{"id":27835,"date":"2024-05-12T13:25:50","date_gmt":"2024-05-12T12:25:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=27835"},"modified":"2024-05-12T13:25:50","modified_gmt":"2024-05-12T12:25:50","slug":"roger-corman-1926-2024","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2024\/05\/12\/roger-corman-1926-2024\/","title":{"rendered":"Roger Corman (1926-2024)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Qui a fait d\u00e9buter Martin Scorsese et James Cameron ? Qui a produit des films de prisons de femmes tout en distribuant Bergman et Truffaut ? R\u00e9ponse : Roger Corman, pilier de l\u2019histoire non officielle du cin\u00e9ma am\u00e9ricain, d\u00e9nicheur de talents, entrepreneur de spectacles et cin\u00e9aste, dont on a appris la disparition le 9 mai 2024 \u00e0 Santa Monica, \u00e0 l\u2019\u00e2ge honorable de 98 ans. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, il avait \u00e9t\u00e9 applaudi pour l&rsquo;ensemble de sa carri\u00e8re sur la sc\u00e8ne du festival de Cannes lors de la c\u00e9r\u00e9monie de cl\u00f4ture, aux c\u00f4t\u00e9s de Quentin Tarantino, fan de la premi\u00e8re heure.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Apprenti sc\u00e9nariste \u00e0 la 20th Century Fox, Roger Corman rejoint en 1954 ARC, qui deviendra bient\u00f4t American International Pictures (AIP), une toute jeune soci\u00e9t\u00e9 ind\u00e9pendante de production et de distribution promise \u00e0 un fructueux avenir. R\u00e9alisateur et producteur pour AIP, Corman r\u00e9volutionne la seconde g\u00e9n\u00e9ration de la s\u00e9rie B en explorant le go\u00fbt de la nouveaut\u00e9 et de la contestation d\u2019un public adolescent. Corman acquiert la r\u00e9putation d\u2019un cin\u00e9aste extr\u00eamement prolifique, inventif et performant, qui sait transformer la modicit\u00e9 de ses budgets en atouts commerciaux. Il d\u00e9bute par des westerns, puis encha\u00eene avec des films de science-fiction rachitiques, dont les titres ronflants dissimulent des trucages ridicules (<em>Attack of the Crab Monsters, The Viking Women and the Sea Serpent, Teenage Caveman<\/em>), quelques bons polars (<em>Mitraillette Kelly<\/em>, avec un Charles Bronson d\u00e9butant) et, surtout, la l\u00e9gendaire <em>Petite Boutique des horreurs<\/em>\u00a0en 1960, une com\u00e9die macabre tourn\u00e9e en deux jours et une nuit selon la l\u00e9gende.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans les ann\u00e9es 60, Corman, sans perdre de vue son souci de rentabilit\u00e9 et de divertissement, r\u00e9alise des films de genre plus ambitieux, telles ses adaptations bariol\u00e9es d\u2019Edgar Allan Poe (r\u00e9unies dans un coffret Blu-ray \u00e9dit\u00e9 par Sidonis\/Calysta), qui le hissent au rang de petit ma\u00eetre du fantastique. Parall\u00e8lement, avec ce m\u00e9lange d\u2019opportunisme, de roublardise et de candeur qui le caract\u00e9rise, il se lance t\u00eate baiss\u00e9e dans la mode de la contre-culture et du psych\u00e9d\u00e9lisme, profitant du rel\u00e2chement de la censure pour produire ou r\u00e9aliser des films de plus en plus violents (<em>Bloody Mama<\/em>, 1970). Il devient un cin\u00e9aste pop.<\/strong><\/p>\n<p><strong>En fondant au d\u00e9but des ann\u00e9es 70 sa propre compagnie, New World (puis Concorde en 1981, devenue ensuite New Horizons Videos), Corman se transforme en pygmalion du cin\u00e9ma d\u2019exploitation, produisant plusieurs centaines de films et utilisant les services de jeunes \u00e9tudiants cin\u00e9philes. C\u2019est ainsi que Scorsese, Coppola, De Niro et presque tous les membres du Nouvel Hollywood feront leurs d\u00e9buts chez Corman, mais aussi les g\u00e9n\u00e9rations suivantes de futurs cin\u00e9astes tels Joe Dante, Jonathan Demme ou James Cameron. Coppola et Bogdanovich ont ainsi remont\u00e9 et \u00ab maquill\u00e9 \u00bb des films de science-fiction sovi\u00e9tiques pour le march\u00e9 am\u00e9ricain. Joe Dante a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 des bandes annonces des films New World et James Cameron a \u00e9t\u00e9 chef-d\u00e9corateur des <em>Mercenaires de l\u2019espace<\/em> et de <em>La Galaxie de la terreur<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Corman fut un entrepreneur de spectacles, mais de spectacles choquants, agressifs, sarcastiques, dr\u00f4les, \u00e0 l\u2019inverse des productions plus consensuelles qui envahiront les salles de cin\u00e9ma lorsque Spielberg et Lucas s\u2019empareront du cin\u00e9ma de genre, avec des moyens colossaux. Corman fut au contraire le roi du syst\u00e8me D, de l\u2019accroche racoleuse, un g\u00e9nie du commerce. Du sang et des seins nus l\u00e9gitiment la r\u00e9alisation d\u2019un film. Ce d\u00e9couvreur de talents originaux et ce repr\u00e9sentant de la conception la plus basse \u00admais jouissive \u00addu cin\u00e9ma de distraction (arts martiaux, blaxploitation, horreur et com\u00e9dies \u00e9rotiques) distribuait durant la m\u00eame p\u00e9riode les films de Bergman, Kurosawa et Truffaut dans le circuit art-et-essai am\u00e9ricain, avec un succ\u00e8s consid\u00e9rable !<\/strong><\/p>\n<p><strong>En 1990, Corman fit un inattendu retour \u00e0 la mise en sc\u00e8ne avec\u00a0<em>Frankenstein Unbound<\/em>, d\u2019apr\u00e8s Brian W. Aldiss, une oeuvre de science-fiction hybride et surann\u00e9e mais passionnante, dans laquelle Corman en profite surtout pour exprimer sa nostalgie pour l\u2019esth\u00e9tique et l\u2019esprit des ann\u00e9es 60. Lorsque les drive-ins ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par les vid\u00e9oclubs, puis les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision payantes, puis les services VOD, Corman a toujours cherch\u00e9 \u00e0 s\u2019adapter aux bouleversements de l\u2019industrie et de la diffusion cin\u00e9matographique. Ind\u00e9tr\u00f4nable, Corman est rest\u00e9 actif jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie, et toujours aussi productif m\u00eame si quantit\u00e9 et qualit\u00e9 \u00e9taient devenues impossibles \u00e0 concilier. Apr\u00e8s avoir invent\u00e9 des sous-genres dynamiques dans les ann\u00e9es 70, Corman s\u2019est content\u00e9 \u00e0 partir des ann\u00e9es 90 d\u2019exploiter les bons filons : remakes de<em>Terminator<\/em> tourn\u00e9s aux Philippines ou <em>Jurassic Park<\/em> miniatures, et bien s\u00fbr films de \u00ab\u00a0sharksploitation\u00a0\u00bb. Ses derni\u00e8res productions ? <em>The Jungle Demon<\/em>, <em>Abduction<\/em>, <em>CobraGator<\/em>, <em>La Course \u00e0 la mort de l\u2019an 2050 <\/em>ou <em>Sharktopus vs. Whalewolf<\/em> nous informe Imdb. Les titres parlent d\u2019eux-m\u00eames. Mais l\u2019\u00e9nergie \u00e9tait toujours l\u00e0.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Corman a publi\u00e9 en 1990 son autobiographie <em>How I Made a Hundred Movies in Hollywood and Never Lost a Dime<\/em>\u00a0(<em>Comment j\u2019ai fait 100 films \u00e0 Hollywood sans jamais perdre un centime<\/em>, un titre qui souligne ironiquement l\u2019avarice l\u00e9gendaire de son auteur), un document pr\u00e9cieux sur l\u2019histoire <em>non-officielle<\/em>\u00a0du cin\u00e9ma am\u00e9ricain contemporain. La meilleure. Le livre a \u00e9t\u00e9 traduit et publi\u00e9 par Capricci en 2018.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Entretien avec Roger Corman<\/strong><\/p>\n<p><strong>Olivier P\u00e8re\u00a0: Contrairement \u00e0 tout ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit sur vous, on peut estimer que vous \u00eates li\u00e9 au cin\u00e9ma d\u2019exploitation et non pas \u00e0 la s\u00e9rie B.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Roger Corman<em>\u00a0: <\/em>Le terme \u00ab\u00a0s\u00e9rie B\u00a0\u00bb d\u00e9signe des films r\u00e9alis\u00e9s dans les ann\u00e9es 30 et 40. Durant la D\u00e9pression, les studios d\u00e9cid\u00e8rent de proposer au public deux films pour le prix d\u2019un. Il y avait d\u2019abord un film A, avec un gros budget et des vedettes, puis un deuxi\u00e8me film \u00e0 petit budget. C\u2019\u00e9tait une graduation dans l\u2019\u00e9chelle de production des studios. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 faire des films dans les ann\u00e9es 50, o\u00f9 cette distinction a cess\u00e9 parce que la t\u00e9l\u00e9vision est apparue en m\u00eame temps que les effets de la D\u00e9pression disparaissaient. On n\u2019avait plus besoin de films d\u2019appoint. Le cin\u00e9ma d\u2019exploitation est une extension de la s\u00e9rie B. Mes films, r\u00e9alis\u00e9s avec peu de moyens, pouvaient int\u00e9grer un double programme mais \u00e9galement \u00eatre montr\u00e9s seuls. Cependant, l\u2019expression \u00ab\u00a0s\u00e9rie B\u00a0\u00bb a perdur\u00e9 m\u00eame si, historiquement, je n\u2019en ai jamais r\u00e9alis\u00e9 une (rires)\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Vos premiers films sont des westerns, un genre que vous d\u00e9laissez rapidement pour vous consacrer \u00e0 des sujets plus contemporains : la d\u00e9linquance juv\u00e9nile, le rock, les beatniks, plus tard les Hell\u2019s Angels et le LSD.<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: La soci\u00e9t\u00e9 subissait une v\u00e9ritable m\u00e9tamorphose et, surtout, le public a rajeuni. Les genres traditionnels n\u2019int\u00e9ressaient plus les jeunes. J\u2019\u00e9tais moi-m\u00eame passionn\u00e9 par la science-fiction et le fantastique. Les ann\u00e9es 60 virent l\u2019explosion de la contre-culture. J\u2019ai alors r\u00e9alis\u00e9\u00a0<em>The Wild Angels<\/em>\u00a0(<em>Les Anges sauvages<\/em>, 1966, avec Peter Fonda et Nancy Sinatra, disponible en Blu-ray chez Sidonis\/Calysta) et\u00a0<em>The Trip<\/em>, qui tentaient de refl\u00e9ter l\u2019esprit de cette \u00e9poque pleine d\u2019\u00e9nergie et d\u2019optimisme.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Avec <em>The Trip<\/em> (1967), vous avez utilis\u00e9 certaines techniques du cin\u00e9ma underground.<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: J\u2019ai vu quelques films d\u2019avant-garde. J\u2019ai toujours essay\u00e9 de voir le plus grand nombre de films, des horizons et des genres les plus divers, et je pense m\u2019\u00eatre servi de tout ce que j\u2019ai vu.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Le film est un curieux bric-\u00e0-brac (sur un sc\u00e9nario de Jack Nicholson, alors totalement inconnu), avec beaucoup de musique pop et des sc\u00e8nes d\u2019hallucinations o\u00f9 l\u2019on voit Peter Fonda d\u00e9ambuler dans des paysages m\u00e9di\u00e9vaux.<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: J\u2019ai pris du LSD pour pr\u00e9parer le film, afin d\u2019\u00e9prouver les effets de cette drogue. Mes visions provenaient du Moyen Age, du futur, de l\u2019int\u00e9rieur et de l\u2019ext\u00e9rieur de moi-m\u00eame. J\u2019ai ensuite essay\u00e9 de repr\u00e9senter ce large spectre de sensations et d\u2019images qui m\u2019avait envahi et qu\u2019aucun film n\u2019aurait pu enti\u00e8rement reproduire.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Dans vos films, vous m\u00ealez des ingr\u00e9dients racoleurs (principalement le sexe et la violence) \u00e0 une approche intellectuelle et politique du genre. Votre cycle sur Edgar Poe se rattache au cin\u00e9ma d\u2019horreur, mais s\u2019inspire de textes po\u00e9tiques et est tr\u00e8s influenc\u00e9 par la psychanalyse. \u00c9tait-ce pour s\u00e9duire le public des campus, ou alors pour prendre vos distances avec une mati\u00e8re ingrate ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: Ni l\u2019un ni l\u2019autre. C\u2019\u00e9tait vraiment ce que je voulais faire. J\u2019avais le sentiment que je devais r\u00e9aliser des films qui soient \u00e0 la fois divertissants, excitants, mais qui puissent exprimer cin\u00e9matographiquement des \u00e9motions personnelles. En 1961, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 <em>The Intruder<\/em>, sur la question de la s\u00e9gr\u00e9gation raciale dans le sud des Etats-Unis. Le film a re\u00e7u un accueil critique merveilleux, a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 dans de nombreux festivals \u00e0 travers le monde, et c\u2019est le premier de mes films \u00e0 avoir perdu de l\u2019argent. A la suite de cet \u00e9chec commercial, qui frappait un film auquel j\u2019avais \u00e9norm\u00e9ment cru, je me suis dit que je ne devrais plus jamais r\u00e9aliser de film ouvertement engag\u00e9 ; j\u2019avais tort de vouloir faire passer un message. Mieux vaut r\u00e9aliser des films avec plusieurs niveaux de lecture, et placer dans le sous-texte des id\u00e9es qui me semblent importantes, en esp\u00e9rant qu\u2019une partie du public les saisira. Ainsi, j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 faire des films qui gardaient un sens pour moi.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: C\u2019est pour cette raison que dix ans apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de <em>The Intruder<\/em> (disponible en Blu-ray chez Carlotta), vous vous \u00eates lanc\u00e9 dans la mode de la \u00ab blaxploitation \u00bb en produisant des polars destin\u00e9s \u00e0 la communaut\u00e9 africaine-am\u00e9ricaine.<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: Et cela m\u2019a permis de lancer ma grande vedette de cette \u00e9poque, Pam Grier.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Vous \u00eates tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre pour avoir donn\u00e9 leur chance \u00e0 des jeunes \u00e9tudiants ou des sc\u00e9naristes et acteurs d\u00e9butants qui n\u2019avaient aucune exp\u00e9rience et qui ont appris le cin\u00e9ma \u00e0 vos c\u00f4t\u00e9s : la liste est impressionnante, de Francis Coppola \u00e0 James Cameron, en passant par Robert De Niro, Martin Scorsese, Joe Dante, Peter Bogdanovich et Robert Towne, par exemple.<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: La production cin\u00e9matographique am\u00e9ricaine \u00e9tait totalement domin\u00e9e par les grandes compagnies. Il y avait d\u00e9j\u00e0 quelques soci\u00e9t\u00e9s ind\u00e9pendantes, mais elles \u00e9taient extr\u00eamement marginalis\u00e9es et produisaient des films sp\u00e9cialis\u00e9s ou de compl\u00e9ment auxquels personne n\u2019accordait la moindre importance, m\u00eame s\u2019ils \u00e9taient parfois remarquables. C\u2019est en partie en r\u00e9action \u00e0 la domination de l\u2019argent et de la tradition que j\u2019ai fait des films et ensuite confi\u00e9 leur r\u00e9alisation \u00e0 des jeunes susceptibles de r\u00e9pondre aux attentes d\u2019un public jeune. Les productions des grands studios des ann\u00e9es 70 et 80 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui ont d\u2019ailleurs profit\u00e9 de notre h\u00e9ritage.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Pourquoi n\u2019\u00eates-vous pas cr\u00e9dit\u00e9 aux g\u00e9n\u00e9riques de tous les films que vous avez produits ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: Notre compagnie produit trop de films par an pour que je puisse tous les superviser personnellement. Donc j\u2019apparais au g\u00e9n\u00e9rique de la moiti\u00e9 d\u2019entre eux &#8211; ceux dont je m\u2019occupe plus particuli\u00e8rement \u00ad- et je d\u00e9l\u00e8gue mes responsabilit\u00e9s \u00e0 de jeunes assistants, pr\u00e9f\u00e9rant alors que ce soit eux qui apparaissent au g\u00e9n\u00e9rique. Cela peut les aider pour leur carri\u00e8re, alors que cela n\u2019a aucune importance pour moi. La moiti\u00e9 des films que j\u2019ai produits \u00e9taient des id\u00e9es personnelles, un quart provenaient d\u2019id\u00e9es de mon \u00e9quipe, un quart \u00e9taient des projets qui nous parvenaient de personnes ext\u00e9rieures.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : A la fin des ann\u00e9es 90, vous est-il toujours aussi facile de recruter de jeunes talents dans les facs de cin\u00e9ma ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: C\u2019est un peu plus compliqu\u00e9 car les grands studios, la publicit\u00e9, MTV et la t\u00e9l\u00e9vision offrent de nombreuses opportunit\u00e9s aux jeunes talents qui ont envie de faire leurs preuves. Ils sont davantage sollicit\u00e9s et ont plus le choix qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque d\u2019AIP ou de New World Pictures. Mais de nombreux jeunes r\u00e9alisateurs ont encore envie de nous rejoindre. Nous restons en contact avec les \u00e9coles de cin\u00e9ma, et chaque ann\u00e9e nous embauchons des nouveaux r\u00e9alisateurs. Notre production annuelle est, pour un tiers, compos\u00e9e de premiers films.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Pourquoi vous \u00eates-vous arr\u00eat\u00e9 de mettre en sc\u00e8ne apr\u00e8s <em>Le Baron rouge<\/em> (<em>The Red Baron<\/em>) en 1971, pour ne tourner un nouveau film que vingt ans plus tard, <em>La R\u00e9surrection de Frankenstein <\/em>(<em>Frankenstein Unbound<\/em>)\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: J\u2019\u00e9tais fatigu\u00e9, apr\u00e8s plus de cinquante films en un peu plus de dix ans. J\u2019ai beaucoup souffert pendant le tournage du <em>Baron rouge<\/em>. J\u2019ai quand m\u00eame termin\u00e9 le film, mais ensuite j\u2019\u00e9prouvais le besoin de m\u2019arr\u00eater et de me reposer. J\u2019ai pris une ann\u00e9e sabbatique, dans l\u2019intention de tourner un autre film. Pendant cette ann\u00e9e, pour rester occup\u00e9, j\u2019ai fond\u00e9 ma propre soci\u00e9t\u00e9 de production et de distribution, New World Pictures, qui a pris de l\u2019importance tellement rapidement que j\u2019ai d\u00fb m\u2019en occuper encore un an avant d\u2019envisager de tourner un nouveau film. Finalement, je ne l\u2019ai jamais fait, jusqu\u2019\u00e0 <em>Frankenstein Unbound<\/em>. Et maintenant, en partie en raison de mon \u00e2ge, 72 ans, mais aussi parce que je continue de produire entre vingt et trente films par an, je ne r\u00e9aliserai probablement plus de film \u00adsauf s\u2019il me venait une id\u00e9e de projet que je veuille \u00e0 tout prix mettre en sc\u00e8ne.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : En 1981, vous avez coproduit <em>Le Territoire<\/em> de Raoul Ruiz (coproduit par Paulo Branco et Pierre Cottrell), un metteur en sc\u00e8ne plut\u00f4t \u00e9loign\u00e9 de vos pr\u00e9occupations commerciales. Comment est-ce arriv\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: Un producteur fran\u00e7ais, et un grand ami, Pierre Cottrell (producteur ex\u00e9cutif de <em>La Maman et la Putain <\/em>de Jean Eustache) m\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Raoul. J\u2019ai aim\u00e9 l\u2019homme et son travail et j\u2019ai eu envie de coproduire son film. Il a fait du bon boulot mais le film \u00e9tait tellement \u00e9trange qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 mal re\u00e7u lors des projections-tests aux Etats-Unis. Donc nous l\u2019avons montr\u00e9 dans quelques festivals, mais il n\u2019a pas eu de distribution commerciale aux Etats-Unis. C\u2019\u00e9tait trop bizarre.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: En 1974, <em>Cockfighter<\/em> (disponible en Blu-ray chez Carlotta) de Monte Hellman, sans doute le plus marginal de vos poulains, a connu \u00e9galement quelques d\u00e9boires.<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: Nous avons modifi\u00e9 la bande-annonce et le titre. Il n\u2019y avait jamais eu de film sur les combats de coqs et je pense que Monte a fait un tr\u00e8s bon film. C\u2019\u00e9tait le premier film am\u00e9ricain du grand directeur de la photographie Nestor Almendros. Nous avons sorti le film dans le sud des Etats-Unis o\u00f9 les combats de coqs, bien qu\u2019ill\u00e9gaux, comme sur le reste du territoire am\u00e9ricain, \u00adsont tr\u00e8s populaires. Mais le film n\u2019a pas bien march\u00e9. Donc on l\u2019a retir\u00e9 imm\u00e9diatement de l\u2019affiche pour en changer le titre. <em>Cockfighter <\/em>est devenu <em>Born to Kill<\/em>, un titre plus ambigu, et alors il a mieux march\u00e9. Ainsi, le film n\u2019a connu qu\u2019un petit \u00e9chec au lieu d\u2019un d\u00e9sastre.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Votre compagnie New Horizons Home Video (cr\u00e9\u00e9e en 1990 puis rebaptis\u00e9e New Concorde Home Entertainement avant de dispara\u00eetre au milieu des ann\u00e9es 2000) alimente d\u00e9sormais les vid\u00e9oclubs. Vos films sont directement exploit\u00e9s en vid\u00e9o. Qu\u2019est-ce que cela change ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: On continue \u00e0 tourner en 35mm parce que si nos films ne sortent plus en salles aux Etats-Unis, ils sont encore distribu\u00e9s en salles dans certains pays. En ce moment, je tourne deux films en vid\u00e9o digitale haute d\u00e9finition. C\u2019est la voie du futur. Je suis satisfait du r\u00e9sultat, et c\u2019est plus \u00e9conomique que la pellicule, mais cela pose des probl\u00e8mes pour vendre le film ensuite. En effet, les acheteurs nous en proposent moins d\u2019argent. C\u2019est absurde puisque, de toute fa\u00e7on, le film sera ensuite exploit\u00e9 en vid\u00e9o. C\u2019est uniquement par principe.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: En 1992, vous avez produit un film qui utilisait des images d\u2019archives du tremblement de terre de San Francisco de 1989, int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 des plans de destruction de maquettes emprunt\u00e9s \u00e0 un film japonais\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: Il s\u2019agit de <em>Quake \u2013 ondes de choc<\/em>, de Louis Morneau, produit par Mike Elliott. Un de nos jeunes talents vient de l\u2019universit\u00e9 de Berkeley, pas tr\u00e8s loin de la baie de San Francisco. D\u00e8s la premi\u00e8re secousse, il m\u2019a appel\u00e9 et m\u2019a dit <em>\u00ab Donnez-moi une cam\u00e9ra et du mat\u00e9riel. Je vais rouler toute la nuit, j\u2019appelle des amis et vous aurez des images demain matin. \u00bb<\/em>\u00a0C\u2019est le genre d\u2019id\u00e9e que j\u2019aurais pu avoir dans ma jeunesse !<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: En 1996, au March\u00e9 du film du Festival de Cannes, on pouvait voir une production Concorde, <em>The Marquis de Sade<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: C\u2019est une jeune r\u00e9alisatrice pleine de talent, Gwyneth Gibby, qui l\u2019a tourn\u00e9 \u00e0 Moscou. C\u2019est beaucoup moins cher. Le pr\u00e9sident de Mosfilm est venu me voir et m\u2019a expliqu\u00e9 que Mosfilm avait construit des studios immenses pour accueillir des gros tournages tr\u00e8s longs. Il m\u2019a propos\u00e9 de me montrer les plans des diff\u00e9rents plateaux afin de les rentabiliser en tournant rapidement des petits films. J\u2019ai trouv\u00e9 l\u2019id\u00e9e excellente, et cela nous a permis de tourner cinq films \u00e0 Moscou : <em>The Marquis de Sade<\/em> a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 dans des d\u00e9cors abandonn\u00e9s par une grosse production franco-russe.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Vous avez chang\u00e9 l\u2019esprit et la forme du cin\u00e9ma commercial : les gros succ\u00e8s hollywoodiens des ann\u00e9es 90 (<em>Men in black, Independence Day)<\/em>\u00a0ou les films de Tim Burton ont des allures de luxueuses productions Corman.<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: C\u2019est notre plus gros souci. Le cin\u00e9ma de genre a envahi les grands studios. La science-fiction, le fantastique et l\u2019horreur ont connu d\u2019\u00e9normes succ\u00e8s commerciaux, avec des gros budgets et des r\u00e9sultats, je dois l\u2019avouer, meilleurs que les films que nous produisons. J\u2019ai d\u00fb abandonner la science-fiction, car un budget de 2 millions de dollars ne vous permet plus de r\u00e9aliser un film de SF correct. On doit se creuser la t\u00eate pour trouver des sujets rentables, des nouveaux filons\u2026 Sur la cha\u00eene c\u00e2bl\u00e9e Showtime, l\u2019\u00e9mission <em>Roger Corman Presents<\/em> a propos\u00e9 des remakes de mes anciens films, plus des sujets nouveaux.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Vous \u00eates devenu un symbole du cin\u00e9ma ind\u00e9pendant am\u00e9ricain et un mod\u00e8le pour de nombreux cin\u00e9astes. Mais vous \u00eates-vous vraiment toujours senti libre ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: Je pense qu\u2019il y a beaucoup de compromis dans mes films. Cependant, j\u2019ai sans doute b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de beaucoup plus de libert\u00e9 que la plupart des r\u00e9alisateurs, tout en sachant que j\u2019avais un public \u00e0 satisfaire.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Pr\u00e9f\u00e9rez-vous produire ou r\u00e9aliser ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: R\u00e9aliser, \u00e0 la condition que je puisse en m\u00eame temps r\u00e9aliser et produire. De cette fa\u00e7on, je suis plus autonome et j\u2019ai davantage de libert\u00e9 d\u2019expression.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Votre plus gros regret ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: La d\u00e9ception caus\u00e9e par l\u2019\u00e9chec de <em>The Intruder,<\/em> car j\u2019aurais aim\u00e9 pers\u00e9v\u00e9rer dans cette voie. Mais j\u2019ai d\u00fb affronter la r\u00e9alit\u00e9 et c\u2019est pour cela que je me suis sp\u00e9cialis\u00e9 dans les formules \u00e0 succ\u00e8s.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP\u00a0: Une orientation qui vous a quand m\u00eame permis de r\u00e9volutionner Hollywood, bien avant Lucas et Spielberg.<\/strong><\/p>\n<p><strong>RC\u00a0: Une petite r\u00e9volution\u2026 Mais \u00e7a me ferait plaisir que vous imprimiez \u00e7a !<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Entretien revu et corrig\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en 1999 lors de la neuvi\u00e8me \u00e9dition du Festival du film d\u2019action et d\u2019aventures de Valenciennes, et initialement publi\u00e9 dans <em>Les Inrockuptibles<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qui a fait d\u00e9buter Martin Scorsese et James Cameron ? 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