{"id":2573,"date":"2011-10-17T09:26:57","date_gmt":"2011-10-17T08:26:57","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=2573"},"modified":"2015-03-28T12:10:55","modified_gmt":"2015-03-28T11:10:55","slug":"notes-sur-trois-cineastes-coreens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/10\/17\/notes-sur-trois-cineastes-coreens\/","title":{"rendered":"Notes sur trois cin\u00e9astes cor\u00e9ens"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Lundi dernier au Festival de Busan un colloque \u00e9tait consacr\u00e9 aux Cahiers du cin\u00e9ma et \u00e0 leur relation avec le cin\u00e9ma cor\u00e9en de ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es. Thierry Jousse, Charles Tesson, et l\u2019actuel r\u00e9dacteur en chef de la revue St\u00e9phane Delorme (qui fit partie du comit\u00e9 de s\u00e9lection de la Quinzaine des R\u00e9alisateurs \u00e0 Cannes quand j\u2019en \u00e9tais le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral) discut\u00e8rent des choix et des go\u00fbts des Cahiers concernant les auteurs du cin\u00e9ma cor\u00e9en. Le v\u00e9t\u00e9ran Im Kwon-taek, rejoint par Hong Sang-soo et surtout Bong Joon-ho s\u2019impos\u00e8rent rapidement pour la revue fran\u00e7aise comme les champions d\u2019un pays \u00e9mergent sur la carte du monde cin\u00e9matographique depuis les ann\u00e9es 2000. A la fin de la journ\u00e9e, Hong Sang-soo, Bong Joon-ho, ainsi que le cin\u00e9aste tha\u00eflandais Apichatpong Weerasethakul vinrent participer au d\u00e9bat entre les critiques fran\u00e7ais et le public, majoritairement compos\u00e9 de jeunes \u00e9tudiants cor\u00e9ens. On y \u00e9voqua les diff\u00e9rences entre la perception et la r\u00e9ception critique de l\u2019\u0153uvre des principaux auteurs cor\u00e9ens dans leur pays et en France, ainsi que les sp\u00e9cificit\u00e9s et les qualit\u00e9s propres \u00e0 chacun de ces cin\u00e9astes qui dominent non seulement la production asiatique mais la cr\u00e9ation cin\u00e9matographique mondiale.<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2608\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/10\/17\/notes-sur-trois-cineastes-coreens\/festival-film-locarno\/\" rel=\"attachment wp-att-2608\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2608\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-2608 \" title=\"Hong Sangsoo, directeur Cor\u00e9en.\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/hong-sang-soo.jpg?w=200\" alt=\"Hong Sangsoo, directeur Cor\u00e9en.\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/hong-sang-soo.jpg 3744w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/hong-sang-soo-186x280.jpg 186w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/hong-sang-soo-512x768.jpg 512w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/hong-sang-soo-580x870.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2608\" class=\"wp-caption-text\">Hong Sang-soo<\/p><\/div>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Hong Sang-soo est n\u00e9 en 1960 \u00e0 S\u00e9oul. Il s\u2019est fait remarquer par la critique et le public international d\u00e8s son premier film en 1996, <em>Le jour o\u00f9 le cochon est tomb\u00e9 dans le puits<\/em>, unanimement salu\u00e9 pour sa ma\u00eetrise et son originalit\u00e9. De films en films, Hong Sang-soo, tel un entomologiste des passions et des sentiments humains ausculte avec cruaut\u00e9, lucidit\u00e9 et humour les rapports difficiles entre hommes et femmes, dans les milieux universitaires, intellectuels et cin\u00e9matographiques qu\u2019il conna\u00eet bien pour y appartenir. Une interactivit\u00e9 troublante s\u2019\u00e9tablit entre son \u0153uvre et son mode de vie,\u00a0 sans que l\u2019on sache laquelle se nourrit de l\u2019autre. L\u2019alcool, la drague, l\u2019adult\u00e8re, la veulerie masculine, les relations professeur \u00e9l\u00e8ve\u2026 le cin\u00e9ma d\u2019Hong Sang-soo est \u00e0 la fois universel et profond\u00e9ment cor\u00e9en. Marginalis\u00e9 dans son propre pays, o\u00f9 ses films ne rencontrent plus qu\u2019un succ\u00e8s d\u2019estime, Hong Sang-soo occupe une place paradoxale de ma\u00eetre et de paria, tournant vite et souvent (un ou deux films par an en moyenne ces derni\u00e8res ann\u00e9es), mais avec des budgets et des \u00e9quipes de plus en plus r\u00e9duites. C\u2019est le prix \u00e0 payer pour des m\u00e9thodes de travail anti conventionnelles\u00a0: Hong Sang-soo a renonc\u00e9 pour ses derniers films (depuis <em>Turning Gate<\/em> pour \u00eatre pr\u00e9cis) au sc\u00e9nario traditionnel, et il \u00e9crit les dialogues au jour le jour. Ses films constituent un continuum et il est difficile de les isoler les uns des autres, tant ils sont proches et compl\u00e9mentaires, sempiternelles variations autour des m\u00eames th\u00e8mes, avec d\u2019infimes et subtiles diff\u00e9rences. Apr\u00e8s <em>Ha Ha Ha<\/em>, <em>Oki\u2019s Movie<\/em> et <em>The Day He Arrives<\/em>, tourn\u00e9s en l\u2019espace de moins de deux ans, le nouveau film de Hong Sang-soo devrait marquer une \u00e9tape importante dans sa carri\u00e8re puisque c\u2019est la premi\u00e8re fois qu\u2019il propose \u00e0 une actrice fran\u00e7aise \u00e0 la renomm\u00e9e mondiale, en l\u2019occurrence Isabelle Huppert, d\u2019entrer dans son univers. Isabelle Huppert (Excellence Award lors du dernier festival del film Locarno) \u00e9tait elle aussi \u00e0 Busan pour une exposition photographique qui lui \u00e9tait consacr\u00e9e et a particip\u00e9 \u00e0 une rencontre publique avec Hong Sang-soo, o\u00f9 elle a exprim\u00e9 son plaisir d\u2019avoir v\u00e9cue une nouvelle aventure cin\u00e9matographique, partie seule en Cor\u00e9e (et sans sc\u00e9nario), convaincue par le talent d\u2019Hong Sang-soo. Le film devrait s\u2019intituler <em>In Another Country<\/em>, sur le th\u00e8me de l\u2019isolement dans un pays \u00e9tranger. Isabelle Huppert fit remarquer que Hong Sang-soo ne l\u2019avait jamais film\u00e9 de face, mais de profil ou de trois-quarts, pour \u00e9tablir la relation de l\u2019\u00e9trang\u00e8re avec le monde qui l\u2019entoure, celle qui regarde et ce qu\u2019elle regarde inclus dans le m\u00eame plan. Il est vrai qu\u2019Hong Sang-soo n\u2019est gu\u00e8re un adepte du gros plan, et que sa fa\u00e7on de filmer privil\u00e9gie les plans d\u2019ensemble ou les plans am\u00e9ricains dans lesquels les sc\u00e8nes de dialogues sont mise en sc\u00e8ne sans contre-champs. <em>Oki\u2019s Movie<\/em> sortira en France le 7 d\u00e9cembre. <em>Ha Ha Ha <\/em>est sorti le 16 mars dernier. <em>Les Femmes de mes amis<\/em> (<em>Like You Know It All<\/em>) que j\u2019avais eu l\u2019honneur de pr\u00e9senter \u00e0 la Quinzaine des R\u00e9alisateurs en 2009, \u00e9tait sorti le 5 mai 2010. <em>The Day He Arrives<\/em> et son nouveau film, en postproduction n\u2019ont pas encore de dates de sorties fran\u00e7aises.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">L\u2019autre grand cin\u00e9aste cor\u00e9en des ann\u00e9es 2000 travaille dans un genre et un syst\u00e8me totalement diff\u00e9rents. Il s\u2019appelle Bong Joon-ho (photo en t\u00eate de texte), il a 43 ans et quatre longs m\u00e9trages \u00e0 son actif, et un nouveau en pr\u00e9paration (<em>Le Transperceneige<\/em>, d\u2019apr\u00e8s la bande dessin\u00e9e fran\u00e7aise.)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Comme le disait St\u00e9phane Delorme lors du colloque, le cin\u00e9ma de Bong Joon-ho et en particulier son chef-d\u2019\u0153uvre <em>The Host<\/em> (2006) est ample et majestueux, brassant plusieurs choses \u00e0 la fois, dans un \u00e9lan g\u00e9n\u00e9reux, trivial et virtuose. Tandis que des cin\u00e9astes d\u00e9finissent un monde \u00e0 eux et se contentent de l\u2019explorer film apr\u00e8s film (Hong Sang-soo constituerait un bel exemple de ce type d\u2019auteurs), Bong Joon-ho a envie \u00e0 chaque nouveau film d\u2019exp\u00e9rimenter quelque chose qu\u2019il n\u2019a jamais fait. Le film de monstre n\u2019est pas vraiment une tradition cor\u00e9enne, contrairement aux Etats-Unis (<em>King Kong<\/em>) et au Japon (<em>Godzilla<\/em>). Mais le monstre de <em>The Host<\/em>, sorte de t\u00eatard g\u00e9ant qui hante les eaux de la rivi\u00e8re Han qui traverse S\u00e9oul, avalant les humains imprudents, fonctionne aussi comme all\u00e9gorie du film de Bong Joon-ho qui avale et dig\u00e8re une multitude de th\u00e8mes et de registres\u00a0: l\u2019histoire de la Cor\u00e9e, la famille, le deuil, le m\u00e9lodrame, la com\u00e9die, le cin\u00e9ma fantastique\u2026 r\u00e9ussissant sur tous les tableaux, capable de susciter aussi bien l\u2019\u00e9motion que la r\u00e9flexion. Bong Joon-ho a expliqu\u00e9 qu\u2019il avait l\u2019intention avec <em>The Host<\/em> d\u2019acclimater le film de monstre g\u00e9ant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 cor\u00e9enne, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une forme de chaos humain, social et politique. Bong Joon-ho y est parvenu, en se livrant \u00e0 un jeu de massacre ludique et sophistiqu\u00e9, d\u00e9truisant les conventions de la s\u00e9rie B, prenant le spectateur par la main pour le conduire \u00e0 une gamme de sentiments dont il est parfaitement ma\u00eetre.<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2614\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/10\/17\/notes-sur-trois-cineastes-coreens\/the-host-de-bong-joon-ho\/\" rel=\"attachment wp-att-2614\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2614\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-2614\" title=\"The Host de Bong Joon-ho (2006)\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho.jpg?w=1024\" alt=\"The Host de Bong Joon-ho (2006)\" width=\"1024\" height=\"706\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho.jpg 2100w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho-406x280.jpg 406w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho-1024x706.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho-580x399.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2614\" class=\"wp-caption-text\">The Host de Bong Joon-ho (2006)<\/p><\/div>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>The Host<\/em> a confirm\u00e9 apr\u00e8s <em>Memories of Murder<\/em> que Bong Joon-ho est un des r\u00e9alisateurs les plus talentueux et passionnants aujourd\u2019hui, non seulement en Cor\u00e9e du Sud mais dans le monde. The Host r\u00e9unit les m\u00eames qualit\u00e9s et particularit\u00e9s que <em>Memories of Murder<\/em>\u00a0: un sens affirm\u00e9 du drame, de l\u2019action et de l\u2019ironie, une mise en sc\u00e8ne nerveuse, la pr\u00e9cision des d\u00e9tails et des annotations subtiles. C\u2019est une r\u00e9ussite sur tous les plans\u00a0: c\u2019est un film de monstre spectaculaire, un des meilleurs depuis <em>Les Dents de la mer<\/em> et <em>Alien<\/em>, le portrait \u00e9mouvant d\u2019une communaut\u00e9 humaine, et une satire mordante de la soci\u00e9t\u00e9 cor\u00e9enne et de son histoire r\u00e9cente. Bong Joon-ho a bien s\u00fbr \u00e9tudi\u00e9 les films de Ridley Scott et surtout de Steven Spielberg pour mettre en sc\u00e8ne <em>The Host<\/em>, mais il est peut-\u00eatre plus proche encore de Brian De Palma, dans sa fa\u00e7on de conduire le spectateur au c\u0153ur d\u2019\u00e9motions et de sentiments paroxystiques gr\u00e2ce \u00e0 une mise en sc\u00e8ne toujours lucide, critique et intelligente.<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2613\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/10\/17\/notes-sur-trois-cineastes-coreens\/the-host-de-bong-joon-ho-2\/\" rel=\"attachment wp-att-2613\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2613\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-2613\" title=\"The Host de Bong Joon-ho (2006)\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho-2.jpg?w=1024\" alt=\"The Host de Bong Joon-ho (2006)\" width=\"1024\" height=\"682\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho-2.jpg 2100w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho-2-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho-2-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/the-host-de-bong-joon-ho-2-580x386.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2613\" class=\"wp-caption-text\">The Host de Bong Joon-ho (2006)<\/p><\/div>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>The Host<\/em> demeure six ans apr\u00e8s sa sortie le plus grand succ\u00e8s commercial du cin\u00e9ma cor\u00e9en. Rien d\u2019\u00e9tonnant que son producteur ait entrepris une version 3D du film \u00e0 l\u2019instar de la saga <em>Star Wars<\/em> aux Etats-Unis. Elle fut d\u00e9voil\u00e9e lors du Festival de Busan, tandis que Bong Joon-ho confirmait qu\u2019il n\u2019avait pas particip\u00e9 \u00e0 cette entreprise purement mercantile. Le r\u00e9sultat est un gonflage 3D d\u2019une rare m\u00e9diocrit\u00e9, techniquement d\u00e9fectueux, et on esp\u00e8re que le public cor\u00e9en aura l\u2019intelligence d\u2019ignorer la d\u00e9figuration d\u2019un chef-d\u2019\u0153uvre qui m\u00e9ritait un meilleur traitement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Les repr\u00e9sentants des Cahiers du cin\u00e9ma \u00e0 Busan ont aussi \u00e9voqu\u00e9 des cin\u00e9astes cor\u00e9ens qu\u2019ils n\u2019aiment pas, comme Kim Ki-duk et Park Chan-wook, ou qui divisent au sein du comit\u00e9 de r\u00e9daction comme Lee Chang-dong, cin\u00e9aste important mais jug\u00e9 trop litt\u00e9raire. Curieusement, les Cahiers du cin\u00e9ma n\u2019ont jamais mentionn\u00e9 lors de ce colloque un autre cin\u00e9aste cor\u00e9en extr\u00eamement talentueux, m\u00eame si plus in\u00e9gal que Bong Joon-ho et Hong Sang-soo\u00a0: Im Sang-soo.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Im Sang-soo est n\u00e9 \u00e0 S\u00e9oul en 1962. Il a \u00e9tudi\u00e9 la sociologie avant de travailler avec Im Kwon-taek, comme assistant puis comme sc\u00e9nariste. Son premier long m\u00e9trage, <em>Girls\u2019 Night Out<\/em> (1998), s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la vie sexuelle de trois femmes c\u00e9libataires. Il poursuit dans la m\u00eame veine avec <em>Tears<\/em> (2000), sur des adolescents \u00e0 la d\u00e9rive. Cette attention sur la condition f\u00e9minine dans la Cor\u00e9e moderne d\u00e9tonne dans une soci\u00e9t\u00e9 encore tr\u00e8s machiste, et Im Sang-soo affectionne d\u00e9j\u00e0 les sujets qui d\u00e9rangent, se fabricant une r\u00e9putation de provocateur et de trublion dans le cin\u00e9ma cor\u00e9en. Il franchit un cap avec le tr\u00e8s beau <em>Une femme cor\u00e9enne<\/em> (<em>A Good Lawyer\u2019s Wife<\/em>), chronique d\u2019une famille de la bourgeoise cor\u00e9enne qui surprend par sa crudit\u00e9 (et m\u00eame sa cruaut\u00e9). La force et la v\u00e9rit\u00e9 de cette \u00e9tude psychologique ne sont pas \u00e9loign\u00e9es du cin\u00e9ma de Pialat. Im Sang-soo s\u2019impose comme un brillant styliste et un excellent directeur d\u2019actrices (les femmes sortent triomphantes d\u2019un r\u00e9cit qui ent\u00e9rine la d\u00e9ch\u00e9ance du m\u00e2le cor\u00e9en.) Per\u00e7u comme un cin\u00e9aste f\u00e9ministe gr\u00e2ce \u00e0 ses trois premiers films, Im Sang-soo surprend tout le monde avec son chef-d\u2019\u0153uvre absolu \u00e0 ce jour, <em>The President\u2019s Last Bang<\/em> (2005), \u00e0 nos yeux le film le plus important du cin\u00e9ma cor\u00e9en contemporain avec <em>Memories of Murder<\/em> et <em>The Host<\/em>. Proche des thrillers politiques du cin\u00e9ma am\u00e9ricain des ann\u00e9es 70, d\u2019une virtuosit\u00e9 \u00e9poustouflante, <em>The President\u2019s Last Bang<\/em> est la reconstitution de l\u2019assassinat du pr\u00e9sident de la Cor\u00e9e du sud Park Chung-hee le 26 octobre 1979. A la t\u00eate d\u2019un r\u00e9gime autoritaire qui dura plus de quinze ans, Park Chung-hee fut assassin\u00e9 par Kim Jae-kyu, son ami et directeur de la police secr\u00e8te cor\u00e9enne (KCIA), lors d\u2019une nuit de beuverie, lors d\u2019un attentat semi improvis\u00e9 qui ne parvint qu\u2019\u00e0 plonger le pays dans le chaos. Sur un mode tragi-comique, le film d\u2019Im Sang-soo retranscrit \u00e0 la perfection un univers politique en pleine d\u00e9r\u00e9liction, peupl\u00e9 de parano\u00efaques, d\u2019ivrognes et de vieillards, o\u00f9 la folie d\u2019un homme se confond avec celle du pouvoir. D\u2019une grandeur shakespearienne, \u00e0 la fois op\u00e9ratique et grotesque, <em>The President\u2019s Last Bang<\/em> d\u00e9clencha un scandale en Cor\u00e9e, car il osait s\u2019attaquer \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement historique tabou, encore pr\u00e9sent dans tous les esprits. Le comit\u00e9 de censure obtint la suppression de quatre minutes, montrant des images d\u2019archives (notamment des v\u00e9ritables fun\u00e9railles du pr\u00e9sident, o\u00f9 l\u2019on pouvait distinguer des personnalit\u00e9s politiques encore vivantes). La version director\u2019s cut, que je pus d\u00e9couvrir \u00e0 S\u00e9oul trois ans apr\u00e8s la pr\u00e9sentation du film en premi\u00e8re mondiale \u00e0 la Quinzaine des R\u00e9alisateurs \u00e0 Cannes, est effectivement la plus puissante. Le film fut un succ\u00e8s commercial en Cor\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9norme retentissement que d\u00e9clench\u00e8rent son sujet et la pol\u00e9mique au moment de sa sortie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>Le Vieux Jardin<\/em> est \u00e0 nouveau un film historique (un amour qui a pour toile de fond le soul\u00e8vement de Kwangju de 1980, cons\u00e9cutif \u00e0 l\u2019\u00e9tat de si\u00e8ge d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s l\u2019assassinat de Park Chung-hee), mais qui fut loin de d\u00e9clencher le m\u00eame enthousiasme que son film pr\u00e9c\u00e9dent. Apr\u00e8s un projet avort\u00e9 de film tourn\u00e9 en France (Im Sang-soo est francophile), le cin\u00e9aste r\u00e9alise <em>The Housemaid<\/em>, remake d\u2019un classique du cin\u00e9ma cor\u00e9en de Kim Ki-young (1960). L\u2019original \u00e9tait un m\u00e9lodrame paroxystique assez d\u00e9lirant, digne de Bu\u00f1uel ou de Stroheim et que n\u2019auraient pas reni\u00e9 les surr\u00e9alistes. Le remake d\u2019Im Sang-soo prend beaucoup de libert\u00e9 avec son mod\u00e8le et se pr\u00e9sente comme une variation mani\u00e9riste et excessive des th\u00e8mes d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9s par le cin\u00e9aste dans ses premiers films\u00a0: satire de la bourgeoisie, du machisme et de la famille, \u00e9tude critique des rapports de classe. Parfois proche du film d\u2019horreur \u00e0 la De Palma, <em>The Housemaid<\/em> souffrit de la comparaison avec Kim Ki-young (cin\u00e9aste culte en Cor\u00e9e) mais aussi avec <em>Une femme cor\u00e9enne<\/em> et <em>The President\u2019s Last Bang<\/em>, plus satisfaisants. L\u2019\u00e9chec relatif des deux derniers films d\u2019Im Sang-soo n\u2019est pas une raison pour enterrer pr\u00e9matur\u00e9ment un cin\u00e9aste aussi brillant, qui paye sans doute son \u00e9clectisme, son humour sarcastique et son mauvais esprit, qui ont fait de lui le poil \u00e0 gratter du cin\u00e9ma cor\u00e9en. Il tourne actuellement son prochain long m\u00e9trage, une nouvelle histoire de domestique.<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2641\" style=\"width: 728px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/10\/17\/notes-sur-trois-cineastes-coreens\/s-last-bang\/\" rel=\"attachment wp-att-2641\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2641\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-2641\" title=\"Affiche de The President's Last Bang.\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/s-last-bang.jpg?w=718\" alt=\"Affiche de The President's Last Bang.\" width=\"718\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/s-last-bang.jpg 900w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/s-last-bang-196x280.jpg 196w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/s-last-bang-538x768.jpg 538w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/10\/s-last-bang-580x826.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 718px) 100vw, 718px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2641\" class=\"wp-caption-text\">Affiche de The President&rsquo;s Last Bang.<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lundi dernier au Festival de Busan un colloque \u00e9tait consacr\u00e9 aux Cahiers du cin\u00e9ma et \u00e0 leur relation avec le\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":11079,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - 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