{"id":150,"date":"2010-12-09T11:38:52","date_gmt":"2010-12-09T10:38:52","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=150"},"modified":"2020-04-13T22:10:18","modified_gmt":"2020-04-13T21:10:18","slug":"il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/","title":{"rendered":"Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique de Sergio Leone"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u00ab\u00a0Longtemps je me suis couch\u00e9 de bonne heure\u00a0\u00bb (Marcel Proust, <em>A la recherche du temps perdu<\/em>)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u00ab\u00a0I went to bed early\u00a0\u00bb (Noodles, dans <em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em>)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Longtemps<em> Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em> a \u00e9t\u00e9 mon film pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Je l\u2019avais vu en 1984, la semaine de sa sortie, mais j\u2019\u00e9tais trop jeune pour en aimer la complexit\u00e9 narrative, la dimension fun\u00e8bre et m\u00e9lancolique. C\u2019est dix ans plus tard, au gr\u00e9 des s\u00e9ances \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que et des multiples visionnages en vid\u00e9o, que le film m\u2019a procur\u00e9 une des plus fortes \u00e9motions cin\u00e9matographiques de ma vie. Mal-aim\u00e9 \u00e0 sa sortie, moins imm\u00e9diatement populaire que les autres films de Leone, <em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique <\/em>est pourtant devenu au fil des ans, pour toute une g\u00e9n\u00e9ration (la mienne), un film de chevet, vu des dizaines et m\u00eame des centaines fois.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Un jeune critique, Jean-Marie Samocki, vient d\u2019\u00e9crire un essai sur le film (dans la m\u00eame collection que celui consacr\u00e9 \u00e0 <em>Op\u00e9ration Dragon<\/em> par Bernard Benoliel\u00a0: \u00ab\u00a0C\u00f4t\u00e9 films\u00a0\u00bb, n\u00b018, aux \u00e9ditions Yellow Now) Le livre, achet\u00e9 avant-hier dans une libraire parisienne ouverte tard le soir, a r\u00e9veill\u00e9 en moi cet attachement tr\u00e8s particulier qui m\u2019a li\u00e9 \u00e0 un film pendant plusieurs ann\u00e9es. Le film me hantait. Je m\u2019\u00e9tais m\u00eame, davantage qu\u2019\u00e0 son personnage principal, Noodles (petit gangster juif interpr\u00e9t\u00e9 par Robert De Niro), identifi\u00e9 au film et aux th\u00e8mes qu\u2019il charriait. Samocki a compris que le film est davantage qu\u2019une \u00e9pop\u00e9e, une \u00e9ni\u00e8me fresque mafieuse, bien plus qu\u2019un film de genre \u00e0 grand spectacle. Au-del\u00e0 de la fresque, Leone a minutieusement construit son film le plus personnel, dont les p\u00e9rip\u00e9ties servent de pr\u00e9texte \u00e0 explorer, sur un mode onirique, les sentiments les plus intimes qu\u2019un homme peut ressentir dans sa vie. Il y a les films-mondes, les films-cerveaux\u00a0: <em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em> est un film-r\u00eave.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Parmi les cin\u00e9astes des ann\u00e9es 60 et 70 qui se livr\u00e8rent \u00e0 des relectures r\u00e9flexives des genres populaires (le western, le film policier ou fantastique), Sergio Leone est sans conteste le plus extr\u00e9miste dans sa d\u00e9marche. L&rsquo;\u0153uvre de Sergio Leone (\u00e0 peine sept films) proc\u00e8de par une complexification progressive et syst\u00e9matique d&rsquo;un mat\u00e9riau de base quasi mol\u00e9culaire. En effet, la filmographie de Leone d\u00e9bute sur le principe de la \u201c\u00a0tabula rasa\u201d pour ensuite conna\u00eetre un \u00e9toffement \u00e0 la fois th\u00e9matique, narratif et esth\u00e9tique. Toute la splendeur, l\u2019amplitude du cin\u00e9ma de Leone r\u00e9sident dans cette \u00e9paisseur lyrique (servie par des acteurs toujours plus remarquables) qui le traverse et lui a permis de d\u00e9passer le mani\u00e9risme des deux premiers westerns pour rejoindre une forme m\u00e9lodramatique moderne, empreinte de cruaut\u00e9 et d\u2019amertume. Tandis que les recherches visuelles, tr\u00e8s graphiques, de sa premi\u00e8re trilogie auraient pu d\u00e9boucher sur un ass\u00e8chement plastique, une virtuosit\u00e9 st\u00e9rile, chaque nouveau film, construit sur le pr\u00e9c\u00e9dent, gagne en profondeur et en ambition. Leone en a eu le temps et les moyens. Ses succ\u00e8s commerciaux lui procur\u00e8rent une libert\u00e9 artistique totale et il consacra plus de vingt ans \u00e0 l\u2019\u00e9dification de son chef-d\u2019\u0153uvre, <em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em>, aboutissement spectaculaire de l\u2019art l\u00e9onien et testament accidentel du cin\u00e9aste qui meurt en 1989, avant d\u2019avoir pu r\u00e9aliser son vaste projet autour de la bataille de Leningrad. Dans un double geste d\u2019admiration et d\u2019ironie, Leone ne s\u2019est pas content\u00e9 de d\u00e9cortiquer, de distordre jusqu\u2019\u00e0 l\u2019emphase des formes classiques, ce que certains ne lui ont jamais pardonn\u00e9. Nihiliste, cynique sans doute, il a d\u00e9pec\u00e9 le western am\u00e9ricain de son humanisme, et l\u2019a vid\u00e9 de toute psychologie. Mais ce grand vide, le conteur Leone l\u2019a progressivement rempli d\u2019\u00e9motions intenses, d\u2019histoires sc\u00e9l\u00e9rates, de l\u2019Histoire (am\u00e9ricaine, italienne tout autant) et de r\u00e9f\u00e9rences artistiques h\u00e9t\u00e9roclites (John Ford bien s\u00fbr, mais aussi le cin\u00e9ma japonais, la culture populaire italienne, le roman am\u00e9ricain, C\u00e9line, Proust). Il faut red\u00e9couvrir le cin\u00e9ma de Leone, longtemps trop populaire pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 sa juste importance, comme un art complexe du paradoxe. Monumental et intime, prosa\u00efque et po\u00e9tique, burlesque et tragique, hant\u00e9 par l\u2019Am\u00e9rique mais profond\u00e9ment latin, charg\u00e9 d\u2019une \u201ctrivialit\u00e9 majestueuse\u201d pour reprendre la d\u00e9finition parfaite de Luc Moullet. Leone, cin\u00e9aste \u00e0 la solitude volontaire, a su enthousiasmer et fasciner les publics du monde entier avec des films \u00e0 la construction de plus en plus insens\u00e9e, quasi exp\u00e9rimentale. Quelques grands inventeurs l\u2019avaient fait avant lui (Eisenstein, Chaplin, Hitchcock), mais Leone fut en revanche le dernier \u00e0 y parvenir. Il \u00e9tait d\u2019ailleurs le premier \u00e0 conna\u00eetre la dimension fun\u00e8bre de son cin\u00e9ma.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">L&rsquo;amiti\u00e9 (c\u2019est-\u00e0-dire la trahison), l&rsquo;Histoire (c\u2019est-\u00e0-dire la violence), la m\u00e9lancolie (c\u2019est-\u00e0-dire la perte irr\u00e9m\u00e9diable de quelque chose) : ces trois constantes de l&rsquo;\u0153uvre de Leone vont s&rsquo;\u00e9panouir dans <em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique, <\/em>dont le v\u00e9ritable sujet n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le Temps, inscrit au c\u0153ur m\u00eame de la structure narrative du film. L&rsquo;histoire n&rsquo;est racont\u00e9e ni au pr\u00e9sent, ni au pass\u00e9, comme pourraient le laisser penser les nombreux retours en arri\u00e8re qui composent le film, mais au futur. Le film commence et s&rsquo;ach\u00e8ve en effet dans une fumerie d&rsquo;opium o\u00f9 Noodles, sous l&rsquo;effet de la drogue, revit les \u00e9v\u00e9nements qui depuis son enfance, l\u2019on conduit \u00e0 trahir &#8211; pense-t-il &#8211; ses complices, mais anticipe \u00e9galement le douloureux \u00e9pilogue qui, trente ans plus tard, r\u00e9tablira l\u2019invraisemblable v\u00e9rit\u00e9. La beaut\u00e9 de la structure du film r\u00e9side dans sa paradoxale limpidit\u00e9. Jamais les nombreux retours en arri\u00e8re ne nous paraissent artificiels. Ils sont, au contraire, parfaitement l\u00e9gitim\u00e9s par le sc\u00e9nario (on sait que l\u2019opiomanie provoque un d\u00e9r\u00e8glement de la perception du temps.) Quant \u00e0 la r\u00eaverie de Noodles sur la fin de sa vie, elle est sans doute la plus belle invention du cin\u00e9aste et de tout le cin\u00e9ma contemporain, \u00e0 mi-chemin entre les morts qui parlent du cin\u00e9ma noir am\u00e9ricain (de <em>Sunset Boulevard<\/em> \u00e0 <em>Carlito\u2019s Way<\/em>) et les formes exp\u00e9rimentales du cin\u00e9ma moderne europ\u00e9en.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Certains ont reproch\u00e9 \u00e0 Leone la construction inutilement compliqu\u00e9e de son film. Il nous semble au contraire que cette originalit\u00e9 narrative n\u2019est jamais gratuite. Leone est avant tout un conteur, et il a invent\u00e9 dans ce film la fa\u00e7on la plus juste de raconter son histoire, celle d\u2019une amiti\u00e9 trahie et d\u2019une vie rat\u00e9e. Le film est en effet toujours \u00e0 la premi\u00e8re personne, du point de vue unique de Noodles, qui d\u00e9couvre, lors de la confrontation finale avec son ami Max (James Woods), qu&rsquo;un autre sc\u00e9nario s&rsquo;est substitu\u00e9 \u00e0 celui qu&rsquo;il avait cru vivre tout au long de sa vie. Cette sc\u00e8ne, qui montre comment un homme a pu\u00a0 en vampiriser un autre, et le d\u00e9poss\u00e9der de son destin, se termine par le refus de Noodles qui pr\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de la trahison le poids de l&rsquo;\u00e9chec individuel, pr\u00e9f\u00e9rant nier une derni\u00e8re fois la r\u00e9alit\u00e9 au b\u00e9n\u00e9fice du r\u00eave et du souvenir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Aboutissement des nombreux couples masculins film\u00e9s par Leone, l&rsquo;histoire de Noodles et Max montre pour la premi\u00e8re fois une amiti\u00e9 prolong\u00e9e (de l&rsquo;adolescence \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte), assum\u00e9e et cr\u00e9atrice (petits voyous juifs de Brooklyn et du Bronx, ils ne tarderont pas \u00e0 s&rsquo;associer et \u00e0 fonder un gang qui ne cessera de s&rsquo;enrichir jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la Prohibition.) Le fait que cette amiti\u00e9 se termine par une trahison ne d\u00e9bouche pas sur une th\u00e9matique galvaud\u00e9e de l&rsquo;\u00e9chec, comme chez Huston ou Peckinpah, mais sur le constat bien plus pessimiste et radical de l&rsquo;impossibilit\u00e9 m\u00eame de l&rsquo;amiti\u00e9, qui condamne l&rsquo;homme \u00e0 une solitude ontologique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Pour la premi\u00e8re fois Leone greffe \u00e0 cette histoire d&rsquo;hommes un personnage f\u00e9minin important, beaucoup plus complexe que celui de Claudia Cardinale dans <em>Il \u00e9tait une fois dans l&rsquo;Ouest <\/em>qui interpr\u00e9tait une prostitu\u00e9e devenue femme d&rsquo;affaires, arch\u00e9type du western am\u00e9ricain dont le mod\u00e8le inavou\u00e9 \u00e9tait le personnage de Vienna (jou\u00e9 par Joan Crawford) dans <em>Johnny Guitare. <\/em>Au contraire, Deborah, interpr\u00e9t\u00e9e par Elisabeth McGovern, n&rsquo;appartient pas \u00e0 la mythologie du film noir. Elle n&rsquo;est ni la femme fatale, ni la poule de luxe, ni la jeune fille vertueuse, mais bien la Femme, r\u00eav\u00e9e, id\u00e9alis\u00e9e. De la m\u00eame fa\u00e7on, alors que l&rsquo;homme sans nom interpr\u00e9t\u00e9 par Clint Eastwood n&rsquo;\u00e9tait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un pistolero, Noodles ne se r\u00e9duit jamais \u00e0 sa profession de truand. Noodles se d\u00e9finirait plut\u00f4t comme \u201c\u00a0l&rsquo;homme sans qualit\u00e9s\u00a0\u201d, amoureux d\u00e9\u00e7u et ami trahi. Leone ne r\u00eave plus seulement le cin\u00e9ma de genre, ni m\u00eame l&rsquo;Am\u00e9rique; il r\u00eave la vie d&rsquo;un homme, et c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;<em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em> nous bouleverse.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c\u00a0Tristesse infinie des films sans femmes\u00a0\u201d, \u00e9crivait Truffaut. <em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em>, film sur l&rsquo;amour d&rsquo;une femme, est d&rsquo;une tristesse infinie, sans doute parce que Leone la filme de tr\u00e8s loin, c&rsquo;est-\u00e0-dire du point de vue d&rsquo;un homme fruste, \u00e0 la sexualit\u00e9 instinctive, fr\u00e9n\u00e9tique et la plupart du temps collective. Cette violence des sens, m\u00eal\u00e9e \u00e0 des sentiments trop longtemps enfouis, explosera dans la sc\u00e8ne la plus dramatique du film : Noodles, lorsque Deborah lui apprend qu\u2019elle pr\u00e9f\u00e8re dispara\u00eetre de sa vie et partir pour Hollywood apr\u00e8s qu\u2019il lui a d\u00e9clar\u00e9 sa passion, la viole brutalement, moins par vengeance que par d\u00e9sespoir. Le dernier film de Leone, qui exhibe avec ostentation un machisme et une virilit\u00e9 outr\u00e9s, est en fait un beau film sur le fantasme amoureux masculin. En effet Deborah est toujours en marge du d\u00e9roulement du r\u00e9cit, qui conserve le myst\u00e8re de cette femme \u00e0 propos de laquelle le spectateur ne sait rien de plus que Noodles lui-m\u00eame. Elle ne cesse de s\u2019offrir puis de se d\u00e9rober, pure apparition, au regard de Noodles comme une image inaccessible de la beaut\u00e9 et de la gr\u00e2ce, de la sc\u00e8ne o\u00f9 Noodles enfant l\u2019\u00e9pie en train de danser \u00e0 leurs retrouvailles, \u00e0 la fin du film, o\u00f9 le visage de Deborah, dissimul\u00e9 sous son maquillage d\u2019actrice, semble avoir \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019emprise du temps.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">C\u2019est cette histoire non plus d\u2019un, mais de deux couple impossibles, qui fait d\u2019<em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em> le chef-d\u2019\u0153uvre de son auteur. Leone est parvenu \u00e0 concilier, mieux que dans ses autres films, les destins de ses personnages, d\u00e9crit avec une justesse vertigineuse et sans recours \u00e0 aucune forme de psychologie, \u00e0 la description d\u2019un monde r\u00e9volu. <em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em>, sans doute le plus beau film sur les ann\u00e9es 30, ne sombre jamais dans l\u2019acad\u00e9misme d\u00e9coratif des films \u201c\u00a0r\u00e9tro \u201d. Le soin maniaque accord\u00e9 aux d\u00e9cors et costumes n\u2019est en effet jamais affich\u00e9 au premier plan. Pas aussi r\u00e9f\u00e9rentielle que ses \u0153uvres pr\u00e9c\u00e9dentes, la fresque intimiste de Leone entretient moins de rapports avec les classiques du cin\u00e9ma noir am\u00e9ricain que ses westerns avec les films de Ford, par exemple. Apr\u00e8s avoir subverti jusqu\u2019\u00e0 les d\u00e9truire les lois du cin\u00e9ma hollywoodien, Leone s\u2019en \u00e9mancipe totalement et c\u2019est d\u00e9sormais plus pr\u00e8s de C\u00e9line et Proust (Leone ne les avait sans doute jamais lus, ses sc\u00e9naristes si) que de Walsh ou Huston que se situe l\u2019inspiration d\u2019<em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Difficile d\u2019\u00e9voquer <em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em> et Leone sans \u00e9voquer Ennio Morricone. \u00ab\u00a0<em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em>, mon chef-d&rsquo;\u0153uvre ? J&rsquo;accepte cette \u00e9ventualit\u00e9 (\u2026) La musique d&rsquo;<em>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique<\/em> est plus clairement une musique qui se suffit \u00e0 elle-m\u00eame, que l&rsquo;on peut \u00e9couter seule. En ce sens, elle se rapproche d&rsquo;un op\u00e9ra, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re.\u00a0\u00bb C&rsquo;est Ennio Morricone lui-m\u00eame qui le dit&#8230; (je l\u2019avais rencontr\u00e9 dans sa maison a Rome pour un entretien pour \u00ab\u00a0Les Inrockuptibles\u00a0\u00bb.) Au sommet de son art symphonique, Morricone compose la B.O. la plus m\u00e9lancolique de l&rsquo;histoire du cin\u00e9ma, sublime de lyrisme et d&rsquo;\u00e9motion retenus, et offre \u00e0 la r\u00eaverie de Leone sur le temps perdu (\u00ab\u00a0Once Upon A Time in America\u00a0\u00bb), l&rsquo;amour impossible (\u00ab\u00a0Deborah&rsquo;s Theme\u00a0\u00bb) et la trahison une atmosph\u00e8re musicale et une poign\u00e9e de th\u00e8mes magnifiques, tous \u00e9crits douze ans avant le premier jour de tournage ! L&rsquo;id\u00e9e g\u00e9niale d&rsquo;utiliser dans une fresque intimiste sur des gangsters juifs new-yorkais la fl\u00fbte de pan (\u00ab\u00a0Cockeye&rsquo;s Song\u00a0\u00bb) pour scander les souvenirs opiac\u00e9s de Noodles marque l&rsquo;aboutissement des recherches de Morricone sur les anachronismes et les d\u00e9placements musicaux, parfaitement en phase avec les audaces de montage et les raccords fulgurants d&rsquo;une \u0153uvre ma\u00eetresse du cin\u00e9ma contemporain.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Avec cette cr\u00e9ation impressionnante qui cl\u00f4t non seulement une carri\u00e8re mais aussi une vie, Leone laisse les cin\u00e9astes contemporains loin derri\u00e8re\u00a0 lui. Rares sont ceux qui retiendront les le\u00e7ons du Ma\u00eetre, sauf peut-\u00eatre les fr\u00e8res Coen et leur <em>Miller\u2019s Crossing<\/em> et surtout Brian De Palma et Martin Scorsese dont <em>Carlito\u2019s Way<\/em> et <em>Casino<\/em> ne cachent pas leur dette au testament de Sergio Leone. \u00c9trangement, Samocki ne cite pas ces deux derniers films comme h\u00e9ritiers possibles du film de Leone, mais des titres plus r\u00e9cents, <em>A History of Violence<\/em> et <em>L\u2019Etrange Histoire de Benjamin Button<\/em>. Hypoth\u00e8se moins convaincante, d\u2019autant plus que le film de Leone est rest\u00e9 longtemps inconnu dans les pays anglo-saxons, o\u00f9 il n\u2019a obtenu aucun succ\u00e8s critique ou public, seulement visible dans une horrible version de 2h15 (au lieu des 3h46 initiales), remont\u00e9e dans l\u2019ordre chronologique contre l\u2019avis et \u00e0 la grande tristesse, on s\u2019en doute, du cin\u00e9aste.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Longtemps je me suis couch\u00e9 de bonne heure\u00a0\u00bb (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu) \u00ab\u00a0I went to bed\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique de Sergio Leone - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique de Sergio Leone - Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00ab\u00a0Longtemps je me suis couch\u00e9 de bonne heure\u00a0\u00bb (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu) \u00ab\u00a0I went to bed\u2026\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2010-12-09T10:38:52+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2020-04-13T21:10:18+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"12 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/\",\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/\",\"name\":\"Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique de Sergio Leone - Olivier P\u00e8re\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website\"},\"datePublished\":\"2010-12-09T10:38:52+00:00\",\"dateModified\":\"2020-04-13T21:10:18+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique de Sergio Leone\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/\",\"name\":\"Olivier P\u00e8re\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558\",\"name\":\"Olivier P\u00e8re\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Olivier P\u00e8re\"},\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/author\/pereolivier\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique de Sergio Leone - Olivier P\u00e8re","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique de Sergio Leone - Olivier P\u00e8re","og_description":"\u00ab\u00a0Longtemps je me suis couch\u00e9 de bonne heure\u00a0\u00bb (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu) \u00ab\u00a0I went to bed\u2026","og_url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/","og_site_name":"Olivier P\u00e8re","article_published_time":"2010-12-09T10:38:52+00:00","article_modified_time":"2020-04-13T21:10:18+00:00","author":"Olivier P\u00e8re","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Olivier P\u00e8re","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"12 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/","url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/","name":"Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique de Sergio Leone - Olivier P\u00e8re","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website"},"datePublished":"2010-12-09T10:38:52+00:00","dateModified":"2020-04-13T21:10:18+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2010\/12\/09\/il-etait-une-fois-en-amerique-de-sergio-leone\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Il \u00e9tait une fois en Am\u00e9rique de Sergio Leone"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website","url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/","name":"Olivier P\u00e8re","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558","name":"Olivier P\u00e8re","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g","caption":"Olivier P\u00e8re"},"url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/author\/pereolivier\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/users\/116"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25471,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150\/revisions\/25471"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=150"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=150"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}