{"id":21669,"date":"2017-12-31T04:15:20","date_gmt":"2017-12-31T03:15:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=21669"},"modified":"2020-04-12T10:07:56","modified_gmt":"2020-04-12T09:07:56","slug":"diable-emporte-entretiens-fabienne-babe-anna-sigalevitch-isabelle-prim","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2017\/12\/31\/diable-emporte-entretiens-fabienne-babe-anna-sigalevitch-isabelle-prim\/","title":{"rendered":"Que le diable nous emporte : entretiens avec Fabienne Babe, Anna Sigalevitch et Isabelle Prim"},"content":{"rendered":"<p><strong>Entretien avec Fabienne Babe<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pouvez-vous nous parler de vos retrouvailles avec Jean-Claude Brisseau\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai retrouv\u00e9 Jean-Claude en 2009 au Festival de Mons, en Belgique, o\u00f9 l\u2019on nous avait invit\u00e9 pour pr\u00e9senter <em>De bruit et de fureur<\/em> lors d\u2019une r\u00e9trospective de ses films. Nous sommes all\u00e9s d\u00eener ensemble avec un petit groupe de festivaliers. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je retrouvais Jean-Claude depuis la sortie du film. Nous nous \u00e9tions perdu de vue. Je n\u2019avais jamais os\u00e9 l\u2019appeler, mais j\u2019avais suivi sa carri\u00e8re. J\u2019avais vu <em>Noce blanche<\/em>, dont il parlait d\u00e9j\u00e0 sur le tournage de <em>De bruit et de fureur<\/em>, <em>C\u00e9line<\/em>, <em>L\u2019Ange noir<\/em>, <em>Les Anges exterminateurs<\/em>\u2026<\/p>\n<p><strong>Comment vous a-t-il pr\u00e9sent\u00e9 le projet de <em>Que le diable nous emporte<\/em>\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il \u00e9tait d\u2019abord parti sur un autre sc\u00e9nario, pour Anna (Sigalevitch) et moi, puis en cours de route il a totalement chang\u00e9 d\u2019id\u00e9e. Il a \u00e9crit une autre histoire, qui impliquait cette fois-ci trois filles. Ce nouveau sc\u00e9nario \u00e9tait bien meilleur que le premier. Il s\u2019\u00e9tait sans doute nourri des moments que nous avions pass\u00e9s ensemble. Jean-Claude s\u2019inspire beaucoup de la vie r\u00e9elle, d\u2019histoires qu\u2019on lui a racont\u00e9es, qu\u2019il m\u00e9lange \u00e0 la personnalit\u00e9 de ses actrices et ce qu\u2019il voit en elles. Il aborde souvent dans ses films le th\u00e8me des personnes perdues et abandonn\u00e9es. D\u00e9j\u00e0 le petit gar\u00e7on dans <em>De bruit et de fureur<\/em>\u2026<\/p>\n<p><strong><em>Que le diable nous emporte<\/em><\/strong><strong> est moins sombre que les films pr\u00e9c\u00e9dents de Jean-Claude Brisseau\u2026<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019amour circule beaucoup dans le film, entre les trois femmes mais aussi les deux hommes, de mani\u00e8re assez libre, ce qui fait du bien. Ce n\u2019est pas un film o\u00f9 les gens se font du mal, sont jaloux ou possessifs.<\/p>\n<p><strong>Comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 le tournage\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le tournage de <em>Que le diable nous emporte<\/em> a \u00e9t\u00e9 plus heureux que celui de <em>De bruit et de fureur<\/em>, qui \u00e9tait assez chaotique. D\u2019abord parce que je me sens plus pleinement actrice aujourd\u2019hui qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque. Et puis Jean-Claude avait beaucoup plus de choses \u00e0 g\u00e9rer sur <em>De bruit et de fureur<\/em>. Sur le tournage de <em>Que le diable nous emporte<\/em> j\u2019ai retrouv\u00e9 le m\u00eame cin\u00e9aste. Il \u00e9tait \u00e0 la fois plus calme et plus inquiet.<\/p>\n<p>Ce qui est formidable avec Jean-Claude, c\u2019est que l\u2019on travaille en amont du tournage. C\u2019est assez rare. Nous avons pris le temps de faire des lectures du sc\u00e9nario. Il nous a vue chacune pour discuter de nos r\u00f4les. Cela a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s b\u00e9n\u00e9fique. Le fait que nous nous soyons rencontr\u00e9es toutes les trois avant le tournage, que nous ayons appris \u00e0 nous conna\u00eetre \u00e9tait aussi important pour pouvoir \u00eatre \u00e0 l\u2019aise et jouer librement. J\u2019avais travaill\u00e9 avec Anna Sigalevitch sur <em>L\u2019Antiquaire<\/em> de Fran\u00e7ois Margolin et nous nous appr\u00e9ciions d\u00e9j\u00e0. Nous avions toutes les trois envie de faire le film, nous \u00e9tions motiv\u00e9es et pr\u00eates \u00e0 partir \u00e0 l\u2019aventure.<\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Brisseau a aussi la particularit\u00e9 depuis trois films de tourner chez lui, dans son propre appartement, avec une \u00e9quipe r\u00e9duite&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019aime bien les petites \u00e9quipes car tout le monde est concentr\u00e9. Jean-Claude connaissait bien les membres de son \u00e9quipe pour avoir d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 avec eux. Isabelle (Prim) et Anna (Sigalevitch) aussi puisqu\u2019elles avaient d\u00e9j\u00e0 tourn\u00e9 un court m\u00e9trage de Jean-Claude avec eux. J\u2019\u00e9tais pr\u00e9occup\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de tourner chez lui car il venait de le faire avec <em>La Fille de nulle part<\/em>. J\u2019avais peur qu\u2019on reconnaisse un peu trop son appartement et je lui ai demand\u00e9 de faire quelques am\u00e9nagements, de changer les rideaux\u00a0! (rires). On sent qu\u2019on est chez lui. Jean-Claude est comme ces r\u00e9alisateurs qui \u00e0 partir d\u2019un certain \u00e2ge retrouvent une grande libert\u00e9 de filmer, font ce qu\u2019ils veulent et savent o\u00f9 ils veulent aller. Je trouve \u00e7a formidable. Il va \u00e0 l\u2019essentiel, il tourne vite, fait tr\u00e8s peu de prises. Il n\u2019est pas du genre \u00e0 faire beaucoup de commentaires sur le plateau. Il est tr\u00e8s concentr\u00e9, avec son c\u00f4t\u00e9 bourru et ses angoisses.<\/p>\n<p><strong>Pouvez-vous nous parler du personnage que vous interpr\u00e9tez et la sc\u00e8ne de sa confession\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Mon personnage dans le film est tr\u00e8s triste, j\u2019aurai aim\u00e9 y mettre plus d\u2019humour mais c\u2019\u00e9tait difficile. C\u2019est encore un r\u00f4le casse-gueule mais j\u2019en ai eu beaucoup dans ma carri\u00e8re. C\u2019\u00e9tait un d\u00e9fi int\u00e9ressant \u00e0 relever. Son histoire \u00e9tait tellement horrible que j\u2019avais peur que cela fasse trop. Jean-Claude m\u2019a rassur\u00e9e en m\u2019expliquant que le personnage \u00e9tait tout \u00e0 fait cr\u00e9dible. Il voulait aller jusqu\u2019au bout. Je me suis demand\u00e9 comment jouer cette sc\u00e8ne. J\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 savoir comment \u00e7a se passe, quand les gens racontent des choses tr\u00e8s fortes. Soit ils le vivent dans une hyst\u00e9rie totale, ce qui n\u2019\u00e9tait pas le sujet ici, soit ils cherchent au contraire \u00e0 le raconter pour \u00eatre compris. J\u2019ai choisi une certaine distance. C\u2019est la premi\u00e8re fois que mon personnage en parle et elle a besoin d\u2019\u00eatre entendue. C\u2019\u00e9tait tourn\u00e9 en plan s\u00e9quence, donc j\u2019en ai bav\u00e9 avec le texte. Jusqu\u2019\u00e0 la veille du tournage je ne savais pas comment cela allait sortir. Le matin je me suis r\u00e9veill\u00e9e en d\u00e9cidant de ne pas avoir peur. Je savais mon texte et je savais ce que j\u2019allais proposer. Finalement cela s\u2019est bien pass\u00e9. J\u2019avais aussi le regard d\u2019Isabelle et d\u2019Anna. C\u2019\u00e9tait bien et cela m\u2019a permis de jouer avec elles. C\u2019est quand m\u00eame difficile de raconter des choses aussi dramatiques.<\/p>\n<p>A la fin de cette sc\u00e8ne, un petit miracle s\u2019est produit. La souffrance de mon personnage est sortie, elle est lav\u00e9e de toute cette boue. Je suis arriv\u00e9e \u00e0 une forme de d\u00e9livrance. Je n\u2019ai pas cherch\u00e9 \u00e0 le montrer, mais cela se voit \u00e0 l\u2019\u00e9cran, la cam\u00e9ra de Jean-Claude \u00e9tait bien plac\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Quel regard portez-vous sur le film\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><em>Que le diable nous emporte<\/em> est aussi une d\u00e9claration d\u2019amour aux actrices et au cin\u00e9ma. Les sc\u00e8nes \u00e9rotiques sont tr\u00e8s belles car il a su garder la bonne distance, et cela fonctionne bien avec la 3D. <em>Que le diable nous emporte<\/em> marque une \u00e9tape nouvelle dans son \u0153uvre, il explore quelque chose de nouveau. Je suis tr\u00e8s fi\u00e8re de ce film.<\/p>\n<p>Propos recueillis 17 octobre 2017.<\/p>\n<p><strong>Entretien avec Anna Sigalevitch<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous rencontr\u00e9 Jean-Claude Brisseau\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai rencontr\u00e9 Jean-Claude Brisseau il y a quelques ann\u00e9es pour un autre film qui ne s\u2019est pas fait, par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une amie qui avait travaill\u00e9 sur la production de <em>La Fille de nulle part<\/em>. On s\u2019est vu plusieurs fois et il m\u2019a propos\u00e9 ce r\u00f4le, sans jamais m\u2019avoir fait passer d\u2019essais.<\/p>\n<p><strong>Comment d\u00e9finiriez-vous votre personnage\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>J\u2019interpr\u00e8te une jeune femme d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, qui fait le bien gratuitement. Brisseau a \u00e9crit en s\u2019inspirant de ce que nous sommes dans la vie et aussi en fonction de nos rapports amicaux. Il a \u00e9crit pour nous. Cela ressemble \u00e0 la fa\u00e7on dont il nous per\u00e7oit. Nous sommes trois personnalit\u00e9s diff\u00e9rentes, Fabienne Babe, Isabelle Prim et moi. Jamais personne n\u2019a eu envie de prendre le pouvoir ou de remplacer l\u2019autre. Cela a surpris Jean-Claude car il \u00e9tait plut\u00f4t habitu\u00e9 \u00e0 des tensions ou des rivalit\u00e9s sur ses tournages.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais cens\u00e9 \u00eatre une h\u00e9riti\u00e8re dans le film, ce que je trouvais probl\u00e9matique. Il y avait d\u00e9j\u00e0 deux personnages f\u00e9minins issus de familles riches. Je trouvais plus int\u00e9ressant que mon personnage travaille et gagne sa vie. Je lui ai propos\u00e9 que mon personnage \u00e9crive des chansons populaires. J\u2019en ai \u00e9crit trois pour le film, il en reste une. Cela raconte quelque chose du rapport au r\u00e9el. Cela m\u2019a aid\u00e9 pour le r\u00f4le, car je joue une jeune femme ind\u00e9pendante qui a une conscience, qui sait ce que c\u2019est que de gagner sa vie, m\u00eame si elle a des facilit\u00e9s de famille.<\/p>\n<p><strong>Comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 le tournage\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Jean-Claude Brisseau donne peu d\u2019indications psychologiques sur le tournage et fait en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s peu de prises mais il poss\u00e8de la justesse des situations. Il a le d\u00e9coupage en t\u00eate, ce qui lui permet de nous diriger par sa simple pr\u00e9sence sur le plateau. C\u2019est sa pr\u00e9sence un peu myst\u00e9rieuse et taiseuse qui nous guide, davantage que ses explications.<\/p>\n<p>J\u2019adore sa fa\u00e7on de travailler car elle nous donne vraiment la sensation de fabriquer un film, ce qu\u2019on a tendance \u00e0 oublier sur des tournages classiques. Chaque poste est essentiel. Nous n\u2019\u00e9tions m\u00eame pas dix sur le plateau, acteurs et techniciens compris. On ressent de mani\u00e8re tr\u00e8s concr\u00e8te la notion d\u2019artisanat. Tout va tr\u00e8s vite, on n\u2019a pas besoin d\u2019attendre la lumi\u00e8re ou quoi que ce soit. C\u2019est un tournage beaucoup plus connect\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 que d\u2019habitude. On vient travailler pour fabriquer un objet cin\u00e9matographique. Cela implique certaines contraintes mais cela correspond aussi une volont\u00e9 artistique de la part de Brisseau d\u2019\u00eatre au plus pr\u00e8s des choses, d\u2019\u00eatre plus libre. Il y a quelque chose de ludique dans sa fa\u00e7on de faire du cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>Brisseau est travers\u00e9 par des grandes questions m\u00e9taphysiques ou spirituelles mais il a aussi un rapport assez na\u00eff, presque enfantin au cin\u00e9ma. C\u2019est un m\u00e9lange de hauteur, de profondeur et de curiosit\u00e9 de la vie. Il \u00e9tait fatigu\u00e9 au d\u00e9but du tournage mais le film lui a fait du bien.<\/p>\n<p>Il y a un plaisir du jeu qu\u2019il a beaucoup appr\u00e9ci\u00e9. Avec Isabelle Prim et Fabienne Babe nous lui avons fait des suggestions de sc\u00e8nes qui ont orient\u00e9 le film vers autre chose.<\/p>\n<p>J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 travailler avec lui, j\u2019ai aim\u00e9 la simplicit\u00e9 et l\u2019humanit\u00e9 des choses. Ce ne sont pas des rapports habituels. Il peut aimer les conflits avec certaines personnes, mais pas avec moi. Il \u00e9tait heureux sur ce tournage, ce qui n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 le cas.<\/p>\n<p><strong>Comment interpr\u00e9tez-vous le rire de votre personnage \u00e0 la fin du film\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le rire final est tr\u00e8s ouvert. Il fait jaillir quelque chose qui est aussi douloureux, cruel, proche des larmes. Il y a le risque de perdre quand on donne. C\u2019est un m\u00e9lange de joie et de tristesse. Ce qui est beau dans ce personnage c\u2019est qu\u2019elle accepte la vie comme elle vient. La notion d\u2019ind\u00e9pendance et de libert\u00e9 des \u00eatres est pour elle fondamentale.<\/p>\n<p>Propos recueillis le 11 octobre 2017.<\/p>\n<p><strong>Entretien avec Isabelle Prim<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous rencontr\u00e9 Jean-Claude Brisseau\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai rencontr\u00e9 Jean-Claude \u00e0 l\u2019occasion de son court m\u00e9trage <em>Des jeunes femmes disparaissent<\/em> en 2014. J\u2019ai travaill\u00e9 sur le montage de ce film avec Lisa H\u00e9r\u00e9dia et Jean-Claude m\u2019avait aussi confi\u00e9 un petit r\u00f4le. Nous avons eu beaucoup de discussions ensemble en parall\u00e8le du montage, sur des sujets comme les t\u00e9l\u00e9phones portables par exemple, que l\u2019on retrouve dans <em>Que le diable nous emporte<\/em>. C\u2019\u00e9taient des choses tr\u00e8s nouvelles pour lui. Il \u00e9tait fascin\u00e9 par ces relations qui peuvent se nouer par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un objet de la vie quotidienne.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui vous a plu dans ce nouveau projet\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui m\u2019a convaincu \u00e0 la lecture du sc\u00e9nario, c\u2019est l\u2019importance de la parole. Il y avait d\u00e9j\u00e0 de longues s\u00e9quences parl\u00e9es dans le sc\u00e9nario. Il est ensuite venu chercher des r\u00e9cits chez chacune d\u2019entre nous. Le r\u00e9sultat est un montage de plein d\u2019histoires qu\u2019il a entendues ou invent\u00e9es. Cela correspond \u00e0 un moment de sa vie o\u00f9 il s\u2019est beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ces r\u00e9cits de femmes.<\/p>\n<p>Comme l\u2019h\u00e9ro\u00efne de <em>La Fille de nulle part<\/em>, un film que j\u2019aime beaucoup, le personnage de Suzy que j\u2019interpr\u00e8te est une \u00e2me perdue sans valise, sans aucune provenance, qui va \u00eatre accueillie par d\u2019autres femmes. Je trouve que le film accueille. Il montre des femmes qui s\u2019accueillent entre elles sans aucune forme de rivalit\u00e9. C\u2019est une situation que je n\u2019avais jamais vue au cin\u00e9ma auparavant.<\/p>\n<p><strong>Comment d\u00e9finiriez-vous <em>Que le diable nous emporte\u00a0<\/em>?<\/strong><\/p>\n<p>Je ne sais pas si c\u2019est un film testamentaire. C\u2019est un film o\u00f9 Jean-Claude visite une nouvelle fois plusieurs th\u00e8mes ou motifs de ses films pr\u00e9c\u00e9dents, mais de mani\u00e8re positive, comme la dame blanche fantomatique qui apparaissait d\u00e9j\u00e0 dans <em>De bruit et de fureur<\/em>. Jean-Claude a une lecture tr\u00e8s personnelle de la psychanalyse. La sublimation est tr\u00e8s litt\u00e9rale chez lui, cela se passe dans les \u00e9toiles.<\/p>\n<p>Si le film est plus optimiste, cela tient \u00e0 la mani\u00e8re dont nous avons travaill\u00e9 ensemble. C\u2019est un film fait sur mesure.<\/p>\n<p><strong>Comment travaille Jean-Claude Brisseau\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Jean-Claude Brisseau fait tr\u00e8s peu de prises. Il n\u2019y a pas beaucoup de r\u00e9p\u00e9titions. Il s\u2019est d\u00e9barrass\u00e9 tr\u00e8s vite des sc\u00e8nes \u00e9rotiques qui \u00e9taient plus pr\u00e9sentes dans ses films pr\u00e9c\u00e9dents pour s\u2019int\u00e9resser \u00e0 autre chose. Dans <em>Que le diable nous emporte<\/em> c\u2019est la parole qui est chor\u00e9graphi\u00e9e, pas les corps.<\/p>\n<p>\u00c7a a \u00e9t\u00e9 un tournage assez serein. Il s\u2019est beaucoup servi de la complicit\u00e9 qui existait entre Fabienne Babe, Anna Sigalevitch et moi. J\u2019ai longtemps h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 accepter le r\u00f4le et j\u2019ai fini par dire oui parce qu\u2019il y avait Anna. Je ne comprenais pas pourquoi il ne voulait pas choisir une actrice c\u00e9l\u00e8bre ou plus exp\u00e9riment\u00e9e. Il veut tourner vite. Il faudrait analyser ce que ce \u00ab\u00a0vite\u00a0\u00bb veut dire. Cela ne l\u2019int\u00e9resse pas d\u2019embaucher une plus grosse \u00e9quipe ou une actrice plus connue. Au d\u00e9part lorsqu\u2019il m\u2019a propos\u00e9 de jouer dans le film, je n\u2019ai pas saut\u00e9 au plafond m\u00eame si j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s flatt\u00e9e. Beaucoup de gens lui conseillaient d\u2019embaucher une actrice connue et j\u2019\u00e9tais plut\u00f4t d\u2019accord. Puis il est revenu me chercher.<\/p>\n<p>Il a envie de travailler avec des gens qu\u2019il aime bien. Nos rencontres, lui avec chacune d\u2019entre nous, ont \u00e9t\u00e9 tellement constitutives du projet, que cela aurait \u00e9t\u00e9 trahir le film que de ne pas le faire avec celles qui l\u2019avaient motiv\u00e9. Il avait d\u00e9j\u00e0 l\u2019id\u00e9e de travailler avec Anna et Fabienne, et je suis arriv\u00e9e plus tard.<\/p>\n<p>Les petites \u00e9quipes lui conviennent tr\u00e8s bien. Il n\u2019y avait que trois ou quatre personnes derri\u00e8re la cam\u00e9ra. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s agr\u00e9able. Nous avons beaucoup tourn\u00e9 chez lui. C\u2019est un film qui accueille une histoire et des personnages dans le propre appartement du r\u00e9alisateur, qui sert de catalyseur.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous beaucoup parl\u00e9 du personnage de Suzy ?<\/strong><\/p>\n<p>Non, il ne veut pas faire de psychologie. Il y a eu des r\u00e9p\u00e9titions, mais il voulait pr\u00e9server une certaine fragilit\u00e9 dans mon jeu. Pendant le tournage il ne cherche pas la justesse du ton, mais la coh\u00e9rence entre le visage et l\u2019histoire qu\u2019il porte, et les mots qui sont dits. Cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec le naturalisme. Jean-Claude est monteur. Il avait le montage en t\u00eate quand il tournait et donc tout allait tr\u00e8s vite. Je serais curieuse de savoir comment il a fabriqu\u00e9 ses personnages. Il y a des itin\u00e9raires et des figures r\u00e9currents dans ses films. Il y a de grandes connivences formelles entre ses films et sa cin\u00e9philie, avec sa boulimie de classiques hollywoodiens.<\/p>\n<p>Lors de la pr\u00e9paration de <em>Que le diable nous emporte<\/em>, il nous parlait d\u2019Alfred Hitchcock, mais il nous a aussi montr\u00e9 ses propres films. Par exemple il nous demandait d\u2019analyser des sc\u00e8nes de <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>. Cela nous a beaucoup servi. <em>Choses secr\u00e8tes<\/em> est un film qui rassemble pour lui beaucoup de choses de son r\u00e9pertoire de cin\u00e9aste. D\u2019ailleurs Fabrice Deville (Olivier) jouait d\u00e9j\u00e0 dans <em>Choses secr\u00e8tes<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que ce film vous a donn\u00e9 envie de poursuivre une carri\u00e8re d\u2019actrice\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Oui\u00a0! J\u2019ai fait le Conservatoire \u00e0 Grenoble et j\u2019ai jou\u00e9 dans des petites choses, mais le jeu n\u2019\u00e9tait pas une vocation pour moi. J\u2019ai pourtant pris un grand plaisir \u00e0 faire ce film. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience et je suis m\u00eame rest\u00e9e sur ma faim. J\u2019adorais quand Jean-Claude me disait que la prise n\u2019\u00e9tait pas bonne et qu\u2019il fallait la refaire, car j\u2019avais envie de trouver d\u2019autres pistes de jeu, de proposer des choses moins coll\u00e9es au sc\u00e9nario. Je ne pensais pas que j\u2019aimerais autant jouer. Cela m\u2019a appris beaucoup de choses sur la direction et la non direction d\u2019acteurs. Cela avait aussi ses avantages que Jean-Claude soit autant en retrait sur le plateau. Nous arrivions sur le tournage, donc chez lui, vers midi. Avant le d\u00e9but des prises de vue il avait besoin de rester seul dans les pi\u00e8ces vides, pour observer un d\u00e9cor de cin\u00e9ma. Mais on ne pouvait pas non plus s\u2019emp\u00eacher de voir Jean-Claude assis dans son salon ! Il \u00e9tait toujours tr\u00e8s concentr\u00e9, et c\u2019est pour cela que l\u2019\u00e9quipe r\u00e9duite lui convient, car il donne tr\u00e8s peu de consignes. Je le vois mal diriger une \u00e9quipe de vingt personnes. Il ne voulait m\u00eame pas d\u2019assistant. Son regard est suffisamment pr\u00e9cis pour ne pas avoir besoin de beaucoup parler. Je crois qu\u2019il r\u00eave d\u2019un film qu\u2019il pourrait faire seul, avec une cam\u00e9ra embarqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Propos recueillis le 16 octobre 2017.<\/p>\n<p><em>Que le diable nous emporte<\/em> sortira mercredi 10 janvier 2018, distribu\u00e9 par Les Acacias.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entretien avec Fabienne Babe Pouvez-vous nous parler de vos retrouvailles avec Jean-Claude Brisseau\u00a0? 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