{"id":27246,"date":"2022-10-12T07:02:43","date_gmt":"2022-10-12T06:02:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=27246"},"modified":"2022-10-12T07:02:43","modified_gmt":"2022-10-12T06:02:43","slug":"bowling-saturne-entretien-avec-patricia-mazuy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2022\/10\/12\/bowling-saturne-entretien-avec-patricia-mazuy\/","title":{"rendered":"Bowling Saturne : entretien avec Patricia Mazuy"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Bowling Saturne<\/em> sort le 29 octobre, distribu\u00e9 par Paname Distribution. C&rsquo;est un film extraordinaire qui marque le retour en force de Patricia Mazuy, \u00e0 laquelle la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise consacre une r\u00e9trospective du 24 au 30 octobre. A noter aussi, la r\u00e9\u00e9dition de son premier film <em>Peaux de vaches<\/em> en version restaur\u00e9e Blu-ray\/DVD\/livre chez Les Films de la Travers\u00e9e. Tout \u00e7a permettra de v\u00e9rifier que Mazuy est une excellente cin\u00e9aste, qui a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re avec un vrai western rural et la poursuit aujourd&rsquo;hui avec un thriller urbain \u00e0 ne rater sous aucun pr\u00e9texte.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Olivier P\u00e8re : <em>Bowling Saturne<\/em> est un film noir. Quelles \u00e9taient vos r\u00e9f\u00e9rences, pas seulement am\u00e9ricaines puisque vous citez aussi Nagisa Oshima et des films cor\u00e9ens r\u00e9cents comme <em>JSA \u2013 Joint Security Area<\/em> de Park Chan-wook\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p><strong>Patricia Mazuy : Les films qui m\u2019habitent sont souvent am\u00e9ricains mais aussi russes, japonais, cor\u00e9ens\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au d\u00e9but de l\u2019\u00e9criture, nous avions beaucoup pens\u00e9 avec Yves Thomas, le sc\u00e9nariste, \u00e0 <em>Traquenard<\/em> (<em>Party Girl<\/em>, 1958) le film g\u00e9nial de Nicholas Ray, dans lequel l\u2019avocat v\u00e9reux interpr\u00e9t\u00e9 par Robert Taylor est un \u00eatre bloqu\u00e9, emp\u00each\u00e9, comme le personnage de policier au destin brillant tout trac\u00e9, Guillaume. Quand on \u00e9crivait la derni\u00e8re partie du film, avec la bande des vieux chasseurs qui a privatis\u00e9 le bowling pour leur d\u00eener annuel, j\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 un film de Nagisa Oshima de 1967 <em>A propos des chansons paillardes au Japon<\/em>.\u00a0 Dans le film d\u2019Oshima, l\u2019ancestralit\u00e9 venait des chants eux-m\u00eames. Dans <em>Bowling Saturne<\/em>, l\u2019ancestralit\u00e9 est incarn\u00e9e par les images de chasse, mais le souvenir du film d\u2019Oshima m\u2019a donn\u00e9 confiance pour construire le rythme de la sc\u00e8ne du d\u00eener des chasseurs, pour les temps de suspens et d\u2019adr\u00e9naline tandis qu\u2019ils se repaissent de leurs images de chasse.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mais ensuite, dans la fabrication, on oublie la cin\u00e9philie et les influences, on est dans le pr\u00e9sent du film et dans l\u2019action. L\u2019aventure du film \u00e9tait de tracer une trag\u00e9die au pr\u00e9sent, un \u00ab\u00a0film noir\u00a0\u00bb inscrit dans le monde actuel\u00a0: \u00a0impliquer quelque chose d\u2019aujourd\u2019hui dans un film qui traite d\u2019h\u00e9ritage et de violence, d\u2019une mani\u00e8re primitive.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP: Qui dit film noir dit atmosph\u00e8re d\u2019une ville la nuit. C\u2019est votre premier film urbain, comment l\u2019avez-vous appr\u00e9hend\u00e9 ? O\u00f9 avez-vous tourn\u00e9 <em>Bowling Saturne<\/em>\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM : Nous avons film\u00e9 successivement dans trois villes diff\u00e9rentes, dans un d\u00e9sordre de tournage compliqu\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer pour les acteurs et la mise en sc\u00e8ne, afin de construire le monde du film, sa ville composite, son commissariat historique mais en travaux, son bowling en sous-sol surmont\u00e9 d\u2019un appartement fou, celui du p\u00e8re mort. On a donc assembl\u00e9 un puzzle entre Caen, Deauville et Lisieux pour donner naissance \u00e0 \u00ab la ville du film \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Chaque fois que je r\u00e9alise un film, j\u2019ai peur comme si c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois. Je crois que j\u2019aime l\u2019id\u00e9e de faire quelque chose que je n\u2019ai jamais fait avant.\u00a0 C\u2019\u00e9tait effectivement la premi\u00e8re fois que je voulais donner le sentiment d\u2019une ville, m\u00eame si on la voit tr\u00e8s peu \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Il fallait la sentir, en m\u00e9langeant centre historique et nouveaux quartiers. C\u2019est \u00e0 Caen qu\u2019on a trouv\u00e9 cet aspect h\u00e9t\u00e9roclite. La nuit, la pluie, c\u2019\u00e9tait bien de les affronter. Quant au bowling en sous-sol, film\u00e9 \u00e0 Deauville pour la salle et \u00e0 Lisieux pour le tunnel d\u2019arriv\u00e9e, il apporte cette atmosph\u00e8re urbaine que je cherchais. C\u2019est un simple souterrain comme on n\u2019en trouve qu\u2019en ville mais c\u2019est aussi la porte qui descend vers l\u2019enfer. La couleur rouge arrive et s\u2019y tient. On peut appeler \u00e7a un hommage cin\u00e9philique \u00e0 Nicholas Ray\u00a0; on peut penser au sang, \u00e0 la beaut\u00e9 du rouge dans un univers sombre&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Qu\u2019est-ce qui vous attirait dans l\u2019univers du film noir ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM : L\u2019exploration des clich\u00e9s contenus dans ce qu\u2019on appelle \u00ab le cin\u00e9ma de genre \u00bb, o\u00f9 l\u2019on \u00e9pure sans cesse, donne finalement la libert\u00e9 d\u2019\u00eatre complexe.\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>La voiture, les hommes virils, les femmes qui sortent dehors seules, les cadavres exhib\u00e9s, le policier, le tueur, le marginal, ce sont les clich\u00e9s du genre, les ingr\u00e9dients types du thriller basique. Je crois que le film utilise ces \u00e9l\u00e9ments basiques qu\u2019on conna\u00eet tous, pour tenter une descente dans un monde tr\u00e8s complexe. C\u2019est le monde de maintenant, o\u00f9 tout est dur, violent, o\u00f9 les rapports sont r\u00e9gis par les r\u00e8gles de domination, qu\u2019elles soient h\u00e9rit\u00e9es, ou circonstancielles. Le rythme, l\u2019image et la mani\u00e8re dont les acteurs habitent leurs personnages cr\u00e9ent un film qui est comme un cauchemar sourd et tendu du d\u00e9but \u00e0 la fin, avec des silences d\u00e9stabilisants, alors qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une seule sc\u00e8ne de meurtre. On est dans le r\u00e9el, mais avec une ambiance onirique et opaque, o\u00f9 les mots sont rares et r\u00e9sonnent dans des corps enferm\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Comment avez-vous appr\u00e9hend\u00e9 la violence contenue dans le film ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM: L\u2019un des d\u00e9fis de la mise en sc\u00e8ne, c\u2019\u00e9tait le traitement de la violence. Fallait-il la filmer, ou la laisser hors-champ, ce qui est souvent la bonne solution ? je me suis dit que si je mettais la violence hors-champ dans ce film, je ne traitais pas mon sujet \u00ab d\u2019o\u00f9 sourd la violence, comment nait-elle ? \u00bb Je ne voulais pas \u00eatre dans l\u2019\u00e9vitement. Je devais faire preuve de courage. En revanche, je pense qu\u2019une seule sc\u00e8ne meurtre, celui de Gloria, est suffisante. Pas la peine d\u2019en rajouter.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP : Justement, comment avez-vous envisag\u00e9, sur le plan de la mise en sc\u00e8ne et de la direction d\u2019acteur, la sc\u00e8ne tr\u00e8s difficile du premier meurtre\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM : J\u2019ai pr\u00e9par\u00e9 la sc\u00e8ne avec les acteurs, Achille Reggiani et Leila Muse.<\/strong><\/p>\n<p><strong>La sc\u00e8ne de meurtre ne pouvait pas \u00eatre film\u00e9e telle qu\u2019elle \u00e9tait d\u00e9crite dans le sc\u00e9nario, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un enchainement m\u00e9canique de causes et de cons\u00e9quences\u00a0: ils couchent ensemble, elle jouit, \u00e7a l\u2019\u00e9nerve et il la tue. Il fallait construire un d\u00e9rapage, le moment o\u00f9 \u00e7a bascule, la zone grise o\u00f9 l\u2019on questionne le consentement, et donc imaginer aussi un avant insouciant. Achille Reggiani et Leila Muse pr\u00e9sentaient l\u2019avantage de bien se conna\u00eetre. Ils \u00e9taient de vrais compagnons de boulot \u00e0 l\u2019\u00e9cole du Th\u00e9\u00e2tre National de Strasbourg. C\u2019\u00e9tait un acquis \u00e9norme, parce qu\u2019il y avait un rapport de confiance tangible entre eux. Ce qu\u2019ils donnent tous les deux dans cette sc\u00e8ne n\u2019a \u00e9t\u00e9 possible aussi que parce qu\u2019\u00e0 la base il y avait cette confiance dans l\u2019autre. Nous avons construit la sc\u00e8ne ensemble. Ils ont \u00e9norm\u00e9ment apport\u00e9 et propos\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nous avons d\u00e9compos\u00e9 la sc\u00e8ne en trois moments\u00a0: le rire\u00a0et la jeunesse\u00a0; le rite lorsqu\u2019ils se d\u00e9shabillent et qu\u2019Armand regarde le sexe de Gloria avec l\u2019espoir que cela puisse bien se passer. Pour cet instant, je me suis inspir\u00e9e de l\u2019affiche du film de Nagisa Oshima <em>Les Plaisirs de la chair<\/em>. Cette image m\u2019a beaucoup aid\u00e9e. Ensuite, un acte sexuel qui se transforme en violence, avec des ellipses qui donnent pourtant l\u2019impression que tout se d\u00e9roule en temps r\u00e9el. Sur cette derni\u00e8re partie, on avait d\u00e9fini des temps tr\u00e8s pr\u00e9cis. Les deux acteurs ont ensuite travaill\u00e9 avec le cascadeur Alexandre Vu pour chor\u00e9graphier toute la sc\u00e8ne du lit. Je regardais des \u00e9tapes, on simplifiait encore, les temps \u00e9taient fondamentaux car on \u00e9tait presque dans une composition th\u00e9\u00e2trale. C\u2019\u00e9tait pour qu\u2019au tournage les gestes soient \u00ab\u00a0inscrits\u00a0\u00bb, afin qu\u2019ils puissent garder un espace de jeu, ne pas \u00eatre m\u00e9canis\u00e9s par la technique, basculer du rire au rite, de la tendresse \u00e0 la violence \u00ab\u00a0sans s\u2019en rendre compte\u00a0\u00bb. Et ce \u00ab\u00a0sans s\u2019en rendre compte\u00a0\u00bb, il fallait qu\u2019ils aient l\u2019espace de le jouer. Nous avons donc beaucoup r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0le lit\u00a0\u00bb, dans le d\u00e9cor nu d\u2019une salle de boxe, sur un matelas plastique. Au moment du tournage, c\u2019est la seule sc\u00e8ne o\u00f9 j\u2019\u00e9tais dans une autre pi\u00e8ce et ne venais les voir qu\u2019entre les prises, quand Mathilde Koch l\u2019habilleuse les avait prot\u00e9g\u00e9s d\u2019un peignoir pour les pr\u00e9server.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP: Consid\u00e9rez-vous <em>Bowling Saturne<\/em> comme une trag\u00e9die moderne\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM: Oui. Il fallait assumer la dimension tragique du projet. On est dans un cauchemar, les gens parlent, sont travers\u00e9s par le passif, gardent un silence, puis l\u00e2chent un mot. \u00c7a nous met dans un r\u00e9el qui n\u2019est pas le naturel quotidien. Le chien noir est juste un chien noir, et il est aussi le fant\u00f4me du p\u00e8re.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lorsqu\u2019Armand part dans la camionnette avec la musique \u00e0 fond, je consid\u00e8re qu\u2019il devient une figure tragique qui accepte son destin. Et il fait peur. Il n\u2019y a pas de raison objective pour qu\u2019un gamin paum\u00e9 et frustr\u00e9 devienne un tueur. Si on donne une explication psychologique \u00e0 un meurtre, on est foutu. Il ne faut pas non plus trouver des excuses.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il n\u2019y a pas qu\u2019une seule raison, il y a un enchainement de raisons\u00a0: l\u2019appartement du p\u00e8re d\u2019Armand, son invisibilit\u00e9 d\u2019avant, son pass\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 qui l\u2019entoure, et puis aussi lui, surtout lui, et son h\u00e9ritage, comme le d\u00e9montre sa relation avec son fr\u00e8re.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quant \u00e0 Guillaume, il est \u00e9cras\u00e9 sans le savoir par la culpabilit\u00e9. Il ne comprend pas pourquoi il n\u2019y arrive pas \u00e0 r\u00e9soudre cette enqu\u00eate mais il s\u2019accroche. Les deux fr\u00e8res sont enferm\u00e9s et isol\u00e9s dans leurs peurs, Guillaume avec sa culpabilit\u00e9, Armand avec son invisibilit\u00e9 dans la vie au d\u00e9part du film. Nous sommes dans la trag\u00e9die, avec des grands temps de silence. J\u2019ai voulu cr\u00e9er une forme de tension lente. Le film n\u2019est pas tr\u00e8s narratif, mais plut\u00f4t dans la mati\u00e8re et la sensation, dans la premi\u00e8re partie avec Armand, puis dans la non-action avec Guillaume. C\u2019\u00e9tait l\u2019un des d\u00e9fis du film\u00a0: montrer Guillaume englu\u00e9 dans une enqu\u00eate qui pi\u00e9tine, sans qu\u2019il apparaisse comme personnage rat\u00e9 ou mou.<\/strong><\/p>\n<p><strong>La trag\u00e9die dans le film ne concerne pas seulement les rapports entre deux fr\u00e8res, celui qui est devenu policier et le fils r\u00e9pudi\u00e9. Elle s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019\u00e9tat du monde, plong\u00e9 dans le chaos.<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u2019est un film sur l\u2019inconscient d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 malade, et sur l\u2019h\u00e9ritage du XX\u00e8me si\u00e8cle, plein de sauvagerie. Il fallait r\u00e9ussir \u00e0 le faire comprendre sans passer par les dialogues, et sans \u00eatre caricatural. Les chasseurs repr\u00e9sentent le pouvoir, la richesse. Un safari en Afrique pour tuer un lion ou un hippopotame, c\u2019est leur adr\u00e9naline de vie, et cela repr\u00e9sente des centaines de milliers d\u2019euros. Ils asservissent tout \u00e0 la satisfaction de leurs pulsions, et de leur passion. Ils se lancent dans la qu\u00eate d\u2019un absolu, et en m\u00eame temps ce sont de vieux beaufs terrifiants qui agissent comme dans une secte antique s\u00fbre de son pouvoir absolu. C\u2019est aussi leur d\u00e9contraction qui les rend terrifiants, non\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans sa derni\u00e8re partie, le film bascule dans un chaos baroque presque fantastique, avec la f\u00eate des chasseurs dans le bowling et la projection des films de chasse. On a l\u2019impression du cauchemar qui se r\u00e9pand, et en m\u00eame temps cette projection a un effet de r\u00e9el d\u00e9stabilisant. Ces films existent, il y a des soci\u00e9t\u00e9s de production sp\u00e9cialis\u00e9es dans les tournages de films pendant des safaris avec des meurtres d\u2019animaux en direct. La chasse au sens large est l\u2019exp\u00e9rience du pouvoir.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP: Le film dresse un bilan assez pessimiste des relations entre les hommes et les femmes\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM: C\u2019est un film sur deux hommes, o\u00f9 les deux figures de femme sont fondamentales. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que se situe le rapport au cin\u00e9ma de genre. Nous sommes dans des arch\u00e9types : le flic, le tueur, Xuan la femme volontaire et Gloria la jeunesse, \u00ab la vie vivante \u00bb comme chez Dosto\u00efevski. Il fallait que ces arch\u00e9types acc\u00e8dent \u00e0 une nouvelle forme de modernit\u00e9, \u00e0 une certaine profondeur. \u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP: Diriez-vous que le film est f\u00e9ministe ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM: Je ne m\u2019en rendais pas compte avant le tournage et le montage, mais maintenant, c\u2019est celui de mes films o\u00f9 je sens pour la premi\u00e8re fois peut-\u00eatre que c&rsquo;est une femme qui l&rsquo;a \u00ab regard\u00e9 et film\u00e9 \u00bb. Avant, sur mes films pr\u00e9c\u00e9dents, je ne comprenais pas pourquoi on me posait la question. L\u00e0, la question a du sens par rapport au fond que touche le film. <em>Bowling Saturne<\/em> montre une plaie ouverte dans les rapports entre les hommes et les femmes. Je regarde deux hommes et une virilit\u00e9 complexe, entre h\u00e9ritage et emp\u00eachement, frustration et violence, f\u00e9rocit\u00e9 et attraction, rapport au sexe et \u00e0 l\u2019invisible. Leila Muse qui incarne Gloria porte sur ses \u00e9paules la force, la joie, le d\u00e9sir de vie et le r\u00e9flexe de vie. Elle charge de puissance f\u00e9minine l\u2019hors-champ des cadavres qu\u2019on trouvera jet\u00e9s ensuite. Gloria n\u2019est pas une victime. Mais elle le devient, pendant le temps pr\u00e9sent du premier meurtre. Le regard de Xuan sur la communaut\u00e9 des chasseurs porte son m\u00e9pris envers un certain type de domination, et les puissants s\u00fbrs de leur impunit\u00e9. Il me semble qu\u2019il y a quelque chose de tr\u00e8s actuel dans ce tableau de chasse.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP: Pouvez-vous nous parler de vos trois com\u00e9diens principaux et des personnages qu\u2019ils interpr\u00e8tent ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM: Achille Reggiani est mon fils. J\u2019admire la mani\u00e8re dont il aborde son travail en profondeur. Lui confier le r\u00f4le d\u2019Armand n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 simple, c\u2019\u00e9tait une id\u00e9e qui me faisait peur. C\u2019est Antoinette Boulat (qui a fait le casting d\u2019Armand) et Yves Thomas qui m\u2019ont convaincue de lui faire passer un essai. Cet essai s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 plus que concluant. Personne n\u2019arrivait \u00e0 promettre un Armand potentiellement aussi fort, m\u00e9lange de puissance, de terreur et de douceur. Achille n\u2019est pas un acteur que l\u2019on vole. Il sait quelle direction travailler pour pouvoir continuer \u00e0 se mettre en danger dans le jeu. Il \u00e9tait conscient de construire un personnage terrible. Il fallait qu\u2019il fasse peur. Il ne s\u2019agissait pas de sauver le personnage. Dans le film personne n\u2019est sauv\u00e9 d\u2019ailleurs. Ils sont tous livr\u00e9s \u00e0 leur solitude, c\u2019est le tableau d\u2019un monde noir.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Achille a tr\u00e8s bien compris que ce r\u00f4le demandait beaucoup de pr\u00e9paration et un \u00e9norme investissement personnel. Je suis heureuse pour le film qu\u2019il ait accept\u00e9 d\u2019y participer. Il a construit son jeu en int\u00e9grant toutes les \u00e9tapes d\u2019Armand, de l\u2019invisibilit\u00e9 du d\u00e9but, qui semble \u00ab\u00a0non acteur\u00a0\u00bb, au monstre qui suit et traverse la deuxi\u00e8me partie du film.<\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u00e8s l\u2019\u00e9criture, le d\u00e9fi du film \u00e9tait de montrer la naissance du monstre. Il fallait faire ressentir au spectateur que ce jeune homme tue pour la premi\u00e8re fois. C\u2019est un gar\u00e7on qui a beaucoup de probl\u00e8mes, mais cela n\u2019explique pas qu\u2019il se transforme en assassin. Il fallait faire entrer les th\u00e8mes du destin et de la trag\u00e9die dans le film. La souffrance sociale et familiale d\u2019Armand n\u2019est pas une excuse, elle est un \u00e9l\u00e9ment parmi d\u2019autres. Donner une raison affaiblit la violence du r\u00e9el, qui est bien plus complexe que \u00e7a. Lorsque qu\u2019on quitte son point de vue dans la seconde partie du film, l\u2019enjeu \u00e9tait de cr\u00e9er un personnage \u00ab\u00a0d\u00e9cousu\u00a0\u00bb, incompr\u00e9hensible pour son fr\u00e8re.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pendant les r\u00e9p\u00e9titions et le tournage de la sc\u00e8ne de meurtre, nous \u00e9tions tr\u00e8s organis\u00e9s afin de ne pas m\u00e9langer la famille et le travail, et de nous \u00e9pargner des s\u00e9ances de psy pendant dix ans. Nous avions anticip\u00e9 que cela allait \u00eatre dur, mais nous n\u2019avions pas imagin\u00e9 que \u00e7a le serait \u00e0 ce point. Les jours qui ont suivi le tournage de cette sc\u00e8ne, nous \u00e9tions tous \u00e9prouv\u00e9s. Achille et moi mais aussi l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9quipe. On avait touch\u00e9 le fond de la violence.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Arieh Worthalter est arriv\u00e9 sur le projet tr\u00e8s peu de temps avant le d\u00e9but du tournage. Mais il n\u2019a pas eu peur. Il a appliqu\u00e9 sa propre m\u00e9thode pour entrer rapidement dans la peau du personnage de Guillaume. On a parl\u00e9 des flics dans les films de Melville, des silences, de la duret\u00e9. Arieh est tr\u00e8s fin, prompt \u00e0 se saisir des moments de r\u00e9el. C\u2019est un acteur qui a une capacit\u00e9 de transformation physique impressionnante, une plasticit\u00e9 du visage assez dingue ! Le destin qui avance se jouait aussi dans les m\u00e9tamorphoses de son visage. Le film a beau \u00eatre une trag\u00e9die antique situ\u00e9 dans le monde moderne, il repose sur des situations tr\u00e8s concr\u00e8tes. Lui aussi est un homme seul, un flic qui r\u00e9ussit, sous le poids d\u2019une culpabilit\u00e9 qui le met dans un \u00e9tat de sid\u00e9ration. Son personnage pose, comme celui d\u2019Armand, la question de la f\u00e9rocit\u00e9\u00a0: on en h\u00e9rite ou alors on l\u2019apprend\u00a0? De ce point de vue, c\u2019\u00e9tait bien qu\u2019il soit flic. C\u2019\u00e9tait bien de montrer un policier qui pense qu\u2019il est fort et juste et bien dans sa virilit\u00e9 et son boulot, et qui est au contraire \u00e9cras\u00e9 et aveugle, autant dans son travail que dans son rapport au d\u00e9sir d\u2019une femme.<\/strong><\/p>\n<p><strong>J\u2019ai l\u2019impression que mes personnages n\u2019ont pas de moralit\u00e9, mais ils poss\u00e8dent une sorte d\u2019\u00e9thique qui les d\u00e9passe, et qui est peut-\u00eatre celle du film aussi. Nous sommes successivement dans la t\u00eate d\u2019Armand, de Guillaume puis dans le chaos des deux avec l\u2019arriv\u00e9e de Xuan (qu\u2019on prononce \u00ab\u00a0Swan\u00a0\u00bb).<\/strong><\/p>\n<p><strong>La jeune femme qui interpr\u00e8te\u00a0Xuan n\u2019est pas une actrice professionnelle. Elle s\u2019appelle Y-Lan Lucas.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nous cherchions quelqu\u2019un qui puisse projeter son d\u00e9sir. C\u2019\u00e9tait \u00e7a la d\u00e9finition du personnage de Xuan. Elle devait \u00eatre port\u00e9e par la force de son d\u00e9sir pour Guillaume. Il fallait aussi qu\u2019elle soit cr\u00e9dible en militante \u00e9cologique, alors qu\u2019on la voit tr\u00e8s peu militer dans le film.<\/strong><\/p>\n<p><strong>La directrice de casting Ana\u00efs Duran s\u2019est souvenue d\u2019une jeune fille franco-vietnamienne crois\u00e9e dans des f\u00eates \u00e0 Belleville o\u00f9 l\u2019on ne regardait qu\u2019elle. Elle l\u2019a appel\u00e9e. Y-Lan \u00e9tait partie pour Londres et nous avons fait des premiers essais avec elle sur Zoom. Je l\u2019ai trouv\u00e9e fantastique de vitalit\u00e9. Elle avait \u00e9tudi\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre \u00e0 la fac jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 25 ans car elle voulait \u00eatre actrice. Puis elle est devenue sc\u00e9nographe \u00e0 Londres. Elle est tr\u00e8s vivante, tr\u00e8s intelligente, avec une grande force de proposition. Elle incarne un personnage de femme libre qui assume ce qu\u2019elle veut. Elle vient r\u00e9guli\u00e8rement affirmer son d\u00e9sir pour son flic perdu.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP: Les d\u00e9cors du film sont tr\u00e8s signifiants.<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM: Le bowling, c\u2019est le ventre de la baleine, l\u2019antre de l\u2019ogre. L\u2019appartement du p\u00e8re est un lieu hant\u00e9, avec des dessins et des tableaux de chasse terrifiants, qui renvoient \u00e0 un imaginaire postcolonial. Le commissariat en d\u00e9sordre est une id\u00e9e de Yves Thomas, pour \u00e9viter de se retrouver dans un d\u00e9cor de s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9. Il fallait que le commissariat puisse exister en face du bowling, et qu\u2019il raconte quelque chose de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de Guillaume, qui vit et travaille dans l\u2019inconfort et la culpabilit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP:<em> Bowling Saturne<\/em> n\u2019est pas un film naturaliste. Vous optez pour une mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s stylis\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le film est stylis\u00e9 pour au moins deux raisons\u00a0: par choix (chercher \u00e0 affirmer le tragique, et une sorte d\u2019expressionisme) mais aussi parce que nous tournions tr\u00e8s vite et qu\u2019il fallait prendre des d\u00e9cisions de mise en sc\u00e8ne radicales. Je ne voulais pas d\u2019effets de manche dans les mouvements de cam\u00e9ra. C\u2019est compliqu\u00e9 \u00e0 faire\u00a0: des plans carr\u00e9s, sans \u00eatre pr\u00e9tentieux, et en m\u00eame temps ne pas renoncer \u00e0 un geste esth\u00e9tique. C\u2019est finalement le mouvement du film, son d\u00e9sir d\u2019\u00eatre beau mais pas complaisant, qui a aiguill\u00e9 toutes les d\u00e9cisions. La rigueur entra\u00eene parfois de l\u2019angoisse, et on ne voulait pas l\u00e2cher la tension sourde. Avec Simon Beaufils, le chef op\u00e9rateur, nous avons construit une collaboration tr\u00e8s forte. Nous cherchions toujours \u00e0 pousser le film plus loin, \u00e0 rester tendu, \u00e0 y croire m\u00eame dans les situations baroques. L\u2019\u00e9quipe technique du film a \u00e9t\u00e9 incroyable de force et de soutien collectif. Nous avons travaill\u00e9 tous ensemble en \u00e9troite collaboration, toujours \u00e0 chercher, \u00e0 questionner.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Bowling Saturne<\/em> n\u2019apporte pas de solutions au mal dans le monde, il ne r\u00e9sout rien. Il pose des questions sur la violence, le d\u00e9sastre, le pouvoir, les rapports entre les hommes et les femmes. Il fallait que le film soit net, \u00e9pur\u00e9, et primitif dans son traitement, afin que les questions restent ouvertes, et pos\u00e9es de mani\u00e8re franche. On peut essayer d\u2019expliquer la mise en sc\u00e8ne, mais elle se ressent avant tout. Dans chaque moment, mouvement, sc\u00e8ne, j\u2019essaie de revenir \u00e0 ce que je veux dire, \u00e0 l\u2019ossature premi\u00e8re du film en quelque sorte, tout en le rendant vivant et incarn\u00e9. C\u2019est \u00e7a qui guide mes choix formels, avant tout le reste.<\/strong><\/p>\n<p><strong>OP: Pouvez-vous nous parler de la musique de <em>Bowling Saturne<\/em>\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>PM: Thibault Deboaisne m\u2019a fait \u00e9couter un groupe wallon, Wyatt E, que j\u2019ai trouv\u00e9 tr\u00e8s bien. Ce sont deux jeunes musiciens qui font du drone m\u00e9tal. Leur ambition est de faire entendre la musique documentaire de Babylone au VI\u00e8me si\u00e8cle avant JC. \u00c7a me fait rire mais c\u2019est une vraie exp\u00e9rience musicale. Les morceaux de Wyatt E sont une mati\u00e8re, un voyage qui invite \u00e0 la transe. Quand on les a contact\u00e9s, ils ont tout de suite \u00e9t\u00e9 conscients qu\u2019on ne pouvait pas composer pour un film un morceau de musique qui dure entre quinze en vingt minutes. Mathilde Muyard, la monteuse, les a aiguill\u00e9s avec \u00e9norm\u00e9ment de finesse. Elle savait mieux que moi mettre des mots sur ce que nous cherchions.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Je pense qu\u2019ils ont r\u00e9ussi \u00e0 faire une musique qui entre dans les \u00e9tats des personnages. La musique de film \u00e9tait un genre nouveau pour Wyatt E, et ils l\u2019ont abord\u00e9 avec un enthousiasme sans faille. J\u2019aime beaucoup le r\u00e9sultat qui ne se situe jamais \u00ab\u00a0au-dessus\u00a0\u00bb des personnages, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9licatesse du mixage de Thomas Gauder et du montage de Mathilde.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Propos recueillis le 16 novembre 2021. Entretien r\u00e9alis\u00e9 pour le dossier de presse du film.<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-27247\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/0622043.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"1600\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/0622043.jpg 1200w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/0622043-210x280.jpg 210w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/0622043-576x768.jpg 576w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/0622043-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/0622043-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/0622043-580x773.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bowling Saturne sort le 29 octobre, distribu\u00e9 par Paname Distribution. 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