u00e0 mort<\/em>), ou une adaptation th\u00e9\u00e2trale d\u2019un auteur m\u00e9pris\u00e9 \u00e0 tort, Henri Bernstein (<em>M\u00e9lo<\/em>).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">A partir des ann\u00e9es 1990, le cin\u00e9aste s&rsquo;ouvre \u00e0 de nouvelles collaborations, notamment avec le duo de sc\u00e9naristes acteurs Jean-Pierre Bacri et Agn\u00e8s Jaoui, et d\u00e9veloppe un aspect ludique jusqu\u2019alors pr\u00e9sent mais discret dans son cin\u00e9ma, en explorant le th\u00e9\u00e2tre avec le diptyque <em>Smoking\/No smoking<\/em> en 1993, o\u00f9 les com\u00e9diens Sabine Az\u00e9ma et Pierre Arditi jouent chacun cinq r\u00f4les, la com\u00e9die musicale avec <em>On conna\u00eet la chanson <\/em>ou l&rsquo;op\u00e9rette en 2003, avec <em>Pas sur la bouche.<\/em> A quatre vingt six ans, Alain Resnais re\u00e7oit le Lion d\u2019argent de la Mostra de Venise 2006 pour <em>C\u0153urs<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>C\u0153urs<\/em> est l\u2019adaptation d\u2019une pi\u00e8ce d\u2019Alan Ayckbourn, dramaturge anglais :<em> Private Fears in Public Places<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Le film reprend la structure des 54 tableaux de la pi\u00e8ce. Ce n\u2019est pas la seule r\u00e9f\u00e9rence au th\u00e9\u00e2tre. Les d\u00e9cors sont d\u00e9sign\u00e9s comme des d\u00e9cors. Resnais ne cherche pas \u00e0 les rendre r\u00e9alistes\u00a0: ces espaces sont le plus souvent abstraits. Le studio est donc assum\u00e9 et renforce l\u2019impression de carton-p\u00e2te du th\u00e9\u00e2tre. Par ailleurs, les personnages n\u2019arr\u00eatent pas d\u2019entrer et de sortir, d\u2019ouvrir et de refermer des portes, comme dans une certaine tradition th\u00e9\u00e2trale. D\u2019autres fois, les personnages qui viennent du fond de l\u2019\u00e9cran (comme des toilettes dans le bar) semblent sortir des coulisses de la sc\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Mais ce caract\u00e8re factice du d\u00e9cor et des d\u00e9placements des com\u00e9diens rappelle aussi l\u2019univers du sitcom o\u00f9 des com\u00e9diens jouent devant un public des sc\u00e8nes quotidiennes dans un d\u00e9cor qui ne se cache pas comme d\u00e9cor surtout parce qu\u2019il est bon march\u00e9. Quand on conna\u00eet la passion de Resnais pour la s\u00e9rie am\u00e9ricaine (c\u2019est un fan de <em>Millenium<\/em>, s\u00e9rie con\u00e7ue par le cr\u00e9ateur de <em>X-Files<\/em> \u2013 il a travaill\u00e9 avec le compositeur de la s\u00e9rie pour <em>C\u0153urs<\/em>, Mark Snow -, des <em>Soprano<\/em>, de <em>The Shield<\/em>), et quand on sait que Resnais s\u2019est toujours passionn\u00e9 pour les genres populaires (la bande dessin\u00e9e, par exemple), il n\u2019est pas totalement aberrant de penser qu\u2019il a aussi \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par l\u2019esth\u00e9tique du sitcom.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Cela nous \u00e9loigne du th\u00e9\u00e2tre film\u00e9. Mais surtout, <em>C\u0153urs<\/em> est film\u00e9 avec les moyens du cin\u00e9ma : le montage (ces inserts surprenants de tableaux ou de pans de papiers peint), la musique, le hors champ (le personnage jou\u00e9 par Claude Rich, que l\u2019on entend mais qui n\u2019appara\u00eet jamais \u00e0 l\u2019\u00e9cran, en \u00e9cho au personnage de la m\u00e8re dans <em>Psychose<\/em> d\u2019Hitchcock). On ne peut donc pas r\u00e9duire le film \u00e0 du simple th\u00e9\u00e2tre film\u00e9. Une fois de plus Resnais choisit de faire autre chose \u2013 et peut-\u00eatre l\u2019inverse \u2013 que ce qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 fait par le pass\u00e9 (l\u2019exp\u00e9rience <em>M\u00e9lo<\/em> o\u00f9 l\u2019origine th\u00e9\u00e2trale \u00e9tait exhib\u00e9e.)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Dans <em>Mon oncle d\u2019Am\u00e9rique<\/em>, Resnais filmait deux souris dans une petite bo\u00eete de laboratoire. Leur comportement \u00e9tait \u00e9tudi\u00e9 par Henri Laborit, et renvoyait au comportement des personnages humains du film, dont les actes devenaient une implacable illustration des th\u00e9ories sur le comportement du biologiste. Les personnages de <em>C\u0153urs<\/em> sont parfois film\u00e9s comme les souris de laboratoire dans une petite bo\u00eete (le plan en plong\u00e9e sur Laura Morante visitant un appartement), mais les c\u0153urs des personnages restent insondables, et ne peuvent pas \u00eatre r\u00e9duits \u00e0 une th\u00e9orie du comportement. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, la neige qui tombe sans arr\u00eat sur ces m\u00eames personnages, comme un hiver qui n\u2019en finit jamais, semble les suspendre dans un vide glac\u00e9. On peut tr\u00e8s bien imaginer que cette toile d\u2019araign\u00e9e est suspendue dans le vide de l\u2019univers. Dans <em>Je t\u2019aime je t\u2019aime<\/em> (1968), Alain Resnais racontait l\u2019histoire d\u2019un homme prisonnier d\u2019une boucle temporelle qui lui faisait revivre sans cesse son histoire d\u2019amour malheureuse. C\u2019est une obsession dans tous les films de Resnais\u00a0: les gens sont prisonniers de la toile d\u2019araign\u00e9e, d\u2019eux-m\u00eames, de leur vie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">C\u2019est une angoisse r\u00e9currente chez le cin\u00e9aste, l\u2019id\u00e9e que la vie est plate, et que le seul \u00e9l\u00e9ment dramatique, c\u2019est la mort, au bout\u2026 Dans <em>C\u0153urs<\/em>, comme dans presque tous les films d\u2019Alain Resnais, les d\u00e9sirs, les int\u00e9r\u00eats et les passions humaines sont des leurres. Il n\u2019y a que la souffrance qui, elle, est bien r\u00e9elle. Le rapport entre le c\u00f4t\u00e9 factice des d\u00e9cors, dont on a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, et le c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0plat\u00a0\u00bb, ou trivial, c\u2019est selon, des dialogues dits par des personnages film\u00e9s souvent en plans rapproch\u00e9s cr\u00e9e un sentiment de m\u00e9lancolie tr\u00e8s fort. C\u2019est le d\u00e9risoire de la vie des \u00eatres qui est ainsi point\u00e9 du doigt.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Si le film est \u00e0 la fois si poignant et si glac\u00e9, c\u2019est peut-\u00eatre parce qu\u2019il donne ce sentiment d\u2019assister au dernier \u00e9pisode du feuilleton d\u2019un cin\u00e9aste qui organise la sortie de ses personnages (ces plans de la fin du film o\u00f9 les personnages s\u2019en vont, quittent la sc\u00e8ne) comme un enterrement solennel, sous une\u00a0 neige devenue cendre.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>Les Herbes folles<\/em>, dernier film en date d\u2019Alain Resnais (le cin\u00e9aste ach\u00e8ve actuellement la post production de <em>Vous n\u2019avez encore rien vu<\/em>, une adaptation d\u2019Eurydice de Jean Anouilh) est le film d\u2019un jeune octog\u00e9naire, d\u00e9bordant de malice, de fantaisie et de d\u00e9sir, sorte de chef-d\u2019\u0153uvre en libert\u00e9 o\u00f9 tout le monde \u2013 y compris le spectateur \u2013 semble gris\u00e9 par la brillance du travail de Resnais et le plaisir de travailler avec lui. C\u2019est aussi l\u2019adaptation d\u2019un roman de Christian Gailly, \u00ab\u00a0L\u2019Incident\u00a0\u00bb en collaboration avec l\u2019\u00e9crivain, proche du courant minimaliste qui comprend \u00e9galement Jean Echenoz, Jean-Philippe Toussaint ou Christian Oster. Est-ce un hasard si Gailly a publi\u00e9 toute son \u0153uvre aux Editions de Minuit\u00a0? Cette fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre maison d\u2019\u00e9dition montre \u00e0 la fois la constance du cin\u00e9ma de Resnais \u2013 de Robbe-Grillet \u00e0 Gailly, en pleine possession de ses propres moyens et en totale empathie avec l\u2019\u0153uvre d\u2019un autre \u2013 et son \u00e9volution vers un art de moins en moins intellectuel mais toujours aussi intelligent.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Remerciements \u00e0 Maud A.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><strong>Centro culturale Il Rivellino LDV Locarno <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><a href=\"http:\/\/www.ilrivellino.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.ilrivellino.ch<\/a> <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Mario Dondero et le Nouveau Roman. Une saison \u00e0 Paris<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">(Du 19 juin au 22 octobre 2011, catalogue \u00e0 para\u00eetre).<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la belle exposition consacr\u00e9e au c\u00e9l\u00e8bre photographe italien, \u00ab\u00a0Mario Dondero et le Nouveau Roman \u2013 Une saison \u00e0 Paris\u00a0\u00bb,\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Alain Resnais et le Nouveau Roman - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/11\/10\/alain-resnais-et-le-nouveau-roman\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Alain Resnais et le Nouveau Roman - 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