{"id":282,"date":"2011-02-22T11:00:11","date_gmt":"2011-02-22T10:00:11","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=282"},"modified":"2013-05-12T12:49:43","modified_gmt":"2013-05-12T11:49:43","slug":"en-attendant-sancho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/02\/22\/en-attendant-sancho\/","title":{"rendered":"En attendant Sancho"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Le cin\u00e9ma est une machine \u00e0 fabriquer des mythes : Charlot, King Kong, Marlene, Marilyn, &#8230; Mais la cr\u00e9ation passe souvent, avec le cin\u00e9ma, par des entreprises de r\u00e9cup\u00e9ration et de recyclage, surtout lorsqu&rsquo;il est question de personnages et de h\u00e9ros. Le cin\u00e9ma est un m\u00e9dium avide de culture haute, sans doute pour oublier ses origines foraines. Il a abondamment illustr\u00e9 les grandes figures mythologiques, historiques, litt\u00e9raires. Parfois la greffe est fertile, et le personnage rompt avec ses racines historiques ou romanesques pour s&rsquo;envoler vers une existence cin\u00e9matographique propre (Dracula par exemple.) Parfois le poids de ses origines s&rsquo;av\u00e8re trop intimidant pour que l&rsquo;adaptation cin\u00e9matographique franchisse le stade de l&rsquo;illustration ou de la comm\u00e9moration. De tous les chefs-d&rsquo;\u0153uvre de la litt\u00e9rature mondiale port\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, <em>Don Quichotte de la Manche<\/em> de Cervant\u00e8s appartient malgr\u00e9 de nombreuses tentatives, quelques r\u00e9ussites et une exception tardive, \u00e0 la cat\u00e9gorie des occasions manqu\u00e9es et des missions impossibles. Impossible en effet d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;\u00e9cueil de la simplification parfois grossi\u00e8re d&rsquo;une \u0153uvre foisonnante qui invite aux erreurs d&rsquo;interpr\u00e9tation. En ce qui concerne les occasions manqu\u00e9es, le film inachev\u00e9 d&rsquo;Orson Welles fut rejoint, en l&rsquo;an 2000, par le projet interrompu de Terry Gilliam, alors que le tournage venait de d\u00e9buter. Six ans plus tard, un film aussi sublime qu&rsquo;inattendu vint enfin mettre un terme \u00e0 cette longue histoire d&rsquo;amour d\u00e9\u00e7ue entre un des plus grands livres de l&rsquo;histoire de la litt\u00e9rature et le cin\u00e9ma. Mais nous n&rsquo;en sommes pas encore l\u00e0.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Les films et t\u00e9l\u00e9films d&rsquo;apr\u00e8s Don Quichotte permirent \u00e0 quelques grands com\u00e9diens de la sc\u00e8ne ou de l&rsquo;\u00e9cran de livrer des compositions intenses et \u00e9mouvantes : Feodor Chaliapine, Nicola\u00ef Tcherkassov, Peter O&rsquo;Toole, Fernando Rey pour ne citer que les plus c\u00e9l\u00e8bres et talentueux ont cr\u00e9\u00e9 des Don Quichotte inoubliables. Pour les adaptateurs et cin\u00e9astes, l&rsquo;effort d&rsquo;imagination s&rsquo;est souvent arr\u00eat\u00e9 au choix du casting, avec la certitude rassurante de pouvoir dissimuler les trahisons ou les approximations du sc\u00e9nario derri\u00e8re le cabotinage plus ou moins g\u00e9nial d&rsquo;une vedette d\u00e9guis\u00e9e ou d&rsquo;un trag\u00e9dien en transe. La version de 1933 de Georg W. Pabst, le g\u00e9nial auteur de <em>Loulou<\/em> alors en exil en France, ne poss\u00e8de malheureusement pas l&rsquo;\u00e9toffe de ses meilleurs films. Le cin\u00e9aste chass\u00e9 d&rsquo;Allemagne par le nazisme va devoir renoncer aux ambitions politiques et esth\u00e9tiques de ses premiers films et son <em>Don Quichotte<\/em>, machinalement dialogu\u00e9 par Paul Morand, inaugure la longue s\u00e9rie de ratages ou de films anodins dans une carri\u00e8re en d\u00e9clin. Le <em>Don Quichotte<\/em> de Grigori Kozintsev, en 1957, est au contraire un classique de l&rsquo;adaptation litt\u00e9raire au cin\u00e9ma. Co-fondateur avec Serguei Youtkevitch de la FEKS (\u00ab\u00a0Fabrique de l&rsquo;acteur excentrique\u00a0\u00bb), Kozintsev est un des formalistes les plus brillants de l&rsquo;avant-garde r\u00e9volutionnaire, et signe plusieurs chefs-d&rsquo;\u0153uvre dans les ann\u00e9es 20, dont la fameuse <em>Nouvelle Babylone<\/em>, \u00e9vocation lyrique de la Commune de Paris. Tributaire des exigences du r\u00e9gime sovi\u00e9tique, il doit sacrifier durant le r\u00e8gne de Staline \u00e0 la mode des biographies film\u00e9es puis se sp\u00e9cialise sous le d\u00e9gel dans la relecture des grands classiques litt\u00e9raires, Shakespeare en t\u00eate. Son <em>Don Quichotte<\/em> poss\u00e8de toutes les qualit\u00e9s de l&rsquo;adaptation prestigieuse et luxueuse, du soin apport\u00e9 \u00e0 la reconstitution historique jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation magistrale de Tcherkassov dans le r\u00f4le-titre. Mais ce souci de raffinement esth\u00e9tique (les joies du Sovcolor !) s&rsquo;accompagne d&rsquo;une grande pr\u00e9cision dans la psychologie et la direction d&rsquo;acteurs. Le succ\u00e8s du film de Kozintsev engendrera d&rsquo;autres <em>Don Quichotte<\/em> sovi\u00e9tiques, et la popularit\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre de Cervant\u00e8s en URSS ne s&rsquo;est jamais d\u00e9mentie. Monument national oblige, <em>Don Quichotte<\/em> fut adapt\u00e9 \u00e0 de nombreuses reprises par le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision espagnols. \u00c9touff\u00e9es par le respect ou \u00e9dulcor\u00e9es par la censure franquiste, ces versions officielles n&rsquo;ont gu\u00e8re marqu\u00e9 les esprits, sauf une fois encore pour leurs interpr\u00e8tes. Fernando Rey, acteur dont la notori\u00e9t\u00e9 en Espagne pouvait presque rivaliser avec celle du h\u00e9ros de Cervant\u00e8s, incarne peu de temps avant sa disparition un magnifique Don Quichotte de la Manche. Cin\u00e9matographiquement, les incursions ib\u00e9riques du Chevalier \u00e0 la triste figure ne d\u00e9passent pas le stade de l&rsquo;imagerie pieuse. En 1947, Rafael Gil, artisan besogneux du cin\u00e9ma commercial franquiste, livre entre deux m\u00e9los religieux une adaptation scolaire du roman de Cervant\u00e8s. Les \u00e9l\u00e9ments de satire politique visant la noblesse, les charges anticl\u00e9ricales contre l&rsquo;Inquisition contenus dans le roman ne sont pas forc\u00e9ment du go\u00fbt de l&rsquo;\u00e9tat qui avait impos\u00e9 la lecture de Cervant\u00e8s dans les \u00e9coles. Honor\u00e9e \u00e0 la fois par le r\u00e9gime sovi\u00e9tique et la dictature franquiste, l&rsquo;\u0153uvre de Cervant\u00e8s a encourag\u00e9 d\u00e8s sa parution des lectures multiples gr\u00e2ce \u00e0 un jeu ironique sur la multiplication en ses pages de discours contradictoires. Toutes ces mises en sc\u00e8ne acad\u00e9miques, m\u00eame les plus soign\u00e9es, ont fini par d\u00e9vitaliser l&rsquo;\u0153uvre originale, par la fossiliser dans des illustrations m\u00e9diocres qui ont transform\u00e9 en clich\u00e9s la lutte contre les moulins \u00e0 vent, la bataille contre les moutons ou le couple antagoniste form\u00e9 avec Sancho Pancha. Tributaire de la peinture et du dessin, le cin\u00e9ma n\u2019est pas parvenu \u00e0 d\u00e9passer l\u2019iconographie fix\u00e9e par les gravures de Gustave Dor\u00e9. On se permet pourtant de songer \u00e0 ce que Laurel et Hardy auraient pu faire de Don Quichotte et Sancho Pancha, anc\u00eatres de tous les couples masculins mal assortis du cin\u00e9ma comique, \u00e0 un Jacques Tati Don Quichotte, ou \u00e0 l\u2019id\u00e9e d&rsquo;Howard Hawks, \u00e9nonc\u00e9e dans un entretien, de confier le r\u00f4le du Chevalier errant \u00e0 Cary Grant. Du c\u00f4t\u00e9 des adaptations h\u00e9t\u00e9rodoxes, voire h\u00e9r\u00e9tiques, ce n&rsquo;est gu\u00e8re mieux. <em>L&rsquo;Homme de la Mancha <\/em>d&rsquo;Arthur Hiller appartient \u00e0 la cat\u00e9gorie des com\u00e9dies musicales d\u00e9cadentes qui supportent mal le voyage de Broadway \u00e0 Hollywood, vaguement appr\u00e9ci\u00e9e des amateurs de kitsch pour ses chansons et sa distribution extravagante (Peter O&rsquo;Toole, Sophia Loren et James Coco en Sancho Pancha !) On est \u00e9galement surpris de constater que le mythe n&rsquo;ait pas engendr\u00e9 davantage de parodies : une com\u00e9die mexicaine avec Cantinflas (qui joue Sancho, tandis que Fernando Fernan Gomez interpr\u00e8te Quichotte), une autre en Italie avec les in\u00e9narrables Franco et Ciccio (<em>Don Chisciotte e Sancho Panza<\/em> en 1969.) Il ne serait pas absurde de retrouver dans les grimaces des deux cr\u00e9tins siciliens quelque chose de la dimension orale et grotesque qui s&rsquo;est perdue au fil des si\u00e8cles et des traductions ind\u00e9licates. Cervant\u00e8s, lorsqu&rsquo;il commence \u00e0 \u00e9crire <em>Don Quichotte<\/em> dans la prison de S\u00e9ville vers 1600, se souvient de son s\u00e9jour forc\u00e9 \u00e0 Alger o\u00f9 il attendit cinq ans que sa famille paie la ran\u00e7on exig\u00e9e par ses ravisseurs. Il eut tout le loisir de s&rsquo;impr\u00e9gner de la culture arabe, de la tradition orale des conteurs de foire, et son <em>Don Quichotte<\/em> devra son ph\u00e9nom\u00e9nal et imm\u00e9diat succ\u00e8s \u00e0 sa formidable force comique. Ces intentions humoristiques dispara\u00eetront sous la lourdeur litt\u00e9raire des traductions successives mais surtout \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du Romantisme o\u00f9 le h\u00e9ros de Cervant\u00e8s passe du statut de lunatique \u00e0 celui de proph\u00e8te. De personnage grotesque, Don Quichotte devient une figure tragique, le symbole de l&rsquo;id\u00e9alisme et du r\u00eave confront\u00e9s \u00e0 la cruaut\u00e9 et la bassesse du monde moderne. C&rsquo;est cette lecture que retiendra le cin\u00e9ma, qui occulte les aspects ridicules et amusants de Don Quichotte pour le transformer en r\u00eaveur path\u00e9tique. Reste Orson Welles. Qui d&rsquo;autre que lui pouvait respecter la force d\u00e9clamatoire de Cervant\u00e8s, en conserver la trivialit\u00e9 tout en perp\u00e9tuant le mythe romantique du chevalier errant qui nie le monde qui l&rsquo;entoure en le transfigurant selon des d\u00e9sirs et ses souvenirs de lectures h\u00e9ro\u00efques ? Le d\u00e9sir de Welles d&rsquo;adapter Cervant\u00e8s naquit de sa relation intime avec l&rsquo;Espagne et de son attirance de plus en plus forte pour la grande culture europ\u00e9enne, amorc\u00e9e par ses films shakespeariens (avant Kafka) et renforc\u00e9e par ses d\u00e9boires avec l&rsquo;Am\u00e9rique qui ne veut plus de lui. L&rsquo;identification de Welles avec Quichotte, comme plus tard avec Falstaff, ne fait aucun doute. Welles se consid\u00e8re lui-m\u00eame comme un artiste de la Renaissance \u00e9gar\u00e9 au XXe si\u00e8cle. C&rsquo;est un id\u00e9aliste, un r\u00eaveur, un gamin g\u00e9nial dans le corps d&rsquo;un adulte capricieux, un vieillard pr\u00e9coce qui conserve pr\u00e9cieusement sa part d&rsquo;enfance et d&rsquo;immaturit\u00e9. Le cin\u00e9aste filme d&rsquo;abord des bouts d&rsquo;essai au bois de Boulogne avec Mischa Auer qu&rsquo;il vient de diriger dans <em>Mr. Arkadin<\/em> et le fid\u00e8le Akim Tamiroff en Sancho Pancha. Le tournage se poursuivra en Espagne, puis au Mexique, puis en Italie, de nouveau en Espagne. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un film auto-produit que Welles r\u00e9alise avec une \u00e9quipe tr\u00e8s r\u00e9duite lorsque le temps et surtout l&rsquo;argent le lui permettent. Quand les cr\u00e9dits sont \u00e9puis\u00e9s, Welles part faire l&rsquo;acteur dans un navet quelconque pour pouvoir acheter de la pellicule. \u00c0 de nombreuses reprises, dans les ann\u00e9es 60, Welles d\u00e9clare que le film est presque termin\u00e9. Le d\u00e9c\u00e8s en 1969 du com\u00e9dien principal, le Mexicain Francisco Reiguera, n\u2019arrange pas les choses. Le tournage finit par s&rsquo;interrompre d\u00e9finitivement. Il se sera \u00e9tal\u00e9 sur une douzaine d&rsquo;ann\u00e9es. <em>Don Quixote<\/em> n&rsquo;est pas le seul film inachev\u00e9 de Welles, mais il occupe une place unique dans l&rsquo;\u0153uvre du cin\u00e9aste. Cette fois-ci, ce ne sont plus les turpitudes du syst\u00e8me hollywoodien qui emp\u00eachent Welles de mener \u00e0 bien son projet, mais ses propres angoisses et incertitudes. Conscient d&rsquo;avoir r\u00e9alis\u00e9 son film le plus important et personnel, v\u00e9ritable m\u00e9ditation sur sa propre existence, Welles ne peut se r\u00e9soudre \u00e0 le livrer au public, et pr\u00e9f\u00e8re le laisser vivre dans son imagination plut\u00f4t que sur les \u00e9crans de cin\u00e9ma. Il existe \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise un bout \u00e0 bout d&rsquo;images sonores et muettes, quatre-vingts minutes de mat\u00e9riau brut qui se r\u00e9v\u00e8lent passionnantes sur le plan esth\u00e9tique mais comportent de trop nombreuses lacunes et incoh\u00e9rences pour laisser entrevoir les intentions narratives de Welles. On comprend seulement que le film se d\u00e9roule dans l&rsquo;Espagne contemporaine, et que Don Quichotte flanqu\u00e9 de son ins\u00e9parable Sancho Pancha se heurte encore plus brutalement aux agressions quotidiennes de la vie moderne. On le voit par exemple nu dans un tonneau sous un panneau publicitaire vantant une marque de bi\u00e8re \u00ab\u00a0Don Quixote\u00a0\u00bb. On retrouve dans cette adaptation \u00e0 la fois fid\u00e8le et iconoclaste de Cervant\u00e8s des affinit\u00e9s avec l&rsquo;art de Pasolini et Bu\u00f1uel. On pense beaucoup \u00e0 la truculence picaresque de <em>Des Oiseaux petits et gros<\/em> ou \u00e0 l&rsquo;asc\u00e9tisme baroque de <em>Simon du d\u00e9sert<\/em>. Le film devait se terminer par une explosion atomique. Quichotte et Falstaff, vus par Welles, poss\u00e8dent de nombreux points communs : ce sont deux forces du pass\u00e9, deux g\u00e9ants anachroniques \u00e9chou\u00e9s dans une \u00e9poque hostile. Des autoportraits, \u00e9videmment. Welles et Quichotte ne sont pas seulement deux r\u00eaveurs : ce sont des mythes bafou\u00e9s qui ne peuvent mener leur mission \u00e0 bien. Welles aussi \u00e9tait devenu une l\u00e9gende publicitaire, tra\u00eenant sa r\u00e9putation de g\u00e9nie comme un fardeau, plus connu pour ses prestations \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou dans les films des autres que pour ses chefs-d&rsquo;\u0153uvre maudits et mutil\u00e9s. Outrage ou hommage ? Jess Franco, l&rsquo;incroyable auteur de plus de cent cinquante films \u00e9rotico-fantastiques fut aussi l&rsquo;assistant et l&rsquo;ami d&rsquo;Orson Welles, qu&rsquo;il seconda sur le tournage de <em>Falstaff <\/em>en 1966. Franco signa en 1992 un montage du mythique film inachev\u00e9 de Welles, <em>Don Quixote<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Exposition Universelle de S\u00e9ville et au Festival de Cannes l&rsquo;ann\u00e9e suivante. Le travail de Franco permit de sortir du n\u00e9ant les ruines d&rsquo;un film mort-n\u00e9, qui s&rsquo;annon\u00e7ait sublime. Ce montage poss\u00e8de l&rsquo;immense valeur d&rsquo;\u00eatre la version la plus compl\u00e8te du mat\u00e9riel tourn\u00e9 par Welles. Mais les gardiens du temple ne pardonn\u00e8rent pas \u00e0 Franco d&rsquo;avoir supprim\u00e9 le son original pour le remplacer par un doublage espagnol. On imagine mal un film de Welles sans sa voix\u2026 D&rsquo;autant plus que le cin\u00e9aste avait d\u00e9cid\u00e9 de post-synchroniser\u2026 tous les acteurs, en variant l&rsquo;intonation de sa voix selon qu&rsquo;il jouait Sancho ou Quichotte ! Franco a \u00e9galement ajout\u00e9 une musique de Daniel J. White, jazzman de talent, mais dont le nom est attach\u00e9 aux films d&rsquo;horreur et aux porno soft de Franco. Une fois de plus victime de sa mauvaise r\u00e9putation, Jess Franco n&rsquo;a cependant pas \u00e0 rougir de cette mission difficile, qui ne remet pas en cause son amour et son admiration pour le grand cin\u00e9aste. En 2000, les aventures malheureuses de Don Quichotte au cin\u00e9ma s\u2019enrichissent d&rsquo;un post-scriptum douloureux. Terry Gilliam, l\u2019auteur de <em>Brazil<\/em> et <em>L&rsquo;Arm\u00e9e des douze singes<\/em>, est oblig\u00e9 d&rsquo;interrompre le tournage de <em>The Man Who Killed Don Quixote<\/em> au bout de quelques jours, en raison de conditions m\u00e9t\u00e9orologiques \u00e9pouvantables et surtout de l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 de Jean Rochefort, choisi par Gilliam pour jouer Don Quichotte, qui ne lui permet plus de monter \u00e0 cheval. Gilliam avait le projet d&rsquo;un <em>Don Quichotte<\/em> depuis une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es. Grill\u00e9 aupr\u00e8s des studios hollywoodiens en raison de sa r\u00e9putation fantasque et d\u00e9pensi\u00e8re, Gilliam s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9solu \u00e0 brider son imagination d\u00e9lirante et faire son film en Espagne, avec des capitaux exclusivement europ\u00e9ens. Il avait trouv\u00e9 en Ren\u00e9 Cleitman un producteur pr\u00eat \u00e0 parier beaucoup d&rsquo;argent (40 millions de dollars) sur cette aventure risqu\u00e9e. Johnny Depp et Vanessa Paradis compl\u00e8tent la distribution et leur pr\u00e9sence rassure les investisseurs. Depp incarne un jeune publiciste am\u00e9ricain cynique catapult\u00e9 au gr\u00e9 d\u2019un d\u00e9r\u00e8glement spatio-temporel dans l\u2019Espagne du XVIe si\u00e8cle. Il rencontre Don Quichotte qui le confond avec son fid\u00e8le \u00e9cuyer Sancho Pancha. Le film devait jouer sur le contraste entre l\u2019arrogance du publiciste pourvoyeur de r\u00eaves bon march\u00e9 et l\u2019id\u00e9alisme du plus grand r\u00eaveur de la civilisation occidentale. Mais la prostate et le dos de Jean Rochefort r\u00e9duisirent les efforts de Gilliam et Cleitman \u00e0 n\u00e9ant. Apr\u00e8s plusieurs mois de pr\u00e9-production et une petite semaine de tournage, d\u00e9j\u00e0 perturb\u00e9e par une temp\u00eate en plein mois d\u2019ao\u00fbt dans le d\u00e9sert espagnol, les producteurs renoncent \u00e0 enrayer le retard accumul\u00e9 sur le plan de travail. Le tournage est abandonn\u00e9 et les droits du film sont vendus aux assureurs. Seul Terry Gilliam affichait encore, il y a quelques ann\u00e9es, la ferme intention de r\u00e9cup\u00e9rer les droits du film et de le tourner, co\u00fbte que co\u00fbte, mais ce projet semble aujourd&rsquo;hui d\u00e9finitivement tomb\u00e9 dans les limbes. Le documentaire <em>Lost in La Mancha<\/em> de Keith Fulton et Louis Pepe est un \u00e9trange\u00a0 \u201c\u00a0making of\u00a0\u201d, puisqu\u2019il enregistre le compte \u00e0 rebours d\u2019un projet vers son an\u00e9antissement. On y voit Terry Gilliam f\u00e9brile et enthousiaste, attentif aux moindres d\u00e9tails artistiques ou financiers de la pr\u00e9paration de son film. <em>Lost in La Mancha<\/em> vient contester l\u2019image n\u00e9gative d\u2019un Gilliam incontr\u00f4lable qui nuit \u00e0 la carri\u00e8re du cin\u00e9aste depuis le fiasco colossal de <em>Les Aventures du baron de Munchhausen<\/em> en 1987, exp\u00e9rience d\u00e9sastreuse dont le souvenir plane comme une menace sur le Quichotte. Les quelques plans tourn\u00e9s ne permettent pas de pr\u00e9dire un chef-d\u2019\u0153uvre en p\u00e9ril, \u00e0 moins d\u2019\u00eatre un admirateur inconditionnel du cin\u00e9aste, ce qui est loin d&rsquo;\u00eatre mon cas. La comparaison avec Orson Welles et Terry Gilliam (deux wonder-boys m\u00e9pris\u00e9s par l\u2019Am\u00e9rique, deux visionnaires en exil, deux films inachev\u00e9s) semble couler de source, mais elle est \u00e9crasante pour l\u2019ex-Monty Python, qui ne retient de l\u2019\u0153uvre de Cervant\u00e8s que l\u2019opposition r\u00eave\/r\u00e9alit\u00e9, th\u00e9matique un rien simpliste au c\u0153ur de sa propre filmographie (<em>Bandits-Bandits, Brazil, Munchhausen<\/em>, etc.) Il est \u00e9galement inutile de parler de mal\u00e9diction\u00a0: Welles a sans doute programm\u00e9 en toute libert\u00e9 l\u2019invisibilit\u00e9 de son film, Gilliam prisonnier des financiers et victime de la mauvaise fortune a v\u00e9cu un cauchemar de cin\u00e9aste, mais les spectateurs ont sans doute \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 un\u00a0 film embarrassant de plus. Dans<em> Lost in La Mancha<\/em>, Gilliam semble \u00eatre le seul \u00e0 trouver bon et dr\u00f4le ce qu&rsquo;il est en train de tourner.\u00a0 Une chose est s\u00fbre : s&rsquo;il est parfois dangereux pour un acteur ou une actrice de s&rsquo;identifier \u00e0 Napol\u00e9on ou Jeanne d\u2019Arc, l&rsquo;identification du cin\u00e9aste \u00e0 Don Quichotte semble fatalement renvoyer son film dans les limbes de l\u2019imagination, emp\u00eacher sa concr\u00e9tisation comme si nous assistions \u00e0 une vengeance des contingences mat\u00e9rielles sur le fragile pouvoir des r\u00eaves.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Et Albert Serra vint. En 2006, un premier film r\u00e9ussit \u00e0 balayer des d\u00e9cennies d&rsquo;\u00e9checs, de ratages, d&rsquo;erreurs.<br \/>\n<em>Honor de cavalleria<\/em> (photo en t\u00eate de texte) est une adaptation \u00e0 la fois respectueuse et originale du <em>Don Quichotte<\/em> de Cervant\u00e8s, et marque l\u2019apparition d\u2019un jeune cin\u00e9aste extr\u00eamement talentueux, libre et courageux dans sa vision du cin\u00e9ma, bref le nouvel enfant terrible que nous attendions tous dans le paysage du cin\u00e9ma espagnol : Albert Serra.<br \/>\nLe film, au-del\u00e0 de ses qualit\u00e9s cin\u00e9matographiques, a l&rsquo;intelligence d&rsquo;aborder Cervantes \u00e0 la fois avec humilit\u00e9, s\u00e9rieux et originalit\u00e9. <em>Honor de cavalleria<\/em>, comme l&rsquo;avait dit Jean Douchet au moment de la sortie fran\u00e7aise du film, a le grand m\u00e9rite d&rsquo;arracher Cervantes a plusieurs si\u00e8cles d&rsquo;\u00e9tudes universitaires. Sancho et Quichotte sont interpr\u00e9t\u00e9s des com\u00e9diens non-professionnels issus de Figueras, la ville catalane o\u00f9 a grandi Albert Serra. Le film est enti\u00e8rement tourn\u00e9 en d\u00e9cors naturels dans la r\u00e9gion du cin\u00e9aste et parl\u00e9 en catalan, ce qui peut sembler une h\u00e9r\u00e9sie par rapport au texte original, mais qui renforce l&rsquo;authenticit\u00e9, la po\u00e9sie triviale du projet. De la m\u00eame mani\u00e8re qu&rsquo;Albert Serra a conscience de venir apr\u00e8s la grande histoire du cin\u00e9ma moderne, <em>Honor de cavalleria<\/em> commence lorsque la grande aventure est termin\u00e9e. C&rsquo;est un Don Quichotte\u00a0 sans le picaresque, sans les combats, sans les moulins \u00e0 vent. Il ne reste plus que des souvenirs, des bribes d&rsquo;action, des histoires \u00e0 (se) raconter, la pesanteur du corps de Sancho et la vieillesse de celui de Quichotte, film\u00e9s avec gr\u00e2ce et simplicit\u00e9 par Albert Serra, et la solitude d&rsquo;un couple d&rsquo;hommes que tout oppose, mais qui partage tout. C&rsquo;est finalement un film sur l&rsquo;amiti\u00e9, celle qui passe entre Sancho et Quichotte \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, et celle qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 la fabrication du film. A ce sujet, on ne saura trop conseiller le DVD d&rsquo;<em>Honor de cavalleria<\/em> \u00e9dit\u00e9 en France par le distributeur Capricci, accompagn\u00e9 d&rsquo;un livret \u00e9crit par Albert Serra o\u00f9 le jeune cin\u00e9aste parle en toute franchise de ses influences, de sa philosophie du cin\u00e9ma et de ses m\u00e9thodes de travail aussi belles que particuli\u00e8res qui accouch\u00e8rent de ce remarquable premier long m\u00e9trage et d&rsquo;un second tout aussi magnifique, sinon davantage, <em>Le Chant des oiseaux<\/em> en 2008.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/02\/22\/en-attendant-sancho\/contentos_web\/\" rel=\"attachment wp-att-287\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-287\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/02\/contentos_web.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"202\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/02\/contentos_web.jpg 1234w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/02\/contentos_web-414x280.jpg 414w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/02\/contentos_web-1024x692.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/02\/contentos_web-580x391.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Honor de cavalleria. 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