{"id":27628,"date":"2023-12-30T14:19:50","date_gmt":"2023-12-30T13:19:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=27628"},"modified":"2024-01-11T12:04:36","modified_gmt":"2024-01-11T11:04:36","slug":"le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/","title":{"rendered":"Le Voyage en pyjama\u00a0: conversation avec Pascal Thomas"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Le Voyage en pyjama<\/em> de Pascal Thomas sort en salle le mercredi 17 janvier, distribu\u00e9 par Studiocanal. Cette com\u00e9die pleine de charme et de fantaisie nous a donn\u00e9 envie de rencontrer son auteur pour en discuter avec lui.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Olivier P\u00e8re : Comment d\u00e9finiriez-vous votre nouveau film <em>Le Voyage en pyjama<\/em>\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pascal Thomas : Comme mes pr\u00e9c\u00e9dents films, <em>Le Voyage en pyjama<\/em> est un r\u00e9cit, je l\u2019esp\u00e8re, fait sur un ton l\u00e9ger, qui se veut surtout ludique, qui n\u2019est l\u00e0 que pour distraire, et o\u00f9 on ne fait pas de concessions \u00e0 la pens\u00e9e ambiante, si p\u00e9nible et surtout si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment s\u00e9rieuse de ces derni\u00e8res ann\u00e9es\u2026 D\u00e8s mon premier film <em>Les Zozos<\/em> il m\u2019a sembl\u00e9 que j\u2019allais aimer d\u00e9peindre les instants heureux, cocasses, inattendus, secrets, du d\u00e9but des amours et des pr\u00e9misses du d\u00e9samour, bref d\u00e9peindre les moments surprenants et bouleversants o\u00f9 se d\u00e9cident les vies\u2026 se d\u00e9roulant dans une France moqueuse, d\u00e9partementale, et bien s\u00fbr, sentimentale.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Vous d\u00e9diez <em>Le Voyage en pyjama<\/em> \u00e0 votre sc\u00e9nariste historique Roland Duval, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2018. <\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : Le personnage jou\u00e9 par Pierre Arditi s\u2019inspire de Roland Duval qui a \u00e9t\u00e9 mon professeur de fran\u00e7ais. Il n\u2019est pas devenu cambrioleur mais c\u2019est avec lui que nous chantions \u00e0 la fin des cours \u00ab les Boitis sont des trics et des tracs \/ Et des merdes de rate \/ Qui chient des pleins paniers \u00bb. <\/strong><strong>Il avait une grande fantaisie et surtout il nous orientait \u00e0 la fois sur des classiques (Moli\u00e8re, Marivaux) mais aussi sur des auteurs moins connus (Philippe Jaccotet, Georges Perros). Nous avions aussi fond\u00e9 un cin\u00e9-club \u00e0 Montargis. Il d\u00e9testait Bergman et Antonioni et a forg\u00e9 notre go\u00fbt \u00e0 tous d\u2019un cin\u00e9ma populaire et inventif. <\/strong><strong>Nous avons \u00e9crit plusieurs films ensemble apr\u00e8s <em>Les Zozos<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Derri\u00e8re son humour et son apparente d\u00e9sinvolture, le film aborde des sujets importants comme la transmission du savoir, le couple, la paternit\u00e9 et m\u00eame la mort\u2026 Comme Victor, on sait que \u00ab le s\u00e9rieux vous traumatise \u00bb, mais cela ne vous emp\u00eache pas de parler de choses graves. Votre personnage Paul-\u00c9mile, dit Victor, est un \u00e9picurien. Il se rend disponible aux surprises de la vie et se montre toujours enthousiaste pour les plaisirs de l\u2019esprit, de l\u2019amour et de la table. <\/strong><strong>Victor est-il d\u00e9tenteur de la morale du film ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : Il est engag\u00e9 dans la vie. Dans le film, tous les points de vue s\u2019expriment. Il y a beaucoup de caract\u00e8res qui s\u2019opposent, y compris sur le plan physique et vestimentaire, et qui ne pensent pas de la m\u00eame fa\u00e7on. C\u2019est la le\u00e7on de Jacques Tourneur, qui choisissait des acteurs qui ne se ressemblaient pas. Quand vous vous baladez dans la rue, vous remarquez les contrastes des passants. C\u2019est ce que j\u2019essaie de reproduire dans mes films. Je veux filmer la souverainet\u00e9 de l\u2019insouciance, le triomphe de la vie qui va, l\u2019all\u00e9gresse parfois teint\u00e9e d\u2019un tr\u00e8s l\u00e9ger soup\u00e7on de m\u00e9lancolie. Je ne me refuse aucune cocasserie, ni les sc\u00e8nes \u00e0 caract\u00e8re vaudevillesque.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Victor est un \u00ab monsieur nuage \u00bb comme l\u2019appelle sa fille naturelle Victoria. Il se laisse emporter par le vent, ou par le courant comme un bouchon pour reprendre la phrase c\u00e9l\u00e8bre de Renoir. Dans ce film, avez-vous voulu exprimer une philosophie de la vie qui est la v\u00f4tre, et qui est r\u00e9solument optimiste ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : Le nuage n\u2019a pas une forme d\u00e9finie, il s\u2019adapte tout le temps. Cela me parait l\u2019image juste pour d\u00e9finir Victor, le personnage et le com\u00e9dien qui l\u2019interpr\u00e8te. Le nuage n\u2019impose pas. Il passe. <\/strong><strong>Je pense que je suis optimiste par nature. Quand j\u2019\u00e9tais gamin dans le Poitou, je me r\u00e9veillais en pensant que la journ\u00e9e allait \u00eatre merveilleuse, que tout allait \u00eatre heureux. C\u2019est quelque chose qui m\u2019est rest\u00e9e encore aujourd\u2019hui.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : On vous consid\u00e8re comme un cin\u00e9aste r\u00e9aliste, attach\u00e9 au monde tel qu\u2019il est, et pourtant votre film accorde une place non n\u00e9gligeable \u00e0 l\u2019onirisme et \u00e0 la po\u00e9sie. La vie nocturne de Victor joue un r\u00f4le central dans le film. Des r\u00eaves viennent prolonger des situations v\u00e9cues.<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : Victor d\u00e9couvre qu\u2019il a une fille adolescente. Ils se reconnaissent, se comprennent et s\u2019accordent tout de suite, mais doivent se quitter. Il la retrouve dans un r\u00eave car il sait qu\u2019il ne pourra pas \u00eatre son p\u00e8re dans la vraie vie. Victor rencontre sa fille mais continue sa route.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : On entend dans ces r\u00eaves des phrases qui donnent au film un \u00e9clairage inattendu, comme : \u00ab Il y a beaucoup de fausses routes, il n\u2019y a peut-\u00eatre que des fausses routes\u2026 \u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : Je le pense vraiment. Regardez les biographies, ce ne sont que des fausses routes. On a tous pris des fausses routes, m\u00eame s\u2019il reste toujours un peu d\u2019espoir.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Votre film pr\u00eache le go\u00fbt du bonheur, l\u2019amour de l\u2019amour et le refus de la tristesse. Pourtant, Victor conna\u00eet aussi la tentation des gouffres et commet une maladroite tentative de suicide. Vous nous montrez aussi la fragilit\u00e9 de l\u2019existence\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>Comme Balzac j\u2019appartiens \u00e0 un parti d\u2019opposition qui s\u2019appelle la vie. <\/strong><strong>Dans la vie il y a des moments de creux. Mais pour moi ce n\u2019est pas un suicide : c\u2019est une fausse tentative \u00e0 laquelle on ne croit pas beaucoup.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Victor aime les femmes, mais c\u2019est surtout un homme aim\u00e9 par les femmes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : Apr\u00e8s <em>Celles qu\u2019on n\u2019a pas eues<\/em>, le film pourrait s\u2019appeler <em>Celles qui ont bien voulu de nous<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Jules C\u00e9sar (Pierre Arditi) et Victor (Alexandre Lafaurie) sont-ils des autoportraits \u00e0 diff\u00e9rents \u00e2ges de la vie, ou alors une version r\u00e9elle et une version fantasm\u00e9e de vous-m\u00eame ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : C\u2019est vrai qu\u2019il y a toujours une part d\u2019autobiographie dans mes personnages.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Le plaisir du verbe, des mots d\u2019esprit, des citations\u2026 Est-ce que cela vous rattache \u00e0 une certaine tradition du cin\u00e9ma fran\u00e7ais des ann\u00e9es 30 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>J\u2019aime les choses l\u00e9g\u00e8res et bien \u00e9crites. J\u2019aime qu\u2019il n\u2019y ait pas de d\u00e9monstration et que les r\u00e9pliques amusent. J\u2019\u00e9cris des choses qui me font rire. Quand \u00e7a devient lourd, ma collaboratrice Nathalie Lafaurie est l\u00e0 pour me corriger. Quand Victor parle d\u2019un \u00ab joli coup de pass\u00e9\u2026\u00a0\u00bb, c\u2019est une citation de Henri Jeanson extraite d\u2019<em>Un revenant <\/em>de Christian-Jaque. Quand Anny Duperey dit que \u00ab\u00a0le tango est une pens\u00e9e triste qui se danse\u00a0\u00bb, c\u2019est de Borges. Je trouve agr\u00e9able d\u2019entendre \u00e7a dans un film. Je tiens \u00e0 ce que les auteurs soient nomm\u00e9s, contrairement \u00e0 Godard.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Vous aimez les films peupl\u00e9s de nombreux personnages.<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : Cela s\u2019accorde \u00e0 mon enfance et mon adolescence. Quand mon p\u00e8re est mort, je suis devenu myope, b\u00e8gue et tuberculeux. Je me suis retrouv\u00e9 dans un pr\u00e9ventorium, entour\u00e9 d\u2019un groupe de malades. Ensuite, comme j\u2019\u00e9tais turbulent, ma m\u00e8re m\u2019a envoy\u00e9 en pension. Je suis de nouveau au milieu d\u2019un groupe, que je regarde et auquel je suis attentif. Cela a exerc\u00e9 une \u00e9norme influence sur ce go\u00fbt de montrer des groupes dans mes films.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : La France rurale est votre terrain de pr\u00e9dilection, depuis vos premiers films. D\u2019o\u00f9 vient votre sensibilit\u00e9 pour les villages, les petites villes et les paysages naturels ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>Cela tient \u00e0 mon histoire familiale. D\u00e8s mon premier film, j\u2019ai voulu quitter Paris. Je voulais aussi me placer en opposition avec le cin\u00e9ma de la Nouvelle Vague qui \u00e9tait tr\u00e8s parisien, \u00e0 l\u2019exception de Chabrol que j\u2019aimais le plus (avec Truffaut). Quand on me demande si j\u2019aime la campagne, je r\u00e9ponds oui mais avec une \u00e9quipe de cin\u00e9ma. La campagne fran\u00e7aise est belle, et elle a \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t prot\u00e9g\u00e9e. J\u2019ai ador\u00e9 mon enfance dans le Poitou et il y avait des lieux que j\u2019avais envie de voir et de revoir, car ils n\u2019avaient pas chang\u00e9. J\u2019ai pris du plaisir \u00e0 les filmer. Sur les vingt films que j\u2019ai faits, il n\u2019y en a que deux qui se d\u00e9roulent \u00e0 Paris.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : O\u00f9 avez-vous tourn\u00e9 le film ? Comment avez-vous proc\u00e9d\u00e9 aux rep\u00e9rages ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>Nous ne devions pas tourner au Mans, mais \u00e0 Saintes, en Charentes-Poitou, ma r\u00e9gion, o\u00f9 nous avions trouv\u00e9 des endroits merveilleux. Nous avons rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s de production. Le producteur \u00c9ric Langlois habite Le Mans et m\u2019a propos\u00e9 d\u2019aller y tourner le film. J\u2019ai d\u00e9couvert cette r\u00e9gion qui est magnifique, et nous y avons fait de nouveaux rep\u00e9rages.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Vous avez dit : \u00ab Mon cin\u00e9ma raconte un \u00e9tat ant\u00e9rieur. \u00bb Vous semblez cultiver le plaisir d\u2019\u00eatre inactuel. Votre film se d\u00e9roule dans une France intemporelle, comme si le voyage de Victor \u00e9tait un voyage \u00e0 rebours dans le temps, et peut-\u00eatre un voyage en utopie.<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : Les paysages sont intemporels, mais les caract\u00e8res aussi. Ils ne sont pas d\u00e9finis par l\u2019\u00e9poque. Quand on me demande quand se d\u00e9roule <em>Le Voyage en pyjama<\/em>, je r\u00e9ponds que c\u2019est l\u2019\u00e9poque du film. Les seules marques de notre \u00e9poque, ce sont les tatouages que l\u2019on aper\u00e7oit sur les mains de l\u2019acteur, Alexandre Lafaurie. Mes pr\u00e9f\u00e9rences, on le sait, vont aux histoires o\u00f9 se trouvent m\u00eal\u00e9s le go\u00fbt de vivre, les rires, les sourires, la beaut\u00e9 des corps et des paysages inchang\u00e9s de la campagne fran\u00e7aise et parfois la petite musique des d\u00e9senchantements\u2026 Un temps d\u2019autrefois ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Vous \u00eates contre votre \u00e9poque, tout contre. Pourtant dans ce film, vous faites davantage preuve d\u2019insolence et d\u2019impertinence que d\u2019aigreur ou de provocation. Larguer les amarres, prendre le large, n\u2019est-ce pas la meilleure solution pour \u00e9viter les diktats de la soci\u00e9t\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>Les possesseurs de v\u00e9rit\u00e9 m\u2019inqui\u00e8tent et me font peur : je suis un anti-fanatique. Il<\/strong><strong>\u00a0n\u2019y a aucune raison d\u2019agresser les spectateurs dans une com\u00e9die, ni de les ennuyer avec ses id\u00e9es ou ses col\u00e8res. Ce n\u2019est pas int\u00e9ressant d\u2019avoir des mouvements de d\u00e9testation dans les films. Il n\u2019y a pas non plus de point de vue politique d\u00e9clar\u00e9 dans mes films. Ceux qui mettent en avant leurs opinions politiques, leur suppos\u00e9 engagement m\u2019ont toujours paru surtout pr\u00e9occup\u00e9s par leur situation mondaine. <\/strong><strong>Quand j\u2019\u00e9tais journaliste, je refusais d\u2019\u00e9crire sur la politique. J\u2019ai toujours \u00e9prouv\u00e9 un peu de m\u00e9pris, avec un \u00ab m \u00bb comme \u00ab moquerie \u00bb, pour les hommes politiques, \u00e0 part quelques grandes figures comme Churchill, de Gaulle, Attila ou Gengis Khan.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Vous avez dit : \u00ab Au cin\u00e9ma, plus on est classique, plus on a des chances d\u2019\u00eatre moderne. \u00bb Comment avez-vous pens\u00e9 votre mise en sc\u00e8ne, qui est fantaisiste mais sans ostentation, qui exprime un sentiment de libert\u00e9 tout en restant sobre ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>Le cin\u00e9ma est l\u2019art du concret : un exemple est toujours pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 un discours. Je n\u2019aime pas la beaut\u00e9 cin\u00e9matographique fabriqu\u00e9e, souvent pr\u00e9fabriqu\u00e9e, qui fait surtout oublier ce que le film veut raconter. <\/strong><strong>Je vais toujours au plus simple. Quand on filme une sc\u00e8ne, il faut que les spectateurs la voie la mieux possible, donc on ne va pas faire des fantaisies acrobatiques avec la cam\u00e9ra. L\u2019important, c\u2019est la clart\u00e9. Il n\u2019y a rien d\u2019autre. J\u2019aime les plan s\u00e9quences. Quand les personnages bougent, la cam\u00e9ra les suit. Quand ils restent immobiles, la cam\u00e9ra aussi. Je demande toujours aux acteurs de ne pas prendre de pose, de ne jamais r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qu\u2019ils vont dire. <\/strong><strong>Dans <em>Pleure pas la bouche pleine !<\/em> Jean Carmet devait donner une gifle \u00e0 sa fille mais il n\u2019arrivait pas \u00e0 le faire spontan\u00e9ment. Je lui ai expliqu\u00e9 que son personnage revenait de la messe avec des chaussures neuves et qu\u2019il avait tr\u00e8s mal aux pieds. On a tout de suite tourn\u00e9 et la prise \u00e9tait bonne. Il faut inventer des activit\u00e9s physiques aux personnages qui font oublier la mise en sc\u00e8ne. Je ne dirige pas les acteurs, je les mets en \u00e9tat.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Tout est centr\u00e9 autour des acteurs ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>Tout. Ce sont eux qui portent le film. C\u2019est leur phras\u00e9 qui compte. Catherine Frot m\u2019avait demand\u00e9 quelle \u00e9tait la psychologie de son personnage dans <em>La Dilettante<\/em>. Je lui ai r\u00e9pondu \u00ab La psycho quoi ? \u00bb Je lui ai fait \u00e9couter des enregistrements de Louise de Vilmorin qui \u00e9tait l\u2019une des personnes les plus dr\u00f4les, les plus fantaisistes et aussi les plus libres que j\u2019ai pu conna\u00eetre. Il y avait dans son phras\u00e9 tr\u00e8s particulier des acc\u00e9l\u00e9rations, des ralentissements, elle disait \u00ab\u00a0au secours\u00a0\u00bb quand elle \u00e9tait troubl\u00e9e\u2026 L\u2019apparence vestimentaire est \u00e9galement tr\u00e8s importante. Il faut que le v\u00eatement soit accord\u00e9 au personnage.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Comment avez-vous pens\u00e9 \u00e0 Alexandre Lafaurie pour interpr\u00e9ter le r\u00f4le principal de Victor, personnage de bonne compagnie dans un film de bonne compagnie ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>\u00c7a a \u00e9t\u00e9 un heureux concours de circonstance. Le film a \u00e9t\u00e9 une tr\u00e8s belle exp\u00e9rience o\u00f9 tout s\u2019est fait au dernier moment. Le film a connu de nombreux al\u00e9as de production mais je restais persuad\u00e9 qu\u2019il fallait le faire. J\u2019\u00e9tais dans une situation baroque mais habituelle pour les r\u00e9alisateurs comme moi : j\u2019\u00e9tais en recherche de financement pour faire mon film, et misais sur un acteur connu pour l\u2019obtenir. J\u2019en ai contact\u00e9 plusieurs, mais ils n\u2019\u00e9taient pas disponibles. <\/strong><strong>Le caract\u00e8re d\u2019Alexandre Lafaurie, le fils de Nathalie, correspondait parfaitement \u00e0 celui du personnage. Au fur et \u00e0 mesure que nous \u00e9crivions, nous nous sommes tourn\u00e9s vers lui avec certitude. Je fais partie de ces metteurs en sc\u00e8ne qui n\u2019aiment pas les acteurs qui hurlent ou jouent comme au th\u00e9\u00e2tre. Depuis le d\u00e9but je cherchais un acteur \u00e9l\u00e9gant et beau, avec du charme et une voix douce. <\/strong><strong>Alexandre Lafaurie travaille dans la post-production et la retouche photo dans la mode et le luxe. Il a pris cinq semaines de cong\u00e9s sabbatiques pour tourner dans le film. Il avait d\u00e9j\u00e0 tenu des petits r\u00f4les dans certains de mes films. Plusieurs personnes autour de moi \u00e9taient sceptiques \u00e0 l\u2019id\u00e9e que j\u2019emploie un acteur non-professionnel dans un r\u00f4le principal. Mais quand Alexandre a fait la lecture des dialogues pour la premi\u00e8re fois, sa voix a cr\u00e9\u00e9 le personnage et tout s\u2019est mis en place. Je n\u2019avais plus aucun doute.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : On retrouve dans votre film des visages familiers mais aussi des nouveaux venus, et surtout des nouvelles venues. Comment avez-vous constitu\u00e9 votre distribution ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>Cela d\u00e9coule de rencontres, ainsi que du travail de la directrice de casting Laurence Lustyk qui nous a fait penser \u00e0 Anny Duperey et \u00e0 Constance Labb\u00e9, que je ne connaissais pas et qui est une actrice merveilleuse. Il y a aussi Christophe Bouisse dans le r\u00f4le du majordome. C\u2019est vraiment un acteur scapinesque, comme Bernard Menez : il apparait et on se marre ! <\/strong><strong>Emmanuelle Bouaziz joue aussi dans le film, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019une actrice d\u00e9butante Marguerite Perrotte, une amie de ma fille Victoria : elles incarnent le couple de lesbiennes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Parlez-nous de la musique dans le film\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : <\/strong><strong>Mon travail avec les musiciens a toujours \u00e9t\u00e9 particulier parce que je n\u2019ai pas d\u2019oreille. Je leur demande ce qui me plait, \u00e0 savoir des m\u00e9lodies que je retiens vite. J\u2019ai command\u00e9 au dernier moment une musique \u00e0 Reinhard Wagner, qui est un musicien qui trouve l\u2019id\u00e9e et compose tr\u00e8s rapidement. Je lui ai dit que \u00e7a serait bien que Alexandre chante avec Lolita Chammah, son ex-amoureuse. Nous les avons mis au piano et pratiquement dans l\u2019heure, il a \u00e9crit cette m\u00e9lodie. Comme il lui fallait des paroles, et qu\u2019\u00e0 ce moment-l\u00e0 je relisais Apollinaire, qui est mon po\u00e8te fran\u00e7ais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 <em>Marie <\/em>dans <em>Alcools<\/em>. Je regrette qu\u2019il soit mort si t\u00f4t, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 38 ans. Apollinaire a invent\u00e9 le surr\u00e9alisme et il aurait pu prendre la place d\u2019Andr\u00e9 Breton. Avec lui le surr\u00e9alisme aurait \u00e9t\u00e9 plus aimable qu\u2019avec ce dictateur. Reinhard Wagner a fait de ce po\u00e8me quelque chose que je trouve parfait, chant\u00e9 par Lolita, puis par ma fille Victoria Lafaurie durant le g\u00e9n\u00e9rique de fin. <\/strong><strong>J\u2019aime bien les chansons dans les films. La chanson dans un film est un moment de d\u00e9tente. Le spectateur part ailleurs. <\/strong><strong>J\u2019ai m\u00eame fait une com\u00e9die musicale que j\u2019ai compl\u00e8tement rat\u00e9e, <em>Un oursin dans la poche<\/em> en 1977. J\u2019ai fait ce film parce que j\u2019avais rencontr\u00e9 Georges Tabet, du duo vocal Pills et Tabet. C\u2019\u00e9tait un homme tr\u00e8s agr\u00e9able, qui poss\u00e9dait un grand savoir musical. Un jour, il m\u2019a jou\u00e9 tous les airs populaires depuis la R\u00e9volution jusqu\u2019\u00e0 1950-55. Il en connaissait les paroles et les musiques. \u00c7a a dur\u00e9 tout un apr\u00e8s-midi, je suis fou de ne pas avoir enregistr\u00e9 \u00e7a. J\u2019ai eu envie de faire une com\u00e9die \u00e0 couplets avec lui. Il m\u2019a \u00e9crit des paroles et j\u2019ai pris Vladimir Cosma comme musicien. Tabet faisait un peu la grimace car il trouvait que c\u2019\u00e9tait \u00ab de la musique savante \u00bb. Cosma avait compos\u00e9 une tr\u00e8s belle musique pour <em>Pleure pas la bouche pleine !<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Ir\u00e8ne Jacob m&rsquo;a parl\u00e9 de votre bonheur de tourner, bonheur tr\u00e8s communicatif pour le reste de l\u2019\u00e9quipe. Est-ce que le tournage est votre \u00e9tape pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de la fabrication d\u2019un film ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PT : L\u2019\u00e9quipe \u00e9tait merveilleuse, et le tournage a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s joyeux, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s. Le tournage est l\u2019\u00e9tape la plus importante, le plat de r\u00e9sistance si on compare la fabrication d\u2019un film \u00e0 un repas. Le reste, ce sont des zakouskis. Je ne suis peut-\u00eatre heureux que quand je tourne. Le principal h\u00e9ros de mes films c\u2019est le bonheur. C\u2019est \u00e0 lui qu\u2019il faut s\u2019int\u00e9resser\u2026 en souhaitant qu\u2019il ne vienne pas \u00e0 la toute fin.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Propos recueillis le 16 septembre 2023.<\/strong><\/p>\n<p><strong><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-27629\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/5087425.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"1600\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/5087425.jpg 1200w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/5087425-210x280.jpg 210w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/5087425-576x768.jpg 576w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/5087425-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/5087425-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/5087425-580x773.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Voyage en pyjama de Pascal Thomas sort en salle le mercredi 17 janvier, distribu\u00e9 par Studiocanal. Cette com\u00e9die pleine\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9,7],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Le Voyage en pyjama\u00a0: conversation avec Pascal Thomas - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le Voyage en pyjama\u00a0: conversation avec Pascal Thomas - Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le Voyage en pyjama de Pascal Thomas sort en salle le mercredi 17 janvier, distribu\u00e9 par Studiocanal. Cette com\u00e9die pleine\u2026\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2023-12-30T13:19:50+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2024-01-11T11:04:36+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/5087425.jpg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"15 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/\",\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/\",\"name\":\"Le Voyage en pyjama\u00a0: conversation avec Pascal Thomas - Olivier P\u00e8re\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website\"},\"datePublished\":\"2023-12-30T13:19:50+00:00\",\"dateModified\":\"2024-01-11T11:04:36+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Le Voyage en pyjama\u00a0: conversation avec Pascal Thomas\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/\",\"name\":\"Olivier P\u00e8re\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558\",\"name\":\"Olivier P\u00e8re\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Olivier P\u00e8re\"},\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/author\/pereolivier\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Le Voyage en pyjama\u00a0: conversation avec Pascal Thomas - Olivier P\u00e8re","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Le Voyage en pyjama\u00a0: conversation avec Pascal Thomas - Olivier P\u00e8re","og_description":"Le Voyage en pyjama de Pascal Thomas sort en salle le mercredi 17 janvier, distribu\u00e9 par Studiocanal. Cette com\u00e9die pleine\u2026","og_url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/","og_site_name":"Olivier P\u00e8re","article_published_time":"2023-12-30T13:19:50+00:00","article_modified_time":"2024-01-11T11:04:36+00:00","og_image":[{"url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/5087425.jpg"}],"author":"Olivier P\u00e8re","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Olivier P\u00e8re","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"15 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/","url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/","name":"Le Voyage en pyjama\u00a0: conversation avec Pascal Thomas - Olivier P\u00e8re","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website"},"datePublished":"2023-12-30T13:19:50+00:00","dateModified":"2024-01-11T11:04:36+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2023\/12\/30\/le-voyage-en-pyjama-conversation-avec-pascal-thomas\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Le Voyage en pyjama\u00a0: conversation avec Pascal Thomas"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website","url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/","name":"Olivier P\u00e8re","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558","name":"Olivier P\u00e8re","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g","caption":"Olivier P\u00e8re"},"url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/author\/pereolivier\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27628"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/users\/116"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27628"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27628\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":27635,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27628\/revisions\/27635"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27628"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27628"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27628"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}