{"id":2071,"date":"2011-09-02T14:56:36","date_gmt":"2011-09-02T13:56:36","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=2071"},"modified":"2020-03-28T13:23:05","modified_gmt":"2020-03-28T12:23:05","slug":"un-troisieme-visage-de-samuel-fuller","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/09\/02\/un-troisieme-visage-de-samuel-fuller\/","title":{"rendered":"Un troisi\u00e8me visage de Samuel Fuller"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Les \u00e9ditions Allia viennent de mettre en vente la traduction fran\u00e7aise de l\u2019autobiographie de Samuel Fuller, publi\u00e9e pour la premi\u00e8re fois aux Etats-Unis en 2002, soit cinq ans apr\u00e8s la mort du cin\u00e9aste am\u00e9ricain, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 85 ans. C\u2019est un livre de m\u00e9moires extraordinaire qui confirme, s\u2019il en \u00e9tait besoin, le talent de conteur d\u2019un des plus grands r\u00e9alisateurs am\u00e9ricains qui fut aussi journaliste, sc\u00e9nariste, \u00e9crivain, soldat.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Samuel Fuller explique que le d\u00e9sir de raconter sa vie est n\u00e9 apr\u00e8s un grave accident c\u00e9r\u00e9bral survenu en 1994 \u00e0 Paris o\u00f9 il avait pass\u00e9 treize ans d\u2019exil plus ou moins volontaire (apr\u00e8s le d\u00e9sastre de son dernier film am\u00e9ricain, le g\u00e9nial <em>Dress\u00e9 pour tuer<\/em>), et auquel il surv\u00e9cut par miracle. Rentr\u00e9 \u00e0 Los Angeles en convalescence, il \u00e9prouva le besoin de se pencher sur son pass\u00e9, et sur une existence bien remplie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Samuel Fuller est n\u00e9 le 12 ao\u00fbt 1912 \u00e0 Worcester (Massachusetts) dans une modeste famille juive (son p\u00e8re est d\u2019origine russe, sa m\u00e8re polonaise). Fuller pr\u00e9tend qu\u2019il a commenc\u00e9 \u00e0 parler seulement \u00e0 cinq ans. Il passera sa vie \u00e0 rattraper le temps perdu, bavard infatigable et conteur d\u2019histoires au d\u00e9bit de mitraillette. A la mort de son p\u00e8re, le jeune Sam, sa m\u00e8re et ses six fr\u00e8res et s\u0153urs s\u2019installent \u00e0 New York. Il commence \u00e0 travailler \u00e0 douze ans, en vendant des journaux dans la rue. Sa premi\u00e8re passion, le journalisme, nait \u00e0 cette \u00e9poque. En 1944 il \u00e9crira un roman policier, <em>The Dark Page<\/em>, se d\u00e9roulant dans le milieu de la presse new yorkaise et consacrera en 1952 un film, <em>Violences \u00e0 Park Row<\/em>, sur la naissance du journalisme moderne.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Fuller sert dans l\u2019Arm\u00e9e am\u00e9ricaine au cours de la Seconde Guerre mondiale dans la premi\u00e8re division d\u2019infanterie de l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine, la fameuse \u00ab\u00a0Big Red One\u00a0\u00bb. Il participe aux d\u00e9barquements d\u2019Afrique du Nord, de Sicile et de Normandie, qui sont au c\u0153ur des plus poignants chapitres de ses m\u00e9moires. En Tch\u00e9coslovaquie, il participe \u00e0 la lib\u00e9ration du camp de concentration de Sokolov, qu\u2019il filme aussi avec une cam\u00e9ra 16mm. A son retour au pays il est d\u00e9cor\u00e9 de la Silver Star, de la Bronze Star et de la Purple Heart. Fuller sera un des rares cin\u00e9astes \u00e0 filmer la guerre (Cor\u00e9e ou Seconde Guerre mondiale) en sachant vraiment de quoi il parle.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Fuller est d\u2019abord sc\u00e9nariste de s\u00e9rie B (il poursuivra cette activit\u00e9 pour les autres toute sa vie de mani\u00e8re \u00e9pisodique, pour le cin\u00e9ma puis la t\u00e9l\u00e9vision) avant de r\u00e9aliser son premier long m\u00e9trage, <em>J\u2019ai tu\u00e9 Jesse James<\/em>, en 1949. Sous l\u2019influence de John Ford, Fuller s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la fondation des Etats-Unis, ses \u00e9pisodes mythiques mais aussi l\u2019envers de son histoire. Jusqu\u2019en 1964, Fuller signe dix-sept films (western, guerre, polar ou espionnage) qui sont autant de titres g\u00e9niaux charg\u00e9s de violence, de folie et d\u2019aventure.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>Le Port de la drogue<\/em> (1953) demeure un des titres les plus c\u00e9l\u00e8bres de Samuel Fuller, et un classique du film noir, magnifiquement interpr\u00e9t\u00e9 par le grand Richard Widmark. Le titre fran\u00e7ais s&rsquo;explique par l&rsquo;absurdit\u00e9 de la censure tricolore, qui transforma par la magie du doublage une histoire de vol de microfilm et d&rsquo;espions communistes en trafic de drogue ! Mais la propagande anti rouge pr\u00e9sente dans de nombreux films am\u00e9ricains de l&rsquo;\u00e9poque est \u00e9videmment transcend\u00e9e ici par le style moderne et virtuose du cin\u00e9aste, qui impressionna plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de cin\u00e9philes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Dernier western de Samuel Fuller,<em> Quarante Tueurs<\/em> (1957) est malgr\u00e9 son petit budget un monument de cin\u00e9ma baroque. Le contexte historique ou politique y est presque totalement absent, au contraire des autres films de Fuller dans le genre, <em>J&rsquo;ai tu\u00e9 Jesse James<\/em>, <em>Le Baron de l&rsquo;Arizona<\/em> et <em>Le Jugement des fl\u00e8ches <\/em>(un chef-d\u2019\u0153uvre sur la question indienne qui ridiculise tous les<em> Danse avec les loups <\/em>du monde), m\u00eame si le sc\u00e9nario \u00e9voque en biais le th\u00e8me de la fin de l&rsquo;Ouest. On nage en revanche en plein d\u00e9lire \u00e9rotique et <em>Quarante Tueurs<\/em> est \u00ab\u00a0un film de fous sur la folie\u00a0\u00bb, l&rsquo;autre grand sujet de Fuller (avec la violence), qui devait plus tard signer le chef-d&rsquo;\u0153uvre d\u00e9finitif sur la question : <em>Shock Corridor<\/em>. Le cin\u00e9aste a racont\u00e9 que <em>Quarante Tueurs<\/em> \u00e9tait d&rsquo;abord un film sur les armes, et cette approche f\u00e9tichiste rend particuli\u00e8rement amusantes les sc\u00e8nes de s\u00e9duction. Ces audaces s&rsquo;accompagnent \u00e9videmment des g\u00e9niales trouvailles visuelles du cin\u00e9aste, jamais \u00e0 court d&rsquo;id\u00e9es percutantes et inoubliables.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Dans <em>Quarante Tueurs<\/em>, une femme de poigne dirige une bande de gaillards qui s\u00e8me la terreur dans la r\u00e9gion et materne son jeune fr\u00e8re, un abruti sadique, avec une affection suspecte. Deux fr\u00e8res hommes de loi, accompagn\u00e9s de leur cadet, vont tenter de remettre un peu d&rsquo;ordre dans la ville. Le film devait au d\u00e9part s&rsquo;intituler \u00ab\u00a0La Femme au fouet\u00a0\u00bb (du nom de la chanson qui accompagne l&rsquo;action), un titre qui rend davantage justice aux tendances dominatrices du personnage de Barbara Stanwyck, dont l&rsquo;autorit\u00e9 sur ses hommes se situe dans des zones plus troubles que le matriarcat. Fuller pr\u00e9f\u00e9ra pour le r\u00f4le Stanwyck, la cinquantaine bien tap\u00e9e, \u00e0 la plus jeune et sexy Marilyn Monroe. L&rsquo;aspirant sh\u00e9rif courtise la fille de l&rsquo;armurier tandis que celle-ci prend ses mensurations pour lui fabriquer une arme sur mesure; plus tard Barbara Stanwyck exprime le d\u00e9sir de caresser le gros calibre du h\u00e9ros, qui n&rsquo;a plus jamais d\u00e9gain\u00e9 depuis le meurtre d&rsquo;un jeune homme dix ans auparavant. Ces audaces s&rsquo;accompagnent \u00e9videmment des g\u00e9niales trouvailles visuelles du cin\u00e9aste, jamais \u00e0 court d&rsquo;id\u00e9es chocs et inoubliables. D\u00e8s le premier plan (les ombres de nuages affleurent un paysage de plaine, bient\u00f4t travers\u00e9 par la horde des quarante cavaliers), le spectateur comprend que le cin\u00e9aste a l&rsquo;intention d&rsquo;utiliser le CinemaScope comme personne n&rsquo;avait os\u00e9 le faire avant lui. Fuller aime les mouvements de grues insens\u00e9s, les longs plans complexes, mais ma\u00eetrise aussi la litote (la sublime sc\u00e8ne d&rsquo;enterrement) et appr\u00e9cie les images br\u00e8ves qui d\u00e9tonnent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du film. On est encore surpris par les plans flous en cam\u00e9ra subjective (le vieux sh\u00e9rif devient aveugle), les gros plans qui cadrent les yeux du h\u00e9ros dans la sc\u00e8ne du duel (figure de style inhabituelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque), et surtout l&rsquo;image d&rsquo;une jeune femme film\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9rieur du canon d&rsquo;une arme, telle une cible d\u00e9sir\u00e9e. M\u00eame si Samuel Fuller dut y ajouter un \u00e9pilogue conventionnel, la c\u00e9l\u00e8bre sc\u00e8ne finale symbolise \u00e0 elle seule l&rsquo;anticonformisme du grand cin\u00e9aste, le plus d\u00e9cha\u00een\u00e9 des \u00ab\u00a0mavericks\u00a0\u00bb d&rsquo;Hollywood.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">En 1962, <em>Les maraudeurs attaquent<\/em> est un autre sommet de la carri\u00e8re de Fuller. Birmanie, 1944. Les soldats du g\u00e9n\u00e9ral Merrill doivent d\u00e9truire les bases de ravitaillement des Japonais. Il s&rsquo;agit du dernier film de guerre de Samuel Fuller avant le r\u00e9capitulatif <em>Au-del\u00e0 de la gloire<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 en 1979 d&rsquo;apr\u00e8s les souvenirs du cin\u00e9aste, ancien soldat et journaliste. Moins violent, convulsif et all\u00e9gorique que ses pr\u00e9c\u00e9dents titres sur le conflit cor\u00e9en (<em>J&rsquo;ai v\u00e9cu l&rsquo;enfer de Cor\u00e9e<\/em>, <em>Ba\u00efonnette au canon<\/em> et <em>China Gate<\/em>), <em>Les maraudeurs attaquent<\/em> est en revanche un des films qui permet le mieux de comprendre la condition de fantassin, o\u00f9 la fatigue des marches forc\u00e9es en territoire ennemi, l&rsquo;angoisse pr\u00e9c\u00e9dant les combats deviennent presque palpables. C&rsquo;est un film ext\u00e9nu\u00e9 dans lequel Fuller renonce en partie aux trouvailles visuelles baroques qui foisonnent habituellement dans son \u0153uvre, pour se contenter de d\u00e9crire l&rsquo;an\u00e9antissement progressif d&rsquo;un groupe d&rsquo;hommes sans qualit\u00e9s particuli\u00e8res. Cette impression de r\u00e9alisme absolu est accentu\u00e9e par l&rsquo;interpr\u00e9tation de Jeff Chandler, qui joue Merrill. L&rsquo;acteur d\u00e9c\u00e9da d&rsquo;une crise cardiaque peu avant la fin du tournage. Il avance vers sa propre mort tout au long du film, en portant sur son visage les stigmates non feints de l&rsquo;\u00e9puisement et de la douleur. De nombreux films ont glos\u00e9 sur l&rsquo;absurdit\u00e9 de la guerre. <em>Les maraudeurs attaquent<\/em> se contente d&rsquo;en montrer les cons\u00e9quences\u00a0 directes sur le corps et l&rsquo;esprit humain, avec un refus cat\u00e9gorique du spectaculaire et du moindre discours pro ou antimilitariste. Utilisation inventive et puissante du CinemaScope et du Technicolor, comme souvent chez Fuller (notamment dans son sublime <em>La Maison de bambou<\/em>, polar tourn\u00e9 au Japon en 1955).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">L\u2019ann\u00e9e suivante, Fuller signe ce qui est son film le plus ambitieux, car presque exp\u00e9rimental selon les canons du cin\u00e9ma de s\u00e9rie B hollywoodien dans lequel Fuller a l\u2019habitude de travailler. <em>Shock Corridor<\/em> est une \u00e9pure terrifiante de son cin\u00e9ma. Fuller propose une all\u00e9gorie barbare dans laquelle \u00ab\u00a0l\u2019Am\u00e9rique est devenue un asile d\u2019ali\u00e9n\u00e9s\u00a0\u00bb, dixit Martin Scorsese (un de ses plus grands fans, qui signe la pr\u00e9face du livre).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Pour gagner le prix Pulitzer, un journaliste se fait interner dans un h\u00f4pital psychiatrique o\u00f9 un meurtre a \u00e9t\u00e9 commis. <em>Shock Corridor <\/em>condense dans un d\u00e9cor unique et nu (un simple couloir o\u00f9 d\u00e9ambulent des malades en pyjamas) les th\u00e8mes et les obsessions de Fuller\u00a0: le journalisme, la violence, la folie, le racisme. Affranchi des conventions narratives et visuelles du cin\u00e9ma de genre, le cin\u00e9aste signe un film monstre tent\u00e9 par l\u2019abstraction et le symbolisme le plus furieux, splendidement photographi\u00e9 par Stanley Cortez, le chef op\u00e9rateur de Welles et de <em>La Nuit du chasseur<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>Shock Corridor<\/em> contient des c\u00e9l\u00e8bres plans en couleurs lors de la sc\u00e8ne d\u2019hallucination, coup\u00e9s dans certaines copies, notamment lors de la premi\u00e8re sortie du film dans les salles fran\u00e7aises. Elles montrent des images impressionnantes de chutes d\u2019eau et de jungle, en CinemaScope non d\u00e9sanamorphos\u00e9, emprunt\u00e9es \u00e0 <em>La Maison de Bambou<\/em> et <em>Tigrero<\/em>, un film inachev\u00e9 de Fuller tourn\u00e9 au Br\u00e9sil en 1955. Leur irruption dans <em>Shock Corridor<\/em> participe au baroquisme de la mise en sc\u00e8ne de Fuller, dont les effets photographiques et les exp\u00e9rimentations ouvrent la voie aux \u201cwonder boys\u201d des ann\u00e9es 60 et 70, Coppola, Scorsese ou Godard.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Un an plus tard, Fuller signe son film le plus \u00e9trange, sur le th\u00e8me de la perversion sexuelle, avec une ancienne prostitu\u00e9e comme h\u00e9ro\u00efne.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">C\u00e9l\u00e8bre pour sa s\u00e9quence inaugurale o\u00f9 Constance Towers perd sa perruque lors d\u2019une violente dispute avec son prox\u00e9n\u00e8te et exhibe un cr\u00e2ne totalement chauve, <em>Police sp\u00e9ciale<\/em> (<em>The Naked Kiss<\/em>) est en apparence un film policier classique, mais qui aborde des sujets tabous comme la p\u00e9dophilie et d\u00e9livre une critique f\u00e9roce de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Le film fait preuve d\u2019une audace presque suicidaire. Son \u00e9chec entra\u00eenera la rupture entre Fuller et les studios hollywoodiens et le premier exil du cin\u00e9aste en Europe. Fuller ne tournera pratiquement rien pendant seize ans, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un film d\u2019aventure charcut\u00e9 par ses producteurs au Mexique avec Burt Reynolds (<em>Caine<\/em>, 1970) et d\u2019un t\u00e9l\u00e9film allemand exploit\u00e9 en salles dans certains pays (<em>Un pigeon mort dans Beethoven Strasse, 1972<\/em>). Ces deux films conna\u00eetront une diffusion quasiment nulle. Fuller cachetonne pour des films m\u00e9diocres et voit plusieurs projets lui \u00e9chapper.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">C\u2019est au moment o\u00f9 sa carri\u00e8re d\u00e9cline que Fuller suscite le plus d\u2019admiration des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique. Ce furent d\u2019abord \u00ab\u00a0Les Cahiers du cin\u00e9ma\u00a0\u00bb qui d\u00e9fendirent dans les ann\u00e9es 60 un cin\u00e9aste franc-tireur accus\u00e9 de fascisme par la critique fran\u00e7aise de gauche, Georges Sadoul en t\u00eate, \u00e0 cause de ses films anticommunistes. Mais Fuller est juste un d\u00e9mocrate qui d\u00e9teste les dictatures. Symbole d\u2019ind\u00e9pendance et d\u2019invention artistique, Fuller devient ensuite un mod\u00e8le pour plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de cin\u00e9astes cin\u00e9philes, de Godard \u00e0 Tarantino et Jarmusch en passant par Wenders, Spielberg, Moullet, Kaurism\u00e4ki, Larry Cohen&#8230; Godard lui offre un petit r\u00f4le dans <em>Le M\u00e9pris<\/em>, Moullet dans <em>Brigitte et Brigitte<\/em>. Plus tard Wenders le fait tourner r\u00e9guli\u00e8rement, de <em>L\u2019Ami am\u00e9ricain<\/em> \u00e0 <em>The End of Violence<\/em>, sa derni\u00e8re apparition sur un \u00e9cran de cin\u00e9ma en 1997, l\u2019ann\u00e9e de sa mort. Apr\u00e8s son attaque, amaigri et affaibli, d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de son l\u00e9gendaire cigare qui ne quittait jamais sa bouche, il ressemble un peu \u00e0 Louis-Ferdinand C\u00e9line.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Finalement, en 1980, Fuller peut r\u00e9aliser le film de sa vie, \u00e9vocation de ses souvenirs de fantassin lors des d\u00e9barquements en Europe, et de la lib\u00e9ration de plusieurs pays du joug nazi\u00a0: <em>Au-del\u00e0 de la gloire<\/em> (<em>The Big Red One<\/em>). Ce grand film doit pourtant se tourner dans des conditions difficiles, loin des studios hollywoodiens et avec l\u2019argent d\u2019un\u00a0 courageux producteur ind\u00e9pendant, Gene Corman, fr\u00e8re et collaborateur du fameux Roger. Fuller est oblig\u00e9 de brider son imagination\u00a0 &#8211; qui est grande \u2013 et de couper drastiquement son film (113 minutes \u00ab\u00a0seulement\u00a0\u00bb pour son exploitation commerciale.) Il en tirera une v\u00e9ritable amertume qui ne sera jamais r\u00e9par\u00e9e de son vivant puisque c\u2019est en 2004, sept ans apr\u00e8s la mort du cin\u00e9aste, qu\u2019une version in\u00e9dite et restaur\u00e9e de 156 minutes sera pr\u00e9sent\u00e9e lors de Cannes Classics, pendant le Festival de Cannes, avant de sortir en DVD.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Parfois les r\u00eaves se r\u00e9alisent. Voir un jour la version longue d&rsquo;<em>Au-del\u00e0 de la gloire <\/em>en \u00e9tait un pour de tr\u00e8s nombreux cin\u00e9philes. Malgr\u00e9 le spectre d\u2019une version de quatre heures (et un premier montage de 6h30 !) qui plane encore, cette \u201crestauration\u201d de 156 minutes permettait enfin de d\u00e9couvrir une version proche de celle d\u00e9sir\u00e9e par Samuel Fuller, qui consid\u00e9rait <em>The Big Red One<\/em>, projet longuement m\u00fbri et finalement tourn\u00e9, comme sa grande \u0153uvre et la somme de tous ses films consacr\u00e9s \u00e0 la guerre. Alors apprenti romancier, Samuel Fuller participa aux d\u00e9barquements successifs en Afrique du Nord, en Sicile et en Normandie, puis \u00e0 la lib\u00e9ration d&rsquo;un camp de concentration en Tch\u00e9coslovaquie, comme fantassin de la mythique premi\u00e8re division d&rsquo;infanterie, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0The Big Red One\u00a0\u00bb. Lee Marvin interpr\u00e8te de fa\u00e7on magistrale un sergent v\u00e9t\u00e9ran de la Premi\u00e8re Guerre mondiale qui m\u00e8ne ses jeunes recrues au combat en leur apprenant \u00e0 ne pas se faire tuer. \u00ab\u00a0Il s&rsquo;agit de vies fictives inspir\u00e9es de morts effectives\u00a0\u00bb nous pr\u00e9vient un carton d\u00e8s la fin du g\u00e9n\u00e9rique. John Wayne voulait le r\u00f4le, mais Fuller trouvait que Marvin, avec son visage impassible, \u00e9tait le personnage, soit un symbole ambigu de mort et de survie. Il est rare qu&rsquo;un film de guerre soit aussi le film d&rsquo;un soldat. Fuller d\u00e9crit des souvenirs et des anecdotes de premi\u00e8re main, et filme la guerre comme personne, parce qu&rsquo;il la conna\u00eet : les combats, les corps qui tombent, mais surtout l&rsquo;attente, la peur, la fatigue. Les quarante minutes suppl\u00e9mentaires restituent l\u2019ampleur picaresque et la beaut\u00e9 convulsive du plus autobiographique des projets du cin\u00e9aste. Les grands moments sont toujours l\u00e0 (le D\u00e9barquement, l&rsquo;accouchement d&rsquo;une Fran\u00e7aise dans une carcasse de tank, la d\u00e9couverte de l&rsquo;horreur concentrationnaire) auxquels viennent s&rsquo;ajouter de nombreux autres \u00e9pisodes, cocasses, baroques, fulleriens en diable (un gamin des jeunesses hitl\u00e9riennes, trop jeune pour \u00eatre fusill\u00e9, re\u00e7oit une fess\u00e9e pour avoir abattu un soldat am\u00e9ricain !) Cette nouvelle version donne \u00e9galement vie \u00e0 un personnage secondaire, un officier allemand opini\u00e2tre et retors dont le chemin ne cesse de croiser celui de la \u00ab\u00a0Big Red One\u00a0\u00bb. Ce montage est peut-\u00eatre plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne (les Fran\u00e7ais parlent parfois fran\u00e7ais, parfois anglais, on y croise Guy Marchand et Marthe Villalonga en aubergiste belge), mais le film gagne en profusion romanesque, et m\u00eame en folie (on pense \u00e0 Apollinaire).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">En 1982, Fuller r\u00e9alise pour un producteur ind\u00e9pendant <em>Dress\u00e9 pour tuer<\/em> (<em>White Dog<\/em>), adaptation par le cin\u00e9aste et sc\u00e9nariste Curtis Hanson d\u2019un roman de Romain Gary. Film terrifiant sur la racisme (une jeune femme recueille un chien blanc qui a \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge par des racistes pour lui faire attaquer \u00e0 mort tous les noirs qu\u2019il croise sur sa route), le film provoque avant m\u00eame sa sortie une incroyable pol\u00e9mique sur ses intentions. Des lobbies antiracistes s\u2019opposent \u00e0 sa sortie et le distributeur Paramount, par crainte du scandale, bloque le film. Sans exag\u00e9ration aucune, je pense que <em>Dress\u00e9 pour tuer<\/em> est un chef-d\u2019\u0153uvre, un sommet dans la carri\u00e8re de Fuller et un des rares films maudits du cin\u00e9ma contemporain. L\u00e0 encore, il faudra attendre une r\u00e9habilitation tardive et posthume qui n\u2019est toujours pas compl\u00e8te. \u00c9c\u0153ur\u00e9, Fuller s\u2019exile en France, dans l\u2019espoir d\u2019y trouver plus de respect et de compr\u00e9hension. H\u00e9las, les cinq pauvres films et t\u00e9l\u00e9films qu\u2019il parviendra \u00e0 tourner en France sont de p\u00e2les ersatz de ses films am\u00e9ricains, et le cin\u00e9aste, loin de ses racines, n\u2019est plus que l\u2019ombre de lui-m\u00eame. Il accepte les hommages (il recevra en 1993 un Pardo d&rsquo;onore pour l&rsquo;ensemble de son oeuvre au Festival del film Locarno) et surtout de prodiguer avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 conseils et aphorismes sur Hollywood, le m\u00e9tier de cin\u00e9aste et de sc\u00e9nariste \u00e0 ses nombreux admirateurs, jeunes cin\u00e9philes et r\u00e9alisateurs du monde entier, jusqu\u2019\u00e0 sa mort le 30 octobre 1997 \u00e0 Los Angeles, dans les bras de sa femme Christa, \u00e9pous\u00e9e en 1967.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">De tout cela, et plus encore, il est question dans cette autobiographie passionnante \u00e0 la hauteur de l\u2019homme, de l\u2019aventurier, du conteur et du cr\u00e9ateur exceptionnel que fut Samuel Fuller.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">A noter que demain, 14h30, \u00e0 l\u2019occasion de la parution de <em>Un troisi\u00e8me visage<\/em>, on pourra revoir \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise sur grand \u00e9cran la version longue de <em>Au-del\u00e0 de la gloire<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9e par son directeur g\u00e9n\u00e9ral Serge Toubiana et G\u00e9rard Berr\u00e9by, fondateur des \u00e9ditions Allia.<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2073\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/09\/02\/un-troisieme-visage-de-samuel-fuller\/the-big-red-one\/\" rel=\"attachment wp-att-2073\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2073\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-2073\" title=\"The big Red one\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/09\/the-big-red-one.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"369\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/09\/the-big-red-one.jpg 666w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/09\/the-big-red-one-484x280.jpg 484w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/09\/the-big-red-one-580x335.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2073\" class=\"wp-caption-text\">Lee Marvin dans <em>Au-del\u00e0 de la gloire<\/em><\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9ditions Allia viennent de mettre en vente la traduction fran\u00e7aise de l\u2019autobiographie de Samuel Fuller, publi\u00e9e pour la premi\u00e8re\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - 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