{"id":1307,"date":"2011-06-21T09:30:52","date_gmt":"2011-06-21T08:30:52","guid":{"rendered":"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/?p=1307"},"modified":"2013-08-30T17:17:42","modified_gmt":"2013-08-30T16:17:42","slug":"fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/","title":{"rendered":"Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais de St\u00e9phane du Mesnildot"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_1326\" style=\"width: 223px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/fantomes_couv_bat-indd\/\" rel=\"attachment wp-att-1326\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1326\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1326\" title=\"Couverture du livre &quot;Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais&quot; de St\u00e9phane du Mesnildot\" alt=\"Couverture du livre &quot;Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais&quot; de St\u00e9phane du Mesnildot\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/fantomes-couv.jpg?w=213\" width=\"213\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/fantomes-couv.jpg 1817w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/fantomes-couv-199x280.jpg 199w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/fantomes-couv-547x768.jpg 547w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/fantomes-couv-580x813.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 213px) 100vw, 213px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1326\" class=\"wp-caption-text\">Couverture du livre <em>Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais<\/em><\/p><\/div>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">Le critique St\u00e9phane du Mesnildot, sp\u00e9cialiste et passionn\u00e9 du cin\u00e9ma asiatique (et aussi fantasticophile \u00e9m\u00e9rite) vient de publier un nouvel ouvrage tr\u00e8s personnel, apr\u00e8s ses \u00e9tudes remarqu\u00e9es sur <em>La Mort aux trousses<\/em> et l\u2019\u0153uvre de Jess Franco, aux Edition Rouge Profond dans la collection \u00ab\u00a0raccords\u00a0\u00bb, <em>Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais<\/em>.<br \/>\nComme son titre l\u2019indique, l\u2019essai retrace l\u2019histoire des \u00ab\u00a0kaigan eiga\u00a0\u00bb japonais, des origines \u00e0 nos jours, avec aussi leurs ramifications cor\u00e9ennes et leurs avatars am\u00e9ricains (remakes et suites). St\u00e9phane du Mesnildot propose ainsi la premi\u00e8re analyse, s\u00e9rieuse, document\u00e9e et exhaustive des \u00ab\u00a0J-horror\u00a0\u00bb des ann\u00e9es 1990 et 2000 qui r\u00e9volutionn\u00e8rent le genre fantastique non seulement en Asie mais aussi dans le monde entier, en popularisant une nouvelle vague de films de fant\u00f4mes, \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique tr\u00e8s particuli\u00e8re. Les principaux artisans de ce renouveau furent les cin\u00e9astes Kiyoshi Kurosawa, Takashi Shimizu (<em>The Grudge<\/em>) et Hideo Nakata, le cr\u00e9ateur des films \u00e9talons <em>Ring<\/em>, <em>Ring 2<\/em> et <em>Dark Water<\/em>, dont les succ\u00e8s engendr\u00e8rent une multitude de suites et d\u2019imitations dans toute l\u2019Asie.<br \/>\n<em><\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_10817\" style=\"width: 1352px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/20091203194228.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-10817\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-10817\" alt=\"Ring de Hideo Nakata\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/20091203194228.png\" width=\"1342\" height=\"767\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/20091203194228.png 1342w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/20091203194228-489x280.png 489w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/20091203194228-1024x585.png 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/20091203194228-580x331.png 580w\" sizes=\"(max-width: 1342px) 100vw, 1342px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-10817\" class=\"wp-caption-text\">Ring de Hideo Nakata (1998)<\/p><\/div>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"><em>Ring <\/em>(1998, photo en t\u00eate de texte) et <em>Ring 2<\/em> (1999) de Hideo Nakata, deux films d\u2019\u00e9pouvante par un sp\u00e9cialiste du genre, confirm\u00e8rent l\u2019offensive de la production nippone dans le domaine du cin\u00e9ma fantastique \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90. Dans <em>Ring<\/em> une femme mal\u00e9fique enterr\u00e9e vivante dans un puits se venge par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une cassette vid\u00e9o qui fait mourir d\u2019effroi ou rend fou quiconque la visionne. On reconna\u00eet dans <em>Ring<\/em> les motifs des contes de fant\u00f4mes classiques souvent adapt\u00e9s par cin\u00e9ma japonais (<em>Kwaidan<\/em> de Kobayashi, les films de Kenji Misumi et Nobuo Nakagawa dans les ann\u00e9es 60) transpos\u00e9s dans un univers technologique pr\u00e9sent. Le talent du cin\u00e9aste est de faire tenir debout cette mixture improbable entre <em>Videodrome<\/em> et <em>La Maison du diable<\/em>, sans jamais se perdre dans la surench\u00e8re ou la d\u00e9rision. Avec un minimum d\u2019effets visuels (compens\u00e9s par une bande son incroyable), Hideo Nakata a r\u00e9ussi un terrifiant classique de l\u2019horreur moderne, capable d\u2019arracher des cris aux plus endurcis des spectateurs, en partant de notations anodines pour culminer avec un final proprement insoutenable. <em>Ring 2 <\/em>est une suite directe du premier \u00e9pisode, qui avait remport\u00e9 un \u00e9norme succ\u00e8s en Asie. Hideo Nakata reprend du service et profite de ce second film, entrepris pour r\u00e9pondre aux attentes du public nippon captiv\u00e9 par cette histoire de fant\u00f4me moderne, pour approfondir les th\u00e8mes de<em> Ring<\/em> sur la nocivit\u00e9 des images, et cr\u00e9er de purs moments d&rsquo;effroi, toujours selon le principe de la suggestion ou d&rsquo;un filmage clinique des apparitions surnaturelles, et d&rsquo;un recours efficace \u00e0 une bande-son \u00e9puisante pour les nerfs. Sur le plan de l&rsquo;histoire, ce second film n&rsquo;apporte donc rien d&rsquo;important au premier, mais il offre en revanche \u00e0 l&rsquo;amateur de sensations fortes deux ou trois sc\u00e8nes extr\u00eamement r\u00e9ussies, dont une nouvelle descente dans le fameux puits maudit, \u00e0 faire se dresser les cheveux sur la t\u00eate.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_1327\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/olivierpere.wordpress.com\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/ring-2\/\" rel=\"attachment wp-att-1327\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1327\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-1327\" title=\"Ring 2 de Hideo Nakata (1999)\" alt=\"Ring 2 de Hideo Nakata (1999)\" src=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/ring-2.jpg?w=1024\" width=\"1024\" height=\"570\" srcset=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/ring-2.jpg 1500w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/ring-2-502x280.jpg 502w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/ring-2-1024x570.jpg 1024w, https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/ring-2-580x322.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1327\" class=\"wp-caption-text\"><em>Ring 2<\/em> de Hideo Nakata (1999)<\/p><\/div>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\"> Dans le premier <em>Ring<\/em>, une cassette contenant des images fantomatiques faisait mourir de peur les imprudents qui osaient la visionner. Au d\u00e9but de <em>Ring 2<\/em>, la cassette a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite, mais la contamination est enclench\u00e9e. Un petit gar\u00e7on est le seul survivant des incidents dramatiques relat\u00e9s dans l&rsquo;\u0153uvre originale. Mur\u00e9 dans le silence, il a d\u00e9velopp\u00e9 d&rsquo;\u00e9tranges pouvoirs. Une jeune math\u00e9maticienne et un journaliste m\u00e8nent l&rsquo;enqu\u00eate, et d\u00e9couvrent un h\u00f4pital psychiatrique o\u00f9 des scientifiques louches se livrent \u00e0 des exp\u00e9riences secr\u00e8tes sur la parapsychologie. La diabolique Sadako, la femme m\u00e9dium assassin\u00e9e dans un puits et qui assouvissait sa vengeance par l&rsquo;interm\u00e9diaire des bandes magn\u00e9tiques ne va pas tarder \u00e0 faire sa r\u00e9apparition. Le sc\u00e9nario, souvent n\u00e9buleux, ne pr\u00e9sente qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat relatif. Les p\u00e9rip\u00e9ties et les rebondissements de l&rsquo;intrigue servent de pr\u00e9texte pour introduire des sc\u00e8nes presque th\u00e9oriques ou le cin\u00e9aste s&rsquo;amuse \u00e0 d\u00e9cortiquer les images vid\u00e9o. Dans une sc\u00e8ne m\u00e9morable de <em>Ring 2<\/em>, un protagoniste proc\u00e8de \u00e0 une lecture image par image de la fameuse cassette, permettant \u00e0 la femme pr\u00e9sente sur la bande de se m\u00e9tamorphoser devant nos yeux, gr\u00e2ce \u00e0 un trucage invisible (ou absent ?). Ce plan est non seulement gla\u00e7ant, mais il r\u00e9v\u00e8le aussi la richesse d\u2019un film grand public (<em>Ring 2<\/em> a battu au Japon les records du box-office) qui propose une r\u00e9flexion assez fine sur la nature des images enregistr\u00e9es. La s\u00e9rie des <em>Ring<\/em> propose une version plus s\u00e9rie B, bricol\u00e9e et modeste, des r\u00e9cents films fantastiques de Kyochi Kurosawa (<em>Charisma<\/em>, <em>Ka\u00efro<\/em>) tout en se permettant elle aussi de tr\u00e8s belles compositions visuelles, comme cet accident de camion sugg\u00e9r\u00e9 hors champs, \u00e0 la suite duquel le cin\u00e9aste filme une flaque ce sang inondant progressivement le bitume. Si dans <em>Ring 2<\/em> cet art de la litote demeure le principe esth\u00e9tique du film, Nakata se permet de convoquer un bric-\u00e0-brac scientifique d\u00e9suet et quelques effets grand guignolesques plus proches de William Castle que de Jacques Tourneur. H\u00e9las, le troisi\u00e8me opus, <em>Ring 0<\/em>, qui est cens\u00e9 expliqu\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements ant\u00e9rieurs au premier film, est presque totalement d\u00e9pourvu des qualit\u00e9s de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Sans doute parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas sign\u00e9 par le talentueux Hideo Nakata. On a un peu perdu la trace de Nakata qui, apr\u00e8s l\u2019excellent <em>Dark Water<\/em> (une autre histoire de fant\u00f4mes gla\u00e7ante situ\u00e9e dans un grand immeuble hant\u00e9) n\u2019a plus gu\u00e8re donn\u00e9 de ses nouvelles et dont les films suivants n\u2019ont pas confirm\u00e9 les attentes de ses titres les plus c\u00e9l\u00e8bres. A l\u2019\u00e9poque de <em>Ring<\/em> 1 et 2 j\u2019avais crois\u00e9 Nakata \u00e0 plusieurs reprises, \u00e0 l\u2019occasion de festivals ou de la promotion de ses films, voici quelques propos rapport\u00e9s du cin\u00e9aste\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c J\u2019ai \u00e9t\u00e9 assez fid\u00e8le au roman de Koji Suzuki (l\u2019auteur de <em>Ring<\/em>, ndla). J\u2019ai principalement modifi\u00e9 deux choses : dans le livre, le protagoniste \u00e9tait un homme, et j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le transformer en une femme qui lutte pour son enfant pendant une semaine. Nous avons \u00e9galement ajout\u00e9 l\u2019apparition du fant\u00f4me, \u00e0 la fin du film, avec le consentement, et m\u00eame l\u2019enthousiasme, de l\u2019auteur. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c La mode des films d\u2019horreur n\u2019existait pas encore au Japon lors de la sortie de <em>Ring<\/em>. Je pense que le film a combl\u00e9 une attente des spectateurs. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c Un femme m\u00e9dium ayant v\u00e9cu au Japon il y a quatre-vingts ans a servi de mod\u00e8le au personnage de la m\u00e8re de Sadako. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c J&rsquo;ai essay\u00e9 de cr\u00e9er une ambiance bizarre et onirique. J&rsquo;ai beaucoup travaill\u00e9 avec le sc\u00e9nariste pour trouver des images qui \u00e9voqueraient le r\u00eave d&rsquo;un aveugle, en prenant comme r\u00e9f\u00e9rence <em>Un chien andalou<\/em> de Luis Bu\u00f1uel et les mangas d&rsquo;horreur. La sc\u00e8ne du miroir qui bouge sur le mur m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e par ma rencontre avec une actrice m\u00e9dium.<br \/>\nLe plan des \u00e9critures en mouvement provient de l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un ami du sc\u00e9nariste qui voyait les lettres bouger toutes seules quand il lisait le journal.\u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c On a utilis\u00e9 pas mal de trucages, surtout pour les images de la cassette maudite. Mais pour le reste du film, je n&rsquo;ai pas voulu abuser des effets num\u00e9riques, qui restent tr\u00e8s discrets, \u00e0 la diff\u00e9rence des films am\u00e9ricains. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c La haine de Sadako engendre directement des images vid\u00e9o, qui sont ensuite dupliqu\u00e9es pour r\u00e9pandre la mal\u00e9diction. Les spectateurs ont eu peur apr\u00e8s <em>Ring<\/em> de regarder des cassettes vid\u00e9o. Je suis d&rsquo;accord pour parler de vengeance de l&rsquo;image \u00e0 propos du film. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c J&rsquo;ai conscience de l&rsquo;importance du son dans les films d&rsquo;horreur. Avec les techniciens, nous avons beaucoup travaill\u00e9 sur la cr\u00e9ation de sons bizarres, anormaux. Dans une sc\u00e8ne, nous avons modifi\u00e9 le son de la pluie qui tombe pour mettre le spectateur mal \u00e0 l&rsquo;aise. Nous avons utilis\u00e9 en tout cent pistes sonores : cinquante pour la musique et cinquante pour les bruitages. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c Lorsque j&rsquo;\u00e9tais enfant, j&rsquo;\u00e9prouvais une v\u00e9ritable terreur devant un puits de campagne, qui me semblait \u00eatre une des portes de l&rsquo;enfer. Inconsciemment, le puits qui m&rsquo;a traumatis\u00e9 dans mon enfance m&rsquo;a sans doute inspir\u00e9 pour <em>Ring<\/em>. Mais le puits est \u00e9galement un \u00e9l\u00e9ment r\u00e9current de la litt\u00e9rature fantastique japonaise, souvent li\u00e9 aux femmes fant\u00f4mes. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c <em>Ghost<\/em> <em>Actress<\/em> (premier film fantastique de Nakata, ndla) racontait l&rsquo;histoire d&rsquo;un studio de cin\u00e9ma hant\u00e9. On y trouve au moins un point commun avec les deux <em>Ring<\/em>, puisqu&rsquo;il y est aussi question d&rsquo;une cassette qui porte malheur aux gens qui la regarde. C\u2019\u00e9tait avant m\u00eame que je lise le roman de Koji Suzuki. Un jeune r\u00e9alisateur commence son premier film dans ce studio et lors des tests de cam\u00e9ra, les op\u00e9rateurs d\u00e9couvrent des images qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas film\u00e9es, et qui provoquent la mort accidentelle des membres de l&rsquo;\u00e9quipe de tournage, un par un.\u00a0\u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 le premier surpris de constater les similitudes entre l\u2019histoire de ce film et <em>Ring<\/em>. Sauf que dans <em>Ghost<\/em> Actress, j\u2019avais davantage montr\u00e9 le fant\u00f4me dans sc\u00e8ne finale, et c&rsquo;\u00e9tait moins efficace. C&rsquo;est pour cela que dans <em>Ring <\/em>j&rsquo;ai choisi de cacher le visage du fant\u00f4me, de le dissimuler derri\u00e8re ses cheveux. Le r\u00e9sultat est beaucoup plus terrifiant. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c Le film qui m\u2019a le plus influenc\u00e9 pour <em>Ring<\/em> est <em>La Maison du diable<\/em> de Robert Wise. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 l&rsquo;assistant de Tatsumi Kumashiro et Masaru Konuma (l\u2019auteur du g\u00e9nial <em>Ikenie Fujin \u2013 Une dame \u00e0 sacrifier<\/em>, 1974, ndla), deux r\u00e9alisateurs tr\u00e8s excentriques de la Nikkatsu. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c Je suis d&rsquo;accord sur les points communs qui existent entre la pornographie et l&rsquo;horreur. Kumashiro et Konuma ont invent\u00e9 des astuces de mises en sc\u00e8ne tr\u00e8s diff\u00e9rentes pour contourner la censure et filmer des actes sexuels (simul\u00e9s). Kumashiro a choisi de reculer la cam\u00e9ra et de filmer les sc\u00e8nes d\u2019amour en plans d&rsquo;ensemble, afin de pouvoir tout montrer. Cela donne un r\u00e9sultat pas tr\u00e8s excitant \u00e0 mon go\u00fbt mais int\u00e9ressant du point de vue cin\u00e9matographique. Konuma au contraire a essay\u00e9 de trouver une solution pour moins montrer et obtenir un r\u00e9sultat plus excitant, \u00e0 l&rsquo;aide du gros plan par exemple. J&rsquo;ai un peu suivi son mod\u00e8le dans le domaine de la peur. Les sensations \u00e9rotiques et la peur sont voisines, ce sont deux formes primitives d&rsquo;\u00e9motion. Sur <em>Ring 2<\/em>, j&rsquo;ai d\u00e9couvert une vraie sensualit\u00e9 qui se d\u00e9gageait d\u2019un gros plan du visage terrifi\u00e9 de l&rsquo;actrice principale. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">\u201c\u00a0J\u2019appartiens \u00e0 la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration de cin\u00e9astes que Kiyoshi Kurosawa, m\u00eame si je suis plus jeune que lui (Nakata est n\u00e9 en 1961, ndla), et nos carri\u00e8res sont toutes les deux marqu\u00e9es par la diversit\u00e9 des supports et des genres cin\u00e9matographiques abord\u00e9s. Mais je crois que j\u2019appartiens plut\u00f4t \u00e0 la vieille \u00e9cole des cin\u00e9astes, puisque j&rsquo;ai d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 longtemps assistant et que je travaille davantage dans un registre du cin\u00e9ma de divertissement. Kurosawa fait un cin\u00e9ma sans concessions, qui ne se pr\u00e9occupe pas des go\u00fbts du public.\u00a0\u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">La comparaison de Nakata entre les films de Kurosawa et son propre travail est d\u2019une grande justesse. La relation qu\u2019on pourrait d\u00e9finir comme compl\u00e9mentaire entre l\u2019\u0153uvre de Kurosawa, plus moderne et celle de Nakata, plus commerciale, s\u2019exprime \u00e0 la perfection si l\u2019on met en perspective les deux <em>Ring <\/em>et <em>Ka\u00efro<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">R\u00e9alis\u00e9 en 2001, <em>Ka\u00efro <\/em>de Kiyochi Kurosawa a les apparences d\u2019un retour au cin\u00e9ma de genre (amorc\u00e9 par <em>Seance<\/em>, tourn\u00e9 pour la t\u00e9l\u00e9vision), voire une parenth\u00e8se commerciale pour le cin\u00e9aste profitant de l\u2019engouement du public nippon pour les films fantastiques, amorc\u00e9 par le triomphe de <em>Ring<\/em>. <em>Ka\u00efro<\/em> n\u2019en demeure pas moins un grand film sur la solitude, davantage que sur l\u2019effroi. C\u2019est d\u2019ailleurs toute la beaut\u00e9 d\u2019un film fragile sous sa perfection formelle, que de susciter la peur mais aussi la tristesse, au risque d\u2019encourager l\u2019incompr\u00e9hension qui ferait passer K. Kurosawa pour un cin\u00e9aste pr\u00e9tentieux. Avant m\u00eame que le film ne soit sorti, une micro pol\u00e9mique divise les d\u00e9fenseurs de <em>Ring<\/em>, s\u00e9rie B qui redonne ses lettres de noblesse aux films de fant\u00f4mes japonais par une habile modernisation des l\u00e9gendes ancestrales, et ceux de <em>Ka\u00efro<\/em>, \u0153uvre intellectuelle dont la vision engendre pourtant la peur bleue davantage que la migraine ou la sieste. Il faudrait, \u00e0 notre sens, pouvoir aimer et d\u00e9fendre les deux films, comme il est permis d\u2019admirer \u00e0 la fois Mario Bava et Michelangelo Antonioni. Hideo Nakata est un artisan modeste mais dou\u00e9 dont les films sont bourr\u00e9s d\u2019intuitions passionnantes sur la nature des images vid\u00e9o. Davantage \u201c\u00a0auteur\u00a0\u201d, s\u00fbrement plus libre au sein du syst\u00e8me cin\u00e9matographique, K. Kurosawa peut aussi bien r\u00e9aliser des \u0153uvres d\u2019avant-garde en rupture \u00e9vidente avec les codes narratifs classiques (<em>Vaine<\/em> <em>illusion<\/em>) que des vrais films fantastiques, sans pour cela rompre avec son ambition et son talent \u00e9vident de cr\u00e9ateur de formes et d\u2019exp\u00e9rimentateur. <em>Ka\u00efro<\/em> d\u00e9bute comme une variation autour de <em>Ring <\/em>(film s\u00e9minal de la nouvelle vague horrifique dans le continent asiatique), ou internet remplacerait les magn\u00e9toscopes, pour d\u00e9boucher sur un constat apocalyptique, qui n\u2019est pas sans rappeler la conclusion de <em>Charisma<\/em>. D\u00e8s son g\u00e9n\u00e9rique, o\u00f9 le son d\u00e9sormais familier d\u2019une connexion \u00e9lectronique raccorde avec le bruit des vagues et du vent (le film est racont\u00e9 en flash-back depuis un bateau en partance pour l\u2019Am\u00e9rique du sud), <em>Ka\u00efro<\/em> installe un syst\u00e8me de r\u00e9seaux de parasitage et d\u2019alt\u00e9ration du r\u00e9el, jusqu\u2019\u00e0 la catastrophe finale. Tout commence par le suicide inexplicable d\u2019un jeune informaticien et l\u2019enqu\u00eate de ses coll\u00e8gues. Ils d\u00e9couvrent bient\u00f4t que des fant\u00f4mes hantent Internet, et cherchent \u00e0 entrer en contact avec les vivants. Malgr\u00e9 sa dimension \u00e9sot\u00e9rique, le film ne renonce pas \u00e0 expliciter son postulat fantastique, dans des sc\u00e8nes dialogu\u00e9es inqui\u00e8tes\u00a0: il n\u2019y a plus de place dans l\u2019au-del\u00e0. Les morts avaient bien trouv\u00e9 une antichambre pour rejoindre notre monde, mais elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite. Depuis, ils ont envahi internet, enclenchant la contamination irr\u00e9versible des vivants via les ordinateurs. <em>Ka\u00efro<\/em> traite avec s\u00e9rieux une id\u00e9e d\u00e9lirante, et c\u2019est le propre des grands films fantastiques. Il inverse dans le m\u00eame mouvement les clich\u00e9s sur son sujet (\u201c\u00a0la menace fant\u00f4me\u00a0\u201d), et c\u2019est le propre des chefs-d\u2019oeuvre. Ici les fant\u00f4mes appellent les vivants \u00e0 l\u2019aide. Car la mort est la solitude ultime, raconte le film. Cela veut aussi dire que la fronti\u00e8re est mince entre les limbes et l\u2019environnement virtuel et ali\u00e9nant des jeunes Japonais format\u00e9s et informatis\u00e9s, en devenir spectral, et que la mort n\u2019est plus en mesure d\u2019apporter la moindre d\u00e9livrance. Dans <em>Ka\u00efro<\/em>, les fant\u00f4mes, cruels, ne tuent pas les hommes, ils voudraient au contraire les rendre immortels, pour les enfermer \u00e0 jamais dans leur solitude et les associer dans leur souffrance. Visuellement splendide, le film fait tr\u00e8s peur (chaque apparition fantomatique est g\u00e9niale, palpable, \u00e0 glacer le sang) et impressionne surtout par une mise en sc\u00e8ne d\u2019une grande sophistication, qui confirme que K. Kurosawa est \u00e0 ce jour le meilleur h\u00e9ritier d\u2019Antonioni. <em>Ka\u00efro<\/em> est son <em>Blow Up<\/em> et la d\u00e9sertification progressive des espaces urbains, les paysages d\u2019usines et de banlieues \u00e9voquent bien s\u00fbr <em>Le D\u00e9sert rouge<\/em> et <em>L\u2019\u00c9clipse<\/em>. Terrifiant, th\u00e9orique, herm\u00e9tique, <em>Ka\u00efro<\/em> offre une exp\u00e9rience rare.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial;font-size: 10pt\">De tout cela, et de bien plus encore (nombreux films que l\u2019on a envie de d\u00e9couvrir ou revoir), il est question dans l\u2019essai intelligent et \u00e9rudit de St\u00e9phane du Mesnildot, dont on conseille vivement la lecture.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le critique St\u00e9phane du Mesnildot, sp\u00e9cialiste et passionn\u00e9 du cin\u00e9ma asiatique (et aussi fantasticophile \u00e9m\u00e9rite) vient de publier un nouvel\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":10816,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais de St\u00e9phane du Mesnildot - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais de St\u00e9phane du Mesnildot - Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le critique St\u00e9phane du Mesnildot, sp\u00e9cialiste et passionn\u00e9 du cin\u00e9ma asiatique (et aussi fantasticophile \u00e9m\u00e9rite) vient de publier un nouvel\u2026\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2011-06-21T08:30:52+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2013-08-30T16:17:42+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/RING-Sadako04-1.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1024\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"768\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"14 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/\",\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/\",\"name\":\"Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais de St\u00e9phane du Mesnildot - Olivier P\u00e8re\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website\"},\"datePublished\":\"2011-06-21T08:30:52+00:00\",\"dateModified\":\"2013-08-30T16:17:42+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais de St\u00e9phane du Mesnildot\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/\",\"name\":\"Olivier P\u00e8re\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558\",\"name\":\"Olivier P\u00e8re\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Olivier P\u00e8re\"},\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/author\/pereolivier\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais de St\u00e9phane du Mesnildot - Olivier P\u00e8re","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais de St\u00e9phane du Mesnildot - Olivier P\u00e8re","og_description":"Le critique St\u00e9phane du Mesnildot, sp\u00e9cialiste et passionn\u00e9 du cin\u00e9ma asiatique (et aussi fantasticophile \u00e9m\u00e9rite) vient de publier un nouvel\u2026","og_url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/","og_site_name":"Olivier P\u00e8re","article_published_time":"2011-06-21T08:30:52+00:00","article_modified_time":"2013-08-30T16:17:42+00:00","og_image":[{"width":1024,"height":768,"url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/files\/2011\/06\/RING-Sadako04-1.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Olivier P\u00e8re","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Olivier P\u00e8re","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"14 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/","url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/","name":"Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais de St\u00e9phane du Mesnildot - Olivier P\u00e8re","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website"},"datePublished":"2011-06-21T08:30:52+00:00","dateModified":"2013-08-30T16:17:42+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2011\/06\/21\/fantomes-du-cinema-japonais-de-stephane-du-mesnildot\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Fant\u00f4mes du cin\u00e9ma japonais de St\u00e9phane du Mesnildot"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website","url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/","name":"Olivier P\u00e8re","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558","name":"Olivier P\u00e8re","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g","caption":"Olivier P\u00e8re"},"url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/author\/pereolivier\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1307"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/users\/116"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1307"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1307\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10818,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1307\/revisions\/10818"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10816"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1307"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1307"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1307"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}