{"id":24722,"date":"2020-03-18T14:24:35","date_gmt":"2020-03-18T13:24:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=24722"},"modified":"2020-04-02T13:55:44","modified_gmt":"2020-04-02T12:55:44","slug":"jean-pierre-mocky-au-japon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2020\/03\/18\/jean-pierre-mocky-au-japon\/","title":{"rendered":"Jean-Pierre Mocky au Japon"},"content":{"rendered":"<p><strong>Voici la retranscription de la conf\u00e9rence qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e le vendredi 13 mars \u00e0 Tokyo, dans la salle de l\u2019Institut fran\u00e7ais du Japon, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019hommage \u00e0 Jean-Pierre Mocky organis\u00e9 dans le cadre du 2<sup>\u00e8me<\/sup> Mois de la critique, juste apr\u00e8s la projection de <em>Solo<\/em>. Invit\u00e9 par l\u2019Institut fran\u00e7ais du Japon pour pr\u00e9senter des coproductions r\u00e9centes d\u2019ARTE France Cin\u00e9ma in\u00e9dites dans trois villes au Japon, j\u2019avais \u00e9galement r\u00e9pondu \u00e0 une carte blanche qui m\u2019offrait la possibilit\u00e9 de faire d\u00e9couvrir aux cin\u00e9philes japonais un r\u00e9alisateur fran\u00e7ais mal ou jamais distribu\u00e9 au Japon. Mon choix s\u2019est rapidement port\u00e9 sur Jean-Pierre Mocky, dont un seul film, le premier, avait \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 commercialement au Japon : <em>Les Dragueurs<\/em>, sorti le 22 octobre 1969.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Figure \u00e0 la fois famili\u00e8re et marginale du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, Jean-Pierre Mocky est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 8 ao\u00fbt 2019, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 90 ans. <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Famili\u00e8re\u00a0? Parce que Jean-Pierre Mocky, apr\u00e8s avoir aliment\u00e9 avec r\u00e9gularit\u00e9 pendant plus de trente ans la production cin\u00e9matographique fran\u00e7aise avec des com\u00e9dies et des polars, interpr\u00e9t\u00e9s par des vedettes populaires, souvent rediffus\u00e9s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, \u00e9tait devenu depuis plusieurs d\u00e9cennies un habitu\u00e9 des plateaux de la t\u00e9l\u00e9vision et des \u00e9missions de radio, offrant le spectacle r\u00e9jouissant (ou insupportable, pour ses d\u00e9tracteurs) d\u2019un r\u00e9alisateur fort-en-gueule qui n\u2019h\u00e9sitait jamais \u00e0 ruer dans les brancards et \u00e0 s\u2019exprimer sur tous les sujets et \u00e0 entretenir sa l\u00e9gende \u00e0 coups d\u2019anecdotes, d\u2019affabulations \u00e9hont\u00e9es et de provocations verbales, parfois avec grossi\u00e8ret\u00e9, toujours avec humour et irr\u00e9v\u00e9rence.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Marginale\u00a0? Parce que Jean-Pierre Mocky, m\u00eame lorsque ses films obtenaient des succ\u00e8s commerciaux, n\u2019a jamais fait du cin\u00e9ma comme les autres. Il est rest\u00e9 un franc-tireur, sans rapport avec les r\u00e9alisateurs de com\u00e9dies commerciales. Contemporain de la Nouvelle Vague, il en a appliqu\u00e9 certains principes, tout en poursuivant un chemin solitaire et singulier. Jean-Pierre Mocky peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un auteur \u00e0 part enti\u00e8re. Il n\u2019\u00e9tait certes pas un auteur de festivals, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans le monde entier. Militant pour un cin\u00e9ma populaire, il n\u2019a jamais emprunt\u00e9 une voie \u00e9litiste ou avant-gardiste, mais il a su conserver une v\u00e9ritable int\u00e9grit\u00e9 morale et \u00e9conomique. Il travaillait \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un artisan, et parfois d\u2019un bricoleur \u2013 une de ses com\u00e9dies les plus farfelues s\u2019appelle d\u2019ailleurs <em>Le Roi des bricoleurs<\/em>. Il a toujours puis\u00e9 son inspiration dans la litt\u00e9rature polici\u00e8re ou dans l\u2019observation de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, avec ses faits-divers et ses scandales politiques. Cela en faisait un cousin lointain de Jean-Luc Godard, avec au moins un point commun\u00a0: si tout le monde le connaissait en France, plus personne \u00e0 la fin n\u2019allait voir ses films. Sa personnalit\u00e9 exub\u00e9rante faisait de l\u2019ombre \u00e0 ses derni\u00e8res cr\u00e9ations, produite \u00e0 moindre frais pour une seule salle de cin\u00e9ma \u2013 la sienne \u2013 ou des petites chaines de t\u00e9l\u00e9vision priv\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour rendre hommage au plus fantasque des cin\u00e9astes fran\u00e7ais, auteur d\u2019une filmographie aussi pl\u00e9thorique qu\u2019excentrique, nous allons parcourir l\u2019\u0153uvre de Jean-Pierre Mocky en nous appuyant sur quelques-uns de ses meilleurs films, parmi lesquels ceux qui sont projet\u00e9s au Japon lors de la r\u00e9trospective. Car Jean-Pierre Mocky, c\u2019est environ 80 films r\u00e9alis\u00e9s pour le cin\u00e9ma entre 1959 et 2019, avec quelques courts m\u00e9trages et t\u00e9l\u00e9films. Inutile, et impossible, de tous les recenser. Mais certains titres sont des jalons essentiels dans sa carri\u00e8re, et comptent aussi dans l\u2019histoire du cin\u00e9ma fran\u00e7ais<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>De la d\u00e9couverte d\u2019<em>A mort l\u2019arbitre<\/em>\u00a0 &#8211; grand film &#8211; \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et du\u00a0<em>Miracul\u00e9<\/em>\u00a0lors de sa sortie dans les ann\u00e9es 80, lorsque nous \u00e9tions adolescent, puis de ses grands succ\u00e8s avec Bourvil et Francis Blanche au Brady, la petite salle de cin\u00e9ma parisienne qu\u2019il avait rachet\u00e9 dans les ann\u00e9es 90, jusqu\u2019\u00e0 nos rencontres r\u00e9guli\u00e8res \u00e0 l\u2019occasion de la diffusion de ses films sur ARTE, nous avons toujours aim\u00e9 Jean-Pierre Mocky, qui aura consacr\u00e9 sa longue existence et son \u00e9nergie d\u00e9bordante, jusqu\u2019au dernier souffle, \u00e0 sa passion du cin\u00e9ma et des acteurs. Au-del\u00e0 de son image m\u00e9diatique, Mocky est un cin\u00e9aste \u00e0 prendre au s\u00e9rieux. C\u2019\u00e9tait aussi un homme particuli\u00e8rement attachant. Cette conf\u00e9rence a pour ambition de r\u00e9\u00e9valuer son travail \u00e0 la hausse. C\u2019est \u00e9galement pour moi une mani\u00e8re de lui dire au revoir, dans un pays qui d\u00e9couvre ses films pour la premi\u00e8re fois. Il en aurait \u00e9t\u00e9 heureux je pense.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Cette conf\u00e9rence sera \u00e9tay\u00e9e de propos de Jean-Pierre Mocky que j\u2019avais recueilli en aout 2013.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Avant d\u2019\u00eatre r\u00e9alisateur, Jean-Pierre Mocky a \u00e9t\u00e9 acteur. N\u00e9 le 6 juillet 1929 \u00e0 Nice, son vrai nom est Jean-Paul Adam Mokiejewski, ses parents sont polonais, son p\u00e8re est juif et sa m\u00e8re est catholique. Il se cache \u00e0 la campagne pendant l\u2019occupation allemande pour \u00e9chapper aux pers\u00e9cutions qui frappent les Juifs. Il fait une apparition comme figurant dans Les Visiteurs du soir de Marcel Carn\u00e9 en 1942. Il gagne sa vie comme chauffeur de taxi et rencontre Pierre Fresnay qui le prend sous sa protection et lui permet de d\u00e9crocher un premier r\u00f4le au th\u00e9\u00e2tre. Il est admis au conservatoire national sup\u00e9rieur d\u2019art dramatique o\u00f9 il rencontre le jeune Jean-Paul Belmondo et d\u2019autres com\u00e9diens de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration qui vont plus tard devenir des vedettes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>En 1952 il est engag\u00e9 par Michelangelo Antonioni pour jouer dans <em>I vinti<\/em>. D\u00e9bute alors une carri\u00e8re italienne. Mocky s\u2019installe \u00e0 Rome et apparait dans plusieurs films. Mais c\u2019est la r\u00e9alisation qui l\u2019int\u00e9resse. Il devient stagiaire sur les tournages de <em>La strada<\/em> de Fellini de <em>Senso <\/em>de Visconti.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Fatigu\u00e9 des r\u00f4les de jeunes premiers, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la concurrence est rude \u2013 c\u2019est la mode des acteurs fran\u00e7ais s\u00e9duisants au physique avantageux, le plus c\u00e9l\u00e8bre est Alain Delon, Mocky acteur au talent limit\u00e9 comprend qu\u2019il aura plus de chance de durer dans le m\u00e9tier s\u2019il devient metteur en sc\u00e8ne. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Mocky, pour son premier film, d\u00e9cide d\u2019adapter un roman d\u2019Herv\u00e9 Bazin, <em>La T\u00eate contre les murs<\/em>, sur le traitement inhumain des fous dans une clinique psychiatrique. Mais les producteurs le jugent trop jeune et ne lui font pas confiance. Mocky \u00e9crit le sc\u00e9nario et interpr\u00e8te le r\u00f4le principal du film, tandis que la mise en sc\u00e8ne est confi\u00e9e \u00e0 Georges Franju, qui poss\u00e8de une solide exp\u00e9rience de r\u00e9alisateur de courts m\u00e9trages. Sorti en 1959, contemporain des premiers films de la Nouvelle Vague, <em>La T\u00eate contre les murs<\/em> est un film important du cin\u00e9ma fran\u00e7ais. Franju s\u2019est empar\u00e9 du projet et lui a apport\u00e9 une dimension un peu fantastique, h\u00e9rit\u00e9 du surr\u00e9alisme. Si Mocky avait r\u00e9alis\u00e9 le film, il l\u2019aurait voulu plus r\u00e9aliste, plus brutal.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quelques mois plus tard, Mocky peut enfin r\u00e9aliser son premier film, <em>Les Dragueurs<\/em>, dans lequel il retrouve Charles Aznavour, acteur \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s dans <em>La T\u00eate contre les murs<\/em>, et aussi le compositeur Maurice Jarre au d\u00e9but de sa carri\u00e8re. Ce film s\u2019inscrit dans une tendance sociologique de la filmographie de Mocky, qui aime s\u2019int\u00e9resser \u00e0 des pratiques sociales ou des ph\u00e9nom\u00e8nes de soci\u00e9t\u00e9. Cette veine sociologique a engendr\u00e9 des films sur le couple, les jeunes femmes, la sexualit\u00e9, la violence de la foule. Ici, la drague, avec l\u2019histoire de deux types solitaires qui sont obs\u00e9d\u00e9s par les rencontres f\u00e9minines, avec des r\u00e9sultats le plus souvent path\u00e9tique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au-del\u00e0 d\u2019un argument trivial, pr\u00e9texte \u00e0 des sayn\u00e8tes plus ou moins scabreuses, cruelles ou amusantes, on trouve des \u00e9l\u00e9ments qui vont nourrir tous les meilleurs films de Mocky. Derri\u00e8re l\u2019humour noir ou la satire, pointe une forme de romantisme. Sous un cynisme de fa\u00e7ade, les h\u00e9ros de Mocky sont toujours des id\u00e9alistes, \u00e0 la recherche d\u2019une puret\u00e9 impossible.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Extrait des <em>Dragueurs<\/em>\u00a0: Jacques Charrier est fascin\u00e9 par Anouk Aim\u00e9e, jusqu\u2019au moment o\u00f9 il d\u00e9couvre qu\u2019elle est infirme.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce qui caract\u00e9rise le personnage de Charrier, c\u2019est sa l\u00e2chet\u00e9, puisqu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re courir apr\u00e8s une femme qui n\u2019existe pas, plut\u00f4t que tomber amoureux d\u2019une femme r\u00e9elle, avec les cons\u00e9quences, et les responsabilit\u00e9s que cela comporte. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Le ton d\u00e9sabus\u00e9 et cruel des <em>Dragueurs<\/em> rejoint certaines des meilleures com\u00e9dies italiennes des ann\u00e9es 60, davantage que les futurs films de la Nouvelle Vague.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s ce succ\u00e8s inaugural, Mocky ne va plus jamais s\u2019arr\u00eater de tourner, avec un film par an en moyenne, avec des fortunes diverses. Les ann\u00e9es 60 sont fastes avec des films tr\u00e8s r\u00e9ussis comme <em>Un couple<\/em>, qu\u2019il \u00e9crit avec Raymond Queneau, <em>Snobs<\/em>, une com\u00e9die satirique o\u00f9 s\u2019expriment son sens de la d\u00e9rision et du grotesque, <em>Les Vierges<\/em>, \u00e9quivalent f\u00e9minin des <em>Dragueurs<\/em> qui poss\u00e8de lui aussi une dimension tragi-comique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>En 1963, Mocky fait une rencontre d\u00e9cisive\u00a0: celle de Bourvil.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Jean-Pierre Mocky va trouver en Bourvil une incarnation parfaite des personnages au c\u0153ur pur qu\u2019il affectionne. Cet acteur tr\u00e8s populaire en France va devenir son ami et accepter de s\u2019embarquer dans des films beaucoup provocateurs que ceux dans lesquels il avait l\u2019habitude de jouer.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Un dr\u00f4le de paroissien<\/em><\/strong><strong> est la premi\u00e8re des quatre com\u00e9dies qu\u2019ils vont tourner ensemble, jusqu\u2019\u00e0 la disparition pr\u00e9matur\u00e9e de l\u2019acteur, mort d\u2019un cancer en 1970.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Un dr\u00f4le de paroissien<\/em><\/strong><strong>\u00a0est une formidable com\u00e9die qui compte parmi les plus grands succ\u00e8s de Mocky. Le film nous \u00e9claire sur sa personnalit\u00e9 et r\u00e9v\u00e8le un cin\u00e9aste moins moqueur que tendre, amoureux de ses acteurs. Outre Bourvil, tous les seconds r\u00f4les sont en effet extraordinaires, \u00e0 commencer bien s\u00fbr par Francis Blanche et Jean Poiret, hilarants, qu\u2019on retrouvera dans de nombreux films Mocky. On ne se lasse pas de cette histoire d\u2019aristocrate ruin\u00e9 et fervent catholique qui redore le blason et remplit les assiettes de sa famille en pillant les troncs des \u00e9glises parisiennes. La po\u00e9sie et l\u2019ironie du film ne sont pas sans \u00e9voquer l\u2019\u0153uvre du g\u00e9nial Raymond Queneau, qui exer\u00e7a \u00e0 cette \u00e9poque une influence \u00e9vidente sur son ami Mocky, et travailla avec lui sur les dialogues d\u2019<em>Un couple <\/em>et de <em>La Cit\u00e9 de l\u2019indicible peur<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le film suivant de Mocky avec Bourvil n\u2019aura pas le m\u00eame succ\u00e8s, mais il est particuli\u00e8rement repr\u00e9sentatif du style du cin\u00e9aste, qui va d\u00e9velopper son go\u00fbt pour le fantastique et l\u2019\u00e9trange, tr\u00e8s loin du cart\u00e9sianisme du cin\u00e9ma fran\u00e7ais.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Extrait de <em>La Cit\u00e9 de l\u2019indicible peur<\/em>\u00a0: Le condamn\u00e9 \u00e0 mort \u00e9chappe \u00e0 la guillotine, le bourreau a la t\u00eate tranch\u00e9e \u00e0 sa place.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce film \u2013 et cet extrait \u2013 permettent d\u2019illustrer les nombreuses qualit\u00e9s du cin\u00e9ma de Mocky.<\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u2019abord la mise en sc\u00e8ne\u00a0: Balayons les id\u00e9es re\u00e7ues qui entachent le travail de Jean-Pierre Mocky. Accus\u00e9 de b\u00e2clage et de fumisterie, Mocky a pourtant r\u00e9ussi l\u2019une des \u0153uvres les plus originales et vivifiantes du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, au moins jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 80. Entre Chabrol (pour la mise en bo\u00eete de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise), Polanski (pour l\u2019absurde et l\u2019humour noir) et Ferreri (pour la f\u00e9rocit\u00e9 satirique), Mocky a longtemps exprim\u00e9 une verve, un anticonformisme et un sens du comique r\u00e9jouissant dans une s\u00e9rie de films qui constitue un ensemble unique et coh\u00e9rent dans le cin\u00e9ma fran\u00e7ais. <\/strong><strong><em>La Cit\u00e9 de l\u2019indicible peur<\/em><\/strong><strong>\u00a0b\u00e9n\u00e9ficie de la photographie d\u2019Eugen Sch\u00fcfftan, grand chef op\u00e9rateur allemand qui avait d\u00e9but\u00e9 au temps de l\u2019expressionnisme et travaill\u00e9 avec Fritz Lang, Edgar G. Ulmer, Marcel Carn\u00e9\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>La guillotine\u00a0: comme\u00a0<em>Le T\u00e9moin\u00a0<\/em>r\u00e9alis\u00e9\u00a0en 1978,\u00a0<em>La Cit\u00e9 de l\u2019indicible peur\u00a0<\/em>parle de la peine de mort, d\u2019une mani\u00e8re particuli\u00e8rement corrosive (au d\u00e9but du film c\u2019est le bourreau qui a la t\u00eate tranch\u00e9e par accident.)<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Effectivement en 1964 comme en 1978 j\u2019\u00e9tais contre la peine de mort\u00a0\u00bb (Mocky)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mocky fait partie des cin\u00e9astes fran\u00e7ais qui se sont clairement oppos\u00e9s \u00e0 la peine de mort dans certains de leurs films, quand elle \u00e9tait encore appliqu\u00e9e en France, avant son abolition en 1981.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tous ces cin\u00e9astes n\u2019\u00e9taient pas de gauche, certains \u00e9taient de droite ou apolitiques\u00a0: Claude Lelouch (<em>La vie, l\u2019amour, la mort<\/em>), Jos\u00e9 Giovanni (<em>Deux hommes dans la ville<\/em>), Paul Vecchiali (<em>La Machine<\/em>).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mocky, \u00e0 cause de son humour irr\u00e9v\u00e9rencieux, a toujours \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme un anarchiste, terme qu\u2019il r\u00e9cusait\u00a0: il se consid\u00e9rait comme socialiste.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Bourvil<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans ce film, comme plus tard dans <em>La Grande lessive<\/em> et <em>L\u2019Etalon<\/em>, Bourvil incarne la bont\u00e9 et l\u2019id\u00e9alisme dans un monde pourri et malhonn\u00eate. Il interpr\u00e8te un petit flic qui part \u00e0 la recherche d\u2019un faux-monnayeur pour l\u2019emp\u00eacher de commettre de nouveaux crimes qui pourraient lui valoir la peine de mort pour la seconde fois\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Bourvil adorait ce personnage d\u2019humaniste. J\u2019avais voulu en faire une sorte de viking, avec une perruque blonde qui lui donnait un air \u00e9cossais. Dans les quatre films que nous avons fait ensemble Bourvil jouait toujours des missionnaires la\u00efcs, en croisade pour sauver soit les enfants, soit les maris, soit les pauvres, soit les criminels dans le cas de\u00a0<em>La Cit\u00e9 de l\u2019indicible peur<\/em>.\u00a0\u00bb (Mocky)<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mocky a l\u2019id\u00e9e tr\u00e8s originale, dans ce film et dans d\u2019autres, d\u2019inviter des figures mythiques de l\u2019histoire du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, qu\u2019il \u00e9tait le seul ou presque \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 faire travailler.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Je voulais mettre Bourvil en pr\u00e9sence de plusieurs acteurs d\u2019avant-guerre\u00a0: Jean-Louis Barrault, Raymond Rouleau, Victor Francen, et m\u00eame Fernand Gravey (\u2026) <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0C\u2019est la grande diff\u00e9rence entre mes amis de la Nouvelle Vague et moi. Truffaut et Chabrol venaient de la critique et avaient peur d\u2019affronter des grands acteurs sur le tournage, c\u2019est la raison pour laquelle ils ont commenc\u00e9 avec des d\u00e9butants de leur \u00e2ge comme Jean-Claude Brialy, G\u00e9rard Blain ou Bernadette Lafont. Dans la profession les gens me connaissaient comme acteur, ils savaient que j\u2019avais jou\u00e9 avec Gabin, que j\u2019avais \u00e9t\u00e9 le secr\u00e9taire de Stroheim et de Jules Berry, l\u2019\u00e9l\u00e8ve de Louis Jouvet. J\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 dans le m\u00e9tier et j\u2019ai eu l\u2019avantage par rapport \u00e0 la Nouvelle Vague de ne travailler qu\u2019avec des vedettes consacr\u00e9es, dont je me sentais proche. J\u2019\u00e9tais inspir\u00e9 par tous ces grands acteurs, comme Michel Simon dans\u00a0<em>L\u2019Ibis rouge<\/em>. Mon grand regret est de ne pas avoir pu employer Robert Le Vigan et Erich von Stroheim dans l\u2019un de mes films.\u00a0\u00bb (Mocky)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mocky a affubl\u00e9 tous les personnages de\u00a0<em>La Cit\u00e9 de l\u2019indicible peur<\/em>\u00a0de tics ridicules et amusants.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Il y avait une pol\u00e9mique \u00e0 l\u2019\u00e9poque au sujet du non-jeu ou une esth\u00e9tique de l\u2019\u00e9pure qui venait du n\u00e9o-r\u00e9alisme italien et qui avait \u00e9t\u00e9 reprise par la Nouvelle Vague, contre une certaine tradition o\u00f9 les acteurs aimaient en faire des tonnes. Moi au contraire j\u2019aimais beaucoup les tics de Louis Jouvet ou Saturnin Fabre. J\u2019ai voulu me singulariser en reprenant et en exag\u00e9rant la vielle m\u00e9thode. C\u2019est la raison pour laquelle Bourvil sautille ou Raymond Rouleau dit toujours \u00ab\u00a0quoi\u00a0?\u00a0\u00bb \u00e0 la fin de ses phrases. J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 contre les personnages trop lisses. Un acteur, c\u2019est un clown.\u00a0\u00bb (Mocky)<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019amour des mots et des acteurs rattache Mocky au cin\u00e9ma fran\u00e7ais des ann\u00e9es 30, soit le r\u00e9alisme po\u00e9tique, et parfois le fantastique po\u00e9tique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il existe aussi une veine f\u00e9conde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la filmographie de Mocky\u00a0: celle du film noir, et du thriller politique appr\u00e9hend\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re bien diff\u00e9rente de celle de Costa-Gavras ou Yves Boisset par exemple<\/strong><\/p>\n<p><strong>La palette de Jean-Pierre Mocky, estampill\u00e9 auteur comique, est beaucoup plus vari\u00e9e qu\u2019on le pense. Chez lui l\u2019humour et la fantaisie n\u2019excluent pas la m\u00e9lancolie, la violence et m\u00eame le tragique. Ainsi, le Mocky de la grande \u00e9poque a sans doute r\u00e9alis\u00e9 certains des meilleurs films politiques fran\u00e7ais, maquill\u00e9s en polars de s\u00e9rie B.\u00a0<em>Solo<\/em>\u00a0est le premier titre d\u2019une s\u00e9rie de films qui traverse l\u2019\u0153uvre de Mocky \u00e0 partir des ann\u00e9es 70. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Le cin\u00e9aste s\u2019y attribue souvent le r\u00f4le principal. Ces films r\u00e9pondent \u00e0 un canevas immuable : un homme seul est confront\u00e9 \u00e0 la corruption, \u00e0 la violence et \u00e0 la vulgarit\u00e9 ordinaires. Il y perdra la vie. Ces thrillers pamphl\u00e9taires tranchent avec ses com\u00e9dies excentriques et entendent dresser un \u00e9tat de lieux de la France et de ses institutions au moment du tournage. R\u00e9fractaire \u00e0 toute forme d\u2019esprit de s\u00e9rieux ou de discours pontifiants, Mocky pr\u00e9f\u00e8re alors puiser son inspiration dans les rubriques de faits-divers, les scandales locaux ou dans des romans am\u00e9ricains de s\u00e9rie noire, dont il adapte l\u2019intrigue dans un contexte fran\u00e7ais. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Le point de d\u00e9part de\u00a0<em>Solo<\/em>\u00a0est l\u2019analyse \u00e0 chaud des cons\u00e9quences imm\u00e9diates de mai 68 par le cin\u00e9aste. Les id\u00e9aux r\u00e9volutionnaires de jeunes gauchistes se sont mu\u00e9s en nihilisme anti-bourgeois, qui les conduit au passage \u00e0 l\u2019acte terroriste. Le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d\u2019un des membres du groupe, un escroc individualiste, va tenter de devancer la police et d\u2019emp\u00eacher un nouveau carnage.\u00a0<em>Solo<\/em>\u00a0est une course-poursuite dans la nuit men\u00e9e tambour battant, truff\u00e9e d\u2019action et d\u2019id\u00e9es de mise en sc\u00e8ne, o\u00f9 l\u2019on sent l\u2019influence du film noir am\u00e9ricain. Mocky endosse avec panache la d\u00e9froque d\u2019un antih\u00e9ros au cynisme de fa\u00e7ade. Son interpr\u00e9tation, ainsi que le th\u00e8me musical sign\u00e9 Georges Moustaki, nimbent\u00a0<em>Solo\u00a0<\/em>d\u2019un romantisme t\u00e9n\u00e9breux.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Solo sera suivi par une s\u00e9rie de films similaires, tous interpr\u00e9t\u00e9s par Mocky\u00a0: <em>L\u2019albatros <\/em>(1971), <em>Un linceul n\u2019a pas de poche<\/em> (1974), <em>Le pi\u00e8ge \u00e0 cons<\/em> (1979), <em>La Machine \u00e0 d\u00e9coudre<\/em> (1987).<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Deux des meilleures com\u00e9dies de Mocky\u00a0: <em>L\u2019Ibis rouge<\/em> et <em>Le Miracul\u00e9<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mais il faudrait ajouter ce chef-d\u2019\u0153uvre d\u2019humour absurde qu\u2019est <em>Chut\u00a0!<\/em> (1972).<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>L\u2019Ibis rouge<\/em><\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pause r\u00e9cr\u00e9ative au milieu des ann\u00e9es 70 \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 Mocky encha\u00eene des br\u00fblots anarchisants qui tiraient \u00e0 boulets rouges sur les institutions et la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise,\u00a0<em>L\u2019Ibis rouge<\/em>\u00a0bouscule \u00e0 ma mani\u00e8re les codes du film criminel, avec une bonne dose d\u2019absurde, de po\u00e9sie et d\u2019humour noir. Mocky comme de coutume s\u2019empare d\u2019un roman policier am\u00e9ricain, ici\u00a0<em>Knock Three One Two<\/em>\u00a0(\u00ab\u00a0\u00c7a ne se refuse pas\u00a0\u00bb) de Fredric Brown, publi\u00e9 dans la \u00ab\u00a0S\u00e9rie Noire\u00a0\u00bb, pour imaginer une galerie de personnages excentriques et monstrueux, mais paradoxalement \u00e9mouvants.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mocky a toujours aim\u00e9 les acteurs et il offre ici \u00e0 Michel Serrault et Michel Galabru d\u2019enrichir leur palette en cr\u00e9ant des caract\u00e8res path\u00e9tiques, loin de leurs pitreries habituelles. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Quant \u00e0 Michel Simon, dans sa derni\u00e8re apparition \u00e0 l\u2019\u00e9cran, il est tout simplement bouleversant dans le r\u00f4le du marchand de journaux Zizi, faisant surgir les souvenirs de Monsieur Hire, Boudu et le P\u00e8re Jules en vieillard acari\u00e2tre, mythomane et misanthrope, dont le seul ami est un petit gar\u00e7on noir tir\u00e9 \u00e0 quatre \u00e9pingles et amateur de bananes. Aux c\u00f4t\u00e9s des trois Michel\u00a0<em>L\u2019Ibis rouge<\/em>\u00a0grouille de figures pittoresques, du second r\u00f4le au simple figurant, caract\u00e9ristiques de cet art de la distribution dont Mocky a le secret. Gueules bizarres, accessoires loufoques, accoutrements \u00e9tranges, tics de langage ou handicaps physiques\u2026 Mocky met en sc\u00e8ne une cour des miracles qui n\u2019est qu\u2019un miroir d\u00e9formant des Fran\u00e7ais, toutes classes sociales confondues. L\u2019ancrage urbain du film, presque enti\u00e8rement tourn\u00e9 sur les bords du Canal Saint-Martin, \u00e9voque un Paris populaire illustr\u00e9 quarante ans plus t\u00f4t dans les classiques du cin\u00e9ma fran\u00e7ais d\u2019avant-guerre. Des souvenirs de\u00a0<em>Dr\u00f4le de drame<\/em>,\u00a0<em>H\u00f4tel du Nord<\/em>,\u00a0<em>L\u2019Atalante<\/em>\u2026 ressurgissent dans la m\u00e9moire du spectateur. A cette tradition du r\u00e9alisme po\u00e9tique, transfigur\u00e9e par le go\u00fbt du bizarre, Mocky ajoute une touche d\u2019humour grotesque et fantastique tr\u00e8s Mitteleuropa qui le rapproche du Polanski du\u00a0<em>Locataire<\/em>\u00a0et m\u00eame du Kubrick d\u2019<em>Orange m\u00e9canique<\/em>. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Cela peut sembler \u00e9trange de comparer Mocky \u00e0 ces deux cin\u00e9astes perfectionnistes qui b\u00e9n\u00e9ficiaient de gros budget et de temps de tournage tr\u00e8s longs. Mocky a toujours tourn\u00e9 rapidement avec peu d\u2019argent, souvent dans des situations difficiles, mais cela ne l\u2019a pas emp\u00each\u00e9 de d\u00e9velopper une esth\u00e9tique et un esprit loin du naturalisme, qui puisent leur racine dans la culture d\u2019Europe de l\u2019Est, l\u2019expressionnisme allemand et l\u2019humour juif.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le Miracul\u00e9<\/em><\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Papu (Jean Poiret), sympathique fripouille qui vit d\u2019exp\u00e9dients et d\u2019escroqueries, simule une paralysie, \u00e0 la suite d\u2019un accident, pour toucher l\u2019assurance. Pour appuyer ses dires, il se rend \u00e0 Lourdes pour une pseudo gu\u00e9rison, accompagn\u00e9 d\u2019une bigote qui travaille pour les chiffonniers d\u2019Emma\u00fcs (Jeanne Moreau). L\u2019assureur Fox-Terrier (Michel Serrault), muet depuis une bavure polici\u00e8re et qui a flair\u00e9 la supercherie, va tenter de le d\u00e9masquer en montant lui aussi dans le train en direction de Lourdes. Le sc\u00e9nario en forme de course poursuite o\u00f9 tous les coups, d\u00e9guisements et entourloupes sont permis pour prendre le malfaiteur la main dans le sac rappelle ceux d\u2019<em>Un dr\u00f4le de paroissien<\/em>,\u00a0<em>L\u2019Etalon\u00a0<\/em>ou\u00a0<em>La Grande Lessive<\/em>. <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le Miracul\u00e9\u00a0<\/em><\/strong><strong>scelle les retrouvailles du duo comique Poiret-Serrault, dans une forme \u00e9blouissante. Ils donnent l\u2019impression de beaucoup s\u2019amuser dans des r\u00f4les \u00e0 contre-emploi\u00a0: un clochard vulgaire et sale pour le tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gant Poiret, un assureur muet et farfelu pour Serrault\u2026 C\u2019est un peu Auguste et le Clown Blanc, et le film entier se met \u00e0 ressembler \u00e0 un spectacle forain avec ses num\u00e9ros de cirque et de prestidigitation. On d\u00e9nombre beaucoup de trouvailles absurdes et po\u00e9tiques dans\u00a0<em>Le Miracul\u00e9<\/em>, travers\u00e9 par un humour surr\u00e9aliste qui d\u00e9passe la satire sociale et la charge anticl\u00e9ricale\u00a0: Un malade n\u2019a plus de visage quand on lui enl\u00e8ve ses bandelettes, une voiture d\u00e9fonce le mur d\u2019une maison situ\u00e9e pr\u00e8s d\u2019un tournant, un jeune abb\u00e9 devient rouge comme une tomate en d\u00e9couvrant qu\u2019une ardente gitane ne porte pas de culotte, des fr\u00e8res jumeaux sont affubl\u00e9s d\u2019un nez de vautour\u2026 Mocky met en sc\u00e8ne une galerie de personnages plus pittoresques que jamais, et ce cirque humain, cette cour de r\u00e9cr\u00e9ation pour adultes se rapproche de la bande dessin\u00e9e ou du cin\u00e9ma burlesque dans le style d\u2019<em>Hellzapoppin\u2019<\/em>\u00a0ou des Marx Brothers.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le Miracul\u00e9<\/em><\/strong><strong>\u00a0contient beaucoup de gags visuels, avec des maquillages sp\u00e9ciaux, des accessoires et des d\u00e9guisements.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0J\u2019ai une immense admiration pour le cirque et les clowns, depuis que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 assistant de Fellini sur le tournage de<em>\u00a0La strada<\/em>. Serrault aussi aimait beaucoup les clowns. \u00bb (Mocky)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Avec plus de 800.000 entr\u00e9es en France lors de sa premi\u00e8re exclusivit\u00e9,\u00a0<em>Le Miracul\u00e9<\/em>\u00a0est l\u2019un des plus grands succ\u00e8s commerciaux de Mocky. Un film que le grand public a aim\u00e9. A juste titre. C\u2019est aussi la derni\u00e8re com\u00e9die vraiment r\u00e9ussie de Mocky. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Paradoxalement, ce grand succ\u00e8s va marquer le d\u00e9clin irr\u00e9versible de sa carri\u00e8re. Il va encore r\u00e9aliser quelques bons films comme agent trouble avec Catherine Deneuve dans un contre-emploi, mais bient\u00f4t les choses vont se g\u00e2ter. A cause d\u2019un film rat\u00e9 (<em>Une nuit \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e nationale<\/em>), les rapports de Mocky avec la profession vont se d\u00e9grader. Il aura de plus en plus de difficult\u00e9 \u00e0 obtenir une distribution et une exploitation satisfaisante de ses films. Il va encha\u00eener les films pour continuer \u00e0 exister comme cin\u00e9aste, et donner raison \u00e0 ses d\u00e9tracteurs qui lui reprochaient de faire n\u2019importe quoi. Les nombreux films qu\u2019ils tourne dans les ann\u00e9es 90, 2000 et 2010 n\u2019apportent rien \u00e0 sa gloire. Il peine \u00e0 retrouver des acteurs populaires \u00e0 la hauteur des grands noms du cin\u00e9ma fran\u00e7ais. Mocky va se marginaliser, et continuer \u00e0 travailler dans l\u2019amertume et la tristesse, avec des moyens financiers et techniques de plus en plus d\u00e9risoires. Contrairement \u00e0 Cavalier ou Godard, cette marginalisation n\u2019est pas volontaire \u2013 abandonner le syst\u00e8me de production classique pour s\u2019isoler et se retrouver, avec un cin\u00e9ma \u00e0 la premi\u00e8re personne \u2013 mais subie. Sans techniciens chevronn\u00e9s, sans com\u00e9diens fid\u00e8les, le cin\u00e9ma de Mocky s\u2019\u00e9tiole.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mocky est l\u2019auteur d\u2019une petite com\u00e9die humaine, qui s\u2019\u00e9tait transform\u00e9e au fil des ans en cour des miracles. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Mocky ne se consid\u00e9rait pas comme un moraliste mais comme un fabuliste, un esprit libre en lutte contre la violence, la haine et l\u2019hypocrisie. Il voulait les combattre avec le rire, car ridiculiser ses adversaires est la meilleure arme et donne une v\u00e9ritable satisfaction aux spectateurs. La satire, la fable, y compris avec des \u00e9l\u00e9ments fantastiques ou surr\u00e9alistes \u00e9taient les formes qu\u2019il avait choisies pour parler du monde. Il \u00e9tait attaqu\u00e9 pour sa vulgarit\u00e9 alors qu\u2019au contraire ses films pr\u00f4naient une certaine puret\u00e9, une innocence. \u00c9ternel r\u00e9volt\u00e9, il voulait changer la vie, comme ses personnages qui trouvent des solutions absurdes ou po\u00e9tiques \u00e0 des probl\u00e8mes r\u00e9els. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Il disait que son public le plus fid\u00e8le \u00e9tait les enfants et les travailleurs immigr\u00e9s. Il \u00e9tait populaire dans le meilleur sens du terme.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Remerciements \u00e0 Olivier Delpoux, attach\u00e9 audiovisuel, direction g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Institut fran\u00e7ais au Japon et Abi Sakamoto, responsable cin\u00e9ma de l&rsquo;Institut fran\u00e7ais au Japon.<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-24723\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/mocky.png\" alt=\"\" width=\"1920\" height=\"1080\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/mocky.png 1920w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/mocky-498x280.png 498w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/mocky-1024x576.png 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/mocky-768x432.png 768w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/mocky-1536x864.png 1536w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/mocky-580x326.png 580w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici la retranscription de la conf\u00e9rence qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e le vendredi 13 mars \u00e0 Tokyo, dans la salle de l\u2019Institut\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - 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