{"id":20178,"date":"2017-03-16T04:06:59","date_gmt":"2017-03-16T03:06:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=20178"},"modified":"2017-03-15T09:42:10","modified_gmt":"2017-03-15T08:42:10","slug":"frissons-de-langoisse-entretien-dario-argento","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2017\/03\/16\/frissons-de-langoisse-entretien-dario-argento\/","title":{"rendered":"Les Frissons de l\u2019angoisse : entretien avec Dario Argento"},"content":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion de la diffusion de la version int\u00e9grale restaur\u00e9e des <em>Frissons de l\u2019angoisse<\/em> (<em>Profondo rosso<\/em>, 1975) de Dario Argento dimanche 19 mars \u00e0 23h30 dans le cadre de la 3<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition du printemps du polar sur ARTE, voici un entretien avec le r\u00e9alisateur italien au sujet de son chef-d\u2019\u0153uvre, r\u00e9alis\u00e9 par Lorenzo Buccella, critique de cin\u00e9ma et responsable de la cha\u00eene web du Festival de Locarno.<\/p>\n<div id=\"attachment_20180\" style=\"width: 1805px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-20180\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-20180\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/062884-000-a_1945955.jpg\" alt=\"David Hemmings dans Les Frissons de l'angoisse de Dario Argento \u00a9 All Screens Distribution Foto: ARTE France Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung &quot;Bild: Sendeanstalt\/Copyright&quot;. Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke W\u00f6lk Tel.: +33 3 881 422 25, E-Mail: bildredaktion@arte.tv\" width=\"1795\" height=\"1197\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/062884-000-a_1945955.jpg 1795w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/062884-000-a_1945955-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/062884-000-a_1945955-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/062884-000-a_1945955-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/062884-000-a_1945955-580x387.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1795px) 100vw, 1795px\" \/><p id=\"caption-attachment-20180\" class=\"wp-caption-text\">David Hemmings dans<em> Les Frissons de l&rsquo;angoisse<\/em> de Dario Argento<br \/>\u00a9 All Screens Distribution<\/p>\n<p><\/p><\/div>\n<p><strong>Au niveau des param\u00e8tres historiques, <em>Les Frissons de l\u2019angoisse<\/em> est consid\u00e9r\u00e9 comme une transition dans votre carri\u00e8re. Il marque le passage du thriller, le genre qui a marqu\u00e9 vos d\u00e9buts, vers l\u2019horreur visionnaire de <em>Suspiria<\/em>. Est-ce que vous \u00eates d\u2019accord?<\/strong><\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, je vois de la coh\u00e9rence dans mon cin\u00e9ma, dans cette recherche qui a pris forme au fil des ann\u00e9es et qui \u00e9volue toujours. Mais je me souviens aussi que quand j\u2019ai fait <em>4 Mouches de velours gris<\/em>, quand je l\u2019avais presque termin\u00e9 en fait, je me suis dit qu\u2019il fallait changer, explorer de nouveaux territoires, de nouveaux parcours. J\u2019ai donc pens\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9pouvante que j\u2019ai toujours aim\u00e9 depuis que j\u2019\u00e9tais gamin : les r\u00e9cits de Edgar Allan Poe et Lovecraft, et aussi les films d\u2019horreur am\u00e9ricains des ann\u00e9es 1950. Le temps \u00e9tait venu pour un tournant, et j\u2019ai eu l\u2019id\u00e9e d\u2019un film o\u00f9 il n\u2019y aurait pas de changement complet, mais quand m\u00eame un r\u00e9cit diff\u00e9rent. J\u2019ai donc pens\u00e9 aux <em>Frissons de l\u2019angoisse<\/em>, o\u00f9 la psychologie est diff\u00e9rente, les enqu\u00eates polici\u00e8res sont diff\u00e9rentes, et il y a aussi beaucoup d\u2019imagination et de pens\u00e9es. C\u2019est un film que j\u2019ai \u00e9crit tr\u00e8s rapidement, mais j\u2019y ai pens\u00e9 pendant tr\u00e8s longtemps.<\/p>\n<p><strong>Il y a l\u2019anecdote selon laquelle vous auriez imagin\u00e9 la fin du film pendant que vous tourniez les pr\u00e9c\u00e9dents, ainsi que l\u2019id\u00e9e initiale li\u00e9e au paranormal. Apr\u00e8s, le sc\u00e9nariste Bernardino Zapponi est arriv\u00e9. Comment l\u2019id\u00e9e a-t-elle \u00e9volu\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>Je dois dire que l\u2019\u00e9volution a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s spontan\u00e9e, au sens o\u00f9 il y avait encore les \u00e9l\u00e9ments comiques et espi\u00e8gles de mes films pr\u00e9c\u00e9dents, mais il y a eu une \u00e9volution importante au niveau du r\u00e9cit et des th\u00e9matiques\u00a0: le paranormal, les l\u00e9gendes anciennes, beaucoup de nouveaut\u00e9s. Je me souviens aussi que quand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire Zapponi avait d\u00e9j\u00e0 fini, et du coup j\u2019ai recommenc\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but. Je me suis enferm\u00e9 dans une maison que j\u2019avais \u00e0 la campagne, mais elle \u00e9tait abandonn\u00e9e parce que \u00e7a faisait des ann\u00e9es que je n\u2019y allais plus. Il n\u2019y avait pas de lumi\u00e8re, donc je m\u2019y rendais le matin et je partais au coucher du soleil, \u00e0 cause du noir. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e7a m\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 \u00e9crire plus rapidement, parce que je n\u2019aurais rien vu, mais \u00e7a m\u2019a aussi encourag\u00e9 \u00e0 aborder des th\u00e8mes plus forts, plus importants. J\u2019ai \u00e9crit le film sur une br\u00e8ve p\u00e9riode, parce que j\u2019\u00e9tais motiv\u00e9 par le coucher du soleil qui \u00e9tait imminent, et j\u2019ai beaucoup \u00e9crit, le sc\u00e9nario \u00e9tait plus long que ce que j\u2019ai fini par tourner. En m\u00eame temps, le film est long aussi, il dure plus de deux heures. Je me souviens que quand j\u2019ai fini c\u2019\u00e9tait un samedi, j\u2019ai rejoint ma fille, qui \u00e9tait tr\u00e8s jeune \u00e0 l\u2019\u00e9poque, \u00e0 la mer o\u00f9 elle \u00e9tait en vacances, et j\u2019ai pris le sc\u00e9nario avec moi. Je l\u2019ai trouv\u00e9\u2026 Je ne suis jamais tr\u00e8s clair en \u00e9valuant mes propres films, je les \u00e9cris tr\u00e8s vite et je les vois prendre vie, comme sur un \u00e9cran, au moment o\u00f9 je les imagine, de mani\u00e8re automatique. Je vois des actions prendre vie, tandis que les acteurs sont encore sans visage parce que je ne les ai pas encore choisis, mais ils ont une physionomie. Je vois les films tr\u00e8s rapidement, et il y a des sc\u00e8nes que je n\u2019ai pas inclues que je regrette avoir coup\u00e9, mais le film \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 assez long, donc peut-\u00eatre que j\u2019ai fait le bon choix.<\/p>\n<p><strong>Il y avait donc, concernant votre m\u00e9thode de travail, une recherche de physionomie, m\u00eame dans <em>Les Frissons de l\u2019angoisse<\/em> qui devient, par la suite, un film d\u2019horreur visionnaire. Est-ce que cette recherche \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dans le sc\u00e9nario\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, elle \u00e9tait tr\u00e8s pr\u00e9sente. Je voulais rendre l\u2019atmosph\u00e8re plus forte, plus cruelle et plus importante. C\u2019est pour \u00e7a que je me suis \u00e9loign\u00e9 compl\u00e8tement de mes films pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p><strong>Comment le processus a-t-il \u00e9volu\u00e9? Vous avez dit que les acteurs n\u2019avaient pas encore de visage. Avez-vous donc commenc\u00e9 par le casting, ou aviez-vous d\u00e9j\u00e0 \u00e9galement des id\u00e9es pour les lieux de tournage, dont Turin pour plusieurs sc\u00e8nes?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e pour les endroits \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. En \u00e9crivant, je voyais des images de Turin, une version m\u00e9taphysique avec ces places et ces rues b\u00e2ties pendant la p\u00e9riode fasciste, avec des \u00e9chos de De Chirico. Je voyais ces images devant mes yeux, et j\u2019ai ensuite commenc\u00e9 \u00e0 chercher les acteurs. Comme le film \u00e9tait inspir\u00e9 d\u2019un cin\u00e9aste que j\u2019aime beaucoup, Michelangelo Antonioni, j\u2019ai engag\u00e9 un des ses com\u00e9diens, David Hemmings. Il est venu me voir \u00e0 Rome, et il avait pris du poids. Il a vu que \u00e7a me pr\u00e9occupait, et il m\u2019a dit \u00ab\u00a0T\u2019es en train de voir que j\u2019ai pris du poids\u00a0?\u00a0\u00bb. Je lui ai r\u00e9pondu \u00ab\u00a0Oui, carr\u00e9ment.\u00a0\u00bb, et il m\u2019a dit \u00ab\u00a0T\u2019inqui\u00e8te pas, je vais aller dans une clinique et je serai en forme pour le film.\u00a0\u00bb Et il l\u2019a fait. J\u2019ai choisi Daria Nicolodi entre diff\u00e9rentes actrices qui ont pass\u00e9 des auditions. Elle n\u2019\u00e9tait pas connue \u00e0 l\u2019\u00e9poque, elle n\u2019avait pas fait grand-chose. Ainsi le film a commenc\u00e9 \u00e0 prendre sa forme, avec d\u2019autres com\u00e9diens issus de la sc\u00e8ne. Je m\u2019int\u00e9ressais beaucoup au th\u00e9\u00e2tre \u00e0 cette p\u00e9riode-l\u00e0, et j\u2019ai donc choisi surtout des acteurs de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p><strong>Concernant votre direction d\u2019acteurs, cette alchimie qui est visible \u00e0 l\u2019\u00e9cran, quelle \u00e9tait votre relation avec les com\u00e9diens\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Pour une fois, elle a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s agr\u00e9able et sereine. Les acteurs suivaient bien mes pens\u00e9es, ce que j\u2019avais imagin\u00e9. J\u2019avais fait une <em>shooting list<\/em>, une liste des plans, tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e et bien faite, du coup quand c\u2019\u00e9tait le moment de tourner j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 le film bien en t\u00eate, avec \u00e0 peu pr\u00e8s 2000 plans d\u00e9j\u00e0 boucl\u00e9s sur papier. Apr\u00e8s, comme toujours, quand j\u2019arrive sur le plateau le matin, face aux d\u00e9cors et \u00e0 un acteur qui a pens\u00e9 \u00e0 quelque chose la veille, certains plans changent par rapport \u00e0 la liste, on fait quelque chose de nouveau.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est dr\u00f4le parce que gr\u00e2ce \u00e0 ce film on vous a d\u00e9crit pendant longtemps comme le Alfred Hitchcock italien. Hitchcock avait l\u2019habitude de dire \u00ab\u00a0Le film est fait, on recommence.\u00a0\u00bb Y a-t-il de la place pour l\u2019improvisation, ou est-ce que tout est clair d\u00e8s le d\u00e9but?<\/strong><\/p>\n<p>Pour ce genre de film c\u2019est tr\u00e8s clair, parce qu\u2019il y a une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements qui doivent avoir lieu de mani\u00e8re tr\u00e8s pr\u00e9cise, sinon le film n\u2019aura pas l\u2019effet voulu sur le public. Il faut tout planifier tr\u00e8s attentivement, \u00e0 l\u2019avance.<\/p>\n<p><strong>Il y a quelque chose de math\u00e9matique avec la peur, une grande pr\u00e9cision.<\/strong><\/p>\n<p>Oui, il y a une pr\u00e9cision. Voil\u00e0 pourquoi je fais une <em>shooting list<\/em>, parce qu\u2019en relisant les plans j\u2019obtiens exactement ce que le film est cens\u00e9 \u00eatre, et la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er des sc\u00e8nes et des atmosph\u00e8res auxquelles la cam\u00e9ra doit ob\u00e9ir. Cela dit, il y aussi des co\u00efncidences qui enrichissent le film. La musique, par exemple, avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 un compositeur, qui m\u2019avait envoy\u00e9 des essais que je consid\u00e9rais comme incompatibles avec le film que je voulais faire. Parce qu\u2019on imagine le film, et apr\u00e8s on le tourne et on voit quelque chose de vrai, quelque chose d\u2019achev\u00e9. Du coup je suis devenu un peu nomade, \u00e0 la recherche d\u2019un compositeur, parce que je voulais une musique diff\u00e9rente. Je suis all\u00e9 en Angleterre et j\u2019ai rencontr\u00e9 Pink Floyd\u00a0: ils \u00e9taient int\u00e9ress\u00e9s, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque ils pr\u00e9paraient <em>The Wall<\/em>, y compris le film, et du coup l\u2019engagement pour \u00e9crire la musique, qui prend du temps, n\u2019\u00e9tait pas envisageable. J\u2019ai aussi rencontr\u00e9 Genesis, mais ils allaient partir pour une tourn\u00e9e mondiale, ce qui voulait dire qu\u2019ils auraient \u00e9t\u00e9 de retour apr\u00e8s un an et demi. Et l\u00e0, j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 une co\u00efncidence\u00a0: quand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler dans le cin\u00e9ma, en \u00e9crivant <em>Il \u00e9tait une fois dans l\u2019Ouest<\/em> pour Sergio Leone, j\u2019\u00e9tais d\u00e9butant. Leone a suivi son instinct et d\u00e9cid\u00e9 d\u2019engager deux jeunes, Bernardo Bertolucci et moi-m\u00eame, au lieu de sc\u00e9naristes connus, m\u00eame s\u2019il aurait pu se permettre de le faire parce qu\u2019il avait r\u00e9alis\u00e9 plusieurs films \u00e0 succ\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>Et il a fait le bon choix.<\/strong><\/p>\n<p>Oui, il avait cette capacit\u00e9 de reconna\u00eetre le talent. C\u2019\u00e9tait un vrai don, il voyait le talent m\u00eame apr\u00e8s une br\u00e8ve conversation. A mon sens la musique \u00e9tait tr\u00e8s importante pour le film, et j\u2019ai interrompu ma collaboration avec un compositeur connu, Ennio Morricone, et dit \u00e0 mon superviseur des musiques que je voulais des jeunes, quelque chose de nouveau. Il m\u2019a envoy\u00e9 des d\u00e9mos, et j\u2019ai choisi un groupe de jeunes qui sortaient tout juste du conservatoire et qui avaient fait des tests pour les effets sonores, du vent&#8230;<\/p>\n<p><strong>Goblin. <\/strong><\/p>\n<p>Oui, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque ils s\u2019appelaient pas Goblin, c\u2019est arriv\u00e9 avec ce film. Je les ai choisis, et on a commenc\u00e9 \u00e0 travailler ensemble. C\u2019\u00e9tait diff\u00e9rent de la mani\u00e8re dont je travaillais avec Morricone, parce qu\u2019ils venaient sur le plateau pour voir comment je travaillais, comment je parlais avec les acteurs, quelle atmosph\u00e8re je voulais cr\u00e9er, et apr\u00e8s ils composaient. La nuit, apr\u00e8s le tournage, on se voyait chez moi, et ils me montraient ce qu\u2019ils avaient \u00e9crit, ils proposaient des choses. C\u2019\u00e9tait une collaboration tr\u00e8s \u00e9troite, et j\u2019ai pu obtenir la musique que je voulais\u00a0: un peu r\u00e9p\u00e9titive, tr\u00e8s forte, le genre de rock progressif qu\u2019ils faisaient, eux. L\u2019enregistrement a aussi \u00e9t\u00e9 assez sp\u00e9cial, parce qu\u2019ils enregistraient comme un groupe rock. Normalement, on donne le film au compositeur et il \u00e9crit la musique sc\u00e8ne par sc\u00e8ne. Eux, en revanche, se rencontraient dans un studio et improvisaient, ils changeaient des trucs. D\u2019habitude, on donne la partition \u00e0 l\u2019orchestre et on finit en cinq, six jours, mais dans notre cas cette phase a dur\u00e9 beaucoup plus longtemps.<\/p>\n<p><strong>C\u2019\u00e9tait pendant le tournage?<\/strong><\/p>\n<p>Non, apr\u00e8s. Ils ont commenc\u00e9 \u00e0 remplir et prolonger ce qu\u2019ils avaient imagin\u00e9, ce dont on avait parl\u00e9 pendant ces nuits chez moi. C\u2019est devenu la musique du film, et je dois dire que j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s content, m\u00eame s\u2019ils ont pass\u00e9 des journ\u00e9es enti\u00e8res et m\u00eame des nuits l\u00e0-dessus\u00a0: ils dormaient une heure ou deux dans le studio, ils se levaient, ils r\u00e9veillaient l\u2019ing\u00e9nieur du son et ils recommen\u00e7aient. C\u2019\u00e9tait presque 24 heures sur 24, et des fois je dormais dans ma voiture, aussi une heure ou deux, et je rentrais dans le studio vers 2h ou 3h pour reprendre le travail. C\u2019\u00e9tait une aventure, parce que je croyais en ces jeunes et en leur enthousiasme. Je croyais en leur force de caract\u00e8re et m\u00eame en leur attitude espi\u00e8gle, parce qu\u2019ils travaillaient sans penser, en se laissant aller avec des improvisations. Apr\u00e8s on a r\u00e9organis\u00e9 les improvisations, et voil\u00e0 donc un <em>score<\/em> \u00e0 succ\u00e8s, qui est rest\u00e9 dans le <em>hit-parade<\/em> pendant un an entier, presque.<\/p>\n<p><strong>Sans vouloir \u00eatre ind\u00e9licat, la plupart de la musique a donc \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par Goblin et non pas Giorgio Gaslini, l\u2019autre musicien auquel vous faisiez allusion. <\/strong><\/p>\n<p>Oui, Gaslini, qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9, h\u00e9las, a \u00e9crit dans son autobiographie\u00a0: \u00ab\u00a0Dario Argento est un grand r\u00e9alisateur, mais c\u2019est un enfoir\u00e9.\u00a0\u00bb Il a \u00e9crit exactement \u00e7a, parce que je n\u2019ai utilis\u00e9 que deux ou trois morceaux \u00e0 lui, le reste a \u00e9t\u00e9 fait par Goblin.<\/p>\n<p><strong>Le th\u00e8me principal, en particulier, est devenu le synonyme de la peur pour une g\u00e9n\u00e9ration enti\u00e8re, et on l\u2019utilise m\u00eame trop pour \u00e7a. Vous aimez entendre cette musique comme \u00e7a, hors contexte, ou \u00e7a vous d\u00e9range?<\/strong><\/p>\n<p>On l\u2019utilise g\u00e9n\u00e9ralement pour rendre les situations plus tendues, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou dans des courts m\u00e9trages. Moi j\u2019aime bien, parce que \u00e7a veut dire qu\u2019elle a toujours l\u2019effet voulu.<\/p>\n<p><strong>Oui, le mythe est d\u00e9cha\u00een\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Il sort.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est \u00e7a, il sort. En passant \u00e0 d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments essentiels du film, on a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 des lieux de tournage et de Turin, mais il y a aussi les d\u00e9cors de Giuseppe Bassan et la photo de Luigi Kuveiller. Comment avez-vous travaill\u00e9 avec eux?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 avec Bassan, et on se connaissait tr\u00e8s bien. On se promenait souvent ensemble, et je me souviens d\u2019ailleurs de comment on a choisi la c\u00e9l\u00e8bre villa, qui est devenue un endroit touristique tr\u00e8s important \u00e0 Turin. Je ne sais pas si vous \u00eates au courant, mais il y a un bus qui part chaque samedi d\u2019un endroit \u00e0 Turin et vous fait visiter les lieux de tournage des <em>Frissons de l\u2019angoisse<\/em>. Il est toujours rempli, et je l\u2019ai pris une fois parce qu\u2019on faisait une \u00e9mission TV avec Piero Chiambretti et on est retourn\u00e9s \u00e0 la villa. Je sais qu\u2019il y a de nouveaux habitants qui appellent la police tous les samedis parce qu\u2019il y a des gens qui d\u00e9barquent, sonnent \u00e0 la porte et veulent visiter le jardin. Je me souviens qu\u2019on roulait en voiture, juste Bassan et moi, \u00e0 la recherche de lieux pour le tournage. A ce moment-l\u00e0 on cherchait une villa, parce qu\u2019il y en a beaucoup \u00e0 Turin, et on est pass\u00e9 devant cette villa tr\u00e8s connue. On l\u2019a regard\u00e9e, elle \u00e9tait imposante et grande, et on est parti. Au bout d\u2019un moment on s\u2019est dit \u00ab\u00a0Elle n\u2019est pas g\u00e9niale? Retournons-y !\u00a0\u00bb On y est retourn\u00e9s, et voici un d\u00e9tail curieux\u00a0: la villa avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 des nonnes, et elles y gardaient des filles et des femmes en difficult\u00e9, comme dans un foyer. On s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9s pour le tournage, et elles occupaient quasiment tout le b\u00e2timent, les chambres \u00e9taient comme des dortoirs. Pour les convaincre \u00e0 partir, j\u2019ai propos\u00e9, avec l\u2019approbation des producteurs, qu\u2019on leur offre des vacances d\u2019un mois \u00e0 Rimini, car elles voulaient vraiment y aller. Les nonnes ont dit que Rimini n\u2019\u00e9tait pas le bon endroit pour les filles, parce qu\u2019il y aurait des jeunes en train de les draguer, et moi j\u2019ai dit \u00ab\u00a0Elles sont presque adultes, elles savent se d\u00e9fendre, et vous serez l\u00e0-bas aussi. Ce sera fun, vous passerez un mois \u00e0 la mer, ce que vous n\u2019arrivez jamais \u00e0 faire.\u00a0\u00bb La M\u00e8re Sup\u00e9rieure a fini par accepter, et elles ont pass\u00e9 le mois d\u2019ao\u00fbt l\u00e0-bas. Elles sont rentr\u00e9es plus t\u00f4t que pr\u00e9vu, et elles \u00e9taient un peu tristes, parce qu\u2019on avait pas encore fini. Du coup, il y a eu quatre, cinq jours pendant lesquels elles nous ont observ\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Il y a donc eu une cohabitation?<\/strong><\/p>\n<p>Tr\u00e8s bri\u00e8vement, pendant quelques jours seulement.<\/p>\n<p><strong>Cet endroit \u00e9tait un choix fondamental, sur le plan visuel. Y a-t-il eu des choix sp\u00e9cifiques pour la photo? L\u00e0 aussi on voit une grande pr\u00e9cision.<\/strong><\/p>\n<p>Je voulais qu\u2019elle soit tr\u00e8s incisive, un aspect qui, je crois, est soulign\u00e9 dans la restauration faite par le distributeur fran\u00e7ais. C\u2019est incisif au point de para\u00eetre irr\u00e9el. Pour donner une cl\u00e9 de lecture, j\u2019ai pris un tableau d\u2019un c\u00e9l\u00e8bre peintre am\u00e9ricain hyperr\u00e9aliste, Edward Hopper, o\u00f9 il y avait un bar, et je l\u2019ai recr\u00e9e sur la place principale o\u00f9 je tournais le film. J\u2019ai demand\u00e9 aux acteurs de pas bouger, pour que \u00e7a ressemble \u00e0 un tableau, et cela a \u00e9t\u00e9 la cl\u00e9 pour comprendre le style du film : incisif et hyperr\u00e9aliste, tr\u00e8s exact et pr\u00e9cis. Les d\u00e9tails, et les petits objets en particulier, deviennent \u00e9normes et remplissent l\u2019\u00e9cran. Il y a une sc\u00e8ne, montr\u00e9e deux fois, o\u00f9 les petits objets f\u00e9tichistes du tueur deviennent tr\u00e8s grands. Ceci transmet un message au public sur la fa\u00e7on de voir le film\u00a0: sur un grand \u00e9cran, m\u00eame un petit objet est \u00e9norme et magnifique, comme un tableau.<\/p>\n<p><strong>Vu l\u2019attention aux d\u00e9tails, y a-t-il une sc\u00e8ne qui a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement difficile \u00e0 tourner, ou une dont vous \u00eates particuli\u00e8rement fier vu la difficult\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>La sc\u00e8ne avec les petits objets, justement, parce qu\u2019on a utilis\u00e9 une seule cam\u00e9ra, dont on se servait pour des pubs \u00e0 Milan. Cette cam\u00e9ra, qui n\u2019existe plus, avait un bras qui suivait les actions et les objets de pr\u00e8s, et on pouvait faire des petits travellings, quelques millim\u00e8tres. Le tournage a \u00e9t\u00e9 difficile, parce que les personnes impliqu\u00e9es n\u2019avaient pas d\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n<p><strong>Vous souvenez-vous de la r\u00e9action des gens au moment de la sortie des <em>Frissons de l\u2019angoisse<\/em>? Aujourd\u2019hui on le consid\u00e8re comme un chef-d\u2019\u0153uvre, mais quelle a \u00e9t\u00e9 la r\u00e9action \u00e0 l\u2019\u00e9poque?<\/strong><\/p>\n<p>Je m\u2019en souviens parce que moi-m\u00eame j\u2019ai \u00e9t\u00e9 surpris. C\u2019\u00e9tait le jour de la premi\u00e8re, et je me suis rendu au cin\u00e9ma avec le chef op\u00e9rateur et d\u2019autres gens. \u00c9tonnamment, comme le film n\u2019\u00e9tait pas encore sorti et personne ne l\u2019avait vu, c\u2019\u00e9tait complet. On s\u2019est regard\u00e9s avec Kuveiller, en se demandant qu\u2019est-ce qui se passait. Et lui, qui \u00e9tait un chef op\u00e9rateur exp\u00e9riment\u00e9, m\u2019a dit\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est le myst\u00e8re du cin\u00e9ma\u00a0: m\u00eame avant de voir le film, les gens savent si \u00e7a vaut la peine ou pas. Ils vont aimer.\u00a0\u00bb Et le film a effectivement eu beaucoup de succ\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>Revoyez-vous vos anciens films?<\/strong><\/p>\n<p>Non, je ne revois jamais mes anciens films. C\u2019est trop \u00e9motionnel pour moi, \u00e7a me d\u00e9range presque. Je pense que j\u2019aurais pu faire certaines sc\u00e8nes diff\u00e9remment, et du coup je pr\u00e9f\u00e8re ne pas le revoir du tout. Je regarde juste le d\u00e9but, pour m\u2019assurer que la lumi\u00e8re soit bonne, que le son soit bien r\u00e9gl\u00e9, et apr\u00e8s je me casse. Non, je ne revois jamais mes films, je ne sais pas quand est la derni\u00e8re fois que j\u2019ai vu <em>Les Frissons de l\u2019angoisse<\/em>, c\u2019\u00e9tait il y a longtemps. Cela dit, j\u2019ai vu <em>Suspiria<\/em> ici \u00e0 Locarno : comme mes amis du jury \u00e9taient dans la salle, \u00e7a aurait \u00e9t\u00e9 malpoli de partir. La m\u00eame chose s\u2019est pass\u00e9e \u00e0 Cannes, quand le directeur du festival, Thierry Fr\u00e9maux, m\u2019a rendu hommage avec une projection sp\u00e9ciale du m\u00eame film. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de rester, c\u2019\u00e9tait comme si j\u2019\u00e9tais ligot\u00e9 assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui, et j\u2019ai vu le film en entier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Lorenzo Buccella pendant le Festival del Film Locarno, ao\u00fbt 2016. Remerciements \u00e0 Dario Argento, Lorenzo Buccella et toute l&rsquo;\u00e9quipe du festival.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-20182\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/arton8615.jpg\" alt=\"\" width=\"759\" height=\"1000\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/arton8615.jpg 759w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/arton8615-213x280.jpg 213w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/arton8615-583x768.jpg 583w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/arton8615-580x764.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 759px) 100vw, 759px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion de la diffusion de la version int\u00e9grale restaur\u00e9e des Frissons de l\u2019angoisse (Profondo rosso, 1975) de Dario Argento\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":20179,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[7,8],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - 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