{"id":19480,"date":"2016-10-21T11:10:02","date_gmt":"2016-10-21T10:10:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=19480"},"modified":"2016-10-31T10:09:29","modified_gmt":"2016-10-31T09:09:29","slug":"mort-de-louis-xiv-entretien-albert-serra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2016\/10\/21\/mort-de-louis-xiv-entretien-albert-serra\/","title":{"rendered":"La Mort de Louis XIV : entretien avec Albert Serra"},"content":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion de la sortie en France mercredi 2 novembre, dans 51 salles de cin\u00e9ma, de <em>La Mort de Louis XIV<\/em> d&rsquo;Albert Serra (photo en t\u00eate de texte \u00a9 Bertrand No\u00ebl), distribu\u00e9 par Capricci, voici un entretien passionnant avec le cin\u00e9aste catalan r\u00e9alis\u00e9 par Jean-Jacques Manzanera, collaborateur \u00e0 artpress, que nous reproduisons avec son aimable autorisation.<\/p>\n<p><em>La Mort de Louis XIV<\/em> est un film soutenu par ARTE Cofinova.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comment en \u00eates-vous arriv\u00e9 \u00e0 concevoir un film consacr\u00e9 \u00e0 un sujet aussi rarement \u00e9voqu\u00e9 que la toute fin du r\u00e8gne de Louis XIV, apr\u00e8s <em>Histoire de ma mort<\/em>\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Albert Serra\u00a0:<\/strong> Ce projet est n\u00e9 avant <em>Histoire de ma mort<\/em> et fait suite \u00e0 un travail entrepris lors de mon invitation \u00e0 la Dokumenta de Cassel autour de la culture allemande qui voyait se c\u00f4toyer des figures aussi diff\u00e9rentes que Fassbinder et Hitler. Je d\u00e9sirais poursuivre cette r\u00e9flexion sur la culture europ\u00e9enne cette fois versant fran\u00e7ais lors de mon passage au Centre Pompidou. Je me suis mis \u00e0 relire Saint-Simon que j\u2019aimais d\u00e9j\u00e0 beaucoup et ai pens\u00e9 par la m\u00eame occasion \u00e0 la figure de Louis XIV. Thierry Lounas a pens\u00e9 que cela pourrait co\u00efncider avec une intervention de Jean-Pierre L\u00e9aud dans le cadre d\u2019une sorte de performance \u00e0 d\u00e9finir. Il s\u2019agit donc plus d\u2019un d\u00e9sir d\u2019exp\u00e9rimentation plus que l\u2019id\u00e9e concr\u00e8te de faire un film mais le projet a \u00e9volu\u00e9 apr\u00e8s mon pr\u00e9c\u00e9dent film devenant moins conceptuel et pour le coup pleinement organique\u00a0: il s\u2019agissait de s\u2019approcher au plus pr\u00e8s de l\u2019intimit\u00e9 de Louis XIV. Je conservais mes habitudes de tournage \u00e0 plusieurs cam\u00e9ras mais cette fois dans un espace plus concentr\u00e9 et avec des \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9naristiques pr\u00e9cis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Il me semble particuli\u00e8rement int\u00e9ressant que vous vous inspiriez d\u2019un \u00e9crivain aussi \u00e9minemment fran\u00e7ais que l\u2019est Saint-Simon. Pouvez-vous revenir plus longuement sur cette r\u00e9f\u00e9rence\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Les sources, quelles qu\u2019elles soient, sont un simple point de d\u00e9part que j\u2019oublie ensuite. Il y a n\u00e9anmoins chez Saint-Simon des valeurs d\u2019introspection psychologique avec tous ces int\u00e9r\u00eats cach\u00e9s qui se terrent derri\u00e8re chaque phrase, chaque geste, chaque regard. C\u2019est l\u00e0 un aspect qu\u2019on voit moins dans mon film, car cela manquerait d\u2019int\u00e9r\u00eat visuel. Cela rel\u00e8ve davantage de la litt\u00e9rature. Il me fallait trouver un myst\u00e8re sous-jacent chez l\u2019\u00e9crivain\u00a0: traquer la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019un visage, car ce sont des questions visuelles qui priment.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>J\u2019aimerais rebondir sur l\u2019importance de sensations et des textures. Quel r\u00f4le ont jou\u00e9 les objets\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> J\u2019\u00e9tais obs\u00e9d\u00e9 par le fait de ne pas pouvoir tourner \u00e0 Versailles. Je tenais beaucoup \u00e0 pr\u00e9server quelques id\u00e9es cl\u00e9s. Il me fallait atteindre l\u2019essence d\u2019un lien entre espace, perruques, costumes de fa\u00e7on \u00e0 toucher du doigt un Versailles plus r\u00e9el que le vrai. J\u2019ai regard\u00e9 un certain nombre de films sur l\u2019\u00e9poque pour voir comment \u00e9taient utilis\u00e9s les d\u00e9cors et costumes mais j\u2019ai constat\u00e9 qu\u2019il y avait un manque de r\u00e9alit\u00e9 organique. Il me fallait atteindre une intimit\u00e9 quasi choquante avec le corps de ce roi mourant.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong><em>La Prise de pouvoir par Louis XIV<\/em><\/strong><strong> de Roberto Rossellini a t-il compt\u00e9 dans votre construction du film\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>AS\u00a0: Cela ne m\u2019a pas int\u00e9ress\u00e9 ou alors pour faire un film contre celui de Rossellini. Je trouve ma force dans l\u2019id\u00e9e de faire un film contre la tradition, car trop la respecter serait paralysant. Je n\u2019ai vu tous ces films que dans l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9prouver presque de la haine envers des \u0153uvres du pass\u00e9 avant m\u00eame de les oublier. Cela m\u2019a donn\u00e9 la volont\u00e9 de faire s\u00e9rieusement mon projet. Je crois qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une strat\u00e9gie personnelle pour me faire avancer. Dans le Rossellini, la mort de Mazarin pourrait \u00e9voquer fugitivement mon film mais ni le sien, ni celui de Guitry et encore moins les films hollywoodiens ne me semblent tr\u00e8s convaincants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>La diff\u00e9rence premi\u00e8re n\u2019est-elle pas que vous avez devant votre cam\u00e9ra Jean-Pierre L\u00e9aud\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Ce n\u2019est pas si clair et si simple au moment de la conception du film. Maintenant on peut voir que cela fonctionne, mais avant, nul ne pouvait savoir si ce serait une r\u00e9ussite ou une catastrophe. Sur mes autres films, tels <em>Honor de cavalleria<\/em>, je me disais en voyant me acteurs que le film \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 quasiment fait en voyant fonctionner ensemble les deux acteurs. Ici, c\u2019\u00e9tait plus difficile, parfois tr\u00e8s tendu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Je trouve tr\u00e8s touchante dans divers entretiens l\u2019importance que vous accordez \u00e0 une forme de \u00ab\u00a0gr\u00e2ce\u00a0\u00bb sur le plateau.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Je n\u2019ai pas de garantie solide sur un tournage. Avoir la foi est tout ce qu\u2019il me reste. J\u2019ai beau mettre en jeu la rationalit\u00e9 mais trop de pr\u00e9visions tuent la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9viter les clich\u00e9s et le formatage. Je deviens ainsi le spectateur de mon propre film, je suis comme un cr\u00e9ateur d\u2019atmosph\u00e8re qui d\u00e9couvre sur le plateau la possibilit\u00e9 de d\u00e9placer les lignes du projet. Si cette gr\u00e2ce arrive, c\u2019est que c\u2019est tout ce qu\u2019il nous reste\u00a0! On en arrive \u00e0 laisser converger tous les \u00e9l\u00e9ments vers ce moment.<\/p>\n<p><strong>J\u2019avais \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par deux points lors du tournage\u00a0: la qualit\u00e9 de la lumi\u00e8re et la force du silence qui r\u00e9gnait sur le plateau.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> J\u2019avais l\u2019obsession de ne pas arriver \u00e0 cr\u00e9er un d\u00e9cor assez cin\u00e9matographique et organique. Je craignais un d\u00e9cor th\u00e9\u00e2tral ou t\u00e9l\u00e9visuel. J\u2019ai pens\u00e9 tr\u00e8s vite que le son direct qui venait de l\u2019ext\u00e9rieur, de la fen\u00eatre ouverte devait continuer \u00e0 vivre autour de l\u2019espace de la chambre. Cette concentration sur le plateau devait dialoguer avec la vie du ch\u00e2teau\u00a0: mouches, oiseaux, musiques, bruits divers&#8230; Je voulais que chaque petit d\u00e9tail sonore ou visuel puisse avoir son espace d\u2019existence propre dans un tout. Bien s\u00fbr, m\u00eame si je suis adepte du son direct, par petites touches, la postproduction ajoutait des \u00e9l\u00e9ments subtils, \u00e0 peine visibles afin d\u2019enrichir cette texture sonore.<\/p>\n<p>Pour la lumi\u00e8re cela va dans le m\u00eame sens\u00a0: je tenais \u00e0 conserver une unicit\u00e9 organique au film. La lumi\u00e8re jouant sur l\u2019obscur permettait de plonger le lieu dans une ombre qui gommait les \u00e9ventuels d\u00e9fauts tout en donnant une plus value baroque \u00e0 l\u2019ensemble. Je disais au chef op\u00e9rateur de faire vite la lumi\u00e8re\u00a0: une lumi\u00e8re trop changeante d\u00e9concentre les acteurs qui pourraient \u00eatre particuli\u00e8rement inspir\u00e9s. Je ne travaillais pas dans le sens d\u2019une sorte de pr\u00e9ciosit\u00e9 esth\u00e9tisante. Je gagne plus en visant l\u2019inspiration des acteurs, en profitant de ce moment pleinement qu\u2019en peaufinant artificiellement la lumi\u00e8re. Et par ailleurs j\u2019ai une confiance absolue en mes techniciens. Je ne veux pas voir de moniteur car j\u2019ai mes id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales assez pr\u00e9cises qui me suffisent sans ce contr\u00f4le. Il faut privil\u00e9gier la continuit\u00e9 m\u00eame si on change de d\u00e9cors ou de costumes. J\u2019ai travaill\u00e9 comme ma\u00e7on quand j\u2019\u00e9tais jeune\u00a0: mon chef me disait alors qu\u2019il fallait travailler bien mais vite\u00a0! Cette id\u00e9e a d\u00fb faire son chemin&#8230; Travailler vite, plus que faire des \u00e9conomies ou aller manger plus vite, c\u2019est pouvoir \u00eatre au service de acteurs et cela fait la diff\u00e9rence entre un film correct et un film inspir\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Un sc\u00e8ne m\u2019a frapp\u00e9, c\u2019est celle o\u00f9 Louis XIV fait br\u00fbler les papiers contenus dans une cassette qu\u2019on retrouve en quelques lignes chez Saint-Simon. Il se passe beaucoup de choses\u00a0: on ne sait absolument pas ce que pense le roi. Son visage est imp\u00e9n\u00e9trable.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> J\u2019aime beaucoup ce que vous dites. Un ami m\u2019a dit qu\u2019arriv\u00e9 au lit on ne savait plus ce qui se tramait alors qu\u2019on saisissait le reste des intrigues avec les m\u00e9decins, avec Mme\u00a0de Maintenon. C\u2019est comme si on approchait l\u2019abstraction du pouvoir absolu qui par d\u00e9finition serait abstrait car absolu. Cette sc\u00e8ne traduit je pense de mani\u00e8re graphique un fait essentiel et universel de l\u2019exercice du pouvoir. Je pense avoir ainsi traduit de mani\u00e8re graphique cette \u00e9nigme du pouvoir. Et je disposais en la personne de Jean-Pierre l\u2019acteur id\u00e9al\u00a0: il est tr\u00e8s pr\u00e9cis dans ses gestes mais son visage peut demeurer imp\u00e9n\u00e9trable, il semble parfois tr\u00e8s \u00ab\u00a0lointain\u00a0\u00bb. Il y a comme une v\u00e9ritable contradiction entre son regard et ses gestes tout \u00e0 fait fascinante.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Vous me semblez avoir fait bouger avec ce film votre \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb de troupe d\u2019amis non professionnels. Ici vous avez confront\u00e9 un acteur connu voire mythique \u00e0 d\u2019autres professionnels mais aussi \u00e0 des amis li\u00e9s \u00e0 la cr\u00e9ation dans d\u2019autres domaines tels Jacques Henric ou des non professionnels.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Mon syst\u00e8me est assez simple : je tourne toujours \u00e0 trois cam\u00e9ras dans la continuit\u00e9 sans regarder les images et donc en multipliant des essais, de multiples variations de telle sc\u00e8ne. Tout est affaire de rythme et les autres acteurs ressemblent \u00e0 mes acteurs habituels\u00a0: l\u2019apport d\u2019acteurs professionnels tels que Patrick d\u2019Asum\u00e7ao est un plus dans la r\u00e9\u00e9criture parfois improvis\u00e9e des dialogues. Ils ont trouv\u00e9 des formulations \u00e9l\u00e9gantes, qui ne deviennent pas \u00ab\u00a0rh\u00e9toriques\u00a0\u00bb\u00a0: on n\u2019est pas dans du th\u00e9\u00e2tre classique mais on reste n\u00e9anmoins dans une formulation \u00e9l\u00e9gante et pr\u00e9cise qui nous plonge dans le pass\u00e9. Je recherchais ainsi dans cet \u00e9cart une forme de fantaisie historique. Cela aurait \u00e9t\u00e9 impossible avec des acteurs exclusivement non professionnels. J\u2019aurais fait le film en espagnol, j\u2019aurais tout autant fui le c\u00f4t\u00e9 rh\u00e9torique de la langue\u00a0: cela aurait pos\u00e9 souci. J\u2019aime tout autant rep\u00e9rer mes acteurs dans des bars de village que faire appel \u00e0 des professionnels d\u00e9sormais.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Toujours dans cette id\u00e9e de l\u2019entre deux, cette fois du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019organisation de l\u2019espace, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par les tr\u00e8s beaux plans liminaires sur les ext\u00e9rieurs. J\u2019aurais voulu savoir si ce choix d\u2019un resserrement sur la chambre royale n\u2019est venu que progressivement dans le projet ou s\u2019il \u00e9tait l\u00e0 d\u00e8s l\u2019origine.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Cette sc\u00e8ne d\u2019ext\u00e9rieur d\u00e9sormais r\u00e9duite \u00e0 deux ou trois plans \u00e9tait plus longue. On avait aussi tourn\u00e9 une sc\u00e8ne o\u00f9 le roi souffrant \u00e9tait install\u00e9 sur une chaise roulante mais c\u2019\u00e9tait quasi rien de plus. Nous \u00e9tions donc dans cette id\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur depuis le projet d\u2019installation pour Beaubourg avec des spectateurs qui auraient observ\u00e9 Jean-Pierre L\u00e9aud en Louis XIV enferm\u00e9 dans une cage de verre. J\u2019ai eu la tentation d\u2019aller dans d\u2019autres pi\u00e8ces mais au final ces histoires de conspiration qui font sortir de la chambre n\u2019ont que peu d\u2019int\u00e9r\u00eat compte tenu du point de vue sur lequel je voulais porter mon attention. Il fallait que le monde ext\u00e9rieur existe depuis la chambre via des bruits, des rumeurs parfois vagues.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Du coup le seul plan avec vue sur la fen\u00eatre acquiert une force peu commune&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Et en plus on entend dans la bande sonore comme des coups de canon, une musique diffuse qui \u00e9voquent la guerre et le r\u00f4le de chef d\u2019\u00e9tat. Cela a un c\u00f4t\u00e9 onirique qui me pla\u00eet beaucoup avec la beaut\u00e9 du paysage. J\u2019aurais m\u00eame peut-\u00eatre pu faire durer plus ce plan.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>J\u2019ai l\u2019impression que la phase de montage a \u00e9t\u00e9 complexe compte tenu du fait que vous avez opt\u00e9 pour un film plus d\u00e9coup\u00e9 que d\u2019accoutum\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Je pense que le film pr\u00e9c\u00e9dent \u00e9tait plus complexe encore avec son fourmillement d\u2019id\u00e9es qui allaient et venaient, \u00e9taient ou non poursuivies. L\u2019unit\u00e9 de temps, de lieu et d\u2019action pour <em>La Mort de Louis XIV<\/em> a facilit\u00e9 la t\u00e2che mais il nous fallait viser la plus grande pr\u00e9cision possible\u00a0: c\u2019\u00e9tait l\u00e0 la garantie d\u2019atteindre cette id\u00e9e d\u2019un tout profond\u00e9ment organique. La maladie et son \u00e9volution \u00e9taient tr\u00e8s structurants\u00a0: de moins en moins de mouvement, un resserrement minutieux vers un lit que le roi ne quitte progressivement plus. Il y a eu un moment que Thierry ne voulait pas garder car il y voyait une blague un peu horrible, c\u2019est ce passage o\u00f9 le valet s\u2019excuse de s\u2019\u00eatre br\u00fbl\u00e9 aupr\u00e8s du roi quand il doit br\u00fbler ses papiers\u00a0: j\u2019y vois par accident un signe de soumission tr\u00e8s net. Dans le montage, il y a un point que je trouve formidable c\u2019est le flux qui guide les 45 derni\u00e8res minutes\u00a0: des personnages vont et viennent, le temps devient diffus mais le son n\u2019est pas interrompu, cr\u00e9ant un continuum, un flux mental narratif. C\u2019est peut-\u00eatre une mani\u00e8re d\u2019accompagner le roi dans son sentiment de confusion final qui devient sensuel. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 ravi que malgr\u00e9 le sujet les spectateurs se soient accroch\u00e9s au film peut-\u00eatre gr\u00e2ce \u00e0 ce flux qui se coule dans le rythme de la maladie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Vous avez \u00e9voqu\u00e9 la collaboration avec Thierry Lounas votre producteur qui semble avoir particip\u00e9 de tr\u00e8s pr\u00e8s au projet.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> J\u2019ai \u00e9crit un traitement sc\u00e9naristique que Thierry a traduit mais la base de notre \u00e9criture commune, c\u2019est une synth\u00e8se de nos diverses recherches litt\u00e9raires et historiques. Apr\u00e8s, les inventions se sont en partie cr\u00e9\u00e9es lors du tournage selon ma m\u00e9thode usuelle. J\u2019ai ajout\u00e9 par exemple la sc\u00e8ne o\u00f9 Fagon veut faire embastiller le m\u00e9decin charlatan, sc\u00e8ne que j\u2019aime beaucoup. Ce qui concerne les dialogues entre m\u00e9decins, entre le valet et Fagon sont le r\u00e9sultat des improvisations que j\u2019ai beaucoup aim\u00e9 cr\u00e9er. Je ne pense pas que le style de ce film soit fondamentalement diff\u00e9rent de celui des autres. La seule vraie diff\u00e9rence est tr\u00e8s mat\u00e9rielle et tient \u00e0 la question des horaires\u00a0: les imp\u00e9ratifs temps se sont impos\u00e9s avec les horaires du ch\u00e2teau, les horaires des com\u00e9diens alors que d\u2019habitude, je suis d\u2019abord l\u2019inspiration des com\u00e9diens quitte \u00e0 finir tard. Thierry avait une solution simple\u00a0: il me fallait commencer plus t\u00f4t pour finir \u00e0 l\u2019heure\u00a0! Mais, dans l\u2019id\u00e9al, l\u2019heure de fin de tournage ne devrait tenir qu\u2019\u00e0 l\u2019ambiance de plateau, pas aux consid\u00e9rations mat\u00e9rielles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ce plateau tr\u00e8s particulier, \u00e0 savoir une salle \u00e0 r\u00e9am\u00e9nager enti\u00e8rement dans un ch\u00e2teau class\u00e9, \u00e9tait-ce une chance ou une pure contrainte\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Au d\u00e9but, c\u2019\u00e9tait tr\u00e8s contraignant, mais \u00e0 la fin ce devint assez facile. Il aurait \u00e9t\u00e9 a priori plus simple de choisir un studio classique ou une grande ferme de plain pied. Ici on ne pouvait am\u00e9nager l\u2019\u00e9tage du dessus ce qui \u00e9tait complexe notamment pour installer les \u00e9clairages en hauteur.<\/p>\n<p>On a \u00e9t\u00e9 certes bien accueilli, bien log\u00e9 mais c\u00f4t\u00e9 pratique, on peut r\u00eaver plus simple. Construire ce d\u00e9cor historique <em>ex nihilo<\/em> \u00e9tait un d\u00e9fi immense et le budget \u00e9tait tr\u00e8s serr\u00e9. J\u2019\u00e9tais inquiet face au probl\u00e8me de la cr\u00e9dibilit\u00e9 des tissus, du bois, si indispensables pour cr\u00e9er le c\u00f4t\u00e9 organique du film dont je vous ai parl\u00e9 avant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Vous avez toujours opt\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent pour des films conjugu\u00e9s au pass\u00e9 que ce soit pour un mat\u00e9riau historique, litt\u00e9raire voire mythique. Est-ce un choix pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 <\/strong>\u00a0?<\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> C\u2019est arriv\u00e9 par chance. Il y a un c\u00f4t\u00e9 amusant, fou dans ces tournages o\u00f9 j\u2019entra\u00eene mes acteurs qui souvent sont des amis\u00a0: ils se d\u00e9guisent, les gens sont plong\u00e9s dans une situation si \u00e9trange qu\u2019ils sont amen\u00e9s \u00e0 se d\u00e9passer. Ce m\u00e9lange entre fantaisie et dimension historique cr\u00e9e une rencontre entre r\u00e9alisme et artifice qui me convient pleinement. Le prochain film devrait \u00eatre contemporain, avec une exploration de l\u2019art contemporain et ce sera l\u00e0 la fantaisie du film. J\u2019aime \u00eatre \u00e0 la limite de la vraisemblance tout en faisant appel \u00e0 des acteurs dot\u00e9s d\u2019une pr\u00e9sence forte. Il y a cr\u00e9ation d\u2019une dramaturgie naturelle li\u00e9e au corps, au visage de acteurs qui cr\u00e9ent un univers singulier avec les \u00e9l\u00e9ments mis en place au pr\u00e9alable. Je crois \u00e0 une forme de dramaturgie de la pr\u00e9sence de l\u2019acteur, pour reprendre les mots de Jean Douchet, et tout se passe comme si cette pr\u00e9sence contaminait tout ce qui l\u2019entoure.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Je m\u2019interroge d\u2019ailleurs sur votre rapport \u00e0 l\u2019art contemporain.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> J\u2019ai fait des films pour Beaubourg pour le pavillon de la Catalogne lors de la Biennale de Venise que vous pourrez voir un jour, je l\u2019esp\u00e8re. L\u00e0, on fait des films o\u00f9 les id\u00e9es narratives, les acteurs vont dans des directions folles comme dans <em>Out 1<\/em> de Rivette qui vient de ressortir avec son format extravagant. On peut explorer des id\u00e9es absurdes dans l\u2019art contemporain qu\u2019on ne pourrait pas introduire dans le cin\u00e9ma. Par exemple, j\u2019ai con\u00e7u un film dans ce cadre de l\u2019art contemporain avec une perspective narrative contrairement \u00e0 d\u2019autres installations purement plastiques, plac\u00e9es sous le signe du pur dispositif comme les travaux d\u2019Apichatpong Weerasetakul.<\/p>\n<p>Je continue en somme \u00e0 faire des films en toutes circonstances et l\u2019art contemporain me permet une plus grande libert\u00e9 o\u00f9 l\u2019absurde est accept\u00e9 voire encourag\u00e9 car il peut \u00eatre enrichissant. Jugez sur pi\u00e8ces\u00a0: \u00e0 Venise j\u2019ai imagin\u00e9 un r\u00e9cit de treize heures qui commence dans les ann\u00e9es 30 et s\u2019ach\u00e8ve de nos jours ayant pour cadre une Irlande o\u00f9 s\u2019affrontent deux compagnies mini\u00e8res, l\u2019une en vient \u00e0 cr\u00e9er un bordel en pleine ambiance de concurrence, histoire de compl\u00e9ter ses sources de profit. Le probl\u00e8me principal est que les mineurs sont tous homosexuels, parall\u00e8lement les \u00ab\u00a0gardiennes\u00a0\u00bb sont exclusivement lesbiennes. Du coup, cela devient un lieu \u00e9trange d\u2019inspiration pour des artistes qui viennent s\u2019y installer pour cr\u00e9er, travailler dans la mine devenant une forme artistique \u00e0 part enti\u00e8re. La question de la recherche du minerai rejoint la question du contr\u00f4le et de la surveillance des mineurs par des drones dans l\u2019\u00e9pisode contemporain dans une ambiance quasi m\u00e9lodramatique \u00e0 la Fassbinder.<\/p>\n<p>Comment produire un tel film au cin\u00e9ma\u00a0? Dans ce m\u00e9lange entre artifice du r\u00e9cit et sauvagerie des acteurs qui font croire \u00e0 cet impossible, je crois que le film emporte l\u2019adh\u00e9sion, la foi du spectateur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Oui, le cin\u00e9ma n\u2019est-il pas d\u2019abord un acte de foi\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Bien s\u00fbr. C\u2019est s\u00fbrement li\u00e9 \u00e0 sa nature de th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombres et de lumi\u00e8re\u00a0: on est loin de la distanciation de l\u2019art contemporain. Le cin\u00e9ma est un acte de foi. Je trouve surtout dans ces exp\u00e9riences la possibilit\u00e9 de me concentrer sur le pur plaisir de cr\u00e9er sans chercher une forme forc\u00e9ment homog\u00e8ne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Vous me semblez pourtant avoir trouv\u00e9 aussi cette libert\u00e9 au cin\u00e9ma avec quelques uns de vos contemporains tels Alexandre Sokourov.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Mais le vrai probl\u00e8me c\u2019est que la radicalit\u00e9 rend le montage des films pour le cin\u00e9ma difficiles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Vous serait-il possible de mentionner des artistes, des cin\u00e9astes en particulier, qui vous ont accompagn\u00e9 dans votre propre parcours cr\u00e9atif\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Je pense beaucoup plus spontan\u00e9ment \u00e0 des \u00e9crivains ou des musiciens qu\u2019\u00e0 des cin\u00e9astes. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019attitude des artistes m\u2019inspire plus que l\u2019\u0153uvre en soi. Beaucoup de cr\u00e9ateurs des ann\u00e9es 60 ont cr\u00e9\u00e9 une dynamique qui me nourrit, c\u2019est ce que d\u00e9crit l\u2019essai extraordinaire d\u2019Amos Vogel <em>Le cin\u00e9ma, art subversif<\/em> traduit chez Capricci. C\u2019est le livre de cin\u00e9ma qui m\u2019a le plus influenc\u00e9. Les r\u00e9alisateurs d\u00e9crits dans le livre m\u2019ont beaucoup inspir\u00e9. Je ne suis pas \u00e9tranger non plus \u00e0 des grands classiques tels Ford ou Mizoguchi, au grand cin\u00e9ma italien des ann\u00e9es 60\u00a0: tout cela participe d\u2019un cin\u00e9ma populaire et fort, voire humaniste. D\u2019autres films ont travaill\u00e9 dans un sens plus abstrait, r\u00e9v\u00e9lateur comme Jean-Marie Straub et Dani\u00e8le Huillet, avec leur capacit\u00e9 \u00e0 ouvrir des perspectives diff\u00e9rentes\u00a0: montrer des beaut\u00e9s cach\u00e9es li\u00e9es au langage, au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>J\u2019aime beaucoup les r\u00e9alisateurs fous tels Fassbinder ou Warhol auxquels je pense pour le travail avec les acteurs. Carmelo Bene bien s\u00fbr quand bien m\u00eame mes films sont tr\u00e8s diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>L\u2019h\u00e9ritage est souvent invisible\u00a0: voyez Ford, j\u2019y ai trouv\u00e9 le plaisir de la troupe d\u2019acteurs. Et il y a les grands lyriques comme Murnau qui m\u2019ont fait voir la po\u00e9sie du cin\u00e9ma\u00a0: cela est tr\u00e8s important de pouvoir penser le film comme un po\u00e8me.<\/p>\n<p>Il y a des cin\u00e9astes contemporains qui me plaisent par leur radicalit\u00e9 exp\u00e9rimentale\u00a0: Weerasetakul par exemple a ouvert le cin\u00e9ma sur des possibles jusqu\u2019alors r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l\u2019art contemporain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Il y eut aussi la rencontre avec Lisandro Alonso\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AS\u00a0:<\/strong> Oui \u00e0 un moment nos routes se sont crois\u00e9es y compris stylistiquement mais je tiens \u00e0 me renouveler de projet en projet. Je vais chercher \u00e0 ne pas reproduire la rigueur tr\u00e8s tenue de <em>La Mort de Louis XIV<\/em> dans le suivant. C\u2019est toujours le prochain tournage qui me passionne et du coup la question de l\u2019influence me pose question et probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Comme disait Dal\u00ec tout m\u2019influence mais rien ne me change. J\u2019admire les artistes qui arrivent \u00e0 imposer leur vision m\u00eame si a priori elle peut ne pas \u00eatre accept\u00e9e. Cela ne sert \u00e0 rien de faire ce qu\u2019on attend de nous dans les festivals, au box-office\u00a0: il faut imposer son style et obliger les spectateurs \u00e0 suivre le cheminement qu\u2019on choisit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Skype le vendredi 30 septembre 2016. Retranscrit par Jean-Jacques Manzanera, relu par G\u00e9raldine Arnoux. Cet texte est reproduit avec l\u2019aimable autorisation d\u2019ECLA Aquitaine et de Jean-Jacques Manzanera.<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_19236\" style=\"width: 1610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-19236\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-19236\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/554695-1.jpg\" alt=\"La Mort de Louis XIV de Albert Serra\" width=\"1600\" height=\"900\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/554695-1.jpg 1600w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/554695-1-498x280.jpg 498w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/554695-1-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/554695-1-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/554695-1-580x326.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1600px) 100vw, 1600px\" \/><p id=\"caption-attachment-19236\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Pierre L\u00e9aud dans <em>La Mort de Louis XIV<\/em> de Albert Serra<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion de la sortie en France mercredi 2 novembre, dans 51 salles de cin\u00e9ma, de La Mort de Louis\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":18624,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9,6,7],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - 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