{"id":23460,"date":"2019-05-13T11:32:06","date_gmt":"2019-05-13T10:32:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=23460"},"modified":"2020-04-06T12:49:51","modified_gmt":"2020-04-06T11:49:51","slug":"entretien-inedit-avec-jean-claude-brisseau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2019\/05\/13\/entretien-inedit-avec-jean-claude-brisseau\/","title":{"rendered":"Entretien in\u00e9dit avec Jean-Claude Brisseau"},"content":{"rendered":"<p><strong>C\u2019\u00e9tait le 10 juillet 2003, dans un caf\u00e9 de la rue Maubeuge, \u00e0 quelques num\u00e9ros de son appartement. Je me souviens des circonstances de cette rencontre. J\u2019avais propos\u00e9 \u00e0 un mensuel \u00e0 l\u2019existence \u00e9ph\u00e9m\u00e8re un entretien avec Jean-Claude Brisseau qui ne sera jamais publi\u00e9. Entre-temps, la Soci\u00e9t\u00e9 des R\u00e9alisateurs de Films venait de me d\u00e9signer comme le prochain d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral de la Quinzaine des r\u00e9alisateurs. Parmi les cin\u00e9astes fran\u00e7ais, Jean-Claude Brisseau \u00e9tait un nom important pour moi. Je l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 crois\u00e9 au moment de la sortie des <em>Savates du bon dieu<\/em> et \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise, o\u00f9 je travaillais au service de la programmation, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une premi\u00e8re r\u00e9trospective de ses films au Palais de Chaillot \u2013 la seconde sera notoirement annul\u00e9e fin 2017, dans un \u00ab\u00a0souci d\u2019apaisement\u00a0\u00bb en pleine affaire Weinstein. Comme de nombreux cin\u00e9philes, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9 par <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>, que j\u2019avais vu \u00e0 sa sortie en octobre 2002. Le film marquait une \u00e9tape importante dans son \u0153uvre car il abordait de front un sujet autour duquel il tournait depuis des premiers essais en super 8. Le sexe, et comment le mettre en sc\u00e8ne. J\u2019avais envie de revenir avec lui sur ce film et aussi sur ses futurs projets. J\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne retenir que les propos rapport\u00e9s de Brisseau, beaucoup plus int\u00e9ressants que mes interventions. Avec lui, une interview se transformait rapidement en monologue, ou plut\u00f4t en cours magistral. Brisseau \u00e9tait intarissable sur des questions qui le passionnait et sur lesquelles il avait beaucoup r\u00e9fl\u00e9chi. En l\u2019\u00e9coutant parler, il devenait \u00e9vident que Brisseau avait ouvert une bo\u00eete de Pandore. Cette qu\u00eate effr\u00e9n\u00e9e d\u2019une forme de v\u00e9rit\u00e9 nouvelle dans la repr\u00e9sentation du sexe, avec sa part de na\u00efvet\u00e9 et en dehors des barri\u00e8res de la plus \u00e9l\u00e9mentaire prudence, allait se r\u00e9v\u00e9ler lourde de cons\u00e9quences. Pour paraphraser Camille Nevers dans son bel hommage publi\u00e9 dans Lib\u00e9ration d\u2019aujourd\u2019hui, Brisseau allait prendre cher. Il savait au moment de cet entretien que des plaintes allaient \u00eatre d\u00e9pos\u00e9es contre lui. Le projet de film que Brisseau \u00e9voque dans le premier paragraphe deviendra <em>Les Anges exterminateurs<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Quinzaine des r\u00e9alisateurs en 2006.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Mon prochain film sera le compl\u00e9ment de <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>. Le projet original de <em>Choses secr\u00e8tes<\/em> devait me permettre de revenir \u00e0 mes premi\u00e8res amours. J&rsquo;ai d\u00e9but\u00e9 en r\u00e9alisant un film en super 8 sonore, en 1975. J&rsquo;avais le principe sc\u00e9naristique suivant : le matin je discutais avec les com\u00e9diens, je les enregistrais puis je r\u00e9\u00e9crivais le dialogue \u00e0 partir de nos discussions pendant qu&rsquo;ils allaient faire les courses ou la cuisine. Ils apprenaient leurs r\u00e9pliques dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi et on commen\u00e7ait \u00e0 tourner vers 17 heures. Nous \u00e9tions bien s\u00fbr en vacances. Il y avait un c\u00f4t\u00e9 non pas improvis\u00e9 mais semi improvis\u00e9 qui m&rsquo;avait beaucoup int\u00e9ress\u00e9, et j&rsquo;ai toujours eu envie de revenir \u00e0 \u00e7a. \u00c0 l&rsquo;origine de <em>Choses secr\u00e8tes<\/em> je voulais prendre des filles qui trouvaient du plaisir \u00e0 faire des petites transgressions dans le domaine de la sexualit\u00e9, et les suivre. Je n&rsquo;ai pas pu le faire, et j&rsquo;ai finalement r\u00e9alis\u00e9 un film beaucoup plus structur\u00e9. <em>Choses secr\u00e8tes<\/em> est selon moi une version f\u00e9minine de <em>De bruit et de fureur<\/em> sur le sexe. J&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de faire un petit film sur le principe de <em>Huit et demi<\/em> ou <em>Bande \u00e0 part<\/em> o\u00f9 j&rsquo;essaie de reprendre ce que je n&rsquo;ai pas pu faire avec <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>. Mais ce projet est en train d&rsquo;\u00e9voluer et je m&rsquo;achemine \u00e0 nouveau vers un sc\u00e9nario totalement \u00e9crit. Ce sera mon dernier film concernant le sexe et la mani\u00e8re de le montrer au cin\u00e9ma. Je sais que cela choque certaines personnes mais je pense que dans le domaine du sexe, finalement, quand il s&rsquo;agit de d\u00e9clencher le d\u00e9sir, il n&rsquo;y a pas beaucoup d&rsquo;exp\u00e9riences satisfaisantes au cin\u00e9ma. Il y a peu de films qui mettent en sc\u00e8ne la sensualit\u00e9 comme Hitchcock par exemple a mis en sc\u00e8ne la peur. C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai voulu faire dans <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>, et j&rsquo;ai encore envie de cr\u00e9er du suspense avec le sexe, et \u00e9ventuellement de la po\u00e9sie en y ajoutant des \u00e9l\u00e9ments surr\u00e9alistes. On va voir si \u00e7a marche.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Le sujet de la jouissance f\u00e9minine n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 tellement trait\u00e9 au cin\u00e9ma. Il est tr\u00e8s difficile, sauf par le langage, d&rsquo;\u00e9voquer la jouissance. Je souhaiterais y arriver avec des moyens visuels. Sur cette question, un des points de d\u00e9part fondamentaux a \u00e9t\u00e9 pour moi un projet de film sur la vie de B\u00e9atrice Saubin, avec une vedette. J&rsquo;avais une s\u00e9quence de sc\u00e8ne d&rsquo;amour entre deux femmes dans une prison. J&rsquo;ai pr\u00e9venu la com\u00e9dienne que cette sc\u00e8ne constituait un clich\u00e9 et un fantasme masculin. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque je ne savais pas que c&rsquo;\u00e9tait \u00e9galement un fantasme f\u00e9minin. Le probl\u00e8me de fond \u00e9tait le suivant : je n&rsquo;avais jamais vu deux femmes en train de faire l&rsquo;amour. En g\u00e9n\u00e9ral, quand un couple fait l&rsquo;amour, il n&rsquo;y a pas une troisi\u00e8me personne pr\u00e9sente pour voir comment cela se passe.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il fallait que je sache o\u00f9 mettre ma cam\u00e9ra, ce que j&rsquo;allais filmer, pendant combien de temps.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ma femme m&rsquo;a fait remarquer que j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 film\u00e9 des meurtres &#8211; dans <em>Un jeu brutal<\/em> &#8211; sans me sentir oblig\u00e9 d&rsquo;assister \u00e0 de v\u00e9ritables morts violentes. J&rsquo;avais utilis\u00e9 une exp\u00e9rience cin\u00e9matographique, en m&rsquo;inspirant de Alfred Hitchcock et de Fritz Lang. Le cin\u00e9ma a en effet l&rsquo;exp\u00e9rience de presque toutes les \u00e9motions humaines, sauf le sexe.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il y a bien s\u00fbr l&rsquo;exp\u00e9rience &#8211; r\u00e9cente &#8211; du cin\u00e9ma pornographique. Mais c&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral le degr\u00e9 z\u00e9ro, un ou deux de l&rsquo;\u00e9criture cin\u00e9matographique. M\u00eame pour des s\u00e9quences tr\u00e8s simples, le sexe est difficile \u00e0 filmer. Imaginons que l&rsquo;on veuille filmer des amants dans une situation d&rsquo;extase. Comment traduire l&rsquo;extase par des images ? Des filles pr\u00e9tendent qu&rsquo;elles vivent une exp\u00e9rience mystique en se caressant. Mais c&rsquo;est un sentiment intime qui \u00e9chappe totalement \u00e0 la personne qui l&rsquo;observe. Il est extr\u00eamement d\u00e9licat de retranscrire un tel sentiment. Cela implique les com\u00e9diennes, la place de la cam\u00e9ra, le d\u00e9coupage (si vous choisissez de d\u00e9couper la sc\u00e8ne).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>, il y a une s\u00e9quence cl\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;on voit une fille apprendre \u00e0 simuler un orgasme. La premi\u00e8re fois, ce n&rsquo;est pas tr\u00e8s violent puis elle recommence une seconde fois. C&rsquo;est le prototype du mensonge, mais il faut absolument que les spectateurs &#8211; les hommes et surtout les femmes &#8211; aient l&rsquo;impression qu&rsquo;elle ne simule pas. Une s\u00e9quence comme celle-l\u00e0 dure g\u00e9n\u00e9ralement plus de trois minutes dans la vie. Il ne fallait pourtant pas que je d\u00e9passe cette dur\u00e9e ni que je joue sur le d\u00e9coupage, pour une raison simple : si je d\u00e9coupe, le spectateur aura l&rsquo;impression que c&rsquo;est artificiel, qu&rsquo;il y a tricherie. Or je veux absolument que l&rsquo;on voie le mensonge en acte. Il faut donc laisser un plan s\u00e9quence et que l&rsquo;actrice se donne totalement. Il est difficile de r\u00e9unir tous ses \u00e9l\u00e9ments, surtout que la com\u00e9dienne ne peut pas recommencer la sc\u00e8ne trop souvent. Je ne peux pas comme chez Bresson refaire la prise soixante fois. Si jamais il y a un d\u00e9faut technique, tant pis. Lors d&rsquo;une sc\u00e8ne le son a d\u00e9croch\u00e9. Dans un certain nombre de s\u00e9quences \u00e9rotiques l&rsquo;\u00e9quipe technique n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0, c&rsquo;est moi qui tenais le cadre.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quand on regarde certains films des ann\u00e9es 50, 60 et 70, o\u00f9 l&rsquo;on voit les doigts d&rsquo;une fille qui se crispent sur les draps pour donner l&rsquo;impression qu&rsquo;elle jouit, on se dit qu&rsquo;on ne peut plus faire \u00e7a maintenant. Mais je ne peux pas non plus faire un film qui sera class\u00e9 X, ni rester \u00e0 la surface comme dans les t\u00e9l\u00e9films \u00e9rotiques de M6. J&rsquo;ai besoin d&rsquo;une authenticit\u00e9 y compris dans la tricherie. Contrairement \u00e0 Catherine Breillat, je cherche \u00e0 d\u00e9clencher le d\u00e9sir du spectateur. Si je veux faire de la po\u00e9sie ou du suspens, je suis oblig\u00e9 de d\u00e9clencher l&rsquo;\u00e9motion du spectateur, donc j&rsquo;ai besoin de filles qui puissent \u00eatre troublantes devant une cam\u00e9ra, et \u00eatre bonnes com\u00e9diennes. On m&rsquo;a demand\u00e9 pourquoi je ne prenais pas des filles qui viennent du X, \u00e0 qui j&rsquo;apprendrais \u00e0 jouer la com\u00e9die, ce qui est possible. Mais pour elles, il n&rsquo;y a pas de petites transgressions, le sexe est trop facile, \u00e9vident. Il est difficile de chercher sur elle le sentiment de g\u00eane ou d&rsquo;inqui\u00e9tude.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un autre probl\u00e8me se pose pour les com\u00e9diennes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Contrairement aux \u00c9tats-Unis, il est d\u00e9licat en France de faire tourner nues de jeunes actrices qui refusent, de peur d&rsquo;\u00eatre catalogu\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>, si j&rsquo;avais obtenu des noms c\u00e9l\u00e8bres, j&rsquo;aurais eu plus de budget et donc j&rsquo;aurai pu soigner davantage la photographie. Mais quand on tourne des s\u00e9quences \u00e9rotiques comme celles de mon film, si jamais cela devient trop l\u00e9ch\u00e9, on tombe dans le mani\u00e9risme alors qu&rsquo;il fallait rester simple, mais stylis\u00e9. Pour que les com\u00e9diennes soient troublantes, il faut d\u00e9clencher leur exhibitionnisme. Tout le monde n&rsquo;accepte pas forc\u00e9ment. Quand je travaille avec les com\u00e9diens, je cherche l&rsquo;authenticit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9motion. Les filles qui jouent dans mon prochain film n&rsquo;ont jamais fait de cin\u00e9ma. Elles ont des choses difficiles \u00e0 faire, comme dix pages de texte \u00e0 apprendre, avec des s\u00e9quences qui reposent uniquement sur le dialogue. Vanessa Paradis \u00e9tait dou\u00e9e pour le cin\u00e9ma, mais je l&rsquo;obligeais avant de dire son texte de se rappeler d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement de sa vie personnelle ou professionnelle, qui pouvait se rattacher \u00e0 la sc\u00e8ne. Aujourd&rsquo;hui dans ses films, elle joue bien, mais je vois son jeu. Or dans <em>Noce blanche<\/em> il ne fallait surtout pas qu&rsquo;on la voie jouer, pour des raisons dramatiques. Le film \u00e9pouse une structure m\u00e9lodramatique, et le spectateur ne sait pas trop si la fille est une salope ou une gentille. La vie du type est bris\u00e9e, mais \u00e0 la fin du film, on s&rsquo;aper\u00e7oit que les choses ne sont peut-\u00eatre pas aussi simples. Pour que cela soit cr\u00e9dible et que les gens soient surpris, il faut que r\u00e9troactivement on puisse se dire que la fille \u00e9tait sinc\u00e8re. Il fallait conserver des \u00e9l\u00e9ments de maladresse dans son jeu, une d\u00e9tresse dans son regard qui lui donne l&rsquo;aspect d&rsquo;un petit oiseau tomb\u00e9 du nid, y compris quand elle est toute nue, qui \u00e9limine toute id\u00e9e de perversit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>J&rsquo;ai pu y arriver parce qu&rsquo;elle s&rsquo;y est pr\u00eat\u00e9e et qu&rsquo;elle avait \u00e7a en elle. J&rsquo;ai p\u00e9ch\u00e9 par orgueil en pensant que je pouvais obtenir cela de tout le monde, mais ce n&rsquo;est pas vrai. Je me suis rendu compte que c&rsquo;\u00e9tait beaucoup plus dur avec certains acteurs professionnels, qui n&rsquo;ont pas l&rsquo;habitude de se livrer \u00e0 ce point.<\/strong><\/p>\n<p><strong>On retrouve cette authenticit\u00e9 du regard chez les grands acteurs du cin\u00e9ma am\u00e9ricain, et c&rsquo;est ce qui en fait des stars. Ils poss\u00e8dent la pr\u00e9sence, le magn\u00e9tisme et cette authenticit\u00e9. Ce n&rsquo;est pas la peine de chercher plus loin pourquoi Gary Cooper, Robert Redford ou John Wayne sont devenus des stars internationales. On peut voir film par film l&rsquo;\u00e9volution de leur jeu, et l&rsquo;intervention des metteurs en sc\u00e8ne. Pour eux la na\u00efvet\u00e9 est une force. En France c&rsquo;est un d\u00e9faut, et les com\u00e9diens fran\u00e7ais ne veulent pas jouer les na\u00effs, ce qui est une erreur. Dans <em>Sergent York<\/em> de Howard Hawks, Gary Cooper joue un personnage \u00e0 la limite de la connerie, et pourtant il devient un h\u00e9ros mythique. Dans la version doubl\u00e9e en fran\u00e7ais, le personnage parle comme un demeur\u00e9, ce qui n&rsquo;est pas le cas dans la version originale. Gary Cooper ne joue pas l&rsquo;idiot du village, il joue la sinc\u00e9rit\u00e9 totale, la candeur, juxtapose la na\u00efvet\u00e9 et l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme dans la m\u00eame phrase. Ce naturel implique un travail \u00e9norme.\u00a0\u00bb \u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Maintenant que les id\u00e9ologies politiques ont disparu, le grand sujet de pr\u00e9occupation reste le sexe, toujours au c\u0153ur des pulsions avec la soif d&rsquo;argent et de pouvoir. Ce sont les \u00e9motions les plus fortes qui dirigent le comportement de gens.<\/strong><\/p>\n<p><strong>On a dit que <em>Choses secr\u00e8tes<\/em> est un film marxiste. Je me suis r\u00e9cemment rendu compte des similitudes qui existent entre le personnage de Sylvie Vartan dans <em>L&rsquo;Ange noir<\/em> et celui de Coralie Revel dans <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>. Dans les deux cas ce sont des personnages oblig\u00e9s de mentir, qui jouent la com\u00e9die \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une aventure totalement passionnelle, qui souffrent \u00e0 cause de l&rsquo;homme dont elles sont follement amoureuses et qui les domine, et qui le tuent. Je n&rsquo;avais pas conscience de cette ressemblance \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture du sc\u00e9nario. C&rsquo;est la pr\u00e9paration de <em>L&rsquo;Ange noir<\/em> qui m&rsquo;a donn\u00e9 envie de faire <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Je n&rsquo;aime pas le naturalisme. Je recherche dans mes films une forme de v\u00e9rit\u00e9 probablement inaccessible. D&rsquo;o\u00f9 leur style et la mani\u00e8re dont ils sont faits. Je suis beaucoup frapp\u00e9 par la force de l&rsquo;inconscient. La dimension sociale de <em>Choses secr\u00e8tes <\/em>est n\u00e9e de mani\u00e8re inconsciente, mais elle est indiscutable.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019\u00e9tait le 10 juillet 2003, dans un caf\u00e9 de la rue Maubeuge, \u00e0 quelques num\u00e9ros de son appartement. 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